La Fédération Des Etudiants Royalistes d'Aquitaine (FERA) est l’organe jeunesse de
Tous les ans, pour clôturer l’année scolaire,
Lux
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La Fédération Des Etudiants Royalistes d'Aquitaine (FERA) est l’organe jeunesse de
Tous les ans, pour clôturer l’année scolaire,
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I. LE SENS DES MOTS
Ø L’expression « monarchie absolue » est souvent utilisée dans un faux sens : celui de despotisme, de tyrannie, de pouvoir illimité, d’absence de constitution.
Ø Cette dernière affirmation suscitait dès 1796 l’ironie de BONALD :
« La constitution d’un peuple est le mode de son existence ; et demander si un peuple quia vécu quatorze siècles, un peuple qui existe, a une constitution, c’est demander, quand il existe, s’il a ce qu’il faut pour exister. »
Ø Et l’historien François BLUCHE écrit :
« Monarchie absolue, la monarchie française se trouvait dons être aussi partiellement constitutionnelle, dès lors qu’une constitution coutumière en fixait les limites. » (in « L’Ancien Régime » livre de poche LP10)
Ø Sous l’Ancien Régime (terme apparu en 1790) le mot « absolutisme » n’existait pas. Il date de 1796 et a été conçu à des fins révolutionnaires avec un sens péjoratif.
Ø Sous l’Ancien Régime le mot absolu, lui, n’était nullement péjoratif. Au contraire ! ;
Voltaire : « Un roi absolu, quand il n’est pas un monstre, ne peut vouloir que la grandeur et la prospérité de son Etat, parce qu’elle est la sienne propre, parce que tout père de famille veut le bien de sa maison. Il peut se tromper sur le choix des moyens, mais il n’est pas dans la nature qu’il veuille le mal de son royaume. »
Ø a-bsolu = in-dépendant
« absolu » vient du latin absolvere « délier », absolutus « achevé, parfait » ; absolutus traduit le grec apolelumenon « sans lien »
Au sens étymologique absolu signifie donc « aucunement lié », « sans liens ».
Ø - De la monarchie féodale à la monarchie absolue
- Monarchie absolue désigne la monarchie française aux 16e, 17e et 18e siècles.
- Auparavant la monarchie n’est pas totalement « absolue ». Elle est féodale.
- La monarchie féodale est une monarchie mixte. Elle correspond à l’époque où le « domaine royal » ne couvrait pas tout le royaume :
- Dans le domaine royal le roi possédait la souveraineté et gouvernait des sujets. Ailleurs le roi n’était que suzerain et n’avait affaire qu’à des vassaux.
- Lorsque la souveraineté du roi sera reconnue partout, il n’y aura plus de roi-suzerain, le pouvoir du roi ne dépendra plus nulle part de grands vassaux, il sera indépendant, c’est à dire absolu.
- La guerre de Cent ans a joué un rôle important dans cette évolution : CHARLES VII rattache la Normandie au domaine ; LOUIS XI récupère le Maine, l’Anjou, la Provence, la Bourgogne et la Picardie.
- Les Valois achèvent d’enlever au royaume son caractère féodal. L’implantation d’institutions royales affirment l’autorité du roi (parlements, présidiaux, intendants).
- L’autorité du roi étant reconnue partout, elle est donc « pleine et entière », « sans partage » c’est-à-dire « absolue ». Il n’y a plus que des sujets (c’est à dire des personnes soumises à la même autorité).
- N.B Le contraire d’être sujet ce n’est pas être citoyen. Le contraire de sujet c’est objet.
Ø Roi absolu = roi indépendant = roi souverain
- Véritablement souverain, le roi ne dépend d’aucune autre autorité, ni de celle du Pape, ni de celle de l’Empereur (d’où l’expression « le roi est Empereur en son royaume »), ni des partis, ni des puissances d’argent, ni de groupes de pression. Il peut donc être impartial, juste, arbitre.
- En cela il est garant des libertés. :Etre sujet c’est être libre car être soumis à une autorité souveraine c’est être soumis à un pouvoir protecteur des libertés concrètes. Ce qui rappelle la formule de Maurras « L’autorité en haut ; les libertés en bas ».
Le vrai sens de pouvoir absolu est donc celui d’autorité souveraine, ce qui ne veut pas dire sans limites.
Ø Le fait que le Roi soit souverain ne veut pas dire qu’il détienne tous les pouvoirs, quels qu’ils soient, mais tous les pouvoirs qu’il faut à l’Etat pour assurer le bien commun : ce sont les droits régaliens c’est-à-dire les droits du Roi.
Ø Les anciens juristes en comptaient 15 ou 20 :
· Faire la loi (pouvoir législatif)
· Pouvoir exécutif :
- Diplomatie, défense (déclarer la guerre, conclure la paix, traiter par voie d’ambassade)
- Droit de battre monnaie
- Droit de convoquer les Etats-Généraux et les Etats provinciaux
- Droit de nommer toutes les personnes vouées au service de l’Etat (dignitaires, officiers, commissaires)
· Quelques droits marquaient bien l’indépendance du roi par rapport à Rome et à l’Église :
- Droit de convoquer des conciles nationaux ou provinciaux
- Droit de régale (de percevoir les revenus des évêchés vacants)
· Droits concernant les personnes et les biens : de grâce, d’accorder des privilèges et des immunités, d’exempter d’impôts, d’anoblir…
Ø L’ensemble des droits reconnus au monarque en tant que souverain ne lui sont attribués qu’en vue qu’il en use « pour le commun profit », c’est-à-dire dans l’intérêt général.
Ø Tout ce qui relève des intérêts privés est laissé aux particuliers (d’où les libertés particulières, communales, professionnelles, provinciales, etc , véritables contre-pouvoirs à l’autorité royale).
Ø La conception même de l’exercice du pouvoir royal a, en effet, été modifié par le passage de la suzeraineté à la souveraineté :
Ø le roi féodal possédait, comme les autres seigneurs des pouvoirs qui constituaient des droits personnels, contrepartie des obligations qu’il avait à l’égard de ses vassaux..
Ø Le roi souverain (absolu) cesse d’être un propriétaire pour n’être plus qu’un gérant, un usufruitier. Le pouvoir souverain, le roi en a l’exercice mais non la propriété. La distinction entre le roi et l’Etat est très nette : l’Etat se perpétue par dessus les rois qui passent. Transmis par la coutume successorale, la « majesté royale » ne meurt jamais. La souveraineté est ainsi attachée à la lignée royale et à ce qui caractérise le « public », c’est-à-dire la perpétuité.
Ø Mais toutes les attributions de l’Etat sont exercés par le roi.
Ø L’Etat c’est la chose publique (la res publica des Romains) mais il s’incarne dans un être physique : le roi.
Le monde féodal n’était qu’un agglomérat d’intérêts particuliers. Le roi souverain incarne un Etat qui vise l’intérêt général. La monarchie nationalise le pouvoir .
Ø La monarchie absolue est un pouvoir tempéré et limité car il doit se soumettre à un certain nombre de lois. Le roi exerce tous les pouvoirs de l’Etat, mais ce n’est pas lui qui décide lesquels ni se les attribue.
Ø Trois sortes de lois limitaient le pouvoir du roi : la loi de Dieu ; la loi naturelle ; les lois fondamentales.
· La loi de Dieu. Le respect de la loi divine.
Le roi n’est pas un chef d’Etat n’estimant n’avoir personne au-dessus de lu. Au contraire. Au-dessus de lui, il y a quelqu’un, Dieu. C’est une personne et on sait ce qu’elle veut (Décalogue, etc) Le roi n’est que le « lieutenant de Dieu sur terre ». Il doit faire la volonté de Dieu, non la sienne. Il s’y engage lors du sacre.
Par l’hérédité, le roi ne tenait sa couronne d’aucune autorité humaine. Il la tenait de Dieu . Depuis Hugues CAPET, le roi se dit roi « par la grâce de Dieu » (il ne l’était donc ni par celle du Pape, ni par celle de l’Empereur). D’où la fameuse théorie de droit divin si souvent mal comprise.
· La loi naturelle .
On appelait ainsi la morale universelle commune aux païens et aux chrétiens. Ses décrets implicites mais contraignants prescrivaient notamment le respect des personnes et des biens. Il s’agit en somme des vrais droits de l’homme.
· Les lois fondamentales (expression de 1575) ou lois du royaume (expression du 15e siècle).
Elles sont une véritable « constitution coutumière » dans laquelle le roi légitime évolue. Elles sont antérieures au roi, inviolables et souveraines.
Leur raison d’être est de régler la dévolution de la Couronne, d’en assurer la continuité, de protéger les sujets du roi contre la tentation d’arbitraire, de protéger le roi contre lui même.
Elles peuvent être regroupées en deux têtes de chapitre :
- Loi d’inaliénabilité du royaume :le roi est l’usufruitier non le propriétaire du royaume ; il ne peut donc en disposer ;
- Lois de succession au trône : Il y a 7 règles capétiennes de succession : l’hérédité (coutume légale depuis Philippe-Auguste 1180-1223) ; la primogéniture ; la masculinité (une femme peut exercer une régence, non la fonction royale) ; la collatéralité masculine (ex : Henri IV après Henri III, parent au 21 degré !) ; l’indisponibilité de la Couronne (c’est-à-dire l’impossibilité de choisir son successeur) ; la continuité de la Couronne ( reconnaissance de la qualité royale entre la mort du roi et le sacre du successeur. D’où la formule « le roi est mort, vive le roi ! » employée depuis les funérailles de Charles VIII, ou l’adage « le roi ne meurt jamais » ; la catholicité. On peut ajouter une 8e règle, la nationalité, que le professeur Henri Morel a appelé une « loi innomée » qui comme la quintessence de toutes les lois précédemment formulées et selon laquelle seul un prince issu d’une lignée restée constamment au service de la France est apte à recueillir les droits à la couronne de France.
Ainsi l’adage « une foi, une loi, un roi » ne fait pas référence à un pouvoir sans limites, mais à un cahier des charges résumant la contrepartie de la souveraineté.
« Une foi », c’est à dire soumis à Dieu ; « une loi » c’est-à-dire soumis au droit naturel et aux lois fondamentales ; « une roi », c’est-à-dire le contraire d’un tyran, le prince ne trouvant sa place qu’après l’obéissance aux lois divines, de l’ordre naturel et de l’ordre constitutionnel. Les « lois du roi » , émanées de sa volonté ne devaient contrarier aucune de ces lois.
Les conditions dans lesquelles la loi se prépare, se rédige, s’enregistre et s’applique sous l’Ancien Régime sont l’exact contraire de la légende du « bon plaisir ».
Ø Le Roi en ses Conseils
Le roi ne décide jamais seul mais toujours après concertation.
La notion du gouvernement dans l’intérêt général a eu des conséquences pratiques importantes. S’il gouverne pour le bien de tous, le roi ne peut agir par caprice ou par fantaisie. Ses actes doivent être mûrement préparés et, avant d’être définitivement promulgués, examinés, contrôlés, vérifiés afin qu’il bien établi qu’ils sont conformes à l’intérêt général. Toute décision tant soit peu importante ne peut être prise qu’après avis de personnes compétentes et expérimentées. C’est ce qu’on appelle gouverner « par grand Conseil ».
François Bluche fait remarquer qu’une heureuse formule empêchait tout despotisme : le partage des rôles entre le conseil du roi (environ 130 personnes) et le petit groupe de ministres et secrétaires d’Etat.
v Il y avait 4 Conseils :
|
Sections du conseil |
Membres |
Fonctions |
|
Conseil d'En-Haut |
4 à 7 Ministres d'Etat |
Conseil de gouvernement : Grandes affaires de politique intérieure et extérieure. |
|
Conseil des dépêches |
Contrôleur général 4 Secrétaires d'Etat |
Réponse aux dépêches des provinces |
|
Conseil royal des finances |
Contrôleur général Intendants des finances |
Questions financières |
|
Conseil d'État privé ou des parties |
Chancelier Ministres d'État Secrétaires d'État 30 conseillers d'État 100 maîtres des requêtes |
Compétences administrative, financière, législative, judiciaire. |
v 6 « ministres » :
· Le Chancelier (ou Garde des Sceaux)
· Le Contrôleur Général des Finances
· 4 secrétaires d’Etat : à la guerre, à la marine, à la Maison du roi, aux affaires étrangères.
· Plus un tas d’hommes irremplaçables : le surintendant des postes ; le directeur général des bâtiments ; le directeur général des fortifications ; les intendants des finances, du commerce, ; les grands officiers comptables ; une quarantaine de fermiers généraux.
Ainsi entouré et conseillé le roi était sans cesse éloigné de la tentation du pouvoir étroitement personnel.
D’ailleurs nombre d’actes dits royaux sont des arrêts du Conseil. Dans les autres cas le contenu de la loi, proposé au roi par le ministre est concerté au cours du « travail du roi » (entretien politique et technique du roi avec les responsables) puis en conseil.
Un acte royal est toujours contresigné par un ministre.
Ajoutons que le monarque (Louis XIV par exemple) écoutait beaucoup lors du Conseil, demandait à chacun son avis et se rangeait presque toujours à l’avis de la majorité.
De plus, une fois prises, les décisions ne devenaient pas tout de suite exécutoires.
Ø Les Cours souveraines. Les remontrances.
Les diverses cours souveraines (chambres des comptes, cours des aides,…) mais surtout les parlements ( qui rendaient souverainement la justice comme aujourd’hui nos cours d’appel) avaient le privilège d’enregistrer les actes royaux et de rédiger des remontrances.
Les ordonnances et édits ne devenaient exécutoires que si les Parlements les enregistraient. Ce n’était pas une simple formalité. Les Parlements disposaient là d’un moyen de pression considérable. « La loi n’oblige que publiée ».
Le Parlement de Paris s’était lui même érigé en gardien des lois du royaume. Depuis 1715 ces messieurs du Parlement avaient transformé en habitude remontrances et blocage législatif. Cette puissance des parlements constituait un véritable contre-pouvoir.
Les parlementaires étaient d’autant plus audacieux qu’ils étaient intouchables : inamovibles (depuis Louis XI) et propriétaires de leur charge (vénalité des offices : charge vendables et transmissibles héréditairement). L’indépendance des titulaires d’offices (90% du service public) pouvait gêner ou même inquiéter le gouvernement royal ( cf La Fronde ; l’opposition parlementaire au 18e siècle : elle provoqua la suppression du Parlement de Paris par Louis XV en 1771 et l’abolition partielle de la vénalité des offices. Mais Louis XVI et Maurepas abandonnèrent ces mesures.)
En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire le compte rendu d'une conférence d'un interêt tout particulier qui eut lieux à Paris.
http://www.restauration-nationale.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=869
Ce que nous devons savoir démontrer, expliquer, défendre
La patrie et la nation sont des réalités concrètes.
Nous n’en faisons ni des absolus, ni des principes désincarnés.
La prise en compte objective de la nation comme fait et bienfait fonde notre nationalisme..
Ø La nation est une réalité historique: un ensemble de familles habituées à constituer une unité.
Ø La patrie, c’est le sol sur lequel s’est prise cette habitude de vivre ensemble, et, par extension, le patrimoine commun de la nation, l’héritage que nous recevons de nos aïeux.
Ø Le patriotisme s’attache à défendre le sol, la terre des pères.
Ø Le nationalisme « s’applique plutôt qu’à la terre des pères, aux pères eux-mêmes, à leur sang et à leurs oeuvres. »Ch.M. C’est une triple affaire d’amour, de justice et de nécessité.
Ø L’Etat est une institution juridique, facteur essentiel de constitution d’une nation et de vie en commun des peuples qui lui sont soumis.
Ø La France n’était pas une fatalité. Son unité politique est d’une précocité exceptionnelle.
Ø La France n’est pas la fille de la géographie, ni de la race, ni de la linguistique, ni de la religion. Encore moins d’un contrat. Elle est le fruit de l’histoire, de l’histoire politique, de la politique capétienne. « Les Rois ont fait la France ».
Ø L’histoire de notre pays, jusqu’à l’accession de Hugues Capet au trône, est celle des origines de la France, mais non encore celle de la France.
Ø Avec la conquête par César, la Gaule devient partie intégrante de l’Empire romain.
Ø Les invasions barbares laissent, en droit, subsister l’Empire: chaque roi (franc, burgonde,etc.) exerce sa souveraineté au nom de l’empereur. Deux populations coexistent dans chaque royaume. Peu à peu, la fusion s’opère, mais en même temps le pouvoir s’affaiblit :il n’y a pas pas d’Etat, ni de nation. Le souvenir de l’Empire hante les esprits: c’est l’Empire que Charlemagne entend reconstituer (800). Après le partage de Verdun (843), l’Empire est partagé entre les trois petits-fils de Charlemagne; mais il ne s’agit toujours pas de nations. Chacun des trois rêve de reconstituer à son profit l’unité de l’Empire. Un successeur de Louis reprendra même en Allemagne le titre d’Empereur.De même, c’est au nom de l’Empire romain que les successeurs de Charles règnent sur une partie de ce qui fut la Gaule. Il ne s’agit pas encore de la France.
Ø En 987, changement de dynastie: le duc de France Hugues Capet est « élu » roi. Les Capétiens affirment alors le principe essentiel: « le roi de France est empereur en son royaume », c’est-à-dire qu’il ne prétend pas à l’empire sur les autres pays et qu’il ne reconnaît à l’Empereur aucune autorité sur lui:une souveraineté proprement française est née.
Ø De plus, Hugues Capet, puis ses successeurs, en associant à chaque génération le fils aîné au trône du vivant du père, assurent la règle de l’hérédité de la couronne et la règle de la primogéniture qui exclut tout partage. « Il semble que les Capétiens aient eu devant les yeux les fautes de leurs prédécesseurs pour ne pas les recommencer. »J.Bainville. De la façon la plus naturelle, en faisant confiance à l’institution familiale,les Capétiens réalisèrent une continuité politique. La France tenait dès lors l’instrument politique de son avancement. Sous la direction de la dynastie capétienne qui règna huit siècles (de987 à 1792) puis de 1814 à 1848 fut rassemblé et défendu le « pré carré ».
Ø C’est avec le temps, au long des générations, que l’unité française s’est progressivement faite, et que les Français ont pris conscience de constituer une nation. La nation française est donc:
- une réalité historique, résultat d’un Etat persévérant et national.
- une oeuvre de la durée, permise par un pouvoir stable.
Elle procure en effet à l’homme trois composantes essentielles de son identité:
- l’enracinement dans un sol: l’espace territorial est une nécessité humaine. Les frontières procèdent du désir de paix et reflètent la diversité du genre humain.
- l’appartenance à un groupe, ce peuple dont l’histoire a fait une communauté de destin. La nation est la suite des générations qui se sont succédées sur un territoire donné (la patrie) et dont la destinée est commune.
- l’identification à une culture. Par sa culture, la nation donne aux citoyens une personnalité collective. La culture est l’élément structurant de l’identité d’un peuple. C’est ce qui le distingue d’un autre peuple. Le nationalisme s’applique, plutôt qu’à la terre des pères (patriotisme), aux pères eux-mêmes, à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel. Le nationalisme prend ainsi toute sa valeur en un temps de guerre idéologique où il s’agit de sauver l’héritage national contre les assauts du cosmopolitisme.
Ø BARRES donnait au mot nation son véritable sens (réalité historique, héritage à défendre) mais son nationalisme n’est qu’un attachement passionné aux caractères que nous tenons de nos ancêtres. Il insiste sur les forces du sentiment, sur ce que l’on peut mobiliser avec l’affectivité. Mais il néglige la forme de l’Etat et compte sur la force du sentiment national pour restaurer la France. La tradition barrèsienne est celle d’un nationalisme sincère qui ne pose pas le problème des institutions.
Ø PEGUY ne croit pas, non plus, au rôle des institutions mais son enracinement en fait un chantre de la terre de France.
Ø Pour les distinguer du vrai nous les appelons « nationalitarismes ». Ils découlent de la doctrine du « droit des peuples à disposer d’eux mêmes » ou « principe des nationalités ». Cette théorie volontariste de la Nation-Contrat s’oppose au vrai nationalisme qui repose sur la réalité de la nation-héritage. Cette doctrine des nationalités aboutit au pur concept et la nation ainsi conçue, principe désincarné, peut se faire doctrine de combat. Ce nationalitarisme favorise ainsi l’éclosion de l’esprit de croisade idéologique.
Ø Autre forme de nationalitarisme: le culte de la race dont la nazisme offre le principal exemple. Ce critère de la race débouche sur une théorie de la puissance qui oublie, elle aussi, que la nation est une construction politique et historique pouvant regrouper plusieurs races.
- Il repose sur la prise de conscience des devoirs et des intérêts qui découlent de notre appartenance à la nation.
- Il respecte l’ordre naturel: c’est un nationalisme organique (et non totalitaire) qui reconnaît les corps intermédiaires. La nation est d’ailleurs regardée comme un syndicat de corps intermédiaires. La liberté de la nation est garante des libertés des corps sociaux. Pour MAURRAS le nationalisme est une obligation rationnelle et mathématique; il définit une priorité: D’abord défendre la France. « La défense du tout s’impose aux parties. »
- Il est une attitude politique. Un « patriotisme réfléchi ». Au rôle du sentiment est associé celui de la raison et de l’intelligence. C’est un nationalisme conséquent, c’est-à-dire qui va jusqu’au bout de ses conséquences: la régence du nationalisme; la question du régime.
- Il n’est pas une fin en soi. Pour Maurras ni la royauté ni la nation ne sont un absolu. L’Etat n’est qu’un fonctionnaire de la société. Son autorité ne trouve son fondement que dans une défense des intérêts français qui n’empêche pas l’épanouissement des corps sociaux et favorise l’expression, dans le monde contemporain, de la civilisation issue des traditions gréco-latine et catholique.
- Aimer la France. Aimer l’Etre français non comme un point de doctrine désincarné mais comme une réalité concrète.
Clémenceau à Léon Daudet : « Vous et moi nous avons une passion en commun, c’est la France. » Mistral: « Cité par cité, province par province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur pour glorifier diversement le nom de France. »
- Poser la question des institutions. Le « Politique d’abord » est le corollaire du nationalisme.
« La monarchie héréditaire a réussi dans l’oeuvre de l’ordre français. Le système électif a échoué dans cette même oeuvre. Pour reprendre cette oeuvre, por la continuer, nous voulons reprendre un système qui a réussi. Est-ce clair? » Ch. Maurras
- Prétendre être nationaliste et rester républicain est une contradiction. On ne peut désirer l’unité nationale et soutenir un régime qui pousse à toutes les divisions par esprit de parti.On ne peut désirer sauvegarder l’intérêt national et soutenir un régime qui vit d’intérêts partisans.
- Assurer la régence du nationalisme. En attendant de ramener l’Héritier, le roi, il convient de sauver l’héritage. En l’absence de roi, l’A.F prend en charge la défense des intérêts nationaux. Cela la conduit à refuser la politique du pire et à traiter les affaires politiques qu’en fonction de l’intérêt national..Pas d’opposition systématique par conséquent. Autre conséquence: la pratique du « compromis nationaliste »sur tel ou tel objectif précis, avec des hommes éventuellement de tous bords, sans compromission et en gardant son esprit critique. La nation est un dénominateur commun pour tous les Français. Elle peut donc être un terrain d’entente au-delà des divergences de toutes sortes.
Ø Car la subversion est d’abord une technique qui vise à détruire des « choses » en elles-mêmes fort respectables ou précieuses.
Ø Subversion vient du latin subvertere = bouleverser , renverser.
Ø Etymologiquement = renversement de l’ordre établi, action de subvertir, de séduire, d’égarer.
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LA SUBVERSION |
LA PROPAGANDE |
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est « contre » |
est « pour » |
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son but : affaiblir le pouvoir en place afin de le rendre plus vulnérable |
son but : rallier l’opinion à certaines idées, à une cause |
La civilisation occidentale est la synthèse de trois influences : Athènes, Rome et Jérusalem.
Ces trois composantes de notre civilisation ont connu chacune leur « maladie » ou subversion.
Ø Aux Grecs nous devons la notion de personne (cette conception que chaque homme est unique, doté de liberté et responsabilité, animé d’exigences morales.). La maladie grecque, c’est l’individualisme exacerbé qui provoque la dissolution de la cité.
Ø A Rome nous devons la notion d’Etat fondé sur le droit. (Les rapports des hommes sont codifiés, et l’Etat assure le respect du droit.). La maladie romaine, c’est l’étatisme totalitaire.
Ø Les prophètes juifs (dont le christianisme accomplira la promesse) ont apporté le dynamisme spirituel, le sens d’un progrès dans l’Histoire. La maladie juive, c’est le faux messianisme, la croyance que le salut de l’humanité sera atteint dans l’ordre temporel.
La liberté de la personne, le sens d’un Etat protecteur et l’espérance chrétienne sont des biens précieux consubstantiels à notre civilisation. Le risque de leur dévoiement ou de leur excès existe ici comme pour tout bien. La subversion s’attache à le provoquer.
La méthode subversive consiste à exciter les instincts pour mener les intelligences.
Ø S’ils s’élèvent ils donnent la culture et la civilisation
- l’instinct de combat se meut alors en vertu de force, en héroïsme, en esprit chevaleresque, etc ;
- l’instinct de nourriture inspire au génie humain tout ce qu’il a pu concevoir pour survivre ;
- l’instinct sexuel est harmonieusement mis au service de l’amour humain ;
- l’instinct parental ou maternel crée le désir d’enfants.
Ø S’ils s’abaissent ils génèrent la dégradation et la décadence
- l’instinct de combat se meut en violence de plus en plus « bestiale » ;
- l’instinct de nourriture ne suggère plus que la convoitise matérialiste des biens de la société marchande ;
- l’instinct sexuel suscite le « sexualisme », sexualité tournée vers le seul plaisir ;
- l’instinct parental ou maternel est étouffé par l’égoïsme et dévié vers des ersatz).
Il s’agit d’ « exciter » et non de faire comprendre ! Il s’agit de provoquer des réflexes conditionnés (voir travaux de PAVLOV), réflexes qui doivent se produire quand surgit le signal. Ce signal est le mot (ou l’image !). Sa signification compte moins que sa résonnance dans le subconscient.
Ø ADHESION ex : liberté, égalité, droits de l’Homme, démocratie, science, progrès, etc
Ø REPULSION ex : réac, facho, royco, catho, intégriste, ordre moral, papiste, inquisition, croisade, nazis etc.
Ø TEMOIGNAGE ex : 1789, Révolution, Dreyfus, SOS Racisme, etc
Ø CONFORMISATION ex : solidarité, exclus, humanitaire, etc.
A partir d’un tel arsenal il devient possible de rédiger des slogans, des discours, des tracts ou des articles « subversifs ».
Ils sont négatifs (toujours l’aspect « contre »). Ils sont triples :
Ø Il s’agit d’anéantir le courage de ceux qui défendent une cause, une institution, des valeurs, etc.
Ø Il s’agit d’anéantir le courage des combattants plus que les combattants eux-mêmes.
Ø Cette démoralisation s’effectue par l’attaque des valeurs pour lesquelles l’ « adversaire » combat.
- Démoraliser par la culpabilisation :
ex : Eglise = obscurantisme ; Pie XII = pape favorable aux nazis ; Jean-Paul II= criminel contre l’humanité ; le refus du préservatif = manque d’esprit civique ; être contre l’avortement, c’est mépriser les femmes ; etc
« Ceux qui ont de la fourrure sur le dos ont du sang sur les mains »
- Démoraliser en donnant à l’ennemi l’impression de la solitude, que « tout le monde » est contre lui :
ex : « C’est dépassé » ; ne plus « être dans le coup », de son temps, etc
- Démoraliser en donnant à l’ennemi l’impression de l’inutilité de la lutte :
ex : de toutes façons « c’est trop tard », « c’est fichu », « on ne remontera plus le courant », etc
Ø Il s’agit de discréditer l’autorité de l’adversaire. C’est d’autant plus facile que toute autorité est contraignante ; on peut donc donner d’elle une image de société (ou d’institution) répressive.
Ex : l’ « autoritarisme » de l’Eglise en matière de moeurs.
Ø Ce discrédit de l’autorité peut aisément devenir une invitation à la désobéissance.
Ø Ce discrédit est obtenu de diverses façons :
- En faisant du moindre fait divers (ou propos) un scandale planétaire (ex : affaire Gaillot) ;
- En dénaturant le message de l’adversaire (ex : propos du Pape sur l’amour humain) ;
- En ridiculisant (ex : « le Pape est un homme en robe et il se dit contre les travestis !») ;
- En souillant l’adversaire par des propos scabreux et diffamatoires afin d’affaiblir son autorité morale ;
- En faisant ignorer le message de l’adversaire.
- Le but est ici d’empêcher toute réaction en faveur de ce qui est visé. Il faut créer une apathie chez ceux qui réprouvent les menées subversives. Cela est obtenu
- en isolant et en réduisant les groupes capables de s’opposer (autrement dit en les divisant, en accentuant les divergences)
- en faisant peur pour paralyser (démonstrations de force, voire de violence afin d’obtenir une « panique muette »).
1) connaître ses méthodes ; savoir les reconnaître ;
2) contre la démoralisation : ne pas rester seul ; entourer les autres ;
3) contre le discrédit : connaître en vérité son propre message et savoir en parler ;
4) contre la neutralisation : savoir faire jouer les réseaux de sympathies et d’amitiés et connaître les méthodes d’action.
5) contre la subversion en général savoir témoigner de l’ordre naturel et chrétien car la meilleure façon de lutter contre le faux est de promouvoir le vrai, de lutter contre le laid de promouvoir le beau, de lutter contre le mal de promouvoir le bien.
Ø Le système éducatif français génère le doute quant à son efficacité :
Ø Disproportion entre
- les moyens mis en œuvre (ambition, affirmation des priorités à accorder à l ‘école, budget et effectifs, moyens techniques, etc)
- et les résultats (la montée de l’illettrisme, l’échec scolaire, l’absence de débouchés, la non-transmission de connaissances qui font un enracinement, la violence scolaire …)
Ø Bien des élèves ont un sentiment d’inutilité à l’égard de l’école ;
Ø Beaucoup de professeur sont démotivés et le « plus beau métier du monde » n’attire plus ;
Ø Les parents sont inquiets et doutent du système éducatif.
L’enseignement en France souffre de divers maux (liste non exhaustive) :
Ø Le centralisme jacobin duquel découle :
- Le gigantisme : l’extension des pouvoirs de l’Etat, de la fonction publique, concerne l’Education, comme les autres services de la nation ; ce gigantisme est très favorable au développement d’une centrale syndicale puissante comme la fédération de l’Education Nationale, véritable état dans l’Etat.
- La déresponsabilisation : des parents, des chefs d’établissement, des professeurs, des régions et des communes.
- Le « totalitarisme » du Ministère de l’Education, voulant tout intégrer de ce qui existe en France comme systèmes d’enseignements. On assiste ainsi à une politique d’usurpation du pouvoir légitime (des parents, des chefs d’établissement, du personnel enseignant, des collectivités locales) tandis que l’Etat lui-même voit son pouvoir d’arbitre usurpé par des groupes de pressions (organisations syndicales, autorités « morales », …)
Ø L’égalitarisme lequel conduit à
- la négation des personnes (collège unique, scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans qui étouffe souvent la diversité des talents et des aptitudes),
- à la négation de la spécificité des régions et des autres corps sociaux.
Ø L’endoctrinement :
- L’hypocrite principe de neutralité et celui dévoyé de laïcité ont conduit à l’enseignement officiel d’une idéologie partisane.
- L’enseignement est devenu une machine à « démocratiser », à tenir les esprits, à mouler les cerveaux dans le carcan idéologique du « politiquement correct ».
- Conjointement à cet endoctrinement en faveur des « valeurs » démocratiques il convient de dénoncer l’impasse faite sur ce qui est source d’enracinement, notamment le patrimoine commun français.
Ø L’enfant appartient à ses parents, avant de relever de l’Etat ou d’un parti politique. Les parents doivent pouvoir s’associer pour créer des écoles, les gérer, avoir les moyens d’exercer cette liberté. L’Etat doit garantir le libre choix des famille à l’intérieur d’un système pluraliste.
Ø Il est juste que tous ceux qui ne participent pas à l’idéologie du jour aient droit de faire éduquer leurs enfants dans l’école qui correspond à leurs vœux. Le choix de l’école est donc une liberté fondamentale (D’ailleurs reconnue par la Déclaration des nations Unies du 10 décembre 1948; article 26). La formule du « bon scolaire » pourrait en être le complément équitable pour les familles.
Ø Il est normal d’exiger des maîtres que les objectifs d’un ordre d’enseignement soient atteints dans une proportion suffisante, c’est-à-dire par exemple que les enfants quittent l’école primaire en sachant lire, écrire et compter.
Ø Il faut oser dire non à l’égalitarisme. La sélection ds meilleurs est compatible avec la promotion de tous. L’université n’est pas destinée à prolonger la scolarité secondaire pour tous, mais à former les élites de la nation et à développer la recherche au plus haut niveau.
Ø On doit refuser des poncifs démagogiques comme :
- - l’auto-évaluation
- la non directivité
- l’autodiscipline chez les plus jeunes
- la pédagogie d’enquête au détriment du cours
- la suspicion à l’égard de la mémoire
- l’idée que le corps enseignant n’a pas de compte à rendre aux parents, responsables locaux, etc
Ø Il est normal d’organiser des tests d’aptitude, des examens d’entrée, de mettre en place un système de bourse au concours et non sur critères sociaux.
Ø Afin que les parents pour leurs enfants et les étudiants pour l’université puissent librement choisir leur établissement il faut renoncer à l’idée de sectorisation..
Ø Des chèques-éducation (bon scolaire) ou des dégrèvements d’impôts doivent permettre à chacun de choisir son école.
Ø Les enseignants doivent être librement recrutés par les établissements scolaires, sur titres.
Ø Les enseignants de toute catégorie doivent pouvoir librement passer du secteur privé d’éducation au secteur public et réciproquement, à condition de satisfaire aux exigences de l’organisme d’accueil.
Ø L’Etat doit seulement assurer la coordination du système éducatif. Il peur établir des programmes incitatifs, mais les écoles ne sont tenues d’y souscrire que pour une part à déterminer du cursus. Tout le reste doit être laissé à la disposition des organes de gestion des écoles, collèges et lycées où siègeront nécessairement des représentants des parents, des enseignants et des collectivités locales et régionales.
Ø Tous les établissements, publics ou privés, doivent pouvoir embaucher du personnel contractuel, enseignant ou non enseignant, rémunéré sur les fonds propres de l’établissement.
Ø L’autonomie des universités doit être réelle, c’est-à-dire qu’elles doivent pouvoir fixer les conditions de recrutement des étudiants et des enseignants, fixer les droits d’inscription, établir elles-mêmes la nature et le contenu des enseignements, les modalités de validation des connaissances, l’organisation de l’année universitaire.
Conclusion :
Ø Tant vaut l’Etat, tant vaut son enseignement…
INTRODUCTION:
L’homme est « un animal social ». Ce qui le spécifie c’est son appartenance à diverses communautés (famille, commune, quartier, ville, pays, province, entreprise, groupements professionnels, culturels, religieux, associations diverses...). Ces groupements sociaux, variés et hiérarchisés, situés entre l’individu isolé et la nation ,« le plus vaste cercle communautaire », sont appelés « corps intermédiaires ». Ils constituent une société organique. Sans eux l’homme se retrouve isolé, atomisé (société individualiste) ou massifié (société collectiviste). Vouloir décentraliser, c’est affirmer la légitime existence de ces communautés et vouloir redistribuer les pouvoirs selon les compétences et les responsabilités.
Ø De nombreux penseurs du XlXe siècle voient la nécessité d’une réelle décentralisation pour la France sortie garrottée de la Révolution et de l’Empire (Bonald, Villèle, Tocqueville,etc).
Ø A la fin du siècle, Paul Boncour et Charles Maurras sont d’accord sur un point: la centralisation étouffe le pays réel. Mais ils s’opposent sur les moyens pour parvenir à décentraliser. Boncour pense que la République peut le faire. Maurras démontre que non.
Ø Cf la brochure de Charles MAURRAS: « L’idée de décentralisation » de 1898.
Ø La République est incapable de décentraliser vraiment. C’est l’Etat républicain qui a voulu la centralisation, par idéologie et par intérêt.
Ø Le citoyen étant souverain, il ne doit plus y avoir d’intermédiaire entre lui et l’Etat. Cela l’empécherait de se fondre dans le « grand tout national » nécessaire à la réalisation de la « République Une et indivisible ». D’où la suppression des corps intermédiaires dont l’origine est la fameuse nuit du 4 août 1789:
« Quelque avantage réel qu’ait perdu la noblesse dans cette triste nuit, ce ,n’est pas à elle, ce n’est pas au clergé non plus que l’on a fait le plus de mal. (...)La nuit du 4 août a ruiné surtout nos libertés collectives, libertés locales, libertés professionnelles, qui firent la gloire et la force des Français d’autrefois. »
Charles MAURRAS (Réflexions sur la Révolution française)
Ø La République ne peut décentraliser sans danger pour elle-même, car il lui faut tenir l’électeur et même le former dans ses écoles.
Ø La République ne peut décentraliser sans danger pour le pays. Des pouvoirs élus pourraient s’opposer à d’autres pouvoirs élus et conduire la France à l’éclatement.
Ø La France était « hérissée de libertés ». La monarchie se contentait d’y introduire « le minimum d’ordre supérieur et nécessaire ». Quand l’intérêt du pays n’était pas en jeu, le souverain laissait les libertés s ’épanouir. Jusqu’à la Révolution, la France garde sa constitution fédérative. Les « républiques » se portaient bien sous le Roi.
Ø Libre du joug de l’élection, la monarchie héréditaire aurait le pouvoir de décentraliser. Elle y aurait aussi intérêt, toutes les tâches superflues nuisant au bon fonctionnement de l’Etat.
Ø Il pourrait y avoir enfin un véritable dialogue entre le pouvoir central et les représentants des communautés régionales et professionnelles.
Ø Chaque cadre territorial posséderait son administration et ses compétences. Une véritable élite pourrait se dégager des corps particuliers. Les représentants du roi serviraient d’arbitres en cas de conflit entre les corps intermédiaires.
Ø Les assemblées régionales désigneraient des représentants auprès du souverain qui pourrait les consulter et entendre leurs conseils et propositions.
CONCLUSION
Ø La décentralisation est une nécessité vitale pour le pays.
Ø Elle suppose un préalable politique: l’existence à la tête de l’Etat d’un pouvoir indépendant naturellement respectueux des communautés naturelles, le Roi.
"Les libertés en bas"
Il n'y a point de vexations soit légales, soit illégales, que l'Administration française ne se trouve permises contre le contribuable et l'administré. Il n'est point d'insolences que n'osent les bureaux contre les citoyens. Un César anonyme et impersonnel, tout-puissant, mais irresponsable et inconscient s'applique à molester le Français depuis le berceau. Soit qu'il vive tout seul, soit qu'il veuille s'associer, le citoyen français est assuré de rencontrer à tous les pas de son chemin le César-État, le César-Bureau, qui lui impose ou lui propose soit ses directions avec ses prohibitions, soit ses marchandises avec ses subventions.
Non seulement l'État ennuie et tracasse le citoyen français mais il lui afflige des "commodités dangereuses". Il le sert en des cas où celui-ci devrait se servir lui-même. Il le déshabitue de la réflexion et de l'action personnelle. Ainsi l'État endort et atrophie chez le citoyen la fonction civique. Le citoyen devient ignorant, paresseux et lâche. Il perd le sens de l'esprit public.
Mais, ces besognes, il est vrai que l'État les fait mal, étant mal outillé pour le faire. Nos différentes communautés glissent : ainsi à une décadence profonde, où l'État lui-même les suit pauvre d'hommes, la France sera bientôt pauvre de tout.
- Considérant que les âges de vraie et solide prospérité nationale furent, en France, ceux du Pouvoir royal, indépendant et maître des attributions propres de l'État, n'empêchait point les différents corps, compagnies et communautés de la nation de gérer librement leurs intérêts particuliers;
- Le pouvoir royal ne peut désormais manquer de tendre, avec fermeté, quoique avec sagesse et moyennant les délais et précautions indispensables dans la pratique, à rétablir l'usage de ces libertés partout ù l'intérêt supérieur de la Patrie et de l'État n'exigera pas le déploiement de l'autorité.
C'est-à-dire que :
Les familles s'organiseront comme il leur plaira. On testera comme on voudra. Les pères qui voudront constituer à la suite de leurs descendants des biens héréditaires, incessibles et insaisissables, en auront toute liberté. Reconnues enfin pour des associations naturelles, les familles pourront acquérir des droits analogues à ceux des citoyens, posséder en commun un avoir honorifique et moral comme un avoir matériel.
Les communes et les pays (ou arrondissements), par une suite de mesures libératrices prudemment sériées, deviendront maîtres de régler selon leur gré leurs affaires propres, disposant de leur ordre intérieur sans intervention de l'État, décidant des affaires qui sont familières ou qui peuvent l'être à chacun de leurs membres et n'étant bornés, dans cette honnête et raisonnable liberté, que par le bien commun et la sûreté du royaume.
Ces vastes régions qui s'étendent autour de nos grandes villes (Lyon, Bordeaux, Marseille, Lille, Nancy, Toulouse, Rouen, Montpellier, Grenoble, Besançon, Limoges, Clermont, etc.) seront reconnues par la loi et délivrées du sectionnement départemental, qui est absurde et anarchique; les territoires agglomérés autour de ces capitales naturelles obtiendront progressivement l'autonomie, en tout ce qui touche leurs affaires particulières, ans engager l'intérêt national; de grands conseils provinciaux, sous le contrôle, supérieur mais éloigné, de l'Etat, concourront au réveil et à la renaissance du corps entier de la patrie que la politique jacobine a diminué.
Les associations professionnelles, confessionnelles et morales, jouissant de la plus complète liberté, seront soumises au droit commun, et considérées comme des personnes civiles autonomes, faisant leur police elles-mêmes par cet esprit de corps qui est le principe de tous les progrès; elles seront capables de posséder, d'acquérir, d'aliéner, d'acquitter des impôts, de payer des amendes et d'être même, en cas d'indignité légale, retranchées de la vie commune à temps ou à perpétuité.
Au résumé, le citoyen, dans toute la sphère où il est compétent et intéressé directement, dans tout ce qu'il a le pouvoir de connaître et donc de juger, est présentement un esclave. Le pouvoir royal lui rendra la disposition et le souveraineté de ce domaine qui lui fut arraché sans droit, sans utilité, et au péril même de la force de la patrie.
Voilà ce que fera le roi pour les libertés. Il les rendra aux citoyens. Il en sera le garant, le défenseur et le gendarme. Examinons ce qu'il fera pour l'autorité, ainsi chassée du détail intérieur de la vie civile.
"L'autorité, en haut"
Il la relèvera, la définira, l'utilisera pour des fins purement nationales.
L'État français qui se mêle de tout aujourd'hui, même de faire des écoles et de vendre des allumettes, et qui, en conséquence, fait tout infiniment mal, vendant des allumettes ininflammables et distribuant un enseignement insensé, l'État est lui-même impuissant à remplir sa fonction d'État."
Charles MAURRAS, Petit manuel de l'enquête sur la Monarchie
Ø La Famille, cellule de base de la société, est un fait naturel et un bienfait vital. Ø La démocratie, par sa philosophie libérale, c’est à dire individualiste, est anti-familiale. Elle ne reconnaît à la famille aucune existence juridique, ni politique, ni économique. Ø Les signes de désagrégation se multiplient. Elle consiste à dire : A vous famille de construire votre bonheur, de créer votre unité et de tisser les liens de votre harmonie. A nous Etat de ne pas empêcher ce bonheur. Nous n’avons pas à organiser votre vie, à planifier votre fécondité ou à conduire les fils de votre destiné familiale. Tout cela vous revient de plein droit et n’est pas de notre compétence. Mais à nous, Etat, de créer les conditions extérieures indispensables à votre épanouissement. A nous d’aplanir les obstacles et d’alléger les charges. Ø D’abord que la famille soit reconnue pour ce qu’elle est : cellule de base de la société et de l’éducation. C’est d’abord une question d’honneur, de dignité que doit cultiver l’esprit public. Ø Rôle éminent à cet égard de la culture : favoriser ce qui honore la famille ; n’apporter aucun soutien public à ce qui la déshonore Ø C’est toute l’organisation sociale qui doit être pensée en fonction de la Famille, et non en fonction des individus. Organisation du travail, urbanisme, hôpitaux, loisirs, lois, fiscalités, etc.. Ø L’école doit être remise à sa place d’auxiliaire de la famille, aux choix des familles. Ø Des systèmes judicieux de salaires, d’allocation familiales, de fiscalité, d’assurances doivent favoriser d’une part le rôle de la mère de famille, d’autre part la constitution de patrimoine familiaux, etc.. La mise hors d’état de nuire de l’Etat républicain individualiste et son remplacement par le régime le plus familial qui soit : la Monarchie.
I. Ce que nous avons à démontrer :
II. Ce que nous avons à proposer :
1. Une attitude normale de l’Etat face à la famille :
2. Les axes d’une politique « familiale » qui ne soit pas seulement « nataliste », mais qui consiste à adapter la société aux exigences de la communauté familiale :
3. La condition politique préalable a cette politique « familiale » :
"Nous voulons travailler à une société où l'Etat ne dévore pas les individus, mais où la réalité et la destinée collectives, - l'Etat - et la réalité et la destinée personnelles soient également respectées.
D'un côté l'Etat, souverain dans ses attributions, qui sont l'exercice de la puissance publique* ; de l'autre côté l'homme individuel, maître de son domaine propre, qui est l'autonomie et la libre disposition de son travail et de ses loisirs ; entre l'Etat et l'individu, l'ensemble des corps sociaux, famille, région, métier protégeant l'intérêt collectif et la puissance publique cotre l'individu parce qu'ils préservent l'activité de celui-ci de s'égarer dans le désordre, la dissociation et l'anarchie, protégeant l'individu contre la puissance politique de la collectivité parce qu'ils lui donnent la force de leurs associations naturelles pour résister aux empiétements du pouvoir.
L'individu autonome - non souverain - dans l'Etat souverain - non totalitaire - telle doit être la société de demain.
Il faut que l'exercice de la puissance publique soit soustrait aux ingérences de l'individu, ce qui suppose un Etat indépendant du suffrage, et exclut l'hypothèse démocratique. Il faut que l'exercice des activités individuelles soit soustrait à l'ingérence de l'Etat, ce qui exclut la notion autoritaire, totalitaire et dictatoriale. Des deux côtés, nous nous trouvons donc ramenés à la seule solution possible : la monarchie.
La monarchie n'est pas seulement pour nous la dernière chance de la collectivité française menacée, la derrière chance d'autorité : elle est aussi, est surtout la dernière chance de la liberté."
Thierry Maulnier
Vous êtes royalistes donc vous êtes contre
Elle peut être mise à toutes les sauces et vouloir dire tout et son contraire.
Parlons plutôt des libertés
C’est ce que nous appelons le principe de subsidiarité qui consiste à ne pas s’intéresser à l’idéologique Liberté mais qui garantie les libertés
Vous êtes royalistes donc vous êtes contre l’Egalité
L’Egalité n’existe pas, elle n’a jamais existé et n’existera jamais.
C’est là encor, une utopie de croire qu’un jour les hommes seront égaux en droits.
Dans une société, il faut des inégalités de droits pour garantir les libertés individuelles :
La liberté de se déplacer en sécurité sur les routes est garantie par le privilège qu’a le policier de verbaliser.
La liberté d’être soigné à temps est garantie par le privilège qu’à le pompier de brûler les feux…
Si tout le monde avait les mêmes droits que le policier ou le pompier, les libertés ne seraient pas garanties.
En revanche, il est évident que tout le monde doit avoir le droit d’être représenté auprès du gouvernement, (droit de vote), que tout le monde a le droit d’être défendu par un avocat devant le juge…Ces droits qui sont accordés à l’ensemble des citoyens doivent être maintenus et il n’a jamais été question de les supprimer !! Mais ne confondons pas avoir les mêmes droits dans certains domaines et être égaux !!
Les hommes sont égaux en dignité bien sûr mais pas en droits et tant mieux car, si c’était le cas, ce serait l’Anarchie et les méfaits de cette absence de pouvoir sont connus.
Vous êtes contre le droit de vote.
Bien sûr, sous l’Ancien régime, on votait et il n’a jamais été question de supprimer le droit de vote.
En revanche, celui-ci doit être limité à nos compétences.
En effet, il est de notre ressort de choisir un maire ou un préfet, ou encor un préfet de région mais la politique nationale et internationale n’est pas de notre ressort tout simplement parce que nous ne sommes pas au courrant de tout ce qui se passe au niveau du gouvernement.
Il est donc normal que nous votions, et ce droit ne nous sera pas enlevé !!
Certains d’entre nous ont entendu parfois cette réflexion.
Pourtant, le Roi étant le Roi de tous les Français (contrairement au Président qui ne tient sa légitimité que d’une minorité de votants), il peut défendre tout le monde sans se soucier de l’avis de la majorité, ce qui lui permet de défendre les plus faibles, en l’occurrence, les pauvres.
A ceux qui disent cela, je répondrais qu’ils confondent Monarchie et Théocratie.
En effet, le Roi étant croyant, il peut mieux comprendre les autres croyants que ne peuvent le faire les laïcistes républicains. Il peut donc garantir les libertés de culte comme ça a été le cas sous l’Ancien Régime.
Religion d’Etat ne veut pas dire Religion imposée à tous les Français.
Cela veut dire simplement que le Roi est Catholique. Et là encor, point n’est nécessaire d’être Catholique pour savoir que la doctrine sociale de l’Eglise est celle qui marche le mieux, il suffit pour cela de regarder l’histoire de France et de chercher à savoir quel est l’Etat qui a fait le moins mal son rôle…Bien sûr, c’est
