Présentation des voeux aux Français du Prince Henri de Bourbon-Orléans, Comte de Paris, Duc de France. Année 2007.

Publié le par Lux

Monseigneur le Comte de Paris, Duc de France a présenté Ses voeux pour l'année 2007 aux Français, le samedi 27 janvier 2007 au Grand Hôtel Intercontinental à Paris.

Entouré de tous ses amis, le Prince Henri, héritier du trône de France, nous délivre son message en cette nouvelle année.

Voici son discours :

 

 

Chers amis,

 

 

 

Un ouragan de charité vient de s'éteindre, l'Abbé Pierre n'est plus.

Je me souviens de ces années d'après guerre en Bordelais où je venais d'arriver. Le Président Vincent Auriol m'avait permis, par décret, de vivre en France et de suivre mes humanités au lycée Longchamps à Bordeaux. Enfin ! L'exil n'existait plus pour moi. La France se reconstruisait et tous y participaient. Un sentiment encore inconnu prenait corps en moi et pourtant éprouvé par un grand nombre de jeunes, un courant de sympathie vers l'autre, un regard et un bonjour, une main tendue, une solidarité.

 

 

 

Je revois cette nuit glaciale de février. Le tocsin sonne. Le téléphone appelle. Et nous voila tous, les jeunes, les valides, à remplir des sacs de sable pour combler les brèches des digues afin de protéger de la crue le quartier pauvre de Bacalan, banlieue de bordeaux.

Il a fallu ensuite assainir, reconstruire, aider. L'association des « Castors » bâtissait pour les plus démunis. Etait-ce déjà l'influence de l'Abbé Pierre. C'était le temps de toutes les charités, on prêtait nos bras, c'était le temps des envolées du coeur qui bousculait les bien pensants, les fonctionnaires de la charité.

 

 

 

L'enthousiasme, en son temps, était la caractéristique de la jeunesse, quelque soit le pays, quelle que fut la civilisation. De nos jours, l'enthousiasme ne fait plus partie de la dynamique de la plupart des jeunes. Il y a problème. Problème de civilisation…

En 1948, souvenez-vous également des prêtres ouvriers, mouvement né à Lyon, comme d'ailleurs l'Abbé Pierre. Ils essaimèrent partout en France apportant la lumière de leur sourire dans les usines avec leur travail.

 

 

 

L'un d'eux périt d'un accident du travail sur les docks de Bordeaux. Il venait souvent chez nous car j'habitais alors chez le curé des pauvres, celui des dockers, des femmes abandonnées, celui des femmes exploitées. Le curé de Saint Pierre, on l'appelait le curé rouge parce qu'il aimait les autres et chez lui on était accueillis sans poser de question. Il dérangeait car il fustigeait en chaire les tièdes et les politiquement correct.

L'Abbé Noizée me parlait comme l'Abbé Pierre, à sa façon, de la mission de l'Homme sur terre. Elle consiste pour chaque être à atteindre sa verticalité. Les êtres humains doivent prendre conscience de leur responsabilité dans ce monde à la mesure de leurs talents propres à chacun.

Ecoute, compassion et justice, telles sont les qualités requises pour que chacun puisse trouver sa place dans la fierté et l'accomplissement de son courage. Car il faut qu'il y ait une place pour chacun dans la société de demain. Qui nous enseigne cela ? Personne ou presque, sinon les illuminés du cœur tel l'Abbé Pierre ou mon curé de Saint Pierre à Bordeaux.

Depuis ce temps, notre éducation nationale a subi de telles pressions confessionnelles et communautaristes qu'elle en est devenue toute distordue, au point de vouloir ignorer qu'elle doit se restructurer et être capable de faire découvrir à ses élèves de toutes origines la fierté d'être Français.

 

 

 

Entendons nous bien, il existait un temps où l'école avait pour mission d'enseigner notre langue et son écriture aux enfants, de même que le calcul mental, l'histoire et son humanisme, sans distinction de castes, de couleur, de religion ou de porte monnaie.

Pour ce faire et par mesure d'hygiène et de protection des vêtements, il était obligatoire de porter un tablier ou une blouse qui couvrait jusqu'au genoux. Point… L'uniforme pour éviter vanité, jalousie, ou toute dérive comme toute contestation pseudo religieuse. L'uniforme doit être remis au goût du jour.

 

 

 

Dans ce même ordre d'idée la laïcité est de mise, elle indique la nécessaire séparation entre la vie civile et l'intimité d'une vie spirituelle personnelle. Afin que cette laïcité ne se transforme pas en nihilisme, il serait bon et juste d'autoriser l'enseignement, à l'école ou au lycée, des trois grandes religions monothéistes de façon facultative.

Par ailleurs au cours de notre éducation on nous assène des permi-défendus à tout va, mais on ne nous explique rien de notre responsabilité individuelle, ni de l'écoute de l'autre, du don d'amour qui nous est accordé envers toute la création, qu'il s'agisse de la terre, des plantes, des animaux ou de notre prochain.

 

 

 

Pourtant depuis l'origine des temps, les textes sacrés de même que les contes et les mythes nous parlent un seul et même langage. Par le truchement des paraboles, des archétypes, les contes initiatiques ne cessent de nous indiquer la voie pour que la vie soit harmonieuse et pour que l'humanité accède à la royauté de l'homme.

Voila pourquoi l'Abbé Pierre a insisté sur des notions que la modernité ambiante semble avoir oublié et parfois que le temps et même les clercs ont partiellement mis de côté parce que pris par d'autres urgences.

 

 

 

Aussi à l'instigation d'un Abbé Pierre, à l'instigation d'un Nicolas Hulot, nous devons prendre conscience de la nécessité et de l'urgence d'un véritable engagement pour la construction de l'avenir. A leur exemple, c'est un appel que je me dois de lancer afin de partager avec chacun d'entre vous une nouvelle prise de conscience assumée. Elle ne peut passer que par la compréhension et le respect de l'œuvre de la création et celle de notre univers. Il faut avoir le courage de mettre en place une véritable écologie qui épouse l'ordre de la nature.

 

 

 

Cet ordre n'est ni de gauche ni de droite. Il n'appartient ni aux pauvres ni au Club de Davos. Il n'est pas religieux. Il est immanent.

Je me permets de saluer ici le courage de Nicolas hulot qui a su ne pas vouloir s'impliquer dans une démarche politicienne donc partisane. Il conserve ainsi toute la force et la portée de son discours. Si l'écologie ne peut être une démarche politique, en revanche la politique doit, à l'avenir, avoir une détermination écologique.

 

Le paramètre écologique environnemental doit par principe être au cœur des stratégies du pouvoir et faire appel en l'occurrence aux spécialistes du terrain et de son environnement, je parle des agriculteurs, des marins, des pêcheurs et d'autres encore. Or que je sache, on ne leur a jamais demandé leur avis sur l'environnement et sur l'agencement du territoire.

 

 

 

La princesse et moi-même revenons du Pays Basque. Des contacts, des conversations avec des responsables communaux avec des agriculteurs et des commerçants, nous ont édifiés. Une tranchée de seize kilomètres de large à l'usage d'un TGV nouveau, un tunnel sous la montagne emblématique de cette région, la Rhune, veut saccager et défigurer à jamais ce coin de France encore sain, encore accueillant et toujours beau. Cette monstruosité soulève déjà la colère et les foules.

 

 

 

L'égocentrisme politique des villes de la côte a repoussé le projet vers la campagne. Les vues électoralistes de certaines seraient elles plus déterminantes que les choix de ceux qui vivent dans la région ?

 

 

 

Ne serait-il pas nécessaire de mettre en place au niveau régional puis national, régulièrement des Etats-généraux consultatifs pour l'aménagement du territoire afin de protéger un environnement que l'on aimerait durable.

Les décisions des fonctionnaires de Paris ou de Bruxelles ne peuvent prendre en compte les nécessités vitales de chaque région, ni percevoir forcément les différences d'identité entre Basques, Lyonnais ou Alsaciens, tous dignes de respect.

 

 

 

Et la dette de la France me direz-vous. Je forme le vœu que celui qui aura à prendre la lourde charge de Chef de l'Etat soit conscient de toutes les réformes nécessaires sans amener pour autant notre pays à la banqueroute, c'est évident.

 

 

 

Un proverbe landais dit «  bien pauvre est celui qui ne peut pas promettre. » Souhaitons que des réponses profondes soient réellement mises en chantier qui aident les entreprises et les gens tout en gardant les équilibres financiers.

 

 

 

J'ai peut être été un peu long et si tel était le cas je vous demanderai de m'en excuser, mais comme vous tous je tiens à réaffirmer mon souci de la pérennité de la France et des Français.

Tous mes vœux pour vous et les vôtres.

 

 

 

Henri,

 

 

Comte de Paris,

 

 

Duc de France

 

Paris, le 27 janvier 2007

Publié dans Actualité nationale

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