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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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Mercredi 7 mai 2008

La célébration de la fête du travail, et le long week-end de loisirs qui en découle, ne doivent pas nous faire oublier les difficultés que traverse notre pays au plan économique et financier

Certaines de ces difficultés durent depuis longtemps et ne sont ni plus ni moins que la conséquence de décisions prises par nos dirigeants politiques, de droite et de gauche. En premier lieu, les français travaillent de moins en moins. Qu’il s’agisse du nombre d’heures travaillées par jour ou par semaine, ou du nombre de jours travaillés par an, la France est dans le peloton de queue des pays développés, loin derrière l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis et, bien entendu, le Japon. Cela signifie que le prix des produits fabriqués en France est plus élevé que ceux fabriqués à l’étranger. Ils sont d’autant moins compétitifs que le prix de vente des produits français incorpore des charges sociales beaucoup plus fortes que celles frappant nos concurrents étrangers. Par définition, nos produits sont donc plus chers que les produits fabriqués à l’étranger. Nos exportations sont donc pénalisées, et les importations de produits que nous achetons à l’étranger sont favorisées.
Nos frontières sont ouvertes
Cette situation avait une moindre importance autrefois, étant donné que nos frontières étaient plus ou moins fermées. Hélas, nos dirigeants ont, depuis quarante ans, ouvert largement nos frontières – merci l’Europe, merci la Mondialisation – et le résultat a été la destruction de pans entiers de nos industries, ou, dans le cas d’entreprises importantes, la délocalisation de leurs activités vers des pays où ces inconvénients n’existent pas. Une cause supplémentaire de la pénalisation des produits fabriqués chez nous est la surélévation de l’Euro. La politique suivie par la Banque Centrale Européenne entraîne la surélévation de la monnaie unique d’au moins 40 % par rapport au dollar. Il s’ensuit que, mécaniquement, le prix des produits fabriqués aux Etats-Unis sont 40 % moins chers que les produits fabriqués en Europe. En somme, les Etats-Unis font payer à l’Europe le rééquilibrage de leur balance commerciale déficitaire… Mais la Banque Centrale Européenne, au lieu de baisser ses taux d’intérêts comme le font les américains, continue à parler de lutte contre l’inflation.
Pression fiscale et dette
Les dépenses de l’Etat, des collectivités locales et des Caisses sociales sont trop fortes. L’Etat, en particulier, vit au-dessus de ses moyens depuis quarante ans. Il existe beaucoup plus de fonctionnaires en France, notamment dans l’Education Nationale, que dans les autres pays. Il s’ensuit que la pression fiscale française est parmi les plus fortes du monde. Et pourtant, cette énorme ponction sur le portefeuille des contribuables est insuffisante ! Elle devrait être beaucoup plus forte si l’on voulait réellement couvrir nos dépenses par nos recettes. Pour équilibrer son budget, ne pouvant augmenter les impôts déjà trop lourds, l’Etat a recours à l’emprunt. D’ou l’énormité de la dette publique, qui dépasse 1.100 milliards d’euros, sans compter les dépenses dues mais non échues. On ne le sait pas assez, mais les seuls intérêts de la dette coûtent annuellement un montant égal au budget de l’Education Nationale. Dans le bon vieux temps, lorsque la France était maîtresse de sa monnaie, elle aurait sans rien dire fabriqué de la « monnaie de singe » grâce à l’inflation. La hausse des prix annule le poids des dettes, tous les emprunteurs vous le diront. Mais voilà, l’indépendance de la France en matière monétaire, c’est fini. C’est maintenant la Banque Centrale Européenne qui est maîtresse du jeu et son rôle, d’après ses statuts, c’est de veiller à ce que l’inflation ne reprenne pas comme autrefois. La croissance économique et la santé de nos entreprises, elle s’en moque !
La crise dans la sphère financière
La situation est d’autant plus difficile que, suite au laxisme de certaines banques américaines, le marché immobilier est en train de s’effondrer dans ce pays, et que la crise des financements accordés à des emprunteurs impécunieux est en train de se répandre dans tous les systèmes financiers du monde entier par l’intermédiaire de produits sophistiqués. Du coup, le malaise s’est à son tour communiqué aux bourses de valeurs partout dans le monde. La bourse de Paris, par exemple, à baissé de 20 % en quelques jours. Le résultat, c’est que les banques échaudées commencent à restreindre les crédits demandés par les entreprises, les plus touchées étant naturellement les petites et moyennes entreprises qui, par définition, n’ont pas les capitaux propres suffisants. Malgré les efforts des banques centrales, il s’en faut de peu qu’on ne se dirige vers le fameux « credit crunch » (assèchement du crédit).
La hausse du pétrole et des matières premières
D’autant plus que le prix du pétrole augmente à des niveaux jamais atteints. 160 dollars le baril il y a quelques jours…De même, les prix des matières premières ( notamment des métaux non ferreux et de certains produits agricoles) ont considérablement augmentés. Il est affolant de constater, en ce qui concerne ces dernières, que la folie écologique en faveur des carburants de substitution tels que l’éthanol, pousse à la famine dans de nombreux pays sous – développés en Afrique et en Amérique du Sud. Seuls échappent pour le moment à la crise les pays émergents ou assimilés produisant du pétrole ou du gaz ( Russie et pays arabes ou sud-américains producteurs de pétrole ) et les pays fortement industrialisés disposant d’une très nombreuse main - d’oeuvre à bas salaires ( Chine, Inde, pays de l’est asiatique…).
Les réformes de Monsieur Sarkozy

C’est donc dans un environnement défavorable que Nicolas Sarkozy a commencé ses réformes. Car en face de lui, malgré ses tentatives d’ouverture, peu de chose a changé. Que ce soit dans les syndicats, les partis de gauche ou dans la grande presse, un front commun contre les réformes, qui presque toutes impliquent un retour en arrière à la situation d’il y a quarante ans, s’est constitué. On va revoir bientôt les grandes manifestations contre ceci ou contre cela… On aurait pu le dire à Monsieur Sarkozy dès le début de son quinquennat. Dans la démocratie, il n’y pas, il ne peut pas exister, de consensus ou d’union sacrée car , par définition, tous les partis, tous les clans, toutes les coteries, sont des adversaires électoraux. Pour que le public les distingue les uns les autres, il faut que chacun de ces partis, clans ou coteries explique que les autres, tous les autres, sont des ennemis du peuple ou de telle ou telle collectivité, bref, des méchants, et que eux seuls sont les bons. Dans la démocratie française, on ne sort pas de cette vision manichéenne, cette « guerre civile sans coup de feu ». C’est pourquoi, comme Nicolas Sarkozy, très visiblement, n’est pas prêt à se battre, il y a gros à parier que ses réformes se réduiront à quelques belles formules et à des avancées très limitées.

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Vendredi 18 avril 2008

 

 

 

Sommaire N° 62  AVRIL 2008

 

 

 

L 'EDITORIAL: La crise: jusqu'où ?

 

 

POLITIQUE:

 

- C'EST A DIRE: L'école de la violence par Jean-Baptiste d'ALBARET

- ANALYSE Leçon électorale par Hilaire de CRÉMIERS. La politique est un art qui échappe

aux politiciens.

- IN MEMORIAM Dom Gérard, l'aventurier de Dieu par Henry BONNIER

- DANS LA PRESSE INTERNATIONALE par Paul AUPROT

- CÔTÉ CUISINE Les dessous d'un non remaniement par Jean de La FAVERIE

- DANS LES LIVRES Les juifs américains par Yvan BLOT

- Chrétiens d'Irak, une tragédie silencieuse par Christian WAGNER

 

 

SOCIETE

 

-          LA CHRONIQUE JUDICIAIRE de Jacques TRÉMOLET de VILLERS: L'Avocat, le Prêtre et le Soldat.

-           

- EN BREF Philippe BUTERNE

- RELIGION Gabriel FONSAC

- ENTRETIEN Mgr André·Mutien LÉONARD: Le Christ au centre de l'Histoire

 

ECONOMIE

 

- LA TRIBUNE DE JEAN-LOUIS CACCOMO: Fils de pub

- Bras de fer au patronat par Christian WAGNER

- Quid du PIB ? par Xavier BARNICH

- MARCHÉS FINANCIERS: Un contexte international de plus en plus dégradé par Henri Tessier

 

CIVILISATION

 

- PORTRAIT Denis Tillinac par Benoît GOUSSEAU

- LA CAUSERIE LITTÉRAIRE de Philippe SÉNART: Le souvenir de François-Régis Bastide

- CHRONIQUE D'HISTOIRE par F.-G. DREYFUS

- EXPOSITIONS: Marie-Antoinette au Grand-Palais - La Reine à la rose par A-L LARDHY

- BEAUX-ARTS: le Temps retrouvé de Jean-Marc Winckler par A-L L.

- MUSIQUE: La dynastie Rebel par Damien TOP

- LE CINÉMA par B. G.

- LES ANNONCES DU THEATRE Bruno·Stéphane Chambon, Madeleine Gauthier

- LES BONNES TABLES DE PHILIPPE DE MORGNY

- ESCAPADE, LE COIN DU CHINEUR J.B.d' A.

 

 

 

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Vendredi 18 avril 2008

Extrait de l’analyse politique d’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine d’Avril 2008

 

Leçon électorale

Les habitudes reviennent au galop

 

 

Lors des élections présidentielles, les principaux candidats, sentant la lassitude du corps électoral, ont prétendu transcender les notions de gauche et de droite et sortir ainsi du schéma infernal. Le résultat est là aujourd'hui : le système revient à sa mécanique habituelle, en dépit de toutes les ouvertures ou pseudo-ouvertures qui, comme par nécessité, ne se font jamais que vers la gauche, tant est prégnante la structure mentale dans laquelle évolue le monde politique.

 

Les dernières élections municipales et cantonales avec des résultats aussi contrastés qu'intéressants ont été l'occasion d'un retour en force de « la grille d'analyse » obligée.  Les habitudinaires, comme disent les moralistes quand ils parlent des personnes tenues par certains vices, les habitudinaires, donc, de la monomanie électoralo-politique se sont retrouvés avec délectation dans la satisfaction de leur complaisance machinale et répétitive : leur imagination captive et narcissique a pu de nouveau les solliciter sur les mêmes représentations fantasmatiques selon le schéma convenu et familier de leur univers sentimental politique refermé sur lui-même. La jouissance fut poussée à l'extrême et s'exprimait indécemment dans tous les micros : des cris avant, des cris pendant, des cris après !  Enfin, enfin, enfin, la gauche avait gagné !  Oui, était-il achevé dans un soupir de volupté, elle avait tout gagné, la gauche.  Et ce fut redit, répété, amplifié : la majorité des villes, des grosses villes, à la gauche !

La majorité des conseils généraux, à la gauche encore ! « Les territoires », comme dit Madame Royal.   Les territoires, à la vérité, ils s'en moquent, puisque, comble du ridicule, voici que ces messieurs et ces dames, sitôt après leurs séances d'autosatisfaction, s'apprêtent à se battre pour savoir qui aura le profit de cette prétendue victoire électorale.  Mais, plus misérable encore et qui montre à quel point les Français sont prisonniers de leur système, il a fallu que la plus grande partie des responsables de la droite, ou appelée telle, convînt pareillement de la victoire de la gauche. Pour faire bonne figure, probablement !

 

Quelques esprits plus sagaces, dont le Premier ministre François Fillon dès le soir du deuxième tour, dont Yvan Rioufol dans Le Figaro et quelques autres, ont fait pourtant cette remarque de bon sens : ce n'est pas la gauche qui a gagné, c'est la droite qui a perdu. Tout simplement. Et la nuance est forte et précise. Les chiffres de l'abstention, ceux des reports au deuxième tour le prouvent amplement. Au vrai, pour qui réfléchit, ce n'est là qu'un épisode supplémentaire d'une histoire archi-connue. Car n'est-ce pas la règle quasi absolue de l'histoire électorale depuis 1789 ?Jamais écrite, jamais enseignée et qui pourtant serait prodigieusement instructive 1 Celle qu'un Daniel Halévy avec son ironique alacrité avait noté comme un trait fondamental qui expliquait toute l'évolution du système républicain français ?

 

 

La vraie France

 

Que s'est-il passé une fois de plus ?  Les Français désabusés, qui ont cru - encore une fois - à un redressement possible, se sont sentis floués et ils l'ont dit.   À leur manière.  Ces Français n'ont jamais la parole dans les médias. Ils ne peuvent être comptés que par défaut. Sans être nécessairement ni de gauche ni de droite, au sens partisan du terme, car généralement ils n'aiment pas l'esprit de parti, ils veulent seulement que la France existe, qu'elle ne change pas radicalement de population et de peuplement, qu'elle préserve son identité qui est de civilisation chrétienne millénaire, qu'elle ait du prestige et qu'elle mène une action intelligente et pondérée dans le monde, qu'elle ait une défense appropriée, que la vie sociale y soit sûre, que la culture ne soit par une entreprise de subversion ou d'abrutissement mental mais corresponde au génie français, que la famille et le patrimoine soient protégés, que les enfants apprennent à l'école, qu'il soit possible de travailler sans être poursuivi par le fisc et accablé de prélèvements obligatoires... Bref, des choses fort simples et qui, exprimées, créeraient une étonnante unanimité et, précisons-le, trouveraient vraisemblablement un accord profond dans des populations issues de l'immigration et qui ne demanderaient pas mieux que d'aimer la France, pourvu que la France ait des principes et sy tienne fermement, au lieu d'agiter des slogans.  Oui, toute la question de fond est dans les principes.  À jouer avec les principes, sous prétexte de plaire aux subversifs qui tiennent presque tout l'ensemble

des moyens de communications, les gouvernements perdent progressivement leur légitimité et finalement leur assise populaire.   Reste alors à faire face aux passions déchaînées !

 

Et, par exemple, que veut-on faire avec cette Nadine Morano, nouvelle secrétaire d'État à la Famille – enfin ! - , et dont la première préoccupation, très familiale sans doute, est de constituer une commission sur l'euthanasie active, autrement dit le suicide assisté ?   C'est de la folle.   Société de décadence où, à force de ne plus respecter la vie, on découvre dans les congélateurs des bébés par dizaines, en attendant d'y découvrir des vieillards recroquevillés. Non licet.

 

Nos pays européens sont malades de ce monde politicien qui ne connaît en politique que les surenchères démagogiques et passionnelles. Ce sont ces mêmes politiciens, quels qu'ils soient, qui sont prêts à faire exploser la Belgique, l'Espagne, l'Italie et à susciter en France une guerre civile pour s'approprier le pouvoir.  Ce n'est qu'une autorité indépendante, forte et tempérée, vraiment royale et garante des libertés, qui pourrait sauver ces nations de haute civilisation de la maladie de la division qui leur est artificiellement injectée.

 

Une institution est déjà là dans certains de ces pays, mais malheureusement affaiblie par ces horribles luttes de partis, devenues fratricides. En France, elle fait cruellement défaut : c'est d'une telle évidence que le chef de l'État en vain s'essaye à la remplacer.   La visite d'État en Angleterre du président français et de son épouse ne peut que donner à réfléchir.   Ils ont rencontré une grande dame : elle était reine.   

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Mercredi 2 avril 2008

EUTHANASIE

 

Le refus du mystère

par Jacques Trémolet de Villers

 

 

 

LE BATTAGE médiatique, orchestré autour de la souffrance et de la mort de Chantal Sébire, outre son caractère obscène, a posé deux questions fondamentales. La première concerne le rôle de la loi, et celui du médecin. La seconde, plus grave, à mon sens, révèle un très inquiétant état des moeurs.

 

  A quoi tendait la requête présentée au tribunal par l’avocat de Chantal Sébire ? A obtenir de ce tribunal un refus dont il serait tiré parti pour demander, à cor et à cri, un changement de la loi. Le Bâtonnier de Paris s’es fendu d’un article pour rappeler que tel était le rôle des avocats pour faire « tomber les murs qui emprisonnent les âmes ».

 

L’image était déplacée. Les seuls murs qui tiennent notre âme dans la prison temporelle sont ceux de notre corps. L’avocat doit-il se transformer en auxiliaire du bourreau pour que la mort, donnée avec son aide, libère notre esprit de son corps douloureux ? Où allons nous?    Nous allons à l’absurde. C’est logique puisque nous refusons le mystère.

 

La loi, aujourd’hui, interdit au médecin de faire le geste qui tue. Le médecin est un être redoutable. Il dispose de connaissances qui lui donnent, sur le patient qui s’abandonne à lui, un vrai pouvoir de vie et de mort. Celui qui soulage la douleur, soigne le corps et, parfois, parvient à le guérir, peut être, plus facilement encore, celui qui tue. C’est pour protéger le patient d’un excès de pouvoir de son médecin et protéger le médecin contre lui-même que les écoles de médecine,   ou les Etats, ont, depuis toujours, réglementé cet art supérieur et terrible. Le serment d’Hippocrate n’a pas d’autre sens. Il est la marque certaine d’un haut degré de rationalité, c’est-à-dire de civilisation.

 

  Par principe, cette déontologie du respect de la vie par celui qui, pouvant la sauver, peut aussi, par les mêmes moyens, la détruire, ne souffre pas d’exception. Même dans les législations comportant l’usage de la peine de mort, l’administration de cette peine n’a jamais été confiée à des médecins. Je sais bien que c’est le docteur Guillotin qui inventa la guillotine – afin de faire moins souffrir les condamnés –mais ce n’est pas lui,  ni ses confrères, qui ont manié le couperet.

 

  Il y a une hostilité radicale et de principe, absolument intolérante de la moindre exception, entre le médecin et la mort. Par nature, par vocation et par essence, le médecin est l’ennemi de la mort.   La requête de Chantal Sébire tendait à mettre entre son médecin et elle, le juge qui dirait au médecin « tue !». Ce texte, s’il était voté, ne consisterait pas à dire au médecin « tu peux tuer, dans telles circonstances …. »  mais, « si cela t’est demandé, dans les formes que nous avons prévues par le texte, tu dois tuer ». Ici, il n’y a pas de milieu. La faculté devient une obligation, la permission devient un droit, et ce droit, pour être opposable, exige une sanction. Un droit qui n’a pas de sanction n’est pas un droit. C’est un voeu, un souhait, une parole verbale – flatus vocis. La sanction du droit du malade à mourir selon ses volontés avec l’assistance active de son médecin est l’obligation pour ce médecin d’obéir à son malade, c’est-à-dire, en l’espèce, de lui donner la mort.

 

Pour exercer, contre la vocation, l’honneur et la liberté du médecin, une telle contrainte, il faut évidemment un texte qui ait l’apparence et les moyens de coercition de la loi. 

 

Mais un tel texte, même voté à l’unanimité, ne sera jamais une loi. La loi, comme le droit, comme la médecine, comme tous les arts humains, est pour la vie. Le modèle insurpassable de la loi, le Décalogue, est un recueil de prescriptions positives et d’interdictions qui sont, toutes, pour la vie. La société est faite pour la vie. « Une loi injuste n’est pas une loi », dit saint Thomas d’Aquin, à la suite d’Aristote. Il est recommandé au citoyen, au sujet, et à ce meilleur des sujets et des citoyens qu’est le chrétien, de souffrir même les ordres absurdes, et les lois imparfaites. Mais il est prescrit au chrétien d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, et, aux autres, de se souvenir qu’Antigone a proclamé pour les siècles des siècles, face au tyran « paré des oripeaux du droit », l’autorité supérieure « des ordres éternels qui ne sont pas écrits ». Ce texte prétendu loi aurait contre lui la nature et la surnature, la raison et la foi, le droit et la grâce, Aristote et saint Thomas, Antigone et Hippocrate, l’Eglise et tous les hommes qui ont gardé le sens de l’honneur.

 

 

J’ai lâché ce dernier mot, l’honneur, qui me semble la réalité la plus méprisée dans cette affaire. L’honneur, ou le respect qu’appellent, chez tous les êtres civilisés, la souffrance et la mort.

 

Je ne parle pas ici, seulement, des chrétiens. Je parle de ce sentiment, à la fois haut et naturel, qu’Anna de Noailles, la païenne qui avait tant aimé la nature et l’amour, la joie, la gloire et le plaisir, appelait « l’honneur de souffrir ».

 

Le plus horrible dans l’histoire de la malheureuse Chantal Sébire est de constater qu’il ne s’est trouvé personne, ni dans son entourage immédiat, ni dans un cercle plus large, pour venir lui dire : « Vous souffrez atrocement. Je vais porter avec vous cette souffrance, non par pitié, miséricorde ou condescendance, mais parce que votre épreuve est un honneur dont je vous demande la grâce d’être le témoin. » On achève un animal qui souffre.   C’est une charité.Mais on honore un être humain dans la douleur, parce qu’on sait qu’il est entré dans ce qui est le vrai combat de l’homme. Son dernier combat, celui qui précède la mort et la victoire, et que nous appelons précisément l’agonie, c’est-à-dire Le Combat.  « Tout homme est une histoire sacrée », et c’est au moment où le mal l’écrase si douloureusement qu’il en vient à douter de tout et particulièrement de cette vérité, qui est son honneur, que la présence d’un semblable, d’un ami, d’un frère peut soulager cette douleur dans la douleur et, sans diminuer le tourment physique, apporter, au coeur même de ce tourment, la paix de l’âme.

 

Le prêtre a ces paroles, mais aussi le fils, la fille, le cousin, le voisin, l’avocat, le médecin.  Je n’ai rien vu de cette présence humaine auprès de cette femme abandonnée.  Seuls les exploiteurs professionnels de la misère ont bavé sur les ondes et répandu leur encre sur le papier-journal. Pour l’honneur des avocats et des journalistes, je lui adresse ici post-mortem, cette plainte en forme de regret, accompagnée de cette certitude : un être qui a souffert de telles persécutions, bien pires encore dans la douleur morale qu’elles infligent que dans ses tourments physiques, a droit à toute notre compassion.  Je lui adresse aussi cette réparation : contre ceux qui, sans aucun égard pour sa souffrance et son honneur, sans respect pour elle et pour sa mort, en ont fait l’instrument de leur guerre pour leur idéologie de chacals, de tout notre honneur d’homme et de chrétien, sans que jamais rien ne puisse nous arrêter, ni nous ni, après nous, ceux qui auront reçu la même nature et la même grâce, nous témoignerons, nous lutterons, nous combattrons… et Dieu donnera sa Victoire.

 

Quotidien Présent

du 31 mars 2008

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Samedi 15 mars 2008

LA RESTAURATION NATIONALE

Centre de propagande royaliste et d’Action française

 

 

COLLOQUE

 

Sous la présidence de Bernard Pascaud,

Président de La Restauration Nationale

 

10H00 : Accueil des participants

10H15 : Assemblée générale de l’association

10H30 : Colloque

 

RESTAURER LA NATION, REFAIRE L’ETAT

UN PROJET NATIONAL ET ROYAL

 

 

Animé par Hilaire de Crémiers, Délégué général de La Restauration Nationale

Avec la participations du professeur J-B Donnier, du professeur O. Tournafond, de Maître Trémolet de Villers,

d’Yvan Blot, de Xavier Walter, de Gérard Leclerc, d’Yves-Marie Adeline et la participation

de Guy Steinbach et des présidents des fédérations royalistes

 

 

BANQUET

 

19H30 à 22H30 : Apéritif et repas

Signature de livres

 

Avec la participation de Jean Raspail et d’intervenants du colloque.

Interventions sérieuses et humoristiques.

 

 

 

 

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