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Pensée politique

Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 16:02



Il y a deux choses qui me gênent dans « les milieux royalistes » dont on entend parler si souvent :
Premièrement, il y a « les »… Sommes nous divisés à ce point ? Sommes nous incapables de nous unir derrière la bannière d’un Prince ?
L’Union fait la force et, comme le dit si bien Bernard P. le président de la Restauration Nationale : « royalisme doit apparaître comme un mot qui fédère ».
Mais je ne m’attarderai pas sur ce sujet dont on a déjà parlé si souvent et sur lequel j’ai déjà donné mon opinion qui est celle de tous les royalistes : nous devons nous unir puisque notre but est le même et que quatre bras valent mieux que deux.

Ce qui me gène le plus est « milieux royalistes »… Le royalisme serait donc réservé à un public averti et constituant une sorte de « caste », un milieu ? Un groupe ? Des marginaux quoi ?!
Non !! Le royalisme est fait pour tout le monde et point n’est nécessaire de faire partie de tel ou tel milieu, point n’est nécessaire non plus d’être de telle ou telle religion, j’ai connu des royalistes de différents milieux et de différentes religions ! Juifs, catholiques, protestants, athées…Tout Français est un royaliste en puissance !! Je dirais même mieux, tout Français est royaliste…Seulement, c’est un royaliste qui s’ignore la plupart du temps et c’est à nous de l’aider à se découvrir par le biais de nos conférences, cercles d’études, cafés politiques, discussions entre amis et diffusion de nos organes de presse !!
Qu’est-ce qu’un Royaliste ? Un bourgeois nostalgique ? Un nobliau ringard ? Un Catho-Tradi ? …ou tout simplement une personne qui a réfléchi et qui a comparé 1500 ans de Monarchie avec les 200 ans de délinquance qui viennent de s’écouler…La comparaison est vite faite, les Français concluent naturellement par la Monarchie !! Ce sont ceux là qui sauveront la France car notre royalisme est un royalisme de raison ! On ne naît pas royaliste, on le devient ! On n’est pas royaliste pour « faire bien », on n’est pas royaliste pour s’amuser ou se faire plaisir, on est royaliste parce que la Monarchie est le seul régime qui nous paraît sérieux et pouvant sortir la France de la spirale autodestructrice dans laquelle l’ont plongée les politicards qui la gouvernent…ou plutôt qui ne la gouvernent pas !…

Alors comment faire ?
Pour commencer, il faut se faire connaître et faire connaître le Prince. Pour cela, il y a bien sûr nos différentes manifestations citées plus haut mais il y a aussi la presse et Internet !
Il y a particulièrement pour nous étudiants et lycéens, la possibilité de discuter avec d’autres personnes…Je me souviendrai toujours d’un camarade de classe en Terminale que j’avais convaincu d’une manière très simple, au cours de la discussion, après avoir entendu ses arguments, je lui avais dis « en fait, tu es royaliste ! »…Bien sûr, après il avait fallu le lui démontrer mais il était royaliste sans que j’ai eu besoin de le convaincre ! Il se faisait tout simplement une mauvaise image du royalisme une image véhiculée par 200ans d’écoles de la rippoublique, faisant des monarchistes un ramassis de ringards attachés à leurs privilèges. C’était donc un royaliste qui s’ignore comme le sont tous les français. Aujourd’hui, il vient aux cercles d’études et milite pour la Restauration de la Monarchie.
Royalisme est un mot qui fédère, alors faisons connaître notre royalisme mais faisons le connaître sans faire peur. Rien ne sert de se faire plaisir en tractant si le tract est mal fait ! Rien ne sert de faire des collages si les affiches sont mal faites !! Rien ne sert de se battre contre un problème en particulier car, pour paraphraser Charles Maurras, « construire sous les bombardements est inutile » il faut avant tout mettre hors d’Etat de nuire l’avion qui bombarde. C’est ce fameux « politique d’abord » que nous devons toujours avoir en tête et mettre en œuvre sans relâche.
« Royalisme doit apparaître comme un mot qui fédère », ne l’oublions jamais, tout français est un royaliste qui s’ignore !! Alors action !! Ayons horreur des mots, agissons !!

Lux.

Par Lux - Publié dans : Pensée politique
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 16:06
   

 

Dans l'Action Française 2000 du 29 juillet 2004, Jean Phillippe Chauvin écrivait :

La Ve République est-elle entrée en agonie ?

Bien sûr, les institutions semblent encore fonctionner, le Président présider et le gouvernement gouverner... Mais cela tient plus à l’habitude qu’à un véritable dynamisme politique.
Du coup, comme le souligne, parfois crûment, Nicolas Baverez, la France est malade : « Une gesticulation législative subordonnée aux impératifs de communication, mêlant les textes de circonstance – telle que la désastreuse loi dite du voile – aux textes d’exception, qui tendent à systématiser [...] le soupçon et la délation au mépris des libertés.
« Un État en faillite, dont les finances publiques sont les plus dégradées au sein de l’Europe des Quinze. Un engrenage de guerre civile froide avec la montée des tensions entre les statuts, les corporations, les générations, et plus encore les communautés. [...]
« La France présente aujourd’hui ce paradoxe scandaleux d’un pays qui décline, s’appauvrit et se déchire, en dépit de ses immenses atouts, du seul fait de règles absurdes et d’un manque criant de leadership politique. La France ne meurt pas d’un excès, mais d’un déficit de politique, ou plus exactement de la cannibalisation du politique par une conception cynique du pouvoir qui en monopolise les avantages, tout en en refusant les responsabilités, qui en dissout la dimension de projet et d’action pour n’en retenir que l’accaparement et la distribution des emplois et des fonds publics. Elle est le pays où le Premier ministre se définit comme un fusible et un simple exécutant du Président, tandis que le Président ne se consacre qu’à sa propre réélection, se spécialisant dans les causes humanitaires pour mieux se dérober devant les choix politiques qu’imposent les intérêts supérieurs de la nation ».
La question du régime
Autre problème, évoqué par Jean-Louis Guigou, ancien délégué à la D.A.T.A.R. : « La France est [...] bien “malade” d’un manque de prospective. La société devient nerveuse et se bloque car, à l’évidence, un peuple n’avance pas s’il ne sait pas où il va. [...]
« Ce qui caractérise la France, actuellement, c’est cette absence de vision du futur. Ce manque de projet et d’ambition collective [...] Le long terme disparaît, tout se ramène à l’impérialisme de l’instantané. »
Cela se marque aussi, comme le souligne l’un des animateurs des Guignols de l’Info, par le fait que le pays est en « période électorale permanente », phénomène aggravé par le quinquennat : il en résulte ainsi l’affaiblissement du politique et de l’État par le mécanisme du “balancier démocratique” qui engage toutes les structures gouvernementales de l’État. La preuve en est fournie par les alternances politiques à répétition (particulièrement depuis 1981), mais aussi par les cohabitations classiques (président et gouvernement de couleurs politiques différentes) et les “nouvelles cohabitations” en cours de définition liées à la décentralisation (régions quasi-intégralement dirigées par la gauche face à une majorité parlementaire et gouvernementale de droite).
Réintroduire le long terme
Devant une telle confusion, il est permis de ne pas tomber dans le fatalisme, mais, au contraire, de poser la question du régime politique susceptible de répondre au mieux aux défis contemporains, dans le sens de l’intérêt commun bien compris des Français d’aujourd’hui et de demain.
Jean-Louis Guigou évoque la nécessité de « réintroduire la pensée à long terme dans l’action politique »: cela est fort bien, mais incomplet, car c’est aussi dans les institutions qu’il faut remettre le “long terme”, en ne confondant pas celui-ci avec une forme moderne de “fixisme” ou de “fossilisation politique”. Le long terme nécessite la continuité certes, mais une continuité qui se doit d’être dynamique pour épanouir ses qualités et accompagner le temps sans l’arrêter, ni se laisser dépasser par lui.
Or, quel État peut, par essence, disposer du “long terme” ? Sûrement pas la république du quinquennat ! Une sixième république parlementaire, “redite” de feue la quatrième ? Ce n’est ni souhaitable, ni viable !
Alors ? Alors, la monarchie !
Mais pas n’importe laquelle : il ne s’agit pas d’une monarchie féodale copiée d’un passé révolu, ni d’une pétro-monarchie plus théocratique que politique. Nous nous intéressons à la monarchie “à la française”, pour ce pays-là et non pour un autre (même s’il y a des points communs avec d’autres régimes royaux, tels que le mode de transmission du pouvoir ou le rôle symbolique du souverain) ; la monarchie française, “capétienne”, peut être attentive aux autres monarchies dans le monde, mais elle trouve d’abord ses raisons d’être et ses motivations politiques dans l’histoire, le terreau et la nation française.
La monarchie française est “héréditaire et successible” : cela signifie qu’elle n’est pas esclave des élections et de ceux qui les font ; non pas vraiment les électeurs, mais les partis et les “puissances d’argent”. La monarchie, par son principe même, c’est la transmission de l’État, de son sommet institutionnel et symbolique (au sens fort du terme), par le biais le plus simple, le plus naturel, car filial, du père au fils, par la disparition de l’un et l’“apparition” immédiate de l’autre. « Le Roi est mort, vive le Roi ! » et son complément théorique « le Roi de France ne meurt jamais » sont les deux formules qui caractérisent le mieux cette “passation de sceptre” qui, si elle voit la mort physique d’un monarque, voit aussi dans le même temps la pérennité de sa fonction et de l’État immédiatement assurée par son successeur.
Ainsi, le Roi ne doit son pouvoir qu’à la naissance et au deuil : il n’a pas choisi de naître héritier de Roi, “Roi en devenir”, comme il n’a rien choisi de ce (et de ceux) qui le précède. Sa naissance en position d’héritier lui fixe des devoirs et lui assure une formation politique pour un avenir royal qu’il aura, peut-être, à assumer.
Indépendance du pouvoir
Comme le souligne le journaliste belge Paul Vaute, le principe même de l’hérédité monarchique assure une indépendance de fait, quant à l’origine de son pouvoir, voire de sa légitimité, au monarque : « Une personne – mais aussi un couple, des enfants, une dynastie – dont le pouvoir n’est pas le fruit d’une lutte politique, qui n’a pas été fabriquée par l’état-major d’un parti, qui n’a pas percé à grands coups de marketing, qui ne peut être identifiée à un groupe social, un milieu culturel ou une région [...] : tel est le Roi. Il n’est pas nécessairement parfait – nul ne l’est – mais il n’est pas un parvenu. Il offre un visage humain bien nécessaire, indispensable même, à ces monstres froids que sont devenus les États dans le monde contemporain »
Fédérer et unir
L’indépendance du Roi, conséquence du principe héréditaire, est beaucoup plus importante que sa compétence personnelle : c’est cette indépendance qui lui permet d’exercer son pouvoir suprême dans de bonnes conditions, en particulier dans le cadre de la monarchie active que nous prônons, dans le choix du personnel gouvernemental, dans la mise en place des grandes politiques, dans l’exercice de la diplomatie et dans l’arbitrage politique. Cette indépendance de position assure aussi l’unité même, à travers sa personne et sa famille, du pays : Louis XVI, Roi de France, s’adressait aux “peuples de France” et il apparaissait, à la suite de ses prédécesseurs, comme « le seul point commun à tous les habitants du royaume » au-delà des fortes différences provinciales, linguistiques et culturelles, voire institutionnelles.
Paul Vaute le rappelle en quelques phrases fort judicieuses, écrites pour traiter de la monarchie belge, mais qui peuvent en l’occurrence s’appliquer fort bien à la monarchie française : « Hors des clivages de toute nature, le Roi n’est pas pour autant cet être transparent, cette statue de marbre, cette fonction pure, ce personnage incolore, inodore, insipide, censé s’abstenir de tout avis au grand jour, tel qu’il semble émaner de nos traités de droit public. (..). En tout occupant du trône, nolens, volens, on trouve un exorciste du démon des divisions internes, quelles qu’en soient les causes ou les prétextes [...]. Le Roi est toujours celui qui rappelle que “fédérer, c’est unir dans la différence acceptée et non pas dissocier dans l’affrontement”
Restaurer le politique
La monarchie française n’a pas vocation à être seulement constitutionnelle ou parlementaire : elle se doit d’être politiquement active, de rendre au politique ses capacités d’action et d’intervention face aux grandes forces financières et économiques, et d’incarner (et de motiver) la diplomatie française dans le monde. Elle n’est pas une fin en soi, mais le moyen d’agir pour la France, dans les meilleures conditions possibles. Dans un monde incertain, la monarchie française, “réinstaurée”, pourrait être le signal annonciateur d’une reconquête par le politique des territoires que l’économique occupe indûment. Ce serait, en somme, la victoire des hommes sur le pouvoir anonyme de l’Argent dieu...

Par Lux - Publié dans : Pensée politique
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 19:03
   

 

« Quel genre de monarchie souhaitez–vous ? », c’est la question qu’on finit toujours par poser à un royaliste. Cette question peut paraître oiseuse tellement notre objectif paraît éloigné. Pourtant, il est extrêmement important que nous soyons tous en mesure d’y répondre, car, en l’absence de précision, on pourrait penser que nous n’avons pas réellement réfléchi à ce problème fondamental.

 

Avant d’exposer quelle sorte de monarchie nous souhaitons, il faut commencer par indiquer en quoi  la République est nocive pour notre pays.

 

                                        Nous sommes royalistes pour le bien de la France

 

Car, il ne faut jamais l’oublier, nous sommes des monarchistes de raison. Nous ne sommes pas royalistes par nostalgie ni par sentimentalité. Nous sommes royalistes parce que nous sommes des bons français, attachés à la sauvegarde de notre pays et que, pour exister et survivre, la France a besoin d’un roi. Car, tous les historiens le reconnaissent aujourd’hui, la France est le résultat de l’action de nos rois. Ernest Renan le disait déjà au siècle dernier : « La politique capétienne arrondit le lambeau ( le domaine royal à l’origine ) et en huit cent ans fit la France comme nous l’entendons, la France qui a créé tout ce dont nous vivons, ce qui nous lie, ce qui est notre raison d’être. La France est de la sorte le résultat de la politique capétienne continuée avec une admirable suite. » Au contraire, la République Française se termine toujours en catastrophe. Les deux premières Républiques se sont terminées par le césarisme et celui-ci, par deux fois, s’est achevé par une sévère défaite militaire : Waterloo pour le premier Empire, Sedan pour le second. La troisième République n’a même pas eu besoin de l’étape intermédiaire du césarisme pour aboutir à la catastrophe : elle s’est écroulée en juin 1940 après la plus effroyable défaite militaire que la France ait connue. Quant à la quatrième République, elle est morte à Dien-Bien-Phu et à Alger, dans les tristes conditions que l’on sait.

 

                                                  La division : une spécialité bien française

 

Il me faut aussi parler d’une caractéristique de notre peuple, à savoir son goût invétéré pour la division. C’est une constante dans notre histoire : les français se divisent entre eux. Il en a toujours été ainsi. Songez qu’au moment de la conquête de Jules César, au dernier siècle avant notre ère, les gaulois, partagés en une cinquantaine de tribus, se disputaient entre eux et même parfois se faisaient la guerre. Si César a pu conquérir la Gaule avec seulement 16 légions – on dirait aujourd’hui 16 régiments – alors que la Gaule était déjà peuplée de 5 millions d’habitants, c’est que certaines tribus gauloises se sont alliées aux romains et parfois ont combattu à leur côté contre les autres tribus gauloises. De même, pendant la guerre de Cent Ans, la France était divisée entre deux factions, les Armagnacs et les Bourguignons, ces derniers étant alliés des Anglais... Semblablement, pendant les guerres de religion, les extrémistes qui suivaient les ducs de Guise s’étaient alliés aux Espagnols contre Henri III, puis Henri IV.

 

En ce qui concerne les IIIème et IVème Républiques, il faut remarquer que ces deux régimes étaient ce qu’on appelle des : « régimes d’assemblée », c’est-à-dire des systèmes politiques dans lesquels l’organe le plus important, celui qui détient le véritable pouvoir, est l’assemblée nationale ou la chambre des députés, quelque soit le nom qu’on lui donne. Dans ce régime, le Président de la République n’a aucun pouvoir et les ministres dépendent du bon vouloir de l’assemblée. Or, la division des français dont nous parlions tout à l’heure se reflétait dans la composition de l’assemblée, qui était en permanence en équilibre instable. C’est ainsi que pendant les douze ans qu’a duré la IV ème République (1946 – 1958) vingt cinq gouvernements se sont succédé, la durée moyenne de vie d'un gouvernement étant de six mois ! Autant dire que notre pays, quelques puissent être les qualités des ministres, n’était pas gouverné. Il voguait de-ci, de- là, comme un bateau ivre... On comprend pourquoi Charles Maurras appelait cette forme de République: « la femme sans tête » !

 

Il n’y a pas de bonne République

 

En 1958, le général de Gaulle a cru que la Vème République, qu’il venait d’instaurer, allait guérir la République de ces maux. Lourde erreur ! Certes, le Président de la République n’est plus une potiche et la durée de vie moyenne du gouvernement tourne autour de deux ans et demi. Mais les vices inhérents à la démocratie demeurent. Car Charles de Gaulle, qui vitupérait  le «  régime des partis » quand il était écarté du pouvoir, n’a eu rien de plus pressé, quand il est revenu aux affaires, que de créer son propre parti, qui depuis lors guerroie contre les autres dans la guerre civile sans coup de feu que subit notre pays. Les élections, qu’elles soient présidentielles, législatives, départementales, régionales, sénatoriales, européennes, sont de bonnes occasions pour en découdre. Pendant ce temps, la France attend les décisions dont elle a besoin. Passé six mois après les élections, c’est l’immobilisme, d’ailleurs institutionnalisé pendant les périodes dites de « cohabitation », c’est-à-dire lorsque le Président est d’un parti, et la majorité de l’assemblée de l’autre. Non, décidément, la démocratie de convient pas à la France.

 

Précisons que nous sommes pas contre la démocratie par hostilité aux scrutins populaires et encore moins par je ne sais trop quelle nostalgie fascisante : nous sommes contre la démocratie quand elle ne marche pas. A ce sujet, laissez-moi vous conter une anecdote : dans les années soixante, quand j’étais le secrétaire de la Section de l’Essonne, mon président de Section était mon maître et mentor, Félix Duraud, un homme exceptionnel qui avait été secrétaire de Charles Maurras et directeur de l’Imprimerie d’Action Française, et qui donc avait côtoyé notre maître tous les jours pendant plus de dix ans. Je rédigeais un bulletin de Section puisque j’étais secrétaire, mais bien sûr, j’en soumettais toujours le projet à Félix Duraud, pour connaître ses observations. Un jour, dans je ne sait trop quel article, j’ai écrit la phrase : « la démocratie est valable au niveau de la commune ». Et Duraud, lorsque je lui ai soumis le projet, a rayé le mot : « valable » et l’a remplacé par :    « légitime ». La démocratie est légitime au niveau de la commune, telle était devenue ma phrase. Pourquoi la démocratie est–elle légitime au niveau de la commune? Parce qu’une commune est à taille humaine et que tous les électeurs comprennent peu ou prou le sens des décisions à prendre ou des programmes proposés. Dans une commune rurale, si un candidat maire dit qu’il faut réparer le chemin vert, même l’idiot du village connaît le chemin vert et sait bien qu’il est rempli de trous et de bosses et, donc, qu’il doit être réparé. Dans une commune plus importante, si le candidat maire propose de construire une piscine, tous les électeurs ont une idée de l’intérêt d’en faire construire une, et il y en a toujours un, un peu plus malin que les autres, qui va poser la question : «  et combien ça va nous coûter ? » Même les grandes agglomérations sont divisées en arrondissements, dont les problèmes sont à taille humaine et donc les électeurs peuvent comprendre les problèmes et donner un avis valable. Aux échelons supérieurs, au contraire, la démocratie disparaît car les devoirs d’un élu en tant que représentant de la population de sa circonscription entrent en conflit avec les obligations  qu’il a en tant que membre d’un parti. Ces obligations sont d’abord de nature idéologique, mais surtout son obéissance conditionne la poursuite de  sa carrière politique, c’est-à-dire son gagne-pain. Parfois, la démocratie se transforme purement et simplement  en oligarchie. Le modèle, on pourrait dire la caricature, de l’escroquerie démocratique apparaît dans les référendums, car les électeurs ne possèdent aucunement les connaissances et les compétences leur permettant de prendre une décision éclairée dans ces domaines. Il en a été ainsi notamment lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1993. Rappelez-vous : on a envoyé à tous les électeurs un livre de 200 pages, écrit serré, contenant le texte du traité et de toutes ses annexes. Pas plus de mille personnes en France n’étaient capables de comprendre ce texte, car il fallait pour cela, non seulement être un juriste, mais encore un juriste connaissant le droit européen et le texte de tous les traités antérieurs. Si c’est cela, la démocratie, c’est se moquer du monde !

 

                Une monarchie moderne

Venons–en maintenant à la monarchie que nous souhaitons. D’abord une certitude : La monarchie ne sera pas, elle ne peut pas être, la copie conforme du régime qui existait avant 1789. Ce serait une absurdité  totale, une sottise absolue.  Pourquoi ? Parce que la société française d’aujourd’hui ne correspond en rien à la société d’ancien régime. Rappelons que celle-ci était fondée sur des « ordres », catégories de la population dotées de certains pouvoirs en contrepartie de certaines obligations. Ces trois ordres étaient : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Qu’en est-il aujourd’hui ? La noblesse n’existe plus en tant que catégorie sociale particulière. Dans la plupart des cas, et en particulier sur le plan professionnel, rien ne la distingue plus de la bourgeoisie. Seuls, une certaine manière d’être et de traiter les autres, la courtoisie, l’élégance dans la tenue et dans les manières et un certain respect des traditions, les en différencie. Quand au clergé, et sans aucunement manquer de respect envers l’Eglise, il est bien clair que la situation actuelle du clergé catholique ne correspond en rien au clergé d’ancien régime. D’ailleurs, je suis sûr que la quasi-totalité des prêtres et des évêques français, mais aussi le pape, refuseraient de laisser le clergé, en tant que tel, prendre part au pouvoir politique de notre pays. En clair, loin d’être une reproduction à l’identique du passé, la monarchie sera forcément un système neuf, moderne, mais fondé sur les principes qui ont fait la force de la monarchie capétienne.

 

                                            

            Instauration et non restauration

 

Il faut bien comprendre que le concept de monarchie se trouve, sur le plan de la psychologie collective, à des années-lumière, non seulement de la classe dirigeante, mais aussi de la masse des français. Sur ce plan, la situation est autrement différente de celle qui aurait existée si en 1875 la monarchie avait été rétablie en la personne du comte de Chambord. Il y avait seulement cinq ans à l’époque qu’une dynastie (celle de Napoléon III ) avait cessée de régner. On aurait pu alors parler de « restauration ». Aujourd’hui, la tâche est toute différente : 134 ans se sont écoulés depuis la chute de Napoléon III, et 152 ans depuis celle du roi Louis-Philippe. Sans parler de la propagande républicaine qui s’est déchaînée depuis un siècle, notamment grâce à l’école publique. Notre travail est autrement difficile ! C’est pour bien marquer cette différence que nous préférons parler « d’instauration » plutôt que de « restauration ». D’autant plus que, d’une manière ou d’une autre, le rétablissement de la monarchie ne pourra faire autrement que de bénéficier d’un consensus populaire. Il n’est pas concevable, quelque soit le procédé utilisé pour  parvenir au rétablissement de la royauté, que sous une forme ou sous une autre, à un moment ou à un autre, un tel consensus ne se manifeste pas.

 

                            Une monarchie « à la française »

 

Il va de soi qu’il serait impossible de nos jours d’avoir un régime politique qui, comme dans l’ancienne France, ne reposerait pas sur une constitution écrite. On peut donc dire qu’en ce sens, la monarchie nouvelle sera « constitutionnelle ». Mais par ce terme nous n’entendons nullement la monarchie «  à l’anglaise » dans lequel le souverain n’a aucun pouvoir. Avec Charles Maurras,  nous rejetons catégoriquement un tel système. Maurras écrit dans « Mes idées politiques » : « Nous ne songeons pas à restaurer en France une monarchie parlementaire. Elle est peut-être à sa place en Belgique où elle peut remplir une fonction nationale supérieure et même en Angleterre dont elle tient l’Empire. Pour nous, les immenses bienfaits de la Restauration ne nous ont jamais aveuglés sur la part excessive que le régime parlementaire y donnait aux excès du système électif ».

 

Car la monarchie « à l’anglaise » n’a pour ainsi dire aucun avantage pour le pays, par rapport aux IIIème et IVème Républiques, et encore moins par rapport à la Vème. Son seul côté positif est l’incarnation de la nation en une personne en chair et en os, ce qui favorise l’unité nationale en cas de crise. Il est certain que, sans la royauté, la Belgique n’aurait pu résister à la tension entre la communauté flamande et la communauté wallonne. Mais, à part cela, le fait que la Belgique soit un royaume n’a nullement empêché ce pays de se noyer dans l’Europe, de perdre le Congo belge, d’autoriser l’avortement ou d’adopter le mariage homosexuel.

 

                             La monarchie antiparlementaire

 

Alors, qu’elle est la monarchie que nous voulons ? C’est celle que Charles Maurras, avec son immense talent de condenser en une formule une pensée  lourde  de sens, a appelée  dans  «  l’Enquête sur la monarchie  » : la   « monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée ». Nous allons parler de ces deux derniers termes. « Antiparlementaire » ne signifie pas qu’il n’y aurait plus d’assemblées délibératives ni d’élections. Bien au contraire, la monarchie moderne connaîtra des élections et des assemblées à tous les niveaux : local, régional et national. Maurras le dit en toutes lettres dans «  Nos raisons pour la monarchie » : « Il existe un premier degré de la fonction civique : c’est celui qui consiste…à soutenir de son assentiment le gouvernement qui protège les vies et les biens, à s’exprimer sur les impôts et sur les revenus, à déléguer une représentation au Pouvoir pour lui faire savoir ce qui est désiré, blâmé, déploré. C’est le domaine du suffrage universel, qu’il faut bien se garder de supprimer ou de restreindre ».

 

En vérité, « antiparlementaire » désigne un régime qui établit une distinction entre la tâche de gouverner  (dont sont chargés le roi et ses ministres) et celle de représenter les populations (dont sont chargés les députés). Confondre les deux fonctions comme dans une démocratie parlementaire crée tout simplement un régime oligarchique, avec tous les défauts inhérents à ce système. C’est ce que dit Charles Maurras dans « Mes idées politiques » : « Il faut revenir à un régime qui rétablisse la  distinction  entre le Gouvernement,  chargé  de

Gouverner, et la Représentation, chargée de représenter ».  Nous aurons donc d’un côté l’Exécutif, c’est-à-dire le roi et ses ministres – ces derniers n’étant pas des députés mais des hauts fonctionnaires – et de l’autre l’assemblée destinée à faire connaître au gouvernement ce qui est désiré ou rejeté par la population.  En    principe,

L’assemblée n’aurait pas de pouvoir législatif, sauf sur des questions exceptionnelles et notamment en matière fiscale. Il en était déjà ainsi dans  l’ancien  régime,  puisqu’ aucun impôt  ne pouvait être levé sans l’approbation des Etats-Généraux.  A côté de l’assemblée nationale, il existerait une seconde assemblée qui représenterait, non seulement les collectivités territoriales comme notre actuel Sénat, mais également les représentants des associations familiales, les ordres professionnels, les chambres des métiers, du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, en un mot, les forces vives du pays réel.

 

                                                                 Une véritable révolution
Un des immenses avantages de ce système est qu’il diminue dans des proportions importantes, un des  vices majeurs de la démocratie, l’avidité pour le pouvoir et l’ambition personnelle des hommes politiques.  Il ne sera plus utile qu’un de ceux –ci passe des années et des années à s’échiner comme un écureuil dans sa cage en montant un à un les échelons du pouvoir, l’oeil fixé sur le niveau suprême (le chef de l’Etat), ou du moins sur les échelons intermédiaires (les ministres), puisque la route de ces fonctions leur en sera définitivement barrée. Certes, il pourra être député ou sénateur, mais ce sera une fonction de service, non une fonction de pouvoir. Cette transformation radicale sera une véritable révolution ! Il est important de signaler qu’un système assez proche, mais dans un cadre démocratique, existe depuis longtemps dans un pays étranger. C’est le régime en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique qui connaissent la stricte séparation de l’Exécutif et du Législatif, et aussi une profonde  décentralisation, dont nous allons parler maintenant.

 

                                                               Une monarchie décentralisée

 

Naturellement, on vous dira que la république aussi a décentralisé. Mais vous savez comme moi que la décentralisation républicaine n’est pas une véritable décentralisation. En effet, la République française étant élective aux niveaux les plus élevés de l’Exécutif, le parti au pouvoir fait tout ce qu’il peut pour ligoter les collectivités aux rangs inférieurs. Il accorde donc ses faveurs aux électeurs et aux collectivités qui le soutiennent. Par exemple, ma commune de résidence a un maire de centre droit, mais le conseil général de notre département est socialiste. Comme par hasard, les subventions accordées par le conseil général à notre commune sont d’environ un tiers du montant des subventions accordées à une commune socialiste. Au contraire, la couleur politique des communes et des régions sera indifférente au roi, celui-ci n’étant pas élu.

 

Mais surtout, la notion maurrassienne de décentralisation s’étend au-delà des compétences des collectivités territoriales. L’idée de Maurras est de libérer de l’emprise de l’Etat, et donc des partis, toutes les communautés françaises, qu’elles soient naturelles ou créées par les hommes. Il peut s’agir d’associations ou d’organismes privés, d’ordres professionnels, de syndicats, d’organes représentants les métiers, les industries, l’agriculture et de groupes divers, bref, ce qu’on appelle aujourd’hui la société civile.  Aujourd’hui, l’influence de la politique politicienne s’exerce partout. Savez-vous que plusieurs mutuelles dépendent de certains partis ? Savez-vous qu’il en est de même pour certains organismes d’H.L.M. ? Savez- vous qu’une situation similaire se rencontre dans certaines Caisses d’épargne ? Savez-vous que la nomination du président de la Croix-Rouge Française (association privée) dépend du bon vouloir du Président de la République ? Là encore, tel parti s’attache telle ou telle organisation en la favorisant de diverses façons ou encore en lui octroyant des subventions. Au contraire, le roi, indépendant des partis et des lobbies, laissera ces organisations s’administrer comme elles l’entendent. En clair, la monarchie rendra leurs libertés à toutes ces collectivités. Comme on disait autrefois : Le roi sera le  protecteur des républiques françaises !

 

                                           Le roi, protecteur des républiques françaises

Vous le voyez, la monarchie que nous souhaitons est bien loin de ressembler à l’image mensongère colportée par nos ennemis et les manuels d’histoire de l’école publique ! On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est rétablir la noblesse et ses privilèges ». C’est faux, il n’a jamais été question de cela. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les élections ». C’est faux, il y aura des élections à tous les niveaux : local, régional et national. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les libertés ». C’est faux, c’est au contraire rendre leurs libertés aux français et à leurs collectivités. C’est pourquoi il faut être profondément optimiste. Car la République mène le pays à la ruine ! Tôt ou tard, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois dans notre histoire, une crise majeure se produira et la monarchie apparaîtra comme le seul recours. Alors, avec l’aide de Dieu, nos efforts seront couronnés de succès et la monarchie que nous appelons de nos vœux sera rétablie pour le plus grand bien de la France et des français.

 

      Georges Rousseau

                                                                                                                                                                                                
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 21:16


Imaginez un peuple responsable
qui vivrait dans un monde hérissé de libertés concrètes.
Dans un monde où le pouvoir décentralisé lui redonnerait toutes ses responsabilités perdues,
la possibilité de voter à tous les niveaux : local, régional, national, professionnel….
De gérer lui-même ses problèmes, dans les domaines ou chacun apporte ses compétences pour pouvoir proposer des solutions.

Imaginez un peuple libre
dont les problèmes quotidiens ne serviraient plus d’enjeux politiques destinés à faire vivre une multitude de partis, par le biais d’une démagogie insultante, et dont les chefs de file ne sont nullement représentatifs et incarnent encore moins des solutions.

Imaginez un peuple aimant son pays
qui se soucierait de ses droits certes, mais également de ses devoirs envers la société et envers sa nation.
Un peuple dont l’intelligence ne serait plus le fer de lance d’une multitude d’idéologies en tout genre, dans un pays où la télévision ne serait plus un instrument de manipulation, et où les religions trouveraient leurs places dans un respect réciproque.

Imaginez un pays libéré enfin
où l’omniprésence de l’Etat sous forme d’une administration envahissante et complexe, ou sous forme de lois nous interdisant de plus en plus d'agir au quotidien, deviendrait inutile !

Ce peuple qui vivrait ainsi, pourrait être tout simplement nous tous !
Le peuple français !

Atteindre un tel résultat, seules les institutions monarchiques le permettent.
Si vous voulez en savoir plus sur les conséquences de ces institutions dans notre quotidien et à l’échelle de la politique en général, venez découvrir ce combat politique à la fois peu commun mais passionnant qu’est
le royalisme !

K-doudal

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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /2005 15:25

Chers amis français.

Les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2007, et c’est peut-être la dernière fois qu’on votera en France !

Si la Monarchie, elle, est favorable au vote (lisez « du suffrage universel » de Charles Maurras sur ce même blog), soyez en sûr que le vote vous sera interdit, à vous français, « infidèles », « roumis », « sales occidentaux »… lorsque les Ottomans auront pris le pouvoir.

Ne soyons pas paranoïaques me direz-vous !...Mais sachez que si vous ne votez pas, eux, les « jeunes » voyous qui ont hier brûlé vos voitures et qui demain égorgeront vos femmes et vos filles si elles ne sont pas voilées, eux donc, les ottomans, les Islamistes, les terroristes en herbe, les dealers, violeurs, casseurs, voleurs…eux voteront sous l’égide de Joey Starr, Jean-Pierre Bacri et Djamel Debbouze, parrains du collectif « Devoirs de mémoire »!!

Eux voteront et, si on les ajoute aux traîtres, collabos et autres suppôts du pouvoir, ils régneront au nom de la "majorité". Dans ce cas, ils garderont le pouvoir même s'ils leur arrivaient de perdre cette majorité.

Alors il va nous falloir voter et même bien voter. Bien sûr, me direz-vous, mais comment choisir entre la peste et le choléra ?

Et bien, prenons exemple sur le deuxième tour de la dernière élection présidentielle où les français ont voté contre un homme et non pas pour le candidat sortant, nous devrons voter contre ceux qui auront les suffrages de ces français de "fraîche date".

Alors, Il faut voter! C’est une nécessité absolue si nous voulons sauver notre civilisation occidentale et chrétienne. Pour ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes, courez-y ! N’oubliez pas de voter en votre âme et conscience, et surtout bon courage pour affronter les années qui viennent.

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Samedi 24 décembre 2005 6 24 /12 /2005 19:41
   

 

 Il existe deux manières de devenir royaliste. Soit on part du haut, c’est-à-dire de la nation, soit on part du bas, c’est-à-dire des libertés. Autrefois, lorsque  l’amour de la patrie ne se discutait pas, c’était le premier chemin qui était en général suivi. Au contraire, de nos jours où l’idée de décentralisation et de « société civile » sont plus sensibles, la seconde voie est fréquemment employée. A noter que Charles Maurras, notre maître  à penser, a emprunté d’abord la route des libertés – en l’occurrence l’apologie et la défense de sa chère Provence -  avant de suivre la voie royale de la sauvegarde de la nation. Quoiqu’il en soit, dans les deux cas, on aboutit à la même conclusion : que ce soit pour la sauvegarde de la nation ou pour défendre les libertés, un roi est indispensable. Un roi, non pas un individu désigné grâce à des magouilles ou élu au petit bonheur la chance, mais un prince légitime dont la désignation se fait de plein droit, par application de la règle de dévolution, sans l’intervention des hommes.

Mais revenons-en à la nation. Il faut remarquer que l’idée de nation n’est pas, en soi, royaliste. Au contraire, c’est un concept révolutionnaire. La meilleure preuve est que l’on a crié pour la première fois : «  Vive la Nation ! » lors de la bataille de Valmy en 1792. Son origine se trouve chez Jean-Jacques Rousseau : c’est le champ de la mythique «  volonté générale » chère à ce personnage, d’où découle ce que les constitutions républicaines appellent : la «  souveraineté nationale ». C’est parce que la construction européenne violait ce concept qu’un républicain sincère comme Jean-Pierre Chevènement a manifesté son opposition à l’Europe. Mais, soit dit en passant, c’est aussi cette conception poussée à l’extrême qui a conduit les Nazis a déifier la nation allemande. Ce n’est pas  notre vision des choses.

On ne le répètera jamais assez : la démarche de l’Action Française est empirique. Elle s’écarte résolument de toute idéologie. Pour nous, la nation française n’est pas une idée ou un concept ; c’est une chose réelle, tangible, charnelle, ancrée dans la géographie et dans l’histoire. A travers elle, c’est la masse extraordinaire des richesses matérielles, intellectuelles et spirituelles accumulées depuis des siècles par nos aïeux, qui nous est transmise. C’est un véritable trésor ! La première de ces richesses est notre langue, notre belle langue française, si riche , si sophistiquée et pourtant précise comme un scalpel !  Songez aussi à ses paysages, si divers, qui caractérisent si bien ses provinces. Songez à ses monuments, à ses magnifiques cathédrales comme à la plus humble église de campagne, à ses splendides palais comme au plus reculé de ses manoirs !  Pensez aussi à son histoire, à cette longue suite de rois et de héros,  qui se sont acharnés à construire et à défendre notre pays…Oui, loin de battre leur coulpe, les nationalistes français doivent aimer et admirer notre patrie et nos ancêtres !

La pensée de Charles Maurras et de ses amis est fondée sur une constatation fondamentale: l’homme n’existe pas – il n’aurait pas pu exister - individuellement. Physiquement, il n’a pu survivre que parce qu’il était né au sein d’une famille et qu’il bénéficiait, sans l’avoir voulu et même sans le savoir, de la protection de sa famille…Cette réalité  est bien éloignée de la fiction démocratique selon laquelle la société est fondée sur l’association d’ individus égaux passant un contrat ! De là découle la conclusion de l’Action Française pour laquelle la société humaine se compose de familles, non d’individus. L’intérêt véritable d’un individu dépend de la prospérité des groupements dont il fait nécessairement partie, dont le premier et le plus important est la famille. Ces diverses communautés s’emboîtent les uns dans les autres comme les poupées russes : collectivités locales ou régionales, communautés professionnelles ou associatives… Au-dessus de ces  groupements, existe celui qui contient tous les autres, la nation. Au plan temporel, c’est la plus vaste communauté naturelle possible. Nos anciens ont démontré qu’un Français  a plus d’intérêts communs avec les Français les plus éloignés de lui par leurs idées ou leur niveau de vie qu’il n’en a  avec les étrangers qui partagent le plus ses idées ou sa façon de vivre. Croire le contraire, c’est être victime de l’illusion marxiste. D’où l’on conclut que le salut de la nation est le bien humain le plus précieux pour chacun des membres de cette nation, « comme le salut d’un navire est ce qui importe par-dessus tout à l’équipage et aux passagers, du capitaine au dernier mousse, des passagers des premières aux voyageurs entassés dans la dernière classe ». Il s’ensuit, comme l’a écrit Maurras,  « qu’un nationaliste conscient de son rôle admet pour règle de méthode qu’un bon citoyen subordonne ses sentiments, ses intérêts et ses systèmes au bien de la Patrie. »

Puisque nous en sommes là, expliquons quelle différence existe entre « patriotisme » et « nationalisme ». Le patriotisme est le sentiment  de piété envers le sol national, la terre des ancêtres. Cette vertu s’applique en particulier  à la défense du territoire national lorsque celui-ci est attaqué par un ennemi extérieur. Mais hélas, nous le savons, les ennemis de l’extérieur ne sont pas les seuls qui menacent notre pays et ses trésors. Il existe aussi des ennemis de l’intérieur. Citons par exemple Jean Jaurès qui, dans les années qui précédaient la première guerre mondiale, a fait tous ses efforts pour désarmer la France, alors même que l’Allemagne se faisait de plus en plus menaçante. Rappelons-nous que le 1er Août 1914, un jour avant le début de la plus épouvantable boucherie que notre pays ait connue, Jean Jaurès écrivait encore dans le journal « L’Humanité » : «  Jamais les travailleurs allemands ne tireront sur leurs camarades français ». Il est intéressant de noter que le mensonge évident contenu dans cette tirade antimilitariste a tellement frappé le public que lorsque l’assassin de Jean Jaurès, arrêté immédiatement après son crime, fut jugé en 1919, il fut acquitté presque sans débat ! Ainsi, le nationalisme est un patriotisme défendant le pays contre tous ennemis quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, un patriotisme raisonné et « tous azimuts », pourrait-on dire. Il faut donc au chef de la nation la notion profonde des intérêts de ses nationaux, non de quelques-uns seulement, mais de tous ; des nationaux vivants, des nationaux à vivre, comme des nationaux morts. « Il lui faut même, disait Maurras, le pouvoir de défendre la France éternelle contre le caprice ou l’avidité de quelques-uns, ou de beaucoup, ou même de l’ensemble des Français d’une époque ».Une telle connaissance n’est pas la portée de n’importe quel politicien obsédé par sa réélection…L’expérience l’a prouvé : seul un Roi, par nature indépendant et ayant le temps devant lui, peut le faire. C’est pourquoi, comme nos Maîtres avant nous, nous avons conclu à la nécessité de la monarchie. Nous sommes de ce fait, comme on disait autrefois, des adeptes du « nationalisme intégral ».

Voici ce qu’on pouvait dire en si peu de temps sur le royalisme et le nationalisme.  Notre travail est de transmettre ces idées. Aussi, en vous adressant tous mes vœux pour un joyeux Noël et une heureuse année 2006, permettez-moi de nous souhaiter à tous le  prompt retour du Roi !

                                                                                                         Georges Rousseau

 
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Mardi 27 décembre 2005 2 27 /12 /2005 14:47

(Article pris sur le site :  http://royal.joueb.com/ )

Petit lexique à l'usage des lycéens non-conformistes

Candidat : Du latin candidatus, vêtu de blanc, apte dans un premier temps à réciter avec conviction la profession de foi requise pour son élection et, dans un deuxième temps, à faire exactement le contraire si son parti l'y contraint.

Campagne électorale : Période similaire à la saison des amours chez les animaux. Les candidats se font beaux, se montrent partout, se battent contre les autres candidats et, finalement, c'est l'élu qui baise les Français.

Electeur : Celui qui choisit entre trois hypothèses. Il vote pour le vainqueur et il perd tout droit de le critiquer puisque, désormais, il gouverne en son nom. Il vote pour le vaincu et il n'a plus droit qu'à se taire. Il s'abstient et, dans ce cas, n'est pas électeur.

Télévision : Instrument magique qui permet, s'il est bien utilisé, de faire croire aux citoyens qu'ils sont bien informés et aux gouvernements qu'ils sont intelligents.

Le mensonge républicain imposé chez nous depuis plus de deux siècles doit cesser : les Français en ont assez de leur classe politique ; le pourcentage d'abstentions à chaque élection va croissant ; dans un régime basé en théorie sur le principe électif et représentatif, cela signifie la faillite. La galère républicaine prend l'eau de toutes parts. On s'interroge sur la nécessité d'une sixième république qui ne connaîtrait ni la corruption, ni les technocrates, en un mot une utopie. Un candidat sera toujours un escroc, Hollande un pantin et Chirac une fripouille. Face à cette encyclopédie du verbiage creux, érigeons une autre façon de penser le politique. Remettons l'Homme au centre des préoccupations, redonnons un sens véritable au Bien Commun, rendons à la France un régime qui lui soit digne, rendons-lui son Roi.

Triste jeunesse qui ne sait plus lancer des pavés. "Vivre, c'est réagir," réfléchissez si vous le voulez. Quant à nous, nous avons définitivement choisi le parti de la dissidence.

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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /2005 14:00

Aujourd’hui, on parle de Laïcité partout, dans les médias,  les écoles,  les salons…On enseigne aux petits français que la Laïcité est un bienfait pour la France , on apprend aux citoyens qu'Elle est notre rempart contre l’Islamisme et l’Intégrisme. Et, on n’oublie pas de parler le plus possible au journal de 20 heures des Franc Maçons qui manifestent dans les rues de Paris en l’honneur de la Laïcité…
Mais qu’est-ce que cette Laïcité qu’ils élèvent au rang de déesse ?
Et bien, précisément, ce n’est pas la Laïcité mais le Laïcisme !!
Trois exemples pour bien nous comprendre :
-l’Islam ne distingue ni ne sépare le pouvoir temporel du pouvoir spirituel, C’est la Théocratie
-l’Eglise Catholique ainsi que la Monarchie Capétienne distingue mais ne sépare pas l’Eglise et l’Etat (rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César), c’est la Laïcité
- la République Française , depuis la loi de 1905, sépare l’Eglise et l’Etat, c’est le Laïcisme !!

En effet, c’est un abus de langage que de parler de Laïcité républicaine ! La Laïcité est une bonne chose que nos Rois ont toujours défendu et qui consiste à laisser le pouvoir temporel aux laïques et le pouvoir spirituel aux Clercs alors que le Laïcisme est une abomination FRANC-MAÇONNE qui consiste à placer l’athéisme au dessus des religions.
Aujourd’hui,  lorsque les médias parlent de religion, c’est, au mieux, du folklore, au pire, du fanatisme…
Mais où est en réalité le fanatisme ?
La République montre les croyants comme des marginaux, des ratés, des perdus, des rebus de la société, des passéistes incapables d’évolution…Elle s'acharne sur les chrétiens en les faisant passer pour des anormaux : N'est ce pas là du fanatisme ? Les fanatiques sont donc bien du côté des républicains et, finalement de leur Religion : le Laïcisme, car c'est bien une religion, ce laïcisme puisqu’ils le met au dessus de tout.

Accepter la liberté de Culte quelque soit la Religion pratiquée, c’est la Monarchie !
Considérer les Religions comme inutiles et plus à abattre qu’à accepter, c’est le Laïcisme Républicain et du négationnisme…
Il est souvent  demandé aux royalistes : « Vous voudriez que tous les français soient obligés d’aller à la messe ? » Bien sûr que non, la Monarchie ne consiste pas à supprimer la liberté de pratiquer ou non un culte. Par contre, la République , elle, tourne en dérision la pratique religieuse au nom des principes issus de 1789. Vous croyez être libres parce que l’Etat l'affirme? Mais la République exerce une véritable dictature de la pensée.

 

 

 

 

 

 

Remettons donc les choses au point : des deux régimes, le plus dictatorial n’est pas celui qu’on croît. Des deux régimes,  la Monarchie laisse  le choix, et c'est cela la vraie liberté…Oui, le Roi est Chrétien ! En tant que Chrétien, il ne gouvernement pas, il règne en appliquant des percepts  qui sont au-dessus de ce qui est terrestre. Son action ne peut, en aucun cas être sectaire, ce qui n'est pas le cas des Laïcistes !!

Lux

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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /2005 18:21

Aujourd’hui, malgré les efforts des militants monarchistes de toutes tendances, le royalisme semble presqu’invisible aux yeux de nos contemporains, baignés dans l’ambiance distractionnaire de la société de consommation, jadis rebaptisée (avec une certaine prescience) “consom-nation” par Louis Pauwels.

Cela se traduit par une marginalisation évidente dans le paysage politique français, aujourd’hui monopolisé par les tenants du “tout démocratique” et du “politiquement correct”. Cette situation gêne la perception des idées royalistes, trop souvent limitée, dans l’esprit de nos concitoyens, à quelques mondanités ou à des anecdotes, mélanges d’activisme et de folklore...

Nécessité pour la nation

Pourtant, au moment où la Ve République doit affronter les défis de la globalisation et de la logique globalitaire (néolibéralisme, idéologie consumériste, démocratisme élitaire...), au moment où les intelligences les plus vives ressentent un “malaise de civilisation” (prémisses d’une crise ?), l’idée d’une instauration monarchique, si elle apparaît certes lointaine (autant dans le passé que pour l’avenir), doit revenir dans le champ des possibles : la monarchie, au regard des données politiques et institutionnelles actuelles, reste (et sans doute, de manière plus précise, redevient) nécessaire pour notre nation aujourd’hui moins sûre d’elle-même et fragilisée par des forces externes (diplomatie états-unienne, règlementarisme européen...) et internes (ethno-nationalismes séparatistes, communautarisme religieux ou sociologiques,...)

La Ve République pensait avoir résolu le problème des institutions en “monarchisant” la République (hommage du vice à la vertu, diraient certains...) mais cette monarchie incomplète qui, en fait, semble plutôt avoir été, du temps du général De Gaulle, une forme française de “monocratie”, est aujourd’hui largement remise en cause par les diverses réformes constitutionnelles de ces dernières années, mais aussi par les diverses cohabitations qui se sont succédé depuis 1986 (trois en quinze ans).

Quand nous évoquons la “monarchie nécessaire” nous la définissons d’abord comme un pouvoir “héréditaire” ou, plus justement successible, résumé par la formule traditionnelle Le roi est mort, vive le Roi. Comme le souligne Daniel de Montplaisir dans son ouvrage récent La Monarchie, « au regard de l’institution royale, l’hérédité constitue le mode normal d’accession au trône mais non au sens d’héritage patrimonial. Certains légistes considéraient que la Couronne n’était pas vraiment héréditaire mais plutôt statutaire. Car l’héritier la recueille selon la loi et ne peut en disposer à sa guise » (1).

Échapper au “choix”

Ce mode de succession apparaît comme la règle la plus simple, filiale et familiale, mais elle est difficile à faire admettre ou, simplement, à faire comprendre aujourd’hui où tout semble devoir être soumis à un “choix” (“pourquoi lui et pas moi ?”, “il faut choisir le meilleur” etc..) Sans doute est-ce une résultante de l’individualisme de masse, distillé et conforté par la démocratie marchande, dont Bernanos disait qu’elle était le meilleur instrument du capitalisme anonyme et anarchique.

N’hésitons pas à aller à contre-courant des idées reçues et des conformismes : l’hérédité est, non seulement le symbole, mais aussi le principe fort et actif de la Monarchie “à la française”. Ainsi, par cette succession institutionnelle du père au fils, la plus simple qui soit, le Roi, et l’État qu’il incarne le temps de son règne, échappent au “choix” : le roi n’a pas choisi de l’être, comme il n’a pas choisi de naître là, à un moment donné, fils de roi, donc appelé, statutairement, mécaniquement et naturellement, à ceindre, un jour, la couronne. Cela ne lui donne pas de droits mais lui fixe des devoirs, dont le premier est d’assumer sa charge monarchique, le jour venu.

Ce mode de succession a donc quelques forts arguments à faire valoir. Roland Mousnier mettait en avant l’argument historique : « L’hérédité n’a jamais produit une succession de rois aussi médiocres que celle des présidents de la IIIe République française (à une ou deux exceptions près), ce qui s’est terminé par l’effondrement de juin 1940, la plus grande catastrophe de l’histoire de France » (2).

La notion de service

Paul Vaute, à la suite de Gustave Thibon, avance des arguments plus psychologiques : « Le Roi est, en quelque sorte, consubstantiel à l’État [...] La monarchie gardienne des réalités humaines, repose sur la plus humaine des réalités : “Cette réalité que chacun peut constater, suggère Philippe du Puy de Clinchamps, est qu’il est du propre de l’homme, à de très rares exceptions près, de désirer transmettre à ses fils un héritage non seulement conservé, mais encore enrichi et mieux adapté aux nouvelles conditions posées par le temps qui a coulé [...] De cette évidence très charnelle découlent toutes les lois non écrites du royalisme” (3) » (4).

Il apparaît donc que la notion de “service” est au cœur même de la Monarchie royale, par le principe même de la succession héréditaire. Jean Jaurès évoquait, en une formule abrupte, mais en définitive réaliste et, tout compte fait, avantageuse, « l’égoïsme » royal qui forçait le roi à agir dans le sens de l’intérêt public et national.

Visage humain

Mais cela veut-il signifier que le monarque est toujours à la hauteur de sa charge ? Cela serait présomptueux et le royalisme n’est pas un charlatanisme électoral ou une “idéologie de la perfection” de l’homme nouveau et parfait, “total”... La monarchie est au contraire la reconnaissance, la prise en compte et parfois la pratique même des insuffisances humaines. L’homme est faillible, et le roi, comme tout homme, l’est, et il sait que les autres le sont : “il fait avec”, comme dit la formule. Il ne cherche pas à forger comme les totalitarismes ou les utopismes, un homme idéal ou, même, un monde idéal, il agit dans le sens de l’intérêt général, au-delà des particularismes et des individualismes et il ne peut que conserver l’humilité devant la nature et les faiblesses des personnes.

Un autre avantage de la succession héréditaire de la Couronne, c’est son caractère d’”anti-compétition”, comme le souligne Paul Vaute : « Une personne – mais aussi un couple, des enfants, une dynastie – dont le pouvoir n’est pas le fruit d’une lutte politique, qui n’a pas été fabriquée par l’état-major d’un parti, qui n’a pas percé à grands coups de marketing, qui ne peut être identifiée à un groupe social, un milieu culturel ou une région, qui défend en tout et toujours le bien commun : tel est le Roi. Il n’est pas nécessairement parfait – nul ne l’est – mais il n’est pas un parvenu. Il offre un visage humain bien nécessaire, indispensable même, à ces monstres froids que sont devenus les États dans le monde contem- porain » (5).

Détaché, de par son principe même, des contingences électorales, l’État royal préserve sa liberté d’action au sommet des institutions et, donc, peut au mieux assumer son rôle arbitral et s’imposer, pacifiquement, à tous comme garant suprême de la loi et des libertés publiques. Souvenons-nous de ce jour de février 1981 où le roi Juan Carlos, seul face à la caméra, son fils, le prince héritier, non loin de lui, en un discours d’une petite minute, a su désamorcer le coup d’État fomenté par des activistes militaires. S’il avait été l’élu d’un camp contre un autre, sa parole aurait-elle eu le même poids et le même impact ? On peut sérieusement en douter ! D’autres exemples, plus récents, en Thaïlande, au Maroc ou en Jordanie, confirment ce caractère d’”arbitrage suprême” de la monarchie, fût-elle elle-même “constitutionnelle”.

Un État “dégraissé”

De plus dans le cadre d’une “Monarchie active”, celle que Charles Maurras n’a cessé d’appeler de ses vœux et celle qui nous apparaît comme le moyen d’un équilibre institutionnel viable, le Roi apparaît comme l’incarnation d’un État libre, non pas étatiste, mais souverain et “allégé” d’un certain nombre de tâches rendues aux régions, aux administrations ou aux forces économiques.

Cet État “dégraissé”, « cet État aux chairs fermes », selon l’expression du sociologue Eric Denmat, s’avère alors la meilleure incarnation politique de la nation et de son unité.

Alors qu’en République, fût-elle “monarchique”, la décentralisation n’est pas toujours contrôlée au mieux et devient le “tremplin des féodaux”, elle trouve en la monarchie un État fédérateur, point d’unité et d’ancrage des régions à la nation et garantie des libertés provinciales. Alors que la République craint les États dans l’État, la monarchie, véritable trait-d’union entre les communautés de la nation, n’hésite pas à libérer les énergies et, surtout, à les ordonner pour l’intérêt commun.

Par la succession héréditaire, la monarchie inscrit son œuvre dans la durée et permet une politique à long terme. Elle accompagne le temps sans le dépasser, elle en fait un allié quand la République use les gouvernements et les présidences en quelques années... Cette maîtrise politique du temps assure ainsi la possibilité du renouvellement du personnel dirigeant, sans rupture brutale, comme on peut le constater aujourd’hui dans les monarchies marocaine ou jordanienne, par exemple.

D’autre part, la succession, le plus souvent prévisible par la simple connaissance des règles de succession du royaume, permet la préparation du futur souverain au “métier de roi”. Quand en République, les politiciens s’épuisent à conquérir le pouvoir, le futur roi, en monarchie, s’occupe à apprendre son métier, l’esprit libre et sans nécessité de manœuvre...

Prendre son temps

Dans un monde de plus en plus “pressé”, la monarchie offrirait à notre temps l’avantage de “pouvoir prendre son temps”. Elle rendrait aussi au Politique (aujourd’hui écrasé par l’Économique) sa dignité et son efficacité, sa fonction d’assurer la sûreté, la justice et les libertés. Sans être une solution miracle, elle permettrait à la France, puissance moyenne mais d’influence et d’équilibre, de retrouver les moyens de sa politique et le temps nécessaire pour l’assumer...

Reste à “faire la Monarchie”, tâche rude mais devant laquelle toute personne soucieuse de l’unité française et des libertés publiques ne peut s’abstenir. Conquérir peu à peu le “champ des possibles” commence par un travail humble de réflexion et d’action, par le service des autres et la diffusion des idées royalistes.

Et ne perdons pas de vue les Princes qui incarnent, non pas nos seules espérances, mais celles des générations françaises à venir...

                                                                      Jean-Philippe Chauvin 

(1) Daniel de Montplaisir : La Monarchie. Éd. Le Cavalier Bleu, 128 p, 2003.

(2) Roland Mousnier : Monarchies et royautés de la préhistoire à nos jours. Librairie académique Perrin, Paris,1989.

(3) Philippe du Puy de Clinchamps : Le Royalisme. Presses universitaires de France (Que Sais-je ?) n° 1259, 1967

(4) Paul Vaute : Voie royale. Éditions Mols (Belgique), 1998.

(5) Paul Vaute, Ibidem.

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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /2006 15:52
Ce qu'est la monarchie
 
                Structure du Corps Social

                La Famille

L'Atelier

La Commune et le Canton ou Arrondissement

La Province

Le Roi

l'Église

L'Armée

La Justice

L'Enseignement

La Presse

 

 

Toute nation est un corps social organisé. Il est soumis à des lois qui assurent la conservation de ses énergies et leur fonctionnement dans l'harmonie et la paix. La science politique a pour objet la recherche et la connaissance de ces lois ; l'art politique consiste à les appliquer à l'organisation d'un État déterminé .

 

La science politique s'acquiert par la méthode d'observation. Il y a deux sortes d'observations nécessaires : les unes se font dans des nations diverses et permettent de découvrir les lois générales, qui se trouvent partout ; les autres se font dans une nation déterminée. Ce sera la France pour nous.

 

Comme la nation est une unité sociale qui se prolonge dans le temps, l'observateur doit embrasser l'ensemble de son existence. Le passé éclaire le présent. La connaissance de l'un et de l'autre permet d'entrevoir l'avenir possible et. par conséquent, de le préparer.

 

Pour arriver à des conclusions certaines, il faut classer d'après leur nature les phénomènes observés. Les lois politiques et sociales découlent de ces conclusions. Quelques unes régissent les rapports que les groupes sociaux ont avec leurs membres et entre eux. L'application s'en fait dans les institutions sociales. L'ensemble de ces institutions forme nécessairement un tout coordonné. La constitution politique assure l'unité, la durée et la force de cet ensemble.

 

Bien que de nature diverse, les institutions sociales d'un Etat font corps entre elles et avec la constitution politique. La distinction, que l'on établit entre elles pour les mieux étudier, ne doit jamais aboutir à un isolement. Une séparation complète, même dans l'ordre intellectuel, équivaudrait à une amputation. Un membre séparé du corps auquel il appartient a perdu le meilleur de sa réalité, la vie. On ne comprend une institution, que si elle occupe sa place et remplit sa fonction dans le corps politique dont elle fait partie intégrante. Ce qui suppose la connaissance de ce corps politique.

 

En d'autres termes, l'étude des institutions sociales et de leur fonctionnement dans un État déterminé ne peut aller sans l'étude de sa constitution politique. Tout se tient dans la société. Le lien qui assure l'unité de ce tout est fait par la vie. Ce qu'on lui arrache cesse d'être une réalité vivante. Or tout doit vivre dans l'étude d'une société comme dans la société elle même.

 

Les institutions sociales et la constitution politique d'un État doivent correspondre exactement à ce qu'est dans la réalité le fonctionnement économique des éléments vivants dont il se compose. Leur formule doit être pour l'intelligence un miroir où se reflète cette même réalité.

 

Structure du Corps social

 

La Nation a deux éléments constitutifs : la Famille, qui lui fournit ses citoyens, et l'Atelier, qui assure leur existence. Nous avons entre, l'une et l'autre la Propriété, fruit du travail, qui garantit le présent et la durée de la Famille.

 

La Commune est le groupement géographique et ethnographique des Familles en un lieu déterminé. Les Ateliers se forment sur le territoire d'une ou plusieurs Communes en Corps d'état. Les Communes entrent dans un groupement géographique et ethnographique plus étendu, qui est la Province. Les Provinces entrent dans la Cité ou État. L'État aboutit au Souverain, qui est le couronnement de l'édifice social et le moyen nécessaire de son unité.

 

Voilà la structure naturelle du Corps social.

 

La Famille

 

La Famille est au corps social ce que la cellule est au corps vivant, son premier élément constitutif. De sa santé physique et morale dépendent la paix et le bien être de la Cité. Elle est une société perpétuelle, composée des père et mère, des enfants et du foyer qui les abrite.

 

Le lien conjugal, qui en consacre l'origine, est indissoluble. La fidélité aux prescriptions de la morale chrétienne est sa sauvegarde.

 

Elle est la base du système représentatif. Son représentant naturel est son chef, c'est à dire le père ou, à son défaut, la mère.

 

L'éducation des enfants appartient de droit au chef de la Famille. Il se décharge de leur instruction sur les maîtres de son choix, en gardant le droit de contrôler leur enseignement.

 

Le foyer, comme la Famille dont il est un élément constitutif, a besoin de stabilité et de sécurité'. Le travail de son chef et de ses membres lui assure ce double avantage, avec le concours des institutions sociales.

 

La Famille, telle qu'elle vient d'être décrite, a droit à la protection de la Commune et de la Corporation.

 

L'Atelier

 

Dieu impose à l'homme l'obligation de travailler. L'homme pourvoit à sa propre subsistance et à celle de sa famille, en se conformant à cette loi. C'est par les fruits de son travail qu'il assure la stabilité de son foyer.

 

C'est par son travail que l'homme est pratiquement lié à la société et qu'il participe à sa vie. Dans ce sens, tout travail est une fonction sociale, un service qui a sa rémunération dans un juste salaire.

 

L'Atelier est le lieu où l'homme accomplit son travail. A la campagne, l'atelier agricole et l'atelier de métier ont généralement un caractère familial; ils sont abrites par le même toit que le foyer. S'il perd ce caractère dans les agglomérations, ses liens avec la Famille ne sont pas rompus, puisque la Famille subsiste du labeur, dont il est le théâtre, et ses réserves d'avenir dépendent de sa prospérité.

 

Les gens qui exercent la même profession à un titre quelconque dans un lieu déterminé, constituent de fait un Corps d'état. Le Corps d'état est la base de l'organisation professionnelle. 

 

L'organisation coopérative du travail assure la perpétuité de l'Atelier, la sécurité et la stabilité des conditions ; elle est favorable au règne de la paix et à la prospérité générale ; elle est nécessaire au plein exercice des devoirs réciproques du patron et de l'ouvrier.

 

L'organisation corporative se réalise au moyen des Syndicats et des Corporations.

 

Les ouvriers exerçant le même métier dans un ou plusieurs ateliers ont la liberté de former une association, chargée de la défense de leurs intérêts professionnels : c'est le Syndicat. Les patrons jouissent de la même liberté.

 

Les droits propres de l'ouvrier sont garantis par les statuts de l'association professionnelle.

 

Les Syndicats d'ouvriers et les Syndicats de patrons d'un même métier peuvent se constituer en Corporation ; ils y sont représentés par leurs délégués. Si les patrons ne sont pas assez nombreux pour se former en Syndicat, ils entrent personnellement dans la Corporation. La Corporation est chargée des intérêts de l'atelier, c'est à dire des intérêts professionnels communs aux ouvriers et aux patrons.

 

La Corporation peut constituer, en raison de la prospérité de l'industrie, un patrimoine corporatif indivisible et inaliénable; délivrer un brevet de capacité professionnelle aux agents de la production, ingénieurs et ouvriers; trancher les conflits relatifs au droit de travail; organiser et contrôler l'enseignement professionnel ; assister les membres en cas de maladie, d'accident, de chômage; assurer les retraites ouvrières et pourvoir aux nécessités diverses qui peuvent surgir.

 

La Corporation est dirigée par le conseil corporatif, composé , des délégués des syndicats. Les coutumes qui s'établiront par l'expérience au sein des Corporations fourniront avec le temps les éléments d'un code du travail. 

 

La Commune et le Canton ou Arrondissement

 

Les Familles et les Ateliers d'un lieu déterminé forment la Commune. La Commune est administrée par un conseil, élu par les chefs de Famille. Ce conseil suffit, à tous les besoins des communes rurales. Dans les centres populeux.. on adjoindra au conseil communal les délégués des Corporations.

 

La Commune peut posséder les édifices nécessaires aux divers services publics : administration communale, enseignement, assistance, etc., et se constituer une propriété dont les revenus seront affectés à ces mêmes services. Ces biens seront administrés soit par le conseil communal, soit par des conseils spéciaux, d'après le droit propre à chaque institution.

 

Les Communes sont groupées en cantons ou arrondissements, correspondant aux anciens « pays, pagi ». Ces groupements, motivés par les nécessités de l'administration publique, faciliteront dans les campagnes l'organisation corporative et la fondation des établissements destinés à l'enseignement et à l'assistance.

 

La Province

 

La France est constituée par la réunion de ses Provinces.

 

La Province se compose des Communes et des Corps professionnels existant sur son territoire. Elle fournit son premier cadre à la représentation des droits et des intérêts.

 

La Province est administrée, conformément aux lois de l'État et à son droit particulier ou coutume, par un Gouverneur, assisté d'un Conseil provincial permanent et des États de la province, convoqués à des époques déterminées.

 

Les États de la Province sont formés par la réunion des Chambres provinciales. On a dans ces Chambres la représentation provinciale des droits et des intérêts. Elles correspondent aux grands Corps professionnels et elles sont composées de leurs délégués. Ce sont : la Chambre des professions agricoles, la Chambre des professions industrielles et commerciales, la Chambre des professions libérales.

 

Le Conseil permanent est fourni par les États (le la province. Le Gouverneur est choisi par le Souverain dans ces mêmes États

 

Les Chambres administrent les intérêts de la Province.

 

Le Roi

 

L'ensemble des Provinces constitue la Nation. Elle est gouvernée par le Roi, assisté de ses Conseils et Cours souveraines: Conseil de gouvernement, Conseil d'État Haute Cour de justice et Cour des comptes. Le Roi est désigné conformément à la Loi salique.

 

Les membres du Conseil de gouvernement sont directement choisis parle Souverain. Ceux des Cours souveraines sont choisis par lui sur la présentation de chaque Cour.

 

Le Roi recourt au Conseil de gouvernement pour éclairer ses décisions.

 

Le Roi est chef de l'Armée. Les relations extérieures ne relèvent que de lui et les ambassadeurs parlent et agissent en son nom. Le pouvoir législatif lui appartient ; il l'exerce en son Conseil d'État, chargé de préparer les lois conformément aux cahiers des États généraux, avant de les soumettre au consentement de ces mêmes États Ce Conseil promulgue les règlements nécessaires à l'application de ces lois, quand elles sont consenties, et juge des incidents contentieux, qui naissent de cette application.

 

Le Roi exerce le pouvoir administratif par ses ministres.

 

La charge de la Justice fait partie intégrante de la souveraineté ; le Roi l'exerce dans sa Haute Cour de Justice, à laquelle reviennent les appels au Roi et les cas qui intéressent les lois fondamentales du royaume.

 

La Cour des comptes prépare les budgets ordinaires et contrôle l'emploi des deniers publics.

 

Le Peuple est représenté auprès du Souverain par les États généraux, chargés de lui présenter ses désirs et ses besoins et de consentir les lois nouvelles. Les États généraux sont une émanation des États de la Province.

 

Les impôts extraordinaires sont consentis par les délégués des contribuables.

 

l'Église

 

l'Église catholique a la pleine liberté de s'établir, de s'administrer et de se gouverner conformément à son droit. Le Pape notifie au Roi la nomination des évêques ; et les évêques, aux gouverneurs celle des curés.

 

l'Église peut posséder les édifices nécessaires à l'exercice du culte, aux besoins de son clergé et des couvres dont il s'occupe, ainsi que les ressources nécessaires au culte et à l'entretien de ses ministres. Les communes et les provinces ont la liberté de contribuer aux frais du culte et de l'entretien du clergé. Les Familles et les Corporations peuvent leur confier la direction des établissements d'instruction et d'assistance qu'elles fondent.

 

L'Armée

 

L'Armée est une armée de métier, dont l'importance sera déterminée par le Souverain, en raison des nécessités de la défense nationale.

 

La Justice

 

La Justice est administrée au nom du Roi dans les justices de paix, les tribunaux d'arrondissement, les Cours provinciales et la Cour de cassation. Les magistrats sont institués par le Souverain sur la présentation des Cours.

 

L'Enseignement

 

L'Enseignement de culture générale est à la charge des Familles et l'Enseignement professionnel à la charge des Corporations et des Corps professionnels. Les Familles, les Corps professionnels peuvent fonder des établissements d'instruction et des écoles pratiques dans la commune, le canton, l'arrondissement, la province. Ces établissements se rattachent à une Faculté d'enseignement supérieur correspondant qui a son siège au chef lieu de la Province. La réunion de ces Facultés forme l'Université provinciale. L'Université, les Facultés et tous les établissements d'instruction peuvent posséder leurs immeubles et des biens, dont le revenu sera affecté à la rémunération des maîtres, à la création de bourses pour les élèves et à ce qui paraîtra de nature à favoriser le progrès des études. Les maîtres auront besoin d'un brevet de capacité professionnelle, qui leur sera délivré par la Faculté correspondant à leur enseignement. L'Enseignement sera sous le contrôle d'inspecteurs délégués par l'Université provinciale et la surveillance d'un conseil choisi par les Familles intéressées ou par les Corporations.

 

La Presse

 

La Presse remplit une fonction sociale et politique. On ne peut l'abandonner aux premiers venus. Elle est soumise au régime corporatif. Ses membres devront fournir les garanties nécessaires d'honorabilité et de capacité professionnelles. Les délits commis par eux dans l'exercice de leur fonction relèveront du droit commun et la peine sera proportionnée au tirage du périodique dans lequel ils les auront commis.

 

Les pages qui précèdent sont une réponse à ceux qui nous demandent un programme d'études sociales et politiques. Il est conforme aux enseignements traditionnels des maîtres les plus autorisés de l'école royaliste et aux directions données tour à tour par M. le Comte de Chambord, M. le Comte de Paris et M. le Duc d'Orléans, à ceux qui gardent fidèlement avec eux les principes de la monarchie française. En le prenant polir base de leurs travaux personnels, les jeunes hommes, qui ont la noble ambition de se consacrer au service de leur pays sous les formes multiples de l'action politique et de l'action sociale, auront chance de faire oeuvre utile. Voyant la cause des maux dont la France pâtit, ils en connaîtront le remède, qui est dans le retour intelligent à la constitution politique et aux institutions sociales détruites par les révolutionnaires. La France, du jour où on les lui aurait rendues, se retrouverait elle même la fille aînée de l'Église, le royaume très chrétien.

 

Travailler à lui rendre sa tradition, c'est préparer à l'Église, la sainte liberté dont elle a besoin pour conduire les âmes à leur fin surnaturelle.

Dom Besse

Par Lux - Publié dans : Pensée politique
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Citation

 

"J'aimerais recommander aux Français de débrancher leur poste de télévision de temps en temps pour briser leurs chaînes, si j'ose dire."
Jean de France.

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