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Nous sommes entrés dans une de ces périodes électorales qui coûtent si cher à notre vieux pays ! On ne nous la laisse pas oublier : combien d’ articles, combien de commentaires à la radio, combien d’émissions de télévision, n’ont pour unique sujet que l’élection présidentielle et les candidats au poste suprême ?
Jamais les principaux hommes politiques et leurs conseillers en communication n’avaient autant personnalisé le débat. L’apparence du candidat ou de la candidate, son image, son « look », comme disent ces messieurs-dames, sont devenus primordiaux ! Quant aux discours et aux arguments des uns et des autres, les principaux candidats ont compris que la majorité des français se détourne de la langue de bois politicienne et que, si les nouveaux candidats se contentent de ressasser les mêmes rengaines que leurs aînés, le nombre des abstentions et des votes de protestation risque d’être tellement élevé que le 21 avril 2002 pourrait, non seulement se reproduire, mais s’écarter encore plus des prévisions « politiquement correctes ». C’est pour éviter cette bombe à retardement que les candidats et candidates qui estiment avoir une chance de gagner le gros lot, entonnent en chœur le grand air de la « rupture » …
Ces candidats se moquent du monde
Ce mot signifie, si l’on comprend bien, non seulement qu’ils ont l’intention, s’ils sont élus, de faire autre chose que ce qui se faisait antérieurement ( rupture dans le programme ), mais encore qu’ils s’en désolidarisent ( rupture idéologique ) . Ces candidats se moquent du monde, car, pour employer des expressions populaires, ils sont loin d’être d’innocents « poulets de l’année » mais sont plutôt de « vieux chevaux de manège ». Prenons, par exemple, les deux principaux candidats, tout deux d’alertes quinquagénaires mais voués depuis leur plus jeune âge à la politique. C’est ainsi que Monsieur Nicolas Sarkozy a été élu pour la première fois conseiller municipal de Neuilly à 22 ans, conseiller régional d’Ile-de-France à 28 ans, député à 33 ans et ministre à 38 ans. A partir de là, il a exercé les fonctions de ministre, successivement, du Budget, de
voire provocateur, des propositions, allusions, fines remarques, phrases assassines, assénées ou chuchotées par ces deux candidats. L’un et l’autre n’hésitent pas à lancer des pavés dans la mare, en choisissant de préférence les sujets qui intéressent le bon peuple : la délinquance, l’immigration, l’éducation des jeunes, les défaillances de la justice …etc. Ce n’est pas la première fois que Monsieur Sarkozy joue à ce petit jeu et en général cela lui réussit, comme le montre la hausse de sa courbe de popularité dans les sondages. Mais, ne nous trompons pas, il ne s’agit que d’apparence, ou au mieux d’orientations générales traduisant les inclinaisons personnelles d’un candidat, non d’un embryon de programme. Le but est simplement de capter les voix des électeurs. Pour ce faire, on leur lance des mots qui, pour la plupart, s’envoleront aussi vite qu’ils ont été prononcés. Rien de plus. Car pour l’instant les groupes de pression idéologiques sont silencieux et immobiles. Mais dès que la parenthèse électorale sera refermée et que l’on devra traduire dans les faits ces belles paroles, on s’apercevra, une fois de plus, qu’il ne reste presque rien de ces promesses…
Démagogie et immobilisme
Et pourtant, il est urgent, plus qu’urgent, de faire bouger les choses, non pas en apparence et dans les discours, mais dans les faits ! Car, les observateurs sérieux n’en doutent pas : nous entrons dans une zone de grandes turbulences. Prenons par exemple le cas de l’allongement de la vie humaine. On sait qu’à l’heure actuelle la durée de vie augmente en moyenne d’ un an tous les quatre ans. Ce phénomène entraîne deux terribles conséquences. Tout d’abord, alors qu ‘aujourd’hui il existe un actif pour deux retraités, cette proportion, déjà difficilement supportable, va décroître rapidement. Comment les actifs - c’est-à-dire nos enfants et petits enfants – pourront-ils payer les cotisations nécessaires au paiement des retraites de leurs aînés et en plus les cotisations leur permettant de constituer leurs propres retraites ? Or, si la situation a été beaucoup assainie dans le privé, on n’a pas touché aux systèmes de retraites de certaines professions privilégiées, qu’on a simplement mis à la charge des caisses de retraites du privé… Cela va chauffer bientôt ! Deuxième conséquence : On a colmaté tant bien que mal la partie des dépenses de
Georges Rousseau