Le mot du Président : Du Bon usage des Elections.

Publié le par Lux

 

 

 

 

Le mauvais usage que nous pourrions faire des élections serait de se chamailler ou pire se diviser sur les questions : voter ? pas voter ? pour qui voter ? Nul besoin de consigne. Que chacun agisse en conscience ! Plus fructueux sont les bons usages que nous pouvons en faire. En voici formulés deux.

           

                                  Une nécessaire réflexion sur l’Etat

 

 

 

 

 

La France a besoin d’un traité d’espérance historique et politique. Ce ne sont pas les candidats que quinquennat à venir qui sont en mesure de le formuler, encore moins de le mettre en œuvre. Les promesses de « rupture » tentent de répondre à l’attente du renouvellement politique largement espéré dans notre pays. Mais elles sont trop évidemment des effets d’annonce puisqu’on prétend y parvenir sans toucher à rien, ou presque…a bonne question n’est pas celle du candidat, mais celle des institutions. S’il est un bon usage des élections, présidentielles, c’est de les considérer comme une période favorable à une réflexion sur le thème de l’Etat, du régime et de la notion de Bien commun. Certains croient y répondre par l’appel à une VI° République…comme d’autres ont modifié maintes fois la Constitution de la V °...Pour les mêmes raisons. On sait le résultat : les blocages institutionnels n’ont pas été libérés pour autant, ni restaurée la confiance des Français à l’égard de la politique.

           

                                  Les leçons tactiques de la campagne

 

 

 

 

La campagne électorale peut susciter chez des royalistes une autre attitude positive. Celle-ci est à usage interne. Elle consiste à la pratique de « l’empirisme organisateur » : faire des soubresauts politiques actuels la matière première de la réflexion en vue de l’action. Les trois stratégies électorales de Sarkozy, Royal et Bayrou sont, à cet égard, porteuses de leçons.

 

 

 

Sarkozy sait les Français soucieux d’avoir des réponses à leurs interrogations. Donc, il répond. Il ne départ pas, il répond. Et il a réponse à tout. Quel que soit le sujet, il répond, avec pédagogie et sens du concret. Il donne ainsi l’image de quelqu’un capable de donner une direction à l’Etat. Sa popularité tient probablement beaucoup à cela.

 

 

 

Ségolène sait les Français très critiques à l’égard des politiques, jugés trop lointains des citoyens d’ « en bas ». Elle propose donc une « démocratie participative ». Peu importe si elle n’a pas de programme bien ficelé, elle écoute, elle débat. Elle cherche à canaliser en sa faveur l’aspiration à de nouvelles formes d’engagements « citoyens ». Cette nouveauté ainsi que la « part du rêve » qu’elle incarne, contribuent à la séduction qu’elle suscite.

 

 

 

Bayrou sait les Français lassés du « régime des partis » et avides de changement. Donc, il se pose en rassembleur, comme quelqu’un capable de « dépasser les clivages ». A l’instar d’un Giscard en 1974, il propose une sorte de « changement dans la continuité », programme vague quant à l’avenir, mais présentant le double mérite de laisser espérer tout en rassurant.

 

 

 

Quelles leçons peut-on bien tirer de ces lignes tactiques élaborées par des « études de marchés » à fins électorales ? Qu’il y a en effet une triple attente (correspondant à une triple nécessité), mais qui est ressentie de façon plus ou moins confuse.

1)      – L’attente d’une direction au sommet de l’Etat…A nous de montrer qu’il s’agit du besoin d’autorité sans laquelle ne peuvent être envisagés ni une souveraineté véritable, ni un destin collectif digne de la France , ni même des chances réelles de traiter les problèmes nationaux, e mener à terme les réformes nécessaires ou de faire face aux défis inédits de notre pays dans un monde qui change.

2)      – L’attente d’une citoyenneté active…aspiration qui pose les questions essentielles de la représentativité et d’une véritable décentralisation. Ni les partis ni les syndicats actuels ne sont en mesure de renouer le dialogue social. Il y faut de nouvelles formes de représentation et de responsabilités que permettrait seule une conception dépolitisée et audacieusement décentralisée des corps intermédiaires.

3)      –L’attente de nouvelles mœurs politiques plus rassembleuses que diviseuses…qui sont un appel à un fédérateur véritable. Mais, n’est pas Henri IV qui veut ! Même quand on vient du Béarn !

 

 

 

Concluons : la compagne électorale actuelle révèle des aspirations de fond dont nous savons très bien, à l’avance, quelles seront déçues, quel que sont l’élu. Le contexte est propice à l’annonce d’une politique qui soit un traité d’espérance. Laissons aux fanatiques du suffrage universel ce qui leur appartient : l’excitation aujourd’hui, l’abattement des vaincus de demain ou les déceptions déprimantes des vainqueurs après-demain…Et utilisons ce temps pour communiquer la bonne nouvelle de notre projet national et royal.

                                                 Bernard PASCAUD

 

 

                      

 

 

 

Publié dans Actualité nationale

Commenter cet article