Comparaison des deux régimes royaliste et républicain

Publié le par Lux

Nous avons un gouvernement républicain et une administration monar­chique : le bien public exige que cet ordre paradoxal soit renversé.

 

L'administration doit être républicaine, puisqu'elle doit servir le public ; le gouvernement, monarchique, puisqu'il doit le gouverner. Ce qui importe, en effet, à la vie des administrés, c'est la liberté ; ce qui importe à la vie politique d'une nation, c'est l'autorité, condition de l'esprit de suite, de la décision et de la responsabilité.

 

L'autorité en haut, en bas les libertés, voilà la formule des constitu­tions royalistes.

 

L'absurde République une et indivisible ne sera plus la proie de dix mille petits tyrans invisibles et insaisissables ; mais des milliers de petites républiques de toute sorte, républiques domestiques comme les familles, républiques locales comme les communes et les provinces, répu­bliques morales et professionnelles comme les associations, s'administre­ront librement, garanties, coordonnées et dirigées dans leur ensemble par un pouvoir unique et permanent, c'est à dire personnel et héréditaire, par la même puissant et sage, étant intéressé au maintien et au développement infini de l'État.

 

Il est à observer que cet État si fort dans sa propre fonction gouvernemen­tale sera très faible pour rien entreprendre contre le citoyen. Car, au lieu que le citoyen de la République française se trouve réduit à ses pauvres forces individuelles pour lutter contre le mécanisme énorme de l'État, le citoyen du nouveau Royaume de France se trouve engagé dans toutes sortes de libres et fortes communautés (sa famille, sa commune, sa province, sa corporation, etc.), qui emploieront leurs forces à le sauver de tout arbitraire injustifié.

 

Les garanties du citoyen dans l'État républicain sont absolument théo­riques, mais sont déduites, il est vrai d'une théorie (les Droits de l'homme) qui conduit à méconnaître les droits de l'État : dans la pratique, elles s'évanouissent absolument. Respectueuse des droits supérieurs de l'État, la théorie monarchiste confère au citoyen des garanties pratiques, des garanties de fait : celles ci ne sont pas théoriquement inviolables, mais elles sont pratiquement très difficiles à violer.

 

La liberté est de droit sous la République, mais elle y est seulement de droit : sous la royauté nationale, les libertés seront des faits, certains, réels et tangibles.

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