Défaite des syndicats et des médias, par Georges Rousseau

Publié le par Lux

 

Bien que Nicolas Sarkozy se garde de tout triomphalisme, le fait est qu'il vient de marquer un point important sur deux des pouvoirs qui s'opposaient, et s'opposent toujours, à lui dans le domaine des retraites comme dans beaucoup d'autres domaines.

Ces deux pouvoirs sont les syndicats et les médias. Pendant les trois mois qu'a duré l'affaire des retraites, on a vu l'action négative qu'ont menée ces deux pouvoirs. Pendant ce trimestre, nous n'avons entendu parler que de grèves, de manifestations, de blocages des ports et des raffineries, sans parler les lycéens qu'on a essayé de soulever et des casseurs destinés à créer une atmosphère insurrectionnelle ! Pour un peu, on se serait cru en mai 1968 ! Mais c'est oublier un peu vite que l'Histoire ne repasse pas les plats… 

Les syndicats dévoyés 
Bien entendu, nous ne critiquons ici que les syndicats " dévoyés ", ces organisations qui défendent très peu les travailleurs, mais sont les auxiliaires convoités des partis politiques, de gauche ou d'extrême gauche naturellement. En premier lieu, ces syndicats, qui prétendent représenter l'ensemble de la classe ouvrière, ne représentent au mieux qu'une fraction des employés bénéficiant de privilèges, autrement dit de la Fonction Publique, ceux qui ne peuvent être mis à la porte et dont certains sont beaucoup mieux payés qu'on ne croit. Combien touche un docker, d'après vous ? La réponse est : 4.000 euros par mois pour dix-huit heures de travail effectif par semaine… Tôt ou tard, il faudra réduire massivement l'importance de ces syndicats politisés. Le moyen est simple : ces organisations ne vivent pas, ou très peu, des cotisations de leurs membres. Il suffit donc de supprimer les multiples subventions qui leur sont allouées par le budget de l'Etat, des communes, et des grosses entreprises. En particulier, il faut modifier la loi qui organise le financement des comités d'entreprises, qui créent de véritables emplois - fictifs : pour un employé qui sert réellement aux oeuvres sociales du personnel, cinquante ne sont au service que de leur syndicat. De même, les très nombreux professeurs qui, au lieu de faire des cours, sont mis gratuitement à la disposition des syndicats, devraient être utilisés exclusivement pour les besoins des collèges et des lycées.

Les médias révolutionnaires 
L'expérience des trois derniers mois a montré une conclusion évidente : à très peu d'exception près, la plupart des médias, notamment télévisuels, sont aux mains de véritables gauchistes. Nicolas Sarkozy et les dirigeants des partis dits de droite, ne pourront pas faire l'économie du nettoyage des écuries d'Augias. Vous me direz : c'est un travail d'Hercule ! Pas forcément, car les principaux bastions de ces gens-là sont les chaînes publiques. Plus ils voudront créer des situations insurrectionnelles, plus il sera facile de les mettre à la porte ! Le reste n'est qu'une question de courage. Or, la séquence que l'on vient de voir à l'occasion de la réforme des retraites montre clairement que lorsque le pouvoir éxécutif et le parlement sont unis sur un objectif clair et raisonnable, ils gagnent. Personne n'ignore que   la cote de popularité du Président Sarkozy est au plus bas, et que, si celui-ci ou sa majorité veulent avoir une chance de rester au pouvoir, ils doivent à tout prix briser les syndicats politisés et les médias révolutionnaires…

Encore un mot sur la réforme des retraites 
Comme nous l'a expliqué Pierre-Edouard du Cray de Sauvegarde retraites le mois dernier, la réforme qui vient d'être votée ne bouche qu'un trou dans la coque d'un " Titanic " en train de couler. Les mesures prises vont ralentir le naufrage, mais elles ne résoudront pas complètement le problème. Les besoins de financement des quarante régimes de retraites s'élèveront à 40 milliards d'euros en 2020, 50 milliards en 2030 et 60 milliards en 2040. Et encore, ces projections sont-elles fondées sur des hypothèses peu réalistes, comme celle d'un chômage ramené à 4,5 % par an ( au lieu de 8,5 % actuellement ). Le trou continuera à se creuser, à moins que dans les années qui viennent, des solutions radicales soient apportées au système des retraites par répartition. Pour en sortir réellement, tous les gens sérieux le savent, il faut d'abord que les fonctionnaires et agents de la Fonction publique soient traités exactement de la même manière que les travailleurs du privé. L'Etat et les collectivités territoriales ne peuvent continuer à s'endetter pour payer les retraites. Tôt ou tard, ce traitement privilégié deviendra insupportable. Il faut ensuite unifier les régimes qui sont beaucoup trop nombreux et différenciés. Enfin, toutes les retraites doivent passer au régime de " retraites par points ", qui est beaucoup plus normal sur le plan de l'équité et qui correspond beaucoup plus à un traitement rationnel des retraites. Quelqu'un qui a commencé plus jeune, ou qui a travaillé plus longtemps, aura un meilleur nombre de points qu'un autre. Assez curieusement, la C.F.D.T. et Sauvegarde-Retraites sont d'accord sur ce point ! Enfin les régimes par répartition, du public ou du privé, doivent constituer des réserves. Vous voyez qu'il reste du travail à faire pour que le bateau recommence à flotter ! 

La tentation du remaniement 
Certains mauvais génies de l'entourage de Nicolas Sarkozy tentent de " l'orienter " dans une direction sans issue. Pour faire oublier la victoire des retraites, il faudrait, disent-ils, un tournant au centre. Jean-Louis Borloo, et plusieurs autres membres du sérail, se frottent les mains. Ils espèrent arriver au pouvoir à la faveur du remaniement. A l’heure où ces lignes s’écrivent, rien n’est encore décidé. Si c’est le cas, que proposent ces mauvais génies ? Que feraient ces messieurs s'ils étaient nommés ? Ils feraient un " Grenelle " social ! On croit rêver! Un Grenelle, qu'il soit social ou autre, se caractérise par de nouvelles dépenses. Et comment paierait -on ces nouvelles dépenses ? Il n'y a pas beaucoup à chercher… Comme on ne peut plus augmenter les dettes, elles seraient payées par une augmentation des impôts, taxes ou prélèvements ! Ces gens-là n'ont rien compris ! Ils demeurent sur la même planète éloignée de la réalité, dont la course leur permet depuis trente ans de continuer indéfiniment à augmenter les dépenses, en prétendant faire payer les riches… Ils n'ont pas encore compris que ce système était fini, non seulement pour la France, mais pour tous les pays développés. La page a été tournée il y un an, quand la Grèce a été à un cheveu de faire faillite. Désormais, on ne peut plus que diminuer les dépenses ! Dès lors, il est facile de conclure que, Grenelle ou pas, dès qu'il sera question d'augmenter les dépenses, Madame Lagarde ou son successeur refusera ! 
En fait, Nicolas Sarkozy est condamné à arpenter les chemins de crête jusqu'en 2012. Il a devant les yeux le destin de Barack Obama. S'il s'écarte de son programme, rectifié à la suite de la Crise de 2008, il n'aura aucune chance d'être réélu.

Publié dans Actualité nationale

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