L’Armée dans la Résistance

Publié le par Lux

 

A l’issue de notre banquet annuel du 8 octobre, notre ami, le Général Pichot-Duclos, a prononcé un remarquable exposé sur l’Armée dans  la Résistance. Il a montré en particulier que, pour des raisons politiques, gaullistes et communistes ont tout fait pour occulter la participation très active de l’Armée dans la Résistance et la libération de notre pays. Il  aurait  été  très  politiquement  incorrect  (déjà ! ) de mettre en lumière tout ce que l’Armée légale, c’est-à-dire celle qui a suivi le Maréchal Pétain jusqu’en novembre 1942, a fait  pour défendre le pays et   reconstituer les forces qui, dans une deuxième période, ont servi à libérer le territoire. Citons par exemple les efforts des Services Secrets de Vichy, qui, tant que la Zone sud est restée libre, ont arrêté et fait fusiller les espîons allemands qui sévissaient sur notre sol. Prévoyant l’occupation de la Zone libre, ces Services sont ensuite passés dans la clandestinité. Sur le plan de la Résistance, mentionnons en particulier l’Organisation de Résistance de l’Armée, organisation très active, tant au niveau du renseignement que de la création et l’armement des maquis, notamment dans les Alpes et dans le Jura. Et surtout, rendons hommage à l’action du Général Weygand, envoyé pour réorganiser  les forces françaises d’Afrique du Nord, ces mêmes troupes qui, après avoir pris une part significative aux combats en Italie, constitueront le fer de lance de la 1ère Armée qui prendra part glorieusement, à compter du 15 août 1944, au débarquement de Provence, à la libération du sud-est de la France, aux très durs combats des Vosges et à l’invasion de l’Allemagne.

 

                                                          Les indigènes

 

Ce bref exposé fait comprendre pourquoi, et pendant si longtemps, la propagande officielle a mis en avant dans toutes les cérémonies et dans les médias, le débarquement de Normandie, alors que seuls 177 soldats français des Commandos de Marine y ont pris part directement. Par contraste, le débarquement de Provence et la poursuite jusqu’au Rhin, dans lequel la participation française a été déterminante, n’ont été que rarement et trop rapidement exposés. Loin de nous l’idée de mettre en doute la vaillance des troupes alliées ! Mais sur le plan franco-français, il est clair que gaullistes et communistes ont tout fait pour cacher à l’opinion le rôle de la 1ère Armée française, car celle-ci était née de l’Armée d’Afrique qui devait tant à l’action du Général Weygand et à travers lui, au Maréchal Pétain. C’est cette différence de traitement qui est en partie à l’origine du sentiment d’injustice qu’ont ressenti les jeunes « beurs », aujourd’hui installés en France et citoyens français, en raison de « l’oubli » des sacrifices que leurs grands-pères, anciens tirailleurs ou goumiers, ont supportés pour libérer la France. C’est ce sentiments d’injustice qui a motivé la réalisation du film «  Les indigènes ». Oh ! Je ne suis pas dupe des arrières-pensées des uns et des autres, voire du caractère manichéen de ce film. En particulier, il semble que ses auteurs aient oublié que la 1ère Armée ne comptait pas que des « indigènes », mais au moins autant de français demeurant en Afrique du Nord : dix-huit classes de ceux-ci ont été levées en 1943-1944, sans parler des français évadés de France…Mais ce ne sont pas les auteurs du film qui sont les plus à blâmer, mais les politicards qui, depuis soixante-deux ans et pour les raisons que l’on sait,  ont volontairement occulté le rôle très important de la 1ère Armée française dans la libération de notre pays.

 

                                                   Les défauts du système

 

Ceci nous permet de rappeler que dans la démocratie française, les préoccupations bassement politiciennes ou les intérêts d’un clan prennent le plus souvent le pas sur l’intérêt national. Il suffit de voir ce qui se passe en ce moment avec les élections présidentielles et législatives qui vont se succéder dans quelques mois. Les déclarations et les programmes des différents candidats et des partis sont considérés par ceux qui les rédigent, ainsi que par les commentateurs, exclusivement en fonction de l’effet qu’ils peuvent produire sur leur image dans l’opinion publique  et principalement dans le segment socio-professionnel qui les intéresse. Autrement dit, tout est ramené à l’angle électoral. On vise spécialement la « ménagère de cinquante ans », les  « jeunes des banlieues », ou « les employés de la fonction publique »…Que ces déclarations ou les mesures proposées  soient favorables ou non à l’intérêt général, personne ne s’en occupe, sauf parfois dans le discours. Comme aucun homme politique ne veut mécontenter sa clientèle électorale, ce qui serait suicidaire, ce système aboutit  le plus souvent à l’immobilisme et au refus des réformes, mêmes les plus évidentes et les plus urgentes. Ou alors, on triche : par exemple, on omet de préciser le coût de telle mesure souhaitée par tel clan et qui la paiera. Personne dit que l’embauche souhaitée, voire exigée, de tant de fonctionnaires aboutira à l’augmentation de tel impôt… On omet en outre de parler des conséquences indirectes de telle ou telle mesure, par exemple que telle augmentation des charges risque d’entraîner des délocalisations… Ce manque de lucidité et de courage politique est la raison principale de la situation de blocage qui existe dans notre pays et qui commence à être ressentie par de larges portions de la population.

 

                                                   La politique étrangère

 

S’il est un domaine dans lequel les défauts de la démocratie française apparaissent clairement, c’est la politique étrangère. En effet, ce champ d’action exige une vision claire des intérêts français envisagés dans le long terme et dénuée de tout a-priori idéologique et de tout intérêt partisan , et encore moins clanique. Or le fonctionnement de notre démocratie est tel que toute décision est prise en fonction de positions à usage interne, qui s’appuient le plus souvent sur une base  idéologique sans rapport avec la réalité.  En outre, ces prises de position peuvent être remises en cause lors de tout changement de Président de la République, dont la fonction a été réduite à cinq ans, et de Ministre des Affaires Etrangères, dont la durée des fonctions est, en pratique, encore plus courte. Et surtout, comme l’écrit Gille Varange dans son remarquable ouvrage : « Entre empires et nations, un chemin français » ( Editions de la Colombe  7, rue Constance, 75018 Paris, 15 euros ) : « Tout à leur désir de briller, nos présidents successifs ont ainsi négligé ce grand principe de base : la diplomatie ne peut être, dans le meilleur des cas, que la fidèle servante d’une politique intérieure pertinente et efficace, créatrice de richesses et de puissance. Elle peut alors en prolonger et en démultiplier les heureux effets vers l’extérieur…Aucune diplomatie n’a jamais assuré la grandeur ni même la simple survie d’un peuple aux institutions déficientes et à la cohésion défaillante ». On ne saurait mieux dire. Tant que nous serons en République, on le voit bien en Europe, en Russie comme au Moyen-Orient, la diplomatie française ne sera pas prise au sérieux, malgré les effets de langage et les rodomontades de nos dirigeants. Une fois de plus, il n’y a pas de bonne République !

                                                                                                                     Georges Rousseau

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gagniarre jerome 08/11/2006 11:56

Bien sûr que nos avons une bonne République, celle qui est écrit sur toute les facades de Mairies, de Préfectures et Ministères: "Liberé-Egalité-Fraternité". Mais lorsqu'un politicien croit avoir posséder son electorat, il oublie tout cela. Pourtant la France a des valeurs qui sont trop souvent oubliées. Où sont nos ressources? En nous-mêmes, dans notre pays, alors pourquoi évitons-nous l'independance? Energetique surtout!!!

Jérôme

Lux 08/11/2006 17:55

Les valeurs de la République??
Liberté...Au nom de cette déesse, on a supprimé toutes les libertés concrettes issues de la subsidiarité, c'est à dire de la vraie décentralisation.
Egalité...On devrait plutôt dire uniformité, celle qui empêche de ré-instaurer les libertés concrettes
Fraternité...Celle-ci est séléctive!! Si la fraternité républicaine consiste à laisser crever les Harkis et à combattre les Serbes, Non merci!!
 

JMB 08/11/2006 11:34

Vous avez les honneurs de la presse: Nord Eclair de ce jour, édition de Roubaix: Je cite
"Le blog de Gérard Vignoble piraté par les royalistes de Gironde"
"... Quant aux commentaires, ils sont très rares et Gérard Vignoble n'y répond pas à son tour. Même pas à celui laidssé par un royaliste de Gironde - si, si, ça existe!- qui voulait surtout inciter les internautes à se rendre sur son propre blog! ce lien a été créé le 17 octobre et personne n'a cru bon de le supprimer. C'ets beau, la liberté d'expression!"

Comme quoi...
Bon courage
JMB

Lux 08/11/2006 17:46

Vous me voyez ravi de savoir que la presse s'intéresse aux royalistes!!
Toutefoi, je n'ai pirraté aucun site (je ne sais d'ailleur pas comment pirater un site) et l'humour dont ils font preuve en disant "sisi, ça existe" est très mal venu étant donné que non seulement nous existons mais nous sommes présents dans la presse et n'importe quel journaliste un peu renseigné (c'est leur boulot non?) sait que nous sommes présents et actifs.
Cordialement
Lux