Une formidable attente d’Etat par B Pascaud

Publié le par Lux

Les Français sont, paraît-il, les champions mondiaux du pessimisme, Ils n'ont pourtant pas de raisons objectives de se croire le peuple le plus malheureux de la terre. D'où leur vient cette mentalité dépressive ? Nombre de difficultés que connaît la société française ne lui sont pas propres et bon nombre de fléaux lui sont épargnés. Alors ?
Alors, il ne semble pas Monde de pointer, en tête des causes explicatives du malaise, une formidable attente d'Etat toujours déçue. Parce que le " politique d'abord " est une réalité vécue au quotidien dans toutes ses conséquences, l'amertume est grande devant le constat de l'impuissance et des manquements de l'Etat. Les critiques renouvelées à l'égard de nos politiques et les inquiétudes récurrentes qu'ils suscitent, ne sont pas, à vrai dire, une remise en cause de l'Etat en tant que tel. Elles expriment plutôt le regret d'un Etat digne de ce nom.
Cette inquiétude née du sentiment confus de n’être plus gouvernés n'est pas sans analogie avec les troubles qui agitèrent une partie de la province dans l'été 1789 et qu'on nomme la Grande Peur. La convocation des Etats-Généraux avait fait lever une forte espérance de réformes. Et voila qu'on apprenait que c'était le désordre qui en tenait lieu ! Les informations arrivées de Versailles et de Paris disaient que le Roi n'avait plus guère de pouvoir, qu'il était contesté, notamment par une prétendue Assemblée nationale. Affaibli le Roi ? Affaibli le justicier vers lequel on savait pouvoir se tourner ? Conteste le souverain dans lequel même un Voltaire voyait l'allégorie d'un père de famille ? Le trouble est si profond et la confuse inquiétude si vive qu'une rumeur en découla, s'amplifiant en d'imaginaires dangers et de fictifs " brigands ".
Sauf que les "brigands" peuvent être identifiés aujourd'hui à maints profiteurs et arrivistes de la politique, le sentiment d'absence d'Etat nourrit toujours la peur de l'avenir. Comment en serait-il autrement, surtout en cette période d'inquiétude liée à la situation internationale et à la crise économique? Quand les défis actuels requièrent toute la puissance étatique, le pays légal ne semble plus s'intéresser qu'aux coups de savate politiciens. Cela est dérisoire et consternant. Certes il n'a pas fallu attendre cette année pour que maints électeurs de Nicolas Sarkozy procèdent au dépôt de bilan de leurs espérances. Plus encore que le côté bling-bling de l'hyper-Prêsident pesant le coup du Traité de Lisbonne, le coup de l'OTAN, et surtout un mécontentement puissant ne des effets du libre échange sur un marché mondialisé, où la France est toujours perdante.
L'opposition socialiste espéra bien récupérer le rêve, et réactive pour cela ses rancunes et ses attaques mesquines. Mais de Jospin-le-privatiseur à DSK le si peu " prolo " du FMI, l'alternative au libéralisme n'apparaît pas d'une grande lisibilité à beaucoup. A tout prendre, plutôt Melenchon, dit-on à gauche. Ou Borloo !, dit-on ailleurs... Et tout le monde d'avoir peur de Marine Le Pen, laquelle bénéficie, en effet d'un potentiel de confiance pour peu qu'elle développe un programme essentiellement économique et social et ne néglige pas n'utiliser des mots incongrus comme protectionnisme, Certains appelleront cela populisme, mais le mot n'est pas plus grossier que démocratisme.
Et le spectacle continue ! Si ce ne sont pas toujours les mêmes personnes, ce sont toujours les mêmes rôles… pour les mêmes résultats ... et le même dépérissement de la politique.
Où est le chef qui fédérerait derrière un projet commun ? Où est le gouvernement qui ferait ce qu'il est seul à pouvoir faire et respecterait les autres pouvoirs? Ou est le serviteur du Bien commun qui dépasserait l'esprit de parti ? Où est le pouvoir national qui serait l'incarnation de la continuité française ? Où est le souverain dont la force serait une garantie contre l'impuissance sans dériver en totalitarisme ? Cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire dit le proverbe, A nous de faire prendre conscience que ce désir s'appelle le roi. On peut même préciser : le roi capétien. Il y a là un modela d'Etat " fonctionnaire de la Société " dont la France est aujourd'hui en manque. Elle ne peut guérir de son pessimisme qu'en guérissant de la maladie de son Etat. Ce qui suppose un bon diagnostic d'abord, et un bon remède ensuite. Le modela capétien a été à plusieurs reprises l'artisan de nos redressements. Il peut toujours inspirer la refondation d'un Etat qui soit un plébiscite des cœurs, des esprits et des intelligences françaises. La France et la politique peuvent avoir de beaux jours devant eux ... mais il faut le Capétien.

Publié dans Pensée politique

Commenter cet article

Lavalette Georges 28/03/2011 17:56



Bonjour,


C'est une réation à chaud, après avoir vu et entendu dans les médias la "classe" politique, soucieuse de sauvergarder un poste public et garder les avantages afférents! Tous ont présenté des
programmes pour leur canton, tel un catalogue "à la Prévert"! Que ne faut-il pas annoncer pour attirer l'attention des électeurs!


Ce qui est regrettable :c'est pour eux la primauté de la pensée à court-terme, qui démontre que le pays n'a pas réellement de politique nationale en phase avec la situation économique et
sociale (malgré l'usage abusif actuellement de ce terme de "politique"), mais une stratégie de court terme (temps entre les élections) qui vise à se préoccuper de garder, ou d'obtenir un poste
dans le monde politique, et à gérer confortablement sa carrière.


Le Général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe!


Mais hélas la politique actuelle n'a pas de grands hommes d'Etat pour répondre aux  vraies  attentes de la population. En Belgique, le monde politique est en
déliquescence, mais heureusement il y a un Roi qui "garde les clefs" du pays en évitant ainsi la partition! C'est le cas, comme on le sais, en Espagne, en regard avec ce qui se passe actuellement
au Portugal!


Je suis donc pour le rétablissement des Bourbons qui ont fait la France (j'associe aux rois Napoléon III, qui a fait bouger la France durablement) dans la dynamique politique, pour tenir un rôle
de modérateur, avec le recul de l'Histoire, avec l'intelligence forgée par des générations confrontées à la "grande histoire" de l'Europe.


Mais pour cela, il faudrait gagner la bataille de l'opinion!


A toutes fins utiles


Georgs Lavalette


 


.