APRÈS LES URNES, LES BANLIEUES ?

Publié le par Lux



 
On se souviendra que tout un arsenal de différentes armes, dont des armes de guerre, en provenance des pays de l’Est, a été découvert à Marseille, il y a quelques temps, dans une « cité » où la police recherchait des trafiquants de drogue.
Faut-il en être surpris ? Pas vraiment, puisque l’on sait depuis longtemps que de tels arsenaux existent, et en quantités autrement importantes, dans les banlieues parisiennes.
C’est dire que les émeutes que nous avons connues à l’automne 2005 pourraient n’être qu’une répétition de futurs troubles de grande ampleur, lorsque les circonstances politiques les susciteront.
S’agira-t-il d’une révolte « des jeunes » comme les médias ont voulu systématiquement le faire accroire ? Ou d’émeutes communautaristes, à composante ethnique et religieuse ? C’est évidemment cette dernière définition qui correspond à la réalité, quelle que soit la volonté de la France « officielle » de camoufler sous le jeu des mots la réalité des faits.
Tout le monde s’accorde à dire que le problème des banlieues n’est pas réglé et qu’il couve, toujours latent,  sous les cendres de l’automne 2005 avec la perspective de déclencher un jour ou l’autre un vaste incendie social.
Croit-on que les élections présidentielles vont contribuer à résoudre cette brûlante question ? L’élection de Nicolas SARKOZY pourrait, tout à contraire, constituer un facteur déclenchant. Celle de Ségolène ROYAL aussi, d’ailleurs, car son projet de France métisse ne fait que se situer dans la continuité de la démagogie de la gauche française à l’égard du problème de l’immigration.
Et si nous devions vivre un jour ou l’autre un Mai 68 des banlieues où, pour de bon, la République brûlerait, croit-on que la solution se trouverait dans les débats parlementaires, ou des législatives anticipées, ou même dans les couloirs des préfectures et des ministères ? Mai 68 est justement un exemple historique de l’effondrement des Pouvoirs Publics, face à de telles situations, comme d’ailleurs l’avaient été, en leur temps, juin 40 ou mai 58 …
La France n’est (provisoirement) sortie de la chienlit de Mai 68 que par le coup d’éclat imaginé dans la solitude, hors toute action parlementaire ou gouvernementale, par Charles De Gaulle et quelques rares confidents …
Comment sortirions-nous d’un Mai 68 des banlieues où Paris brûlerait et où, en lieu et place des étudiants de 68, le régime trouverait face à lui – et ce serait une tout autre histoire -  les « populations » que l’on sait ?
Les actuels débats électoraux, les discussions polies et, à l’évidence, stupides que les télévisions ont organisées pour l’occasion, afin de présenter programmes et candidats et qui ont rabaissé le futur Chef de l’Etat au niveau du café du commerce, tout cela apparaîtrait, d’un seul coup, bien dérisoire. Et l’on vérifierait aussitôt que dans tous les cas où le destin du pays se trouve mis en jeu, les procédures et les structures de notre démocratie ne pèsent plus bien lourd.
Ceux que la destinée politique des divers candidats ont passionnés et qui prennent encore au sérieux les jeux électoraux des ces semaines-ci auraient sans doute intérêt à y réfléchir un tant soit peu.
Pour nous, c’est d’un nouveau régime que nous espérons une vraie « rupture ». Curieusement, cette vraie rupture passera par des retrouvailles avec tout ce que notre plus lointain passé, notre plus belle histoire commune, comportent de « transmissible et de fécond ».

Certes, les principaux candidats qui ont participé à l’élection présidentielle et les deux « finalistes », comme il est devenu de bon ton de dire, ne sont dénués ni de qualités ni de compétence. Mais cette sorte de désignation du Chef de l’Etat, pour ainsi dire, à la roulette, comme au casino, est sans doute devenue, contrairement à ce que prétendaient les Institutions de la Vème république, et malgré l’engouement des Français, le pire moment de la vie nationale.
On compare assez souvent nos candidats à Tony BLAIR ou à José Luis ZAPATERO. Mais a-t-on réfléchi au fait que ces derniers ne briguent pas le poste suprême, parce que celui-ci se trouve placé hors compétition, parce qu’il garantit la permanence de la nation et de l’Etat à travers les fluctuations de la vie politique, parce qu’il donne une limite aux ambitions politiciennes et qu’en quelque sorte il régule et pacifie la vie politique ? Le premier ministre britannique et le premier ministre espagnol ont une position autrement confortable et notoirement plus efficace qu’un premier ministre français. Quant aux souverains qui incarnent leur nation, et garantissent la permanence de leur État, 30, 40, 50 ans de règne non seulement n’érodent pas leur popularité mais au contraire la confortent !  Ils sont bien l’homme (ou la femme) de la nation.
La fragilisation de la société française, les dangers qu’elle court et dont il ne faut pas se dissimuler qu’ils sont gravissimes, devraient inciter les élites françaises à envisager sérieusement, au lieu de s’employer à les dissoudre, de restaurer, de conforter autant qu’il est possible nos Institutions.
Et quand nous entendons le prince JEAN de FRANCE déclarer très tranquillement à une grande chaîne de télévision : « si les circonstances étaient réunies et si les Français le souhaitent, je gouvernerai », nous pensons que le Prince maintient ainsi vivant et disponible ce « recours », cette voie de salut national dont il ne faut pas priver la France. Ce serait autrement sérieux que les jeux « présidentiels » de ces jours-ci et les hommes et les femmes qui s’y usent y trouveraient sûrement, eux aussi, une dimension nouvelle, d’un tout autre intérêt pour le Bien Commun. Peut-être serait-il temps d’y réfléchir et de garder, en quelque sorte, l’idée en tête, y compris au plus haut niveau, pour le cas, malheureusement assez probable, où des circonstances particulières feraient tout à coup apparaître dans toute son évidence ce grand besoin national d’un État redevenu respectable. C’est aussi, c’est un autre rêve français. Il n’est pas sûr du tout que des deux ce soit le moins réaliste … 

Publié dans Pensée politique

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