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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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textes de Charles Maurras

Samedi 10 décembre 2005 6 10 /12 /2005 16:00

Toutes les fois que nous montrons quel mal politique, économique, intellectuel et moral a fait, fait et fera le régime électif à la France, il ne manque pas de nigauds pour répondre :

 

 

 

- Alors, vous ne voulez plus d'électeurs ni d'élus Alors, vous ne voulez pas que la nation puisse se faire entendre ? Vous voulez que ses affaires soient toutes faites d'en haut sans qu'elle ait le droit de dire son mot sur ses droits ? 

 

Les plus nigauds ajoutent :

 

 

 

 

-  Nous vous voyons venir, c'est au suffrage universel que vous en avez.

 

 

 

Nous en avons si peu au suffrage universel que nous voudrions l'étendre. Nous voudrions que les enfants à la mamelle, qui ne peuvent pas voter, fussent représentés par' le suffrage de leurs parents. Nous voudrions voir voter les femmes, du moins celles qui représentent une existence non engagée dans les liens du mariage, un intérêt non confondu dans les complexes intérêts du foyer. Le suffrage universel ne nous « effraye » nullement. Nous sommes effrayés des choses auxquelles on l'applique. Mais, par rapport à ces choses là, par rapport au Gouvernement, à la Souveraineté, le suffrage censitaire est aussi absurde, aussi incompétent que le suffrage universel. Dans l'ancienne Allemagne, celle qui était une République de Princes, le choix du souverain appartenait à sept électeurs : ce choix du supérieur par une poignée d'inférieurs n'a pas fait moins de torts à l'Allemagne ancienne que n'en fait le même choix à la France moderne quand il est opéré par des millions d'électeurs. Le mal ne vient pas du nombre des votants, mais de l'objet sur lequel ils votent. Si on leur donne à décider les tendances du Gouvernement, si on leur donne à choisir le Chef, il y a dix mille contre un à parier qu'ils éliront l'homme dont le nez leur plaira et qui n'aura pas plus de cerveau qu'une calebasse ; il y a dix mille contre un à parier qu'ils exigeront du gouvernement la politique de leur intérêt particulier, sacrifiant l'intérêt général, la politique du moindre effort et du moindre labeur sans se soucier du présent éloigné, ni du prochain avenir. Les princes électeurs de l'Allemagne agissaient là dessus exactement comme les citoyens souverains de la République française. La dernière chose à laquelle penseront l'un et l'autre sera certainement l'intérêt public.

 

 

 

Dans la mesure où elle est affranchie de l'État et s'exerce avec quelque liberté, l'élection n'est pas une chose en soi, et dont on s'occupe professionnellement, abstraction faite de tout le reste. L'élection est à l'opinion ce que l'ombre est au corps, ce qu'est le reflet à l'image. L'esprit électoral oublie l'action et la propagande de l'idée pour courir l'unique mirage du vote. Tout est défait, tout est perdu au soir d'une défaite électorale, quand le labeur de plusieurs saisons a tendu uniquement à gagner des sièges.

 

 

 

Voilà pourquoi le Souverain intérêt public, voilà pourquoi le Chef gouvernant, responsable de l'intérêt public, ne doit pas être livré à la fortune de l'élection, qu'elle soit réglée par des dizaines ou par des millions d'hommes. Cet abandon général est absurde en soi ; il paraît plus absurde si l'on voit les perturbations que des élections de cette importance, de ce poids, de cette gravité causent à la nation.

 

 

 

La démocratie consiste à donner la direction générale et supérieure, le gouvernement et la souveraineté au nombre s'exprimant par la voie des suffrages. Ce n'est pas l'universalité du suffrage qui est à déplorer. C'en est le point d'application et la compétence faussée. C'est sur ce qu'il ignore le, plus, c'est sur ce qu'il est le plus incapable de diriger, à savoir l'État, l'État central et souverain, que le suffrage est consulté, par la démocratie, et c'est là dessus qu'il fonctionne le plus activement.

 

 

 

Le suffrage universel est conservateur

Nous n'avons jamais songé à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une représentation et non un gouvernement, sans vouloir supprimer ce suffrage, et en voulant tout le contraire.

 

 

 

 

 

 

 

Car ce suffrage, entre bien des vertus ou bien des vices, possède une propriété fondamentale, inhérente à son être même : le suffrage universel est conservateur.

 

 

 

Les théoriciens plébiscitaires n'ont pas tort de comparer le suffrage universel à la « masse » des physiciens. Il est a peu près aussi « inerte » qu'elle. Leur tort est de mal appliquer cette vérité, et de considérer un suffrage inerte soit comme le moyen de créer le Souverain, soit comme un ressort d'opposition et de révolution. Leur erreur sur le premier point est évidente. Sur le second, il suffit de songer qu'il faut un prestige bien fort, une popularité bien puissante pour émouvoir, pour ébranler un pesant amas de volontés qui ne concordent que dans l'idée d'un profond repos. L'appel au peuple peut être un utile et puissant levier dans les périodes de trouble, quand le gouvernement hésite et incline de lui même à la mort. Il ne vaut pas grand chose dans les autres cas. Il ne vaut rien contre un parti bien constitué, fort, uni, résolu à exploiter la nation jusqu'à l'os.

 

 

 

Hors les heures critiques, et tant qu'il paraît subsister un ordre matériel quelconque, le suffrage universel conserve tout ce qui existe, tout ce qui tend à exister. Il est conservateur de ce qui dispose de la puissance, de ce qui paraît bénéficier du succès : radical, si le gouvernement tend au radicalisme ; socialiste, si le socialisme paraît dominer le gouvernement.

 

 

 

La foule acquiesce, suit, approuve ce qui s'est fait en haut et par dessus sa tête. Il faut des mécontentements inouïs pour briser son murmure d'approbation. La foule ressemble à la masse : inerte comme elle. Ses violences des jours d'émeute sont encore des phénomènes d'inertie ; elle suit la ligne du moindre effort ; il est moins dur de suivre des penchants honteux ou féroces que de leur résister par réflexion et volonté. La faculté de réagir, très inégalement distribuée, n'arrive à sa plénitude que dans un petit nombre d'êtres choisis, seuls capables de concevoir et d'accomplir autre chose que ce qui est.

 

 

 

Le nombre dit amen, le suffrage universel est conservateur.

 

 

 

Extrait de "Mes Idées Politiques" (Charles Maurras)

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 18:07
   

  Oui, Monsieur, oui, Madame, c'est parce que « le discours est dur » que l'efficace en sera douce ; c'est parce que le livre est «amer à la langue » que, plus bas, il sera tonique et guérissant.                                                                                                                               

                                                                                                                                                                                              

  Les poteaux dressés sur les routes ne mettent pas leurs indications en un style doux et fleuri : ils affichent le style de leur utilité. Nets, directs, insistants et autoritaires, ils ne disent point : si je me trompe, ils ne doutent point d'eux ils ne s'excusent pas de lancer rudement aux yeux des gens qui passent les flèches de la direction et les chiffres de la distance. Mais le voyageur s'en plaint il ? Pour peu qu'il ait le coeur à philosopher, il rend grâce à l'auteur de brutalités profitables dont il ne se sent même pas tyrannisé.                                                                     

  A lui de ralentir ou de presser le pas, de suivre ou de changer son orientation. La pierre milliaire dit seulement en termes clairs ce qui est, et ce dont il faut qu'il tienne compte. Plus la donnée précise bornera la pensée et plus, en raison même de cette borne étroite, les fantaisies du coeur, les voeux de l'imagination, les besoins, les commodités et les intérêts personnels obtiendront de sécurité et pourront se donner carrière. Une indication incertaine., une donnée ou vague ou fausse, en paraissant flatter l'arbitraire du promeneur, restreindront la liberté de ses mouvements, de son repos, diminueront ses pouvoirs réels, car les risques attachés aux conséquences d'un itinéraire nonchalant ou capricieux:; se trouveront multipliés par l'insuffisance de son information.                                                                                                                  

  C'est une grande erreur de penser que les contingences,, comme on dit, s'accommodent plus aisément d'un principe lâche et flottant : bien au contraire, toute indécision des principes complique l'étude des faits, aussi bien que leurs traitements ; l'incertitude se trouve ainsi introduite au seul point d'où pouvait leur venir un peu de lumière, aux complexités de la terre se seront ajoutées des ombres dans le ciel.                                                                                   

  La vérité, soleil dur mais clair, se contente d'établir de haut ce qu'il faut savoir et penser avant que d'agir. Elle montre le bien, elle marque le mal, elle fait distinguer les proportions suivant lesquelles l'un et l'autre se rencontrent et se mélangent dans la variété infinie de nos cas humains. Une fois éclairé ainsi, l'homme est loin d'avoir résolu les problèmes de sa vie pratique, mais il tient de quoi les résoudre, et si, comme cela lui arrive trop fréquemment, il ne trouve guère à choisir qu'entre des maux, il discernera mieux lequel sera le moindre, son effort pourra s'appliquer à la fuite du pire, ce qui fait peut être le plus grand point du gouvernement de soi même ou d'autrui.                                                                                                                    

  Non seulement la vérité est défendue par ce qu'elle a de naturellement général, d'élevé, d'abstrait et d'étranger à l'homme, mais pour se décider à gravir jusqu'à elle, il faut un élan généreux de la pensée au delà du présent, un large calcul d'avenir. Pour adhérer à cette vérité que tout voile, il faut en outre un effort de la volonté imposant silence, à bien des instincts.         

  La vérité (je ne dis pas la sincérité, je dis la vérité entière, l'accord d'un langage et d'une pensée avec les réalités du dehors), la vérité peut être encore autre chose que la suprême volupté de l'intelligence : c'est l'habileté souveraine, c'est la force toute puissante.                      

  La sincérité n'est pas la vérité. L'intention la plus droite et la plus ferme volonté ne peuvent pas faire que ce qui est ne soit pas.                                                                                          

  Ne sous estimons aucune vertu, mais rendons justice aux vertus de l'évidence. Il n'y a pas de sourire, de grimace ou de papotage de beaux esprits qui puisse tenir contre elles. Les décisions qu'elles entraînent sont graves, parfois pénibles, dans la vie de l'esprit, la vie extérieure ne s'en accommode pas toujours, mais le service qu'elles rendent est tel qu'elles emportent tout.           

  Le vrai vaut par lui même. Mais il y a des vérités amères et des vérités douces. Il y en a d'utiles, il y en a de dangereuses. Il y en a qu'il faut réserver pour les sages et d'autres qui conviennent à la nourriture de tous.                                                                                          

  Quelques révolutionnaires purement oratoires et mystiques peuvent estimer que, fable ou vérité, c'est toujours bien assez bon pour le peuple! Nous croyons que le peuple n'a pas des besoins moins exigeants que l'élite. Il lui faut de la vérité comme du pain. Le mensonge historico politique vous empoisonne un peuple tout aussi proprement que le cyanure de potassium.         

  Un dédain qui ne s'exprime pas n'agit pas. Au contraire, une erreur et un mensonge qu'on ne   prend point la peine de démasquer acquièrent peu à peu l'autorité du vrai.                               

 

Mes idées politiques – Charles Maurras - Deuxième partie - Principes

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 22:07


La liberté n'est pas au commencement, mais à la fin. Elle n'est pas à la racine, mais aux fleurs et aux fruits de la nature humaine ou pour mieux dire de la vertu humaine. On est plus libre à proportion qu'on est meilleur. Il faut le devenir. Nos hommes ont cru s'attribuer le prix de l'effort par une Déclaration de leurs droits fameuse, en affichant dans leurs mairies et leurs écoles, dans leurs ministères et leurs églises que ce prix s'acquiert sans effort. Mais afficher partout que chacun naît millionnaire vaudrait il à chacun ombre de million ?

Direz vous que c'est un droit à la liberté ? Le droit au million ne serait pas plus vain.


La liberté, principe métaphysique, est une chose : les libertés en sont une autre. La volonté du peuple, somme, des volontés individuelles, est une chose ; la volonté générale, expression de l'intérêt général d'une nation, d'une race, d'un pays, est une autre chose, toute différente.


La liberté du fou s'appelle folie, celle du sot, sottise, celle du bandit, banditisme, celle du traître, trahison, et' ainsi de suite. Dire que les libertés se limitent les unes les autres est tout à fait juste de l'état sauvage ou de l'état d'anarchie : cela signifie simplement que les forts oppriment ou exploitent les faibles tant que les faibles ne se révoltent pas contre les forts et que les victimes éventuelles n'ont pas trouvé un procédé sûr pour canarder et mitrailler à volonté leurs bourreaux. La liberté conçue comme régime ou comme principe, c'est un chaos, généralement douloureux.

Les citoyens qui ont un peu réfléchi ne se laissent donc pas intimider par des effets de mots. Ils définissent la liberté un pouvoir ou une force, force ou pouvoir qui vaut ce que valent ses sujets et son objet. Le ridicule éternel du XVIIIe siècle et du XIXe consiste à prendre la liberté pour une règle ou pour un but quand ce n'est qu'un moyen ou une matière.


La liberté vit dans peu d'hommes.

Qui dit liberté réelle dit autorité. La liberté de tester crée l'autorité du chef de famille. La liberté communale ou provinciale crée le pouvoir réel des autorités sociales qui vivent et résident sur place. La liberté religieuse reconnaît l'autorité des lois spirituelles et de la hiérarchie interne d'une religion. La liberté syndicale et professionnelle consacre l'autorité des disciplines et des règlements à l'intérieur des corporations et compagnies de métier.

Ce sont là des fait observables.

Si, pourtant, au lieu d'observer on rentre en soi pour réfléchir, on s'aperçoit que la nature même de la liberté positive   celle qui n'est pas conçue par rapport à un obstacle à surmonter, celle qui s'exerce et qui vit de source profonde, la liberté, c'est la puissance.

Sociale, elle s'exerce dans la société et elle a pour point d'application non pas le marbre comme le pouvoir d'un sculpteur, ni la machine, comme le pouvoir d'un mécanicien, mais les hommes engagés avec nous dans la vie sociale.

Qu'est ce donc qu'une liberté ? Un pouvoir.

Celui qui ne peut rien du tout n'est pas libre du tout. Celui qui peut médiocrement est médiocrement libre. Celui qui peut infiniment est aussi libre infiniment. Une des formes du pouvoir, c'est la richesse. Une autre de ces formes, c'est l'influence, c'est la force physique, c'est la force intellectuelle et morale. Sur quoi s'exercent diversement ces pouvoirs divers ? Sur des hommes. Et ce pouvoir, à qui appartient il ? A des hommes. Quand une humaine liberté se trouve au plus haut point et qu'elle a rencontré d'humains objets auxquels s'appliquer et s'imposer, quel nom prend elle ? Autorité. Une autorité n'est donc qu'une liberté arrivée à sa perfection.

Loin que l'idée d'autorité contredise l'idée de liberté, elle en est au contraire l'achèvement et le complément. La liberté d'un père de famille est une autorité. La liberté d'une confession religieuse est une autorité. Ce sont encore des autorités que la liberté d'une association, la liberté d'une commune, d'une province déterminées.

Quand on veut que l'État respecte dans l'ordre économique l'initiative privée, on demande, au fond, qu'il respecte ce que Le Play nommait d'un si beau mot : les autorités sociales. Toutes les libertés réelles, définies et pratiques, sont des autorités. La liberté opposée à l'autorité ; la liberté qui consiste à n'être point agi par les autres, mais aussi à ne point les agir , cette liberté neutre n'est pas conciliable avec la nature ni avec l'ordre de la vie.

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /2005 14:05

«  L'intérêt général est la somme des intérêts particuliers.  »

 

 

 

 

C'était la thèse libérale au milieu du XIXe siècle. Il a fallu comprendre combien elle est fausse. L'intérêt général comprend la somme des intérêts particuliers. Mais ceux-ci sont très loin de suffir à le constituer.

 

 

 

 

 

 

Il faut prendre le contre-pied de la sottise libérale et oser même dire que l'intérêt général peut comporter une soustraction faite aux intérêts particuliers les plus apparents.

 

 

 

 

 

 

Cette soustraction ne se fait pas spontanément mais d'autorité. Les particuliers y consentent lorsque l'opération est faite ou qu'ils se voient contraints de la laisser faire. Un très petit nombre est capable d'apercevoir l'utilité des sacrifices consentis par les particuliers à l'État; un plus petit nombre encore voit les dangers de certains sacrifices consentis par l'État aux particuliers.

 

 

 

 

 

 

La République joue de ces ignorances. Elle en jouit et elle en vit.

L'intérêt général, qui est que la France vive moyennant quelques sacrifices imposés à tous, cet intérêt n'a point un organe vivant, une expression concrète, un pouvoir capable de l'imposer.

 

 

 

 

 

 

On est prié de prendre garde à ce point qui, de tout temps, comporta une intervention de la souveraineté. Ce point, toujours le même, souvent à peine perceptible, mais très profond, qui s'élève sans cesse :

 

 

 

 

 

 

1° entre les intérêts privés et l'intérêt général, à chaque instant donné de la vie d'un peuple;

 

 

 

 

 

 

2° entre l'intérêt général à un instant donné et ce même intérêt général aux instants qui vont suivre.

 

 

 

 

 

 

Ce double souci est justement appelé royal, car il est ordinairement réservé aux princes : souci du bien présent de tous les citoyens, souci de l'avenir pour ces citoyens et leurs enfants.

 

 

 

 

 

 

En République, qui peut l'avoir ?

Je ne crois, certes pas, que l'intérêt mène le monde, et je crois plutôt qu'il l'immobilise et le perd, mais il est évident que les atomes particuliers et particularistes dont se composent les masses du monde sont facilement entraînés et dévoyés dans la direction de leurs intérêts les plus aveuglément égoïstes.

 

 

 

Le désintéressement agit peu, sauf en quelques héros, qui priment et emportent tout.

 

 

 

L'intérêt pur guide souvent fort le mal.

 

 

 

L'art véritable du politique est de savoir discerner le point par lequel peuvent passer ensemble et coïncider la passion et le devoir, l'intérêt privé et l'intérêt national, afin de transformer les intérêts et les passions d'un chacun en serviteurs de l'utilité générale.

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 20:23

La nature dit que les hommes naissent et croissent en famille, qu'ils sont père, frères, enfants, que les sentiments publics ne peuvent pas ne pas être pénétrés profondément par les sentiments domestiques : légiférer dans l'État comme s'il n'y avait ni paternité ni hérédité dans la race humaine, c'est espérer que les races se composeront éternellement d'une majorité de Brutus.

 

 

 

La nature dit aussi que les grands intérêts publics comportent une part notable et respectable de tractations silencieuses et de délibérations secrètes : légiférer dans l'État comme si tout devait y être public, c'est compter qu'on n'inventera point un système d'information générale tellement étendu et perfectionné que chacun aura l'illusion de tout connaître, tandis qu'il sera impossible de rien savoir de ce qui vaudra la peine d'être connu...

 

 

 

Les lois naturelles sont des nécessités : elles viennent à bout des lois écrites, qui sont des volontés la plupart du temps arbitraires.

 

 

 

En reconnaissant la nature, on la règle, on la discipline, on la fait servir au bien général. En la niant, comme le font les Républiques démocratiques, toutes ses impulsions, toutes ses résistances légalement interdites sont déchaînées en fait, l'égale répression du Meilleur et du Pire valant à celui-ci une espèce d'honneur; d'injustes sévérités contre la transmission héréditaire rendent presque honorable le népotisme le plus effréné; la ridicule prétention de tout traiter sur la place publique confère une espèce de dignité politique aux cachotteries ténébreuses des farceurs qui mettent le secret d'État au seul service des intérêts privés ou des intérêts de parti.

 

C'est le régime qu'il faut mettre en cause.

 

 

 

 

 

 

Ou nous changerons quelque chose, ET L'ESSENTIEL, au régime, à la république, ou l'asservissement à l'Étranger se fera sans difficulté.

 

 

 

 

 

 

Les réactions particulières et éparses sont excellentes, de tout point, mais elles ne suffisent pas. Elles ne serviront qu'à la condition qu'on en tire les éléments d'une réaction plus vaste et portant droit au centre commun des paresses, des inerties, des incohérences et des perversités politiques dont nous mourons. Des hommes sont des fous ou des scélérats. Qu'est leur part de nocivité auprès de celle du régime  ! Le Bloc des gauches est un grand coupable. Mais le Bloc national fut un grand innocent.

 

 

 

 

 

 

Veut-on savoir d'où sont venus les pires maux  ?; Je réponds sans hésiter : du Bloc innocent.

 

 

 

Celui-ci a vu l'amélioration possible de la République et de la Démocratie, et il en a subi les moeurs abjectes et infâmes, incapables de rien restaurer, destinées à tout compromettre.

 

 

 

L'autre bloc, familier de ces infamies et de ces abjections, en tire un puissant profit personnel, mais il n'ignore pas vers quelle catastrophe il roule à des vitesses variées : méprisé d'autrui, se méprisant lui-même, désabusé depuis longtemps de ses folles idées directrices, ne croyant ni à la République, ni à la démocratie, ni à la patrie, il se sent déjà mourir, pourrir, empester.

 

 

 

Mais dans son agonie, le sentiment qui le domine est un étonnement naïf, par ce vaste pays dont il ne représente qu'une très faible portion, il est fort étonné de ne voir apparaître encore ni fossoyeur ni héritier.

 

 

 

L'un et l'autre sont là pourtant.

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Lundi 2 janvier 2006 1 02 /01 /2006 19:51

Rectifions sans trêve l'erreur qu'on fait sur nos doctrines. On croit que la Monarchie est considérée par nous comme le «  couronnement  » (une espèce de toit ou de dôme  !) donné à l'édifice politique français.

 

Cela a été enseigné parfois chez nos aînés et chez nos devanciers.

 

 

 

 

 

 

A l'Action française, point du tout. La Monarchie française y est reconnue pour la pierre angulaire ou, mieux, la fondation ou, l'outil de l'édification.

 

 

 

 

 

 

La Monarchie est nécessaire. Avec elle, tout est possible; sans elle, rien de sûr. Elle n'est pas la fin : la fin, c'est la sûreté, c'est la grandeur, la prospérité et la gloire de la patrie. Elle est le moyen indispensable, l'instrument dont on ne se passe pas, fût-on Richelieu ou Bismarck, ou Colbert.

 

 

 

 

 

 

À l'axiome «  politique d'abord  » répond ce corollaire «  d'abord le Roi  ».

 

 

 

 

 

 

On démontre la nécessité de la Monarchie comme un théorème.

 

 

 

 

 

 

La volonté de conserver notre patrie française une fois posée comme postulat, tout s'enchaîne, tout se déduit d'un mouvement inéluctable. La fantaisie, le choix lui-même n'y ont plus de part : si vous avez résolu d'être patriote, vous serez obligatoirement royaliste. Mais, si vous êtes ainsi conduit à la monarchie, vous n'êtes pas libre d'obliquer vers le libéralisme, vers le démocratisme ou leurs succédanés. La raison le veut. Il faut la suivre et aller ou elle conduit, admettre ce qu'elle impose : la reconstitution, la restauration et la réorganisation sur des bases organiques, de la Patrie.

 

 

 

N'étant pas les charlatans de la Monarchie, comme il y a des charlatans de la Démocratie, nous n'avons jamais enseigné que la Monarchie détournât par sa seule présence les maux dont la guerre civile ou la guerre étrangère, les épidémies physiques ou les pestes morales peuvent menacer les nations.

 

 

 

 

 

 

Ce que nous disons, c'est que, dans les pays qui sont faits comme la France, la Monarchie héréditaire réunit les meilleures conditions, les seules conditions réelles de défense contre ces fléaux.

 

 

 

 

 

 

La Monarchie n'est pas incapable d'erreur, mais elle est mieux armée que tout autre pouvoir pour la démêler, s'en garantir et, en cas de malheur, revenir à la vérité en procédant aux réparations nécessaires. Qu'une crise d'évolution économique ou sociale, intellectuelle ou religieuse se produise, la Monarchie peut y présider soit heureusement, soit avec un minimum de dégâts.

 

 

 

 

 

 

Si, pris dans un cyclone comme l'histoire en a vu parfois se déchaîner, on essuie quelque révolution brutale, le passage est moins rude, le renversement moins complet quand cela se produit sous un chef, sous un prince dont la succession, étant réglée d'avance, exclura tout conflit de compétiteurs.

 

 

 

 

 

 

La crise sociale morale ou religieuse ne sera pas aggravée et envenimée par une crise de l'État : l'État tient par sa propre force.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, en Monarchie, les intérêts supérieurs les plus étendus, les plus graves sont placés dans une atmosphère assez haute et assez sereine pour qu'on puisse espérer que les vents n'y remontent pas. Si, malgré tout, ils s'y élèvent, eh bien, tant pis  ! Le genre humain, au maximum de la détresse, aura eu le maximum de ses garanties. Le malheur est-il immense, on doit se dire que le fléau serait plus fréquent, plus complet et plus douloureux si le pouvoir suprême était placé plus bas et exposé légalement au ballottage électoral, aux compétitions militaires.

 

 

 

 

 

 

Rappelez-vous de ce qu'à été notre Révolution, tant qu'une ombre de Monarchie l'a retenue, et ce qu'elle a été après le 10 août, dès que les folies de l'esprit et les cupidités du coeur eurent le chant libre à travers les assemblées titubantes  ! La Terreur qui n'était qu'un phénomène d'anarchie devint un système, une Loi, un Régime, une Règle, et c'est cela précisément dont un patriote et un homme d'ordre doivent trembler.

 

 

 

 

 

 

Même déchue, démoralisée, éperdue, la Monarchie emporte en elle-même le sentiment (et elle donne aux autres la notion) d'une responsabilité, d'une mémoire, d'une prévision, toutes choses dont les Parlements démocratiques sont dépourvus.

 

 

 

 

 

 

La Monarchie confère à la politique les avantages de la personnalité humaine; le régime républicain dissout ses desseins et ses actes dans une collectivité sans nom et partant sans honneur.

 

 

 

 

 

 

Dès lors, comme la Monarchie représente naturellement la capacité du plus grand bien et du moindre mal, la République signifie la possibilité permanente du pire mal, du moindre bien.

 

 

 

 

 

 

Il y a sans doute des doses du mal et du bien, il y a des données qui dépendent des circonstances, des peuples et des hommes : nul régime ne crée les hommes, les peuples, ni leurs conditions intellectuelles et morales. Mais, manifestement, la mise en oeuvre républicaine gaspille et pervertit les admirables ressources d'esprit et de coeur qui lui sont fournies par la France et par les Français.

 

 

 

La République a besoin de s'imposer aux consciences puisqu'elle repose sur des volontés.

 

 

 

 

 

 

Elle a besoin de la foi, de l'enthousiasme des sujets, qui sont ses électeurs et qui, nominalement, constitutionnellement, ont ses destinées dans leurs mains. Au contraire, la Monarchie existe par le fait qu'elle existe. Elle n'a pas besoin de consulter à chaque instant un prétendu souverain électeur. Il lui suffit en somme d'être reconnue, tolérée, et son principe ne l'oblige pas à harceler les gens, à aller les sommer constamment de la trouver belle.

 

 

 

 

 

 

La République est une idéologie, pour ne pas dire une logomachie. La Monarchie est une réalité.

 

 

 

 

 

 

Celle-ci n'a besoin que d'être trouvée acceptable. L'autre exige que l'on suive ses rites, et gare à qui sera suspect de ne pas fêter le décadi de bon coeur  !

 

 

 

Si la plupart d'entre les nouveaux royalistes sont arrivés à vouloir la monarchie par la passion du salut national, il en est qui y sont parvenus aussi par goût des libertés locales, ou des réformes sociales, ou de l'ordre public, ou du progrès de l'intelligence et de la civilisation...

 

 

 

Ces biens divers : sécurité nationale, organisation économique, culture personnelle, justice sociale, ne font donc pas deux groupes opposés, s'excluant l'un l'autre. Nous les concevons réunis, et nous voyons que de tels biens, dans un pays comme la France, naissent, croissent ou déclinent selon les hauts et les bas de leur condition commune : la Monarchie.

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Lundi 2 janvier 2006 1 02 /01 /2006 20:27

Il n'y a point de vexations soit légales, soit illégales, que l'Administration française ne se trouve permises contre le contribuable et l'administré. Il n'est point d'insolences que n'osent les bureaux contre les citoyens. Un César anonyme et impersonnel, tout puissant, mais irresponsable et inconscient, s'applique à molester le Français depuis le berceau. Soit qu'il vive seul, soit qu'il veuille s'associer, le citoyen français est assuré de rencontrer à tous les pas de son chemin le César État, le César bureau, qui lui impose ou lui propose soit ses directions avec ses prohibitions, soit ses marchandises avec ses subventions.

 

 

Celles des affaires publiques que le citoyen connaît le mieux sont soumises à la surveillance ou au bon plaisir de l'État. Sans l'État, un père de famille, un conseil municipal, un bureau de société, un simple comité de fêtes ne peuvent décider presque rien en ce qui les touche de plus près et qui les intéresse immédiatement. Associations volontaires, comme les sociétés morales et politiques, ou associations naturelles, comme la famille, la commune et la province, tous les rassemblements de citoyens sont tantôt frappés d'inertie par les lois de l'État, tantôt même interdits par le caprice des chefs temporaires de l'État...

 

 

Non seulement l'État ennuie et tracasse le citoyen français, mais il lui inflige des commodités dangereuses. Il le sert en des cas où celui ci devrait se servir lui même. Il le déshabitue de la réflexion et de l'action personnelle. Ainsi l'État endort et atrophie chez le citoyen la fonction civique. Le citoyen devient ignorant, paresseux et lâche. Il perd le sens et l'esprit public. Traité en mineur, il devient digne de retomber en tutelle. Les intérêts prochains de sa communauté ne le touchent ni ne l'occupent. Des curateurs gérant l'avoir communautaire, il les laisse faire ; il s'isole de ses concitoyens. Il retourne à la condition individualiste du sauvage et du primitif.

 

 

Par une suite naturelle de ce régime, des villes de dix mille âmes ne renferment souvent pas un seul de leurs citoyens qui soit digne d'elles. Pourquoi faire des citoyens, en des lieux où l'État centralisé prend à forfait toutes les besognes civiques ? Mais ces besognes, il est vrai que l'État les fait mal, étant mal outillé pour les faire. Nos différentes communautés glissent ainsi à une décadence profonde, où l'État lui même les suit : pauvre d'hommes, la France sera bientôt pauvre de tout.

 

 

Considérant que les âges de vraie et solide prospérité nationale furent, en France, ceux où le Pouvoir royal, indépendant et maître des attributions propres de l'État, n'empêchait point les différents corps, compagnies et communautés de la nation de gérer librement leurs intérêts particuliers ;

 

 

Considérant que la décadence de la Monarchie nationale suivit sous les Bourbons la décadence de ces corps, compagnies et communautés : chaque empiétements du pouvoir royal sur leur autonomie étant aussi marqué par l'amoindrissement secret de ce pouvoir ;

 

 

Considérant que ces éclatantes leçons donnés au Roi et à la France par huit siècles d'expérience historique ne seront point perdues pour la France ni pour le Roi :

 

 

Le Pouvoir royal ne peut désormais manquer de tendre, avec fermeté, quoique avec sagesse et moyennant les délais et précautions indispensables dans la pratique, à rétablir l'usage de ces libertés partout où l'intérêt supérieur de la Patrie et de l'État n'exigera pas le déploiement de l'autorité.

 

 

C'est à dire que :

 

 

Les familles s'organiseront comme il leur plaira. On testera comme on voudra. Les pères qui voudront constituer à la suite de leurs descendants des biens héréditaires, incessibles et insaisissables, en auront toute liberté. Reconnues enfin pour des associations naturelles, les familles pourront acquérir des droits analogues à ceux des citoyens, posséder en commun un avoir honorifique et moral comme un avoir matériel.

 

 

Les communes et les pays (ou arrondissements), par une suite de mesures libératrices prudemment sériées, deviendront maîtres de régler selon leur gré leurs affaires propres, disposant de leur ordre intérieur sans intervention de l'État, décidant des affaires qui sont familières ou qui peuvent l'être à chacun de leurs membres et n'étant bornés, dans cet honnête et raisonnable liberté, que par le bien commun et la sûreté du royaume.

 

 

Ces vastes régions qui s'étendent autour de nos grandes villes (Lyon, Bordeaux, Marseille, Lille, Nancy, Toulouse, Rouen, Montpellier, Grenoble, Besançon, Limoges, Clermont, etc.) seront reconnues par la loi et délivrées du sectionnement départemental, qui est absurde et anarchique ; les territoires agglomérés autour de ces capitales naturelles obtiendront progressivement l'autonomie, en tout ce qui touche leurs affaires particulières, sans engager l'intérêt national ; de grands conseils provinciaux, sous le contrôle, supérieur mais éloigné, de l'État, concour­ront au réveil et à la renaissance du corps entier de la patrie que la politique jacobine a diminué.

 

 

Les associations professionnelles, confessionnelles et morales jouissant de la plus complète liberté, seront soumises au droit commun, et considé­rées comme des personnes civiles autonomes, faisant leur police elles-mêmes par cet esprit de corps qui est le principe de tous les progrès ; elles seront capables de posséder, d'acquérir, d'aliéner, d'acquitter des impôts, de payer des amendes et d'être même, en cas d'indignité légale, retranchées de la vie commune à temps ou à perpétuité.

 

 

Au résumé, le citoyen, dans toute la sphère où il est compétent et intéressé directement, dans tout ce qu'il a le pouvoir de connaître et donc de juger, est présentement un esclave. Le pouvoir royal lui rendra la disposition et la souveraineté de ce domaine qui lui fut arraché sans droit, sans utilité, et au péril même de la force de la patrie.

 

 

Voilà ce que fera le roi pour les libertés. Il les rendra aux citoyens. Il en sera le garant, le défenseur et le gendarme. Examinons ce qu'il fera pour l'autorité, ainsi chassée du détail intérieur de la vie civile.

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Samedi 7 janvier 2006 6 07 /01 /2006 14:23

La république fut, jadis, l'objet d'une religion. Mais sa défense n'est plus assurée aujourd'hui que par les gens qui ont intérêt au malheur public.

 

 

 

 

 

On peut définir la vraie République, la République de fait, par la domination des intérêts, des passions, volontés des partis sur l'intérêt majeur du peuple français.

 

 

 

 

 

Elle est permanente impossibilité de réformes et conspiration permanente contre le salut public.

 

 

 

***

 

 

 

Il y a des animaux très inférieurs dont toutes les cellules sont propres à tous les emplois : nutrition, sensibilité ou mouvement. Ces animaux n'ont que de petits mouvements, des sensations vagues, une nutrition élémentaire.

 

 

 

 

 

Chaque élément fait mal tant de métiers divers : c'est le cas de notre constitution républicaine. Elle est amorphe, elle ne comporte ni différences cellulaires, ni division et répartition des fonctions, ni des organes distincts.

 

 

 

 

 

Représentation, gouvernement, législation, administration, tout y est confondu.

 

 

 

***

 

 

 

Il existe en France, comme partout, une masse d'hommes occupée de son pain ou de son plaisir quotidiens et qui ne sera jamais attentive à l'intérêt commun le plus général et le plus profond.

 

 

 

 

 

C'est pour elle que le régime républicain est cruel : car un tel régime la suppose capable de pourvoir spontanément à son propre salut et, comme cela n'est pas vrai, ce régime, si actif quand il ne s'agit que de sa défense, est sans action pour la défense du pays qui demeure découvert et démantelé.

 

 

 

***

 

 

 

Le pays sera-t-il capable de sentir quelque jour, unanimement, cette fatale infériorité politique, sociale et militaire de la démocratie  ?;

 

 

 

 

 

Ou, sans souci des sentiments qu'éprouve le pays, devra-t-on commencer par le débarrasser de la démocratie et lui rendre, de force, les conditions de la santé, de la puissance et du bonheur  ?;

 

 

 

***

 

 

 

Si la République réclame beaucoup de vertu de la part des républicains, cela tient justement à ce qu'elle est un gouvernement faible et grossier, que ses vertus intrinsèques sont médiocres, et que sa pauvreté naturelle a besoin d'être compensée par la bonté des individus, à condition pourtant qu'ils soient déjà eux-mêmes bons, et aussi que cette bonté puisse se déployer utilement, ce qui n'a pas lieu dans certaines Républiques où toute bonté d'ordre catholique est proscrite nominativement.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

La République est une grosse mangeuse d'hommes. Elle les croque à moitié ou au quart, puis les rejette : ils vont refaire, dans le silence ou l'opposition, les membres ou les organes ainsi grignotés : après quoi, le Léthé dûment bu par les assemblées ou le peuple, ils reparaissent plus ou moins rafraîchis pour faire de nouveaux dégâts.

 

 

 

 

 

Les responsabilités sont tellement fractionnées en régime républicain  !

 

 

 

 

 

L'homme politique flétri, plonge, disparaît, et quelques saisons lui suffisent pour nous le rendre orné d'une amnistie quelconque, ou simplement lavé par l'amnésie publique, dans l'apparat de l'innocence ou de l'insolence : il est couronné de nouveau  !

 

 

 

***

 

 

 

La vie d'un grand pays comme la France suppose, à chaque instant, une infinité de décisions, de choix, d'initiatives rapides et continues, qui, en République, sont impossibles : c'est un type de gouvernement purement critique.

 

 

 

 

 

En temps normal, la routine administrative y est reine des bureaux. A d'autres moments, les réformes précipitées et incoordonnées prennent un caractère révolutionnaire et les mettent tous en question.

 

 

 

 

 

Dans ce gouvernement impersonnel, où l'on convie le peuple à se défier des individus, les questions de personnes, les succès de personnes tiennent une place démesurée.

 

 

 

 

 

Dans les cas les plus favorables, quand on a affaire à des natures nobles et à des sentiments supérieurs, le grand aiguillon politique reste trop la seule gloire, ou plutôt gloriole : le goût du succès obtenu par un homme aux applaudissements des hommes d'un temps.

 

 

 

 

 

La remarque a été faite pour Napoléon, pour Thiers, pour les plus fameux conducteurs des républiques de l'antiquité et du moyen âge.

 

 

 

 

 

Il y a des paysages, il y a des domaines que s'interdisent les regards du républicain.

 

 

 

 

 

Vouloir guérir la dépopulation par un simple système d'aumônes aux familles nombreuses est naturel à un esprit qui ne veut ni ne peut céder sur les lois successorales, ni sur les lois laïques qui sont mères et filles de la démocratie.

 

 

 

 

 

Parler de notre «  magnifique domaine colonial  », sans parler de la reconstitution urgente de la marine, faute de laquelle nos colonies deviendront un fardeau et un péril, c'est aussi très républicain : la marine militaire est chose royale, dit l'histoire de la patrie. Un républicain expérimenté ne peut pas en douter, il aime mieux s'en taire en ébauchant un acte de résignation au destin.

 

 

 

 

 

Le fin mot de notre politique allemande ne tient-il pas aux mêmes scrupules constitutionnels qui défendent longs espoirs et vastes desseins  ?;

 

 

 

***

 

 

 

Au fond, en secret, dans l'intimité et la liberté parfaite du for intérieur, la République est un objet de tacite scandale pour tout patriote.

 

 

 

 

 

S'il peut se croire républicain, cependant en fait, il aime mieux voir la force française s'unir et se multiplier contre les forces étrangères que se diviser et s'épuiser elle-même dans les conflits intérieurs.

 

 

 

 

 

Quand il ne s'avoue point les muets sentiments de sa révolte généreuse au spectacle du déchirement chronique et systématique de la cité, chaque fait de guerre intestine éveille en lui une horreur certaine : ce qu'il évite de réprouver en gros, il le fait, le blâme et le repousse en détail.

 

 

 

 

 

Son républicanisme est un système auquel il peut croire, mais qu'il ne peut pas voir pratiquer sans chagrin. Il assigne aux malheureuses conséquences de la République les causes les plus diverses : tantôt les hommes méchants (dont le Droit républicain lui enseigne à révéler l'égale valeur) tantôt des partis enragés (dont le même Droit valide les conflits et prescrit le gouvernement).

 

 

 

 

 

Si bien qu'il est républicain sans consentir aux effets naturels de la République ni à ses conditions.

 

 

 

 

 

Mais il est patriote de la même manière : il veut relever sa patrie sans vouloir le moyen de son relèvement, il veut garder la République sans en admettre ni les fruits ni la fleur.

 

 

 

***

 

 

 

Ne pouvant parvenir à rendre les résultats de la République conformes aux lois de la raison, ni aux conseils de la prévoyance, on essaie d'altérer le texte de ces lois inécrites afin de nous fermer les yeux sur des résultats désolants.

 

 

 

 

 

Les phénomènes de triste insouciance et de honteuse impéritie, dont il est impossible de contester l'éclat, on s'efforce de leur conférer la reconnaissance de droit : ils sont normaux, puisque la norme est le régime  !

 

 

 

 

 

L'esprit du régime rejoint et égale ainsi la stupidité de son être matériel; dès que les choses lui font une menace trop claire, il prie les choses de lui apparaître couleur de nuit, c'est l'affaire d'un coup de lancette sur la rétine.

 

 

 

 

 

Un aveuglément théorique et volontaire confirme alors l'aveuglement pratique : les citoyens distraits ont raison de l'être, leur distraction et leur légèreté sont morales et politiques. Très sages de ne pas s'instruire. Plus sages encore de s'y refuser.

 

 

 

 

 

Comprenons la nécessité naturelle de cette philosophie, il n'en est pas d'autre permise en gouvernement d'opinion; comprenons aussi quelle décadence elle dénote et multiplie, surtout quels dangers elle annonce. Au bas mot, en termes concrets, elle doit nous représenter cinq cent mille jeunes Français couchés, froids et sanglotants sur leur terre mal défendue.

 

 

 

 

 

( Ces lignes de Charles Maurras sont de 1913 )

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Samedi 7 janvier 2006 6 07 /01 /2006 14:41
 

L'idée de nation représente en termes abstraits une forte réalité. La nation est le plus vaste des cercles de communauté sociale qui, au temporel, soient solides et complets. Brisez-le et vous dénudez l'Homme. L'Homme y perdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours.

 

 

 

 

Libre de sa nation, il ne le sera ni de la pénurie, ni de l'exploitation, ni de la mort violente. Nous concluons, conformément à la vérité naturelle, que tout ce qu'il est tout ce qu'il a tout ce qu'il aime est conditionné par l'existence de la nation : pour peu qu'il veuille se garder, l'Homme lucide défendra coûte que coûte sa nation.

 

 

 

 

Nous ne faisons pas de la nation un absolu métaphysique, un Dieu, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse. Nous observons que la nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c'est la plus forte, voilà tout.

 

 

 

 

La nation subsume, c'est-à-dire prend, tient et range au-dessous d'elle les autres grands intérêts communs et les enveloppe dans sa dépendance : il en résulte donc que, en cas de conflit, tous ces intérêts doivent lui céder, par définition; en lui cédant, ils cèdent encore à ce qu'il y a de plus important en eux.

 

 

 

 

La nation passe avant tous les groupes de la nation. La défense du tout s'impose aux parties.

 

 

***

 

 

Les mots suffisent à le dire, on se met d'un parti, on naît d'une nation. Il y a entre les deux termes la différence de l'Association à la Société.

 

 

 

 

Ceux qui s'associent créent l'élément commun entre eux.

 

 

 

 

Les membres d'une société ont commencé par en être.

 

 

 

 

Ils peuvent l'accepter ensuite, se révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur préexistait. Si leur volonté personnelle crée leur conduite à son égard, son existence à elle ne dépend de la leur que dans une mesure faible et éloignée.

 

 

***

 

 

L'estime est due aux communications naturelles des hommes. C'est le malheur des siècles et la suite funeste des révolutions politiques et religieuses de l'Europe moderne qui ont fait que, de nos jours, les Nations deviennent des intermédiaires inévitables pour ces rapports humains qui, sans elles, s'effondreraient.

 

 

 

Il y avait jadis une République chrétienne étendue à l'Europe occidentale, qui formait une sorte d'unité temporelle. Cette unité a été brisée par Luther.

 

 

 

C'est depuis cette rupture que la nation est devenue le dernier cercle social sur lequel l'Homme puisse s'affermir.

 

 

 

Une nation a besoin de se tenir et de féconder dans le temps, comme elle a besoin, dans l'espace, de lier ses parties, ses fonctions, ses bureaux.

 

 

 

Une nation qui se complaît dans sa faiblesse, en attendant les démonstrations et les preuves et la nécessité d'agir, se condamne à recevoir cette argumentation en pluie de schrapnells et de balles.

***

 

 

Un républicain rendu national par l'agression et l'invasion de Guillaume II, faisait en août 1918 cet acte de foi dans la France :

 

 

 

« C'est là qu'il faut chercher et reconnaître l'instinct héréditaire de la démocratie qui, dans le champ comme dans l'atelier, a recueilli la tradition des ancêtres pour achever l'ouvrage et continuer le sillon. »

 

 

 

-Phrase excellente, dis-je alors, et admirable et qui serrait irréprochable, pour peu que l'on en fît sauter ce terme de démocratie, visiblement impropre et qui n'a que faire: il faut la remplacer par Peuple ou par Nation.

 

 

 

Démocratie désigne une certaine façon, plutôt vicieuse et inerte, de constituer le gouvernement des peuples. Elle est peu ancienne chez nous. Elle ne laisse qu'un champ médiocre à l'instinct héréditaire et qu'un héritage d'un petit siècle à peine à la tradition. Mais peuple engage, mais nation évoque ( avec quelle magnificence  !) les vingt siècles entiers de notre durée bien en avant même du temps gallo-romain. Le champ et l'atelier qui se sont développés, enrichis et perfectionnés par le courant des âges, forment quelque chose d'étroitement lié à l'existence populaire et nationale ainsi prise à témoin.

 

 

 

Nos vins étaient fameux, nos blés et nos bois recherchés, nos ouvriers et nos matelots appréciés sur tous les rivages du monde connu, le plus grand nombre de nos plus précieuses aptitudes génériques existaient bien avant que notre unité fût scellée par les rois capétiens et leur sceptre (sommé de la main de justice) eut surtout la vertu de mettre en contact et en valeur tous ces dons. Ils sont liés à l'être même, au sang et à l'esprit des races si diverses et si ressemblantes qui nous composent, à l'éducation qu'elles se sont donnée les uns aux autres à force de vivre et de travailler en commun.

 

 

 

A travers tout cela l'anarchie gauloise, l'ordre latin, la discipline catholique, la monarchie romano-franque, la longue, forte et stable royauté des Capétiens, puis les institutions et agitations démocratiques ou impériales ne furent que des modalités, des conditions, des éléments, des moyens entre lesquels le concours est ouvert et sur lequel l'historien, le politique prononceront et choisiront pour désigner le bon et le moins bon, l'excellent et le pire, mais, sous la monarchie comme sous la démocratie, une même chose s'étend, domine ou est donnée, grandit ou faiblit, stagne ou meut, croît ou décroît par la grâce ou par la disgrâce de ces régimes divers : cette même et unique chose, c'est la France, c'est le Peuple, c'est la Nation.

 

 

 

Telle est la vérité. Mais c'est peu dire : Il faut dire : telle est la vérité, dont on prend graduellement conscience.

 

 

 

Ce nationalisme plus ou moins exprimé, plus ou moins avoué, mais de plus en plus approfondi, depuis qu'un sang si pur lui est dévoué chaque jour, utilise forcément un vocabulaire qui n'a que de lointains rapports avec le catéchisme démocratique. Plus il dit nation, et mieux il dit naissance. -Quoi  ! le hasard de la naissance  ? -Parfaitement  !

 

 

 

Il écrit donc : «  instinct héréditaire  ». Évoquant les champs, les métiers et puis les arts et les industries de France, il prend garde que la transmission n'en est pas purement artérielle et physique : il faut le langage, l'éducation, la suite des initiations régulières fautes à ceux qui viennent par ce qui vécut et s'en va. On jure donc par « la tradition des ancêtres  ».

 

 

 

On est républicain et l'on fait ce serment.

 

 

 

Et cependant  ! et cependant  ! Et cependant  ! Les démocraties, spécialement la nôtre, celle de 1789, ont toutes été établies sur un égal mépris du passé charnel et du passé spirituel, de l'hérédité et de la tradition. Son principe, disait Renan, est que le citoyen y naît enfant trouvé et meurt célibataire. Mais plus on abonde dans le sens de la solidarité humaine au double point de vue de l'espace et du temps, et plus, bon gré, mal gré, on doit s'éloigner, on s'éloigne en fait de cet idéal démocratique.

 

 

 

Le rôle de ceux qui ont souci de la vérité des idées et de la pureté du langage est de fixer ces mouvements profonds, ces larges évolutions d'un esprit public. L'erreur des imaginations précipitées (à l'allemande) est de confondre une tendance vivace, active, mais qui agit par degrés, par progrès sûrs, mais comptés et lents, avec une tendance arrivée et fixée. Une autre erreur est de se figurer, comme Baudelaire, que la distance infinie des contradictions radicales doit toujours séparer le rêve de l'action et la vérité idéale des réalités accomplies.

 

 

 

Il faut du temps à tout, voilà la vérité  !

 

 

 

Le véritable politique est celui qui, voyant en quel sens se fait le mouvement, se rend un compte exact du terme et qui en disant : on va là, note les obstacles, voit les distances, observe qu'on n'y est pas encore et constate en souriant ce qui s'éteint, ce qui dure, ce qui renaît.

 

 

 

Pour lui, pour quelques amis, pour le public initié, pour le grand public réfléchi, le véritable politique introduit une variante dans la formule encore républicaine citée plus haut. Et il corrige à mi-voix :

 

 

 

« C'est là qu'il faut chercher et reconnaître l'instinct héréditaire de la nation française qui, dans le champ comme dans l'atelier, a recueilli la tradition des ancêtres... »

***

 

 

Impossible de rendre l'union nationale plus étroite, sans relâcher en même temps l'union républicaine.

 

 

 

 

Il faut en ces matières savoir ce que l'on veut.

 

 

 

 

Si le titre de français doit un jour obtenir en France plus de crédit, soit auprès de l'État, soit auprès des particuliers, il faut, puisque les choses resteront égales d'ailleurs, que l'on fasse subir une baisse proportionnelle au titre de républicain et d'ami des gouvernants.

 

 

 

 

Tout ce que devra gagner l'esprit national, c'est l'esprit de parti qui le lui cédera, l'esprit des partis au pouvoir, l'esprit des partis qui disposent des forces, des ressources, des faveurs de l'État.

 

 

 

 

La réconciliation nationale ne menace pas seulement les idées ou les passions des partis, elle est funeste à leurs intérêts, aux intérêts vitaux de leurs membres. Notre million de fonctionnaires  ! notre budget de six milliards  ! Ce butin, qui l'aura  ? Si le vrai parti républicain est nettement délimité, un nombre immense de Français est par simple définition exclu du partage : la part des partisans en est accrue d'autant. Mais c'est en cela que consiste le scandale et la honte de ce régime.

 

                                                         Charles Maurras in Nos Raisons Contre La République

 

Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Lundi 9 janvier 2006 1 09 /01 /2006 16:36


Il y a des faiblesses tyranniques, des débilités méchantes et des vaincus dignes de l'être, comme il y a des victorieux bienfaisants, des héros de l'énergie et de la puissance à qui l'humanité doit d'immenses progrès, des colosses de santé et de force qui ont mérité la bénédiction du passé et de l'avenir. La force en elle même, dépouillée de ses caractères adventices et circonstanciels, la force qui n'est encore au service ni du bien ni du mal, la force nue est par elle même un bien, et très précieux, et très grand, puisque c'est l'expression de l'activité de l'être. Il est imbécile d'en vouloir ignorer les bienfaits.


Il ne faut pas se lasser de le redire, pour décourager le sophisme malfaisant : la force par elle même, réduite à elle-même, est un bien. Cela ne veut pas dire qu'elle fait toujours bien ou qu'il n'y a pas de plus grand bien.

Bonne en elle même, elle est aussi capable des plus grands bienfaits comme de défendre la patrie, du punir le crime, de venger l'honneur ou de protéger l'innocence.

Mais comme elle est capable de tout, il lui faut comme première garantie une règle et, mise au service de la meilleure cause, un ordre. L'ordre contribue à la rendre entièrement et complètement efficace. Mais l'ordre la retient aussi au service de ce qu'elle prétend servir ; l'ordre l'empêche de se retourner malgré elle contre ce qui lui est cher. Toute force désordonnée est exposée à ce péril.


Pour modérer la force il reste la Raison, c'est à dire le sens de la mesure et des proportions intellectuelles, il reste ce sens civique qui ajoute aux ordres supérieurs de l'esprit je ne sais quel principe de cordialité, de bonhomie, je voudrais oser dire de charité, qui ne veut pas la mort du coupable, mais qui veut, et qui veut bien, son amendement.

Il reste aussi cette clarté, cette franchise, suite naturelle de la rectitude de l'esprit, qui ne permet ni hypocrisie ni déguisement, mais qui va droit devant soi, visière haute et poitrine découverte, cette sérénité tranquille qui convient à ceux qui ont assumé librement de nobles missions.


Les théories de la force ne sont pas du tout en contradiction avec la doctrine de solidarité, et, de toute façon, l'entraide humaine a besoin d'être forte pour se protéger ou pour être protégée contre la violence.

S'il n'y a au monde que la force qui vaille, il apparaît indispensable d'être forts ; s'il y a autre chose, si, comme nous le pensons, il y a mieux, et beaucoup mieux, il est plus nécessaire encore d'être fort et puissant pour sauver ou pour développer ces vrais biens.


Par Lux - Publié dans : textes de Charles Maurras
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Citation

 

"J'aimerais recommander aux Français de débrancher leur poste de télévision de temps en temps pour briser leurs chaînes, si j'ose dire."
Jean de France.

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