Editorial : On va dans le mur !

Publié le par Lux

 

Les pays européens, et notamment la France, ont fait le mauvais choix ! Il n'y avait qu'une seule solution face à la crise monétaire : sortir de l'euro…Car le remède que Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont choisi, sur la recommandation du Fonds Monétaire International ( F.M.I.) et de l'Union Européenne, est pire que le mal : le remède va tuer le malade !

Pour n'avoir pas eu le courage de sortir de la zone euro, les pays européens, victimes de la défiance des marchés en raison de l'excès de leur endettement public, vont payer cher la cure d'austérité qu'ils vont devoir supporter.

 L'austérité mène au désastre
Car, comme l'a dit Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, l'austérité mène au désastre. C'est particulièrement vrai pour la France, où l'on sait que la consommation des ménages est le moteur de l'économie ! La rigueur va stopper net la timide reprise de la croissance. Et ce d'autant plus que la cure d'austérité va être très sévère : car comment effacer en deux ou trois ans trente ans de laxisme ? Rappelons par exemple que le montant total de la dette publique française est passé de 804 milliards d'euros en 1999 à 1.489 milliards d'euros en 2009, soit un creusement de l'endettement public de 685 milliards en dix ans ! Si l'on voulait rembourser le total de cette dette en dix ans, il faudrait 150 milliards par an ! Or, on nous parle d'effacer cent milliards de déficit en trois ans ! Cela ne servira à rien ! Aucun banquier ni aucun spéculateur ne s'y trompera ! Nos dirigeants se moquent du monde… Si l'on veut vraiment rembourser la totalité de la dette de notre pays  -Etat, collectivités locales, Sécurité sociale et Caisses de retraites-, cela veut dire que l'ensemble de la population se serrera la ceinture et qu'une importante partie de celle-ci se retrouvera au chômage !

 

On ne peut pas dévaluer l'euro
Dans un pareil contexte très contraignant, la seule solution est de dévaluer, ou, ce qui revient au même, de faire marcher la planche à billets. Le problème, c'est que la France a abandonné son indépendance dans ce domaine crucial. En entrant dans l'euro, nous avons perdu notre souveraineté dans le champ monétaire et dans celui des taux d'intérêts, qui va de pair. Nous ne sommes plus que la seizième partie d'une association dans laquelle nous sommes aussi soumis que l'était une de nos colonies autrefois. Voilà à quel sort notre lâcheté et notre absence de patriotisme nous a réduits. Et , pour des raisons que nous avons exposées bien des fois, les Allemands n'ont pas l'intention d'accepter que l'euro cesse d'être une monnaie forte, qui ne se déprécie pas et qui, depuis qu'ils ont accepté de voir le deutsche Mark disparaître, sert de base à leur politique économique... Vous allez me dire que Monsieur Trichet, le Président de la Banque Centrale Européenne, en acceptant récemment d'utiliser une partie de ses dépôts pour acheter des obligations d'Etat de pays de la zone euro, et notamment de l'Etat Grec, a fait le premier pas en direction de la dévaluation de l'euro. En achetant des obligations " pourries ", comme disent les traders, la B.C.E. a montré qu'elle peut jouer le même jeu auquel les instituts d'émission nationaux ont joué bien des fois dans le passé. Mais l'Allemagne ne la laissera pas aller très loin dans la tentative de dévaluer l'euro, sous une forme ou sous une autre, car une monnaie forte est nécessaire à l'économie allemande. Monsieur Sarkozy peut faire tous les discours les plus volontaristes, il n'y changera rien !

Vers un protectorat allemand
Car, petit à petit, la nouvelle carte de la puissance en Europe se dessine, avec au centre de la toile l'Allemagne qui, depuis sa réunification, est le pays le plus peuplé d'Europe ( quatre-vingt millions d'habitants ) et qui est le seul Etat-membre à compter encore une industrie digne de ce nom, le seul aussi à pouvoir cotiser fortement pour sauver la monnaie unique… On se dirige donc, sans nous le dire, vers un protectorat allemand sur la zone euro. En somme, ce que l'Allemagne d'Hitler n'a pu réussir par la guerre, l'Allemagne d'Helmut Kohl et d'Angela  Merkel l'a réussi sans tirer un coup de fusil ! Le problème est que, même avec l'assistance financière de l'Allemagne, l' euro ne pourra sans doute pas être sauvé. En effet, aucun des peuples si divers que l'on a voulu à toute force rassembler sur les marches méridionales et occidentales de ce Reich d'un nouveau genre, n'acceptera réellement de se saigner aux quatre veines pour cette monnaie artificielle, qui ne nous a apporté que des difficultés. Seuls, les gouvernements de ces pays et leurs prétendues " élites " qu'on ne peut que traiter d'apatrides, s'obstinent à rester en faveur de cet ersatz de monnaie ! En outre, comme je l'ai déjà signalé, la spéculation dispose de sommes infiniment supérieures à celles que le F.M.I. et l'Union Européenne pourront rassembler pour soutenir l'euro… On ne gagne jamais contre le marché !

 

On se dirige vers la banqueroute
Les dirigeants de l'Euroland auraient pu, à froid, par une décision politique éclairée, prendre acte de la crise monétaire et de ses causes et décider que tous les Etats-membres qui le voudraient pourraient quitter la zone euro moyennant un certain préavis. On n’a pas pris cette solution simple et courageuse, car c'était heurter de front le lobby européiste, ces hommes à la mentalité de “collabos” qui ne rêvent que de détruire les nations et qui espèrent faire un pas de plus dans la direction "des Etats-Unis d'Europe" à l'occasion de cette crise.  En réalité, la fin de l'euro est malgré tout inéluctable sous la pression de la spéculation, mais elle arrivera dans le désordre et après une période dramatique, au cours de laquelle nous allons connaître le fameux "cercle vicieux": baisse des dépenses publiques et privées, explosion du chômage et des déficits sociaux, baisse des recettes fiscales et donc des capacités de remboursement des dettes, et on recommence. Et ce, jusqu'au moment de vérité, c'est-à-dire la banqueroute, où plus aucun investisseur ( qu'il s'agisse d'un Etat, d'un Institut d'émission ou d'une banque ) ne voudra acheter ou conserver des euros, que ce soit sous forme d'inscription en comptes, de billets ou de titres libellés en euros, et où les petites gens feront la queue à la porte des banques et des caisses d'épargne pour retirer leurs économies et acheter n'importe quoi avec, n'importe quoi de réel, qui gardera de la valeur! Le régime survivra-t-il à un tel bouleversement? Et jusqu'à quel point la population qui va subir cette terrible cure d'austérité acceptera-t-elle de se serrer la ceinture ? On sent déjà, dans certains pays du sud de l'Europe, des frémissements pré-révolutionnaires. Il n'est pas difficile d'imaginer les manifestations que nous connaîtrons dans les rues françaises lorsque ce fameux plan d'austérité se concrétisera… On n'aurait pas fait mieux si l'on avait voulu ressusciter la gauche marxiste !

 

Georges Rousseau

Publié dans Actualité nationale

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