La Crise se poursuit inexorablement par G. Rousseau

Publié le par Lux

 

Inexorablement, la Crise monétaire poursuit sa course dévastatrice ! Comme nous l'avions prévu depuis longtemps, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le mécanisme démentiel créé par la monnaie unique entraîne les pays participant au Traité de Maastricht vers le désastre. Cependant, certains bons esprits commencent à comprendre qu'il existe une solution radicale…

Il ne fait aucun doute que, tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, la Crise monétaire, après avoir frappé les pays périphériques de la Zone Euro ( Grèce, Irlande, Portugal … ), atteindra certains des pays qui sont au cœur de ce secteur : à l'évidence, les prochaines victimes seront l'Espagne, puis l'Italie. Et ce, pour des raisons évidentes : la spéculation s'attaque aux pays qui, même si leurs finances publiques sont relativement saines, ont une économie fragilisée par des "bulles" spécu-latives, foyers nés d'un déséquilibre fondamental, sans lequel elles n'existeraient pas !   Il faut le comprendre, la spéculation se déchaîne là où il y a de l'argent à gagner. Or, il y a de l'argent à gagner seulement quand des déséquilibres existent…

La faute de l'Euro
Bien entendu, ce n'est pas la première fois que la monnaie d'un de ces pays est attaquée. Mais il s'agissait auparavant de la monnaie nationale de ce pays, la Drachme, la Livre irlandaise ou l'Escudo. Le problème ne concernait donc que cet Etat, lequel, s'il y était obligé, n'hésitait pas à dévaluer, ce qui stoppait net la spéculation. Malheureusement, aucun de ces pays ne possède plus de monnaie nationale. Ils l'ont échangé il y sept ans contre la " monnaie unique ", l'Euro. Dès lors ils ne sont plus maîtres de leur destin. Or, pour des raisons idéologiques ("construire les Etats-Unis d'Europe"), on a fait entrer dans le club de l'Euroland des pays ayant des économies et des traditions très différentes. Pour simplifier, disons que la Zone Euro comprend des pays ayant des économies très fortes ou fortes (l'Allemagne est le deuxième exportateur mondial et la France le sixième ) et des pays beaucoup plus faibles sur le plan économique. En outre, certains des membres du club, l'Allemagne en particulier, refusent absolument toute idée de dévaluation de la monnaie unique; ils veulent à tout prix, car ils y ont intérêt, garder un Euro fort.

La Zone Euro en train d'exploser
Dès lors, la Zone Euro est écartelée : les pays surendettés et ceux victimes de l'éclatement d'une " bulle " spéculative voient la charge des intérêts dus sur leurs emprunts s'envoler. Sur les emprunts d'Etat à dix ans, les taux d'intérêts vont de plus de 11 % pour la Grèce, à plus de 9 % pour l'Irlande, 7 % pour le Portugal, 5% pour l'Espagne, alors qu'ils sont seulement de 2,67 % pour l'Allemagne. Cette situation est intenable et ne pourra pas durer. En outre, l'Union Européenne et le F.M.I. n'acceptent d'accorder leur appui à ces pays que moyennant des engagements draconiens en ce qui concerne la politique que ces pays doivent suivre en matière budgétaire : ils sont obligés de tailler dans leurs dépenses publiques et sociales, de diminuer dramatiquement le nombre de leurs fonctionnaires, de geler ou même de diminuer les salaires ou les retraites… Inutile de dire que ces mesures, imposées de l'extérieur, sont très mal acceptées par les opinions publiques de ces pays et qu'on ne peut pas jurer qu'elles seront appliquées dans toute leur rigueur. Il est même possible qu'elles aboutissent à déclencher des mouvements sociaux, voire révolutionnaires, dans certains de ces pays… D'ailleurs, une cure d'austérité aussi sévère risquerait de faire mourir le malade. Car il pourrait en résulter une déflation sérieuse qui supprimerait toute croissance économique, entraînant le pays qui accepterait ce traitement de cheval, dans une crise dont il ne sortirait pas vivant.

L'Euro coûte cher à la France
 On n'ose pas le dire, mais l'Euro coûte cher à la France, et ce, depuis longtemps. En effet, pendant les dix ans qui ont précédé l'entrée en vigueur de la monnaie unique ( c'est - à - dire de 1993 à 2003), la France a sacrifié sa croissance économique en supportant " un franc cher ", conséquences de taux d'intérêts supérieurs à ce qu'ils auraient dus être. On a calculé que cette surélévation du franc, destinée à mettre le franc à la hauteur du Deutsche Mark, avait fait perdre à notre pays, chaque année pendant dix ans, de 1 à 1,5 % de croissance annuelle ! De même, pendant les sept années qui ont suivi l'introduction de l'Euro ( c'est - à - dire de 2003 à 2010 ), on estime que la perte de croissance causée par la surélévation de l'Euro, y compris du fait de la baisse de nos exportations, s'est élevée à 1,5 à 2 % de croissance économique par an ! C'est l'Euro, et la préparation de l'entrée en vigueur de l'Euro, qui sont en grande partie responsables du chômage que nous subissons depuis dix - sept ans !
 

La solution la plus simple

 Il y a encore peu de temps, personne ( sauf la Restauration Nationale ) n'osait envisager publiquement la sortie de l'Euro des nations souffrant d'un excès d'endettement public et de celles victimes de l'éclatement de "bulles" spéculatives. L'opinion a évolué, et de plus en plus de bons esprits acceptent maintenant d'envisager un tel scénario. C'est ainsi qu'Alexis Brézet écrit dans l'éditorial du numéro du 4 décembre du Figaro Magazine : "Si demain un pays en quasi-faillite et sans espoir de se redresser décidait de quitter l'Euro, qui peut croire qu'il ne serait pas imité ?". Le lendemain, Gérard Longuet, ancien ministre, analysant, dans une interview au journal Le Monde, les conséquences de la charge imposée par les 35 heures à notre économie n'hésite pas à écrire : "Ou on sort de l'Euro, ou on sort des 35 heures". Pour ma part, je conclus: sortons de l'Euro et supprimons les 35 heures ! Ces deux créations idéologiques nous ont coûté assez cher !
 

Les socialistes n'ont rien compris

 Bien entendu, la sortie de l'Euro n'est pas la solution préférée des socialistes. Par exemple, dans une interview au Journal du Dimanche du 5 décembre, Martine Aubry, Premier Secrétaire du P.S., écrit : "Mon père, Jacques Delors, plaidait déjà, lors de la création du Marché Commun et de l'Euro, pour qu'une coordination des politiques économiques et une harmonisation sociale et fiscale existent". Ne nous laissons pas abuser par ce vocabulaire lénifiant. Cette "coordination" et cette "harmonisation" se traduiraient par une directive pure et dure de la Commission de Bruxelles. Madame Aubry s'en remet allègrement à la technocratie apatride chère à son papa ! Elle trouve qu'obéir aux décisions arbitraires de ces gens - là est préférable à "se soumettre au diktat des banques et de la finance" ! Nous voilà prévenus… Ne comptons pas sur elle pour défendre les intérêts de notre pays. Question : quelle serait la position dans ce domaine de Monsieur Strauss-Kahn s'il venait a être élu en 2012 Président de la République Française ? On aimerait bien le savoir !
 

Commenter cet article