Les socialistes n'ont toujours rien compris par Georges Rousseau

Publié le par Lux

 

Martine Aubry vient de publier le travail préparé par ses sherpas, à savoir le projet du PS pour la campagne présidentielle de 2012. Pour reprendre la phrase utilisée pour expliquer l'état d'esprit des émigrés à la fin de la Révolution française, ce projet montre clairement que les socialistes " n'ont rien appris et rien oublié " !
Projet mirifique, composé de trente mesures, qui cumule les non-sens et les absurdités et nous entraînerait tout droit vers le naufrage le plus catastrophique. Les socialistes ont-ils oublié que la mise en application en 1981 du "programme commun de la gauche " a provoqué en deux ans la faillite de la France, obligeant François Mitterrand à changer brutalement de cap et à bifurquer vers le libéralisme le plus absolu (privatisations massives, suppression du Contrôle des Changes, du Contrôle des Prix et du Contrôle du Crédit …). C'était il y a seulement trente ans ! Décidément, "les Français ont la mémoire courte", comme disait le bon Maréchal…
 
Le naufrage des retraites
 
La première mesure-phare de ce lamentable projet est le rétablissement de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans. Alors que les Allemands et la plupart des autres pays européens ont déjà repoussé l'âge de la retraite à 67 ans, les socialistes, persistant à croire que la France est une île aux frontières hermétiquement fermées, veulent continuer le petit jeu qui nous a coûté si cher. On paye, on paye, on paye ! Avec quel argent ? Les caisses de retraites sont exsangues et l'Etat, qui croule déjà sous deux mille milliards d'euros de dettes, ne peut plus emprunter ! Ils se moquent du monde…C'est le modèle de ces belles formules qui font fureur dans les discours, mais qui se terminent tragiquement quand on les met en application
La création de trois cent mille emplois-jeunes
 
Encore une vieille lune, inventée par Monsieur Strauss-Kahn et expérimentée par Lionel Jospin dans les années 93-95. Cette formule démagogique permet de faire croire, pendant environ un an, à une embellie économique, mais son résultat final est très décevant, car les “emplois aidés” sont rarement productifs. En outre c'est un système qui coûte cher, car trois cent mille “emplois aidés” signifie une dépense de plusieurs milliards par an pour l'Etat. Il en est de même pour la création d'une allocation d'étude pour les jeunes sous condition de ressources et pour beaucoup des autres mesures envisagées par le plan du P.S. Même si certaines sont judicieuses, toutes coûtent cher, très cher !
 
Un très sérieux tour de vis fiscal
 
Comme il fallait s'y attendre, le projet socialiste prévoit un sérieux matraquage fiscal. Ce tour de vis, dont le montant est estimé à cinquante milliards d'euros, mais qui à mon avis atteindra un montant bien supérieur, comprendra notamment la suppression de la plupart des niches fiscales en matière d'impôt sur le revenu, d'ISF et de droits de succession, la fusion de l'impôt sur le revenu et de la C.S.G., l'alignement de la fiscalité des revenus de l'épargne au niveau des revenus du travail (ce qui fait craindre une majoration de la taxation des plus-values sur valeurs mobilières)… etc, etc. La France, qui était déjà la championne du monde des prélèvements fiscaux et sociaux et qui tentait tant bien que mal de faire un peu baisser le montant de ces prélèvements, va au contraire les projeter dans un univers fiscal de type soviétique !
 
Tout n'est pas mauvais
 
Tout n'est pas forcément mauvais dans ce catalogue à la Prévert. Par exemple, la création d'une banque publique d'investissement, la construction de 150.000 logements sociaux, l'encadrement des loyers et l'embauche de 10.000 nouveaux gendarmes et auxiliaires de justice, sont des mesures qui ne manquent pas de sens. Mais les dirigeants socialistes n'ont pu s'empêcher d'emboucher la trompette gauchiste : leur projet prévoit la légalisation du mariage des homosexuels et la liberté d'adoption par ceux-ci, ainsi que le vote des étrangers aux élections locales. Il prévoit aussi l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives. Cela, c'est pour faire plaisir aux Verts et pour inciter les électeurs du FN à voter socialistes au deuxième tour… De même, prévoir que l'on "oeuvrera pour sortir de la dépendance envers le nucléaire et le pétrole" est, sinon parler pour ne rien dire, du moins se placer dans une perspective à très, très long terme ! Quoiqu'il en soit, on voit mal comment un gouvernement socialiste, s'il veut mettre en pratique ce programme, pourra diriger sérieusement le pays dans les conditions qui prévalent de nos jours dans le monde actuel.
 
Des espèces de schizophrènes
 
Car, une fois de plus, nos socialistes se comportent comme des schizophrènes : comme la réalité n'est pas conforme à leurs souhaits, ils l'ignorent. Ils oublient que, du fait de décisions auxquelles ils ont participé ou qu'ils ont approuvées, aussi bien sur le plan de la construction européenne que de la mondialisation, les frontières de la France sont ouvertes. Non seulement les biens et les capitaux, mais aussi les hommes, peuvent librement entrer sur notre territoire ou en sortir. En particulier, les gens riches peuvent librement aller s'installer à l'étranger et y transférer leur argent… De même, les entreprises peuvent fermer leurs usines installées en France et les implanter à l'étranger… Enfin, plus les produits fabriqués en France supporteront des taxes et des charges sociales, plus les produits étrangers bénéficieront d'un avantage compétitif…
 
Mais pas de politique nationaliste
 
Alors quelle mesure nationaliste proposent ces malades ? Peu de choses et surtout pas la fermeture des frontières et la sortie de l'Euro. Quel manque de prévision et de logique ! Charger la barque sur le plan fiscal et social tout en laissant les frontières ouvertes, c'est la diriger directement vers le gouffre ! Si l'on voulait faire preuve d'un certain cynisme, on pourrait se demander si le but de cet exercice ne serait pas de décourager par avance le principal challenger de Martine Aubry, Monsieur Strauss-Kahn. Si on était à sa place, on préfèrerait garder sa bonne place au F.M.I. et on resterait douillettement à Washington, plutôt que de se lancer dans une aventure qui, compte tenu des conditions prévues dans le projet du P.S., nous mène évidemment au désastre … C'est moche de devenir Président de la République dans ces conditions !

 

Publié dans Actualité nationale

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