BORDEAUX - Le rectorat fustige l'enseignement d'un collège catholique

Publié le par Lux

 

Jean-Louis Nembrini, recteur de l'académie de Bordeaux, a indiqué que l'enseignement "reste lourd de carences notamment en histoire et en sciences" au collège Don Bosco-Saint Projet © AFP

Le recteur de Bordeaux a annoncé jeudi qu'il venait de mettre en demeure les parents d'élèves d'un collège catholique hors-contrat d'inscrire leurs enfants dans un autre établissement à cause de carences dans l'enseignement. Lors d'un contrôle effectué le 7 mai au sein du collège Don Bosco-Saint Projet, qui accueille une vingtaine d'élèves, les inspecteurs ont constaté que l'enseignement "reste lourd de carences notamment en histoire et en sciences". Selon Jean-Louis Nembrini, recteur de l'académie de Bordeaux, les heures d'enseignement en sciences de la vie sont insuffisantes et l'enseignement "en histoire est très marqué par un point de vue qui ne permet pas de former l'esprit critique des élèves". Par ailleurs, aucun cours d'instruction civique n'est dispensé.  

[…] un premier contrôle avait été effectué par l'Éducation nationale le 26 mars dans l'école et le collège. Un rapport avait été ensuite adressé à la direction de l'établissement le 14 avril demandant la mise en conformité des enseignements, a indiqué le rectorat. Seule l'école a été mise en conformité, a-t-il continué. "Si les enseignements ne sont pas mis en conformité, la décision de l'administration est de mettre en demeure les parents d'inscrire les enfants dans un autre établissement qui garantisse et permette à l'enfant d'acquérir les compétences fixées par la loi", a rappelé Jean-Louis Nembrini. Dans le cas où les parents ne répondraient pas à cette mise en demeure, le recteur a indiqué qu'il ferait appliquer le code de l'éducation et que la suite relèverait de la justice.

 

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[…] Je trouve d’ailleurs dommage que l’enseignement catholique ne se distingue pas davantage de l’école publique. Je connais la qualité de ses responsables et leur volonté réelle d’associer les parents d’élèves à la vie de leurs établissements. Mais, à la suite d’une succession d’accords passés avec l’Etat, les élèves y reçoivent maintenant un enseignement presque identique à celui que dispense le public : les programmes sont les mêmes, les manuels sont les mêmes. Peut-être faudrait-il créer un nouveau contrat, qui laisserait à ses enseignants plus de libertés par rapport aux programmes officiels de l’Education nationale, dans le respect du « caractère propre » de l’enseignement catholique.

Je note aussi que des familles créent aujourd’hui des écoles hors contrat, malgré les charges financières qu’elles doivent supporter. Elles souhaitent que l’instruction donnée à leurs enfants soit en harmonie avec l’éducation qu’ils reçoivent chez eux. Quoi de plus légitime ? Pourquoi l’Etat ne les aiderait-il pas en leur accordant un crédit d’impôt, comme il le fait déjà pour les parents qui paient des cours de soutien scolaire à leurs enfants ? Il devrait aussi prendre en charge l’entretien et la rénovation des établissements privés sous contrat. C’est une question de sécurité et de justice : il n’est pas normal qu’un ménage paie deux fois l’école de ses enfants, la première en versant ses impôts, la seconde en acquittant des frais de scolarité non négligeables. L’enseignement catholique assume une mission d’intérêt public et les élèves qu’il accueille méritent que l’Etat leur accorde la même considération que les autres.

Mais-je le répète-cela ne nous dispensera pas de réformer l’école publique.

Publié dans Actualité régionale

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