Le mot du Président : Quelle espérance pour 2007 ?

Publié le par Lux

 

 

Politiquement, 2007 ne sera pas une bonne année pour la France. Sauf à se bercer d'illusions, et quoique la loterie électorale réserve à notre pays, la France ne retrouvera pas l'État dont elle a besoin. Bien sûr, l'élu(e) du prochain quinquennat parlera de réforme de l'État, mais cela n'aura quasiment aucune traduction dans la réalité. La raison en est simple et vérifiée par tous les discours électoraux restés lettre-morte : le système est bloqué du fait même de ses principes. Or la crise est d'autant plus aiguë qu'elle est aujourd'hui institutionnelle.

La ritournelle de la " rupture " entonnée par tous les candidats ne vise qu'à donner le change. Il faut bien rassurer les électeurs innombrables qui pensent qu' " on ne peut pas continuer comme ça ! "

Le niveau des débats n'atteint cependant pas des sommets dans la réflexion politique, ni ne reflète grand potentiel d'imagination ! Certains parlent de VIe République, donnant ainsi à penser que l'impéritie des républicaines institutions ne tient pas aux principes qui les ont inspirées, mais à la seule numérotation… Et il y a des gogos pour le croire !

D'aucuns feignent de penser que la solution résiderait dans un quinquennat non renouvelable. Comme si l'assurance que le chef de l'État décampera au bout de cinq ans serait la vertu qui manque à la légitimité d'un président-élu ! La démocratie serait-elle devenue un jeu de patience : l'attente du départ du chef de l'État. Et au suivant ! Et pourvu qu'il soit meilleur ! Il semble nécessaire de rappeler qu'un chef d'État est d'abord fait pour être et durer, afin que la France soit et dure !

Le système ne se réformera pas parce que réformer le système équivaudrait à le supprimer. Nous sommes donc condamnés à ce que rien d'essentiel ne change. Voilà deux siècles que cela dure : de Législative en Convention, de Directoire en Consulat, d'Empire en régime présidentiel, de républiques parlementaires en régime semi-présidentiel, les expériences constitutionnelles se suivent et se ressemblent. Elles ont en commun d'être basées sur les mêmes grands principes fondateurs (souveraineté populaire et séparation des pouvoirs) et d'avoir toutes échoué dans la mise en place d'un État apte à assurer la défense du bien-commun. Cela suppose en effet un État qui soit doté de suffisamment d'indépendance souveraine et de continuité. Or une telle autorité peut correspondre à un État monarchique, non à un État électif.

L'avenir d'une réforme salutaire de l'État est donc déjà hypothéqué. S'il y a réforme, elle portera sur des aspects mineurs. Les empoignades électorales n'en seront pas moins vives ; l'arrivisme politicien rythmera toujours la vie politique ; l'esprit de parti continuera à étouffer le sens national au sommet de l'État; la représentation nationale restera faussée par les rivalités partisanes ; le relativisme régnera constamment sur les débats parlementaires ; l'État affaibli sera de plus en plus la proie des envies catégorielles. Bref, la démocratie continuera sa course et son œuvre. Le carriérisme politicien y trouvera son lot. Pas les intérêts français. Ainsi nos politiques ressemblent à des geôliers qui auraient perdu les clés de leur propre prison où ils sont enfermés. Il n'y a vraiment plus d'issue dans le système !

Ce pessimisme réaliste n'interdit cependant pas une espérance objective. Encore faut-il espérer juste ! Cela exige de renoncer aux principes et pratiques qui ont provoqué le déclin de l'État français. La solution monarchique peut constituer l'alternative Là serait la véritable rupture ! N'y point réfléchir revient à prendre le risque de ne pas donner ses chances à la France de renouer avec des institutions qui ont fait sa grandeur et sa prospérité. Aujourd'hui, il y a bien plus de potentiel réformiste dans les principes monarchiques et dans la pensée du Prince Jean de France que dans les principes usés du rousseauisme jacobin. Quelles hallucinantes démonstrations sont encore nécessaires pour comprendre ce qui mérite d'être aimé et servi ?

Bernard PASCAUD

Publié dans Pensée politique

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