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Vendredi 29 septembre 2006

 

 

      

 

Nous sommes entrés dans une de ces périodes électorales qui coûtent si cher à notre vieux pays ! On ne  nous la laisse pas oublier : combien  d’ articles, combien de commentaires à la radio, combien d’émissions de télévision, n’ont pour unique sujet que l’élection présidentielle et les candidats au poste suprême ?

 

 

 

 

 

Jamais les principaux hommes politiques et leurs conseillers en communication n’avaient autant personnalisé le débat. L’apparence du candidat ou de la candidate, son image, son « look », comme disent ces messieurs-dames, sont devenus  primordiaux ! Quant aux discours et aux arguments des uns et des autres, les principaux candidats ont compris que la majorité des français se détourne de la langue de bois politicienne et que, si les nouveaux candidats se contentent de ressasser les mêmes rengaines que leurs aînés, le nombre des abstentions et des votes de protestation risque d’être tellement élevé que le 21 avril 2002 pourrait, non seulement se reproduire, mais s’écarter encore plus des prévisions «  politiquement correctes ». C’est pour éviter cette bombe à retardement que les candidats et candidates qui estiment avoir une chance de gagner le gros lot, entonnent  en chœur le grand air de la « rupture » …

 

 

 

 

 

                                    Ces candidats se moquent du monde

 

 

 

 

 

Ce mot signifie, si l’on comprend bien, non seulement qu’ils ont l’intention, s’ils sont élus,  de faire autre chose que ce qui se faisait antérieurement ( rupture dans le programme ), mais encore qu’ils s’en désolidarisent ( rupture idéologique ) . Ces candidats se moquent du monde, car, pour employer des expressions populaires, ils sont loin d’être d’innocents «  poulets de l’année » mais sont plutôt de  « vieux chevaux de manège ». Prenons, par exemple, les deux principaux candidats, tout deux d’alertes quinquagénaires mais voués depuis leur plus jeune âge à la politique. C’est ainsi que Monsieur Nicolas Sarkozy a été élu pour la première fois conseiller municipal de Neuilly à 22 ans, conseiller régional d’Ile-de-France à 28 ans, député à 33 ans et ministre à 38 ans. A partir de là, il a exercé les fonctions de ministre, successivement, du Budget, de la Communication , de l’Intérieur, de l’Economie et des Finances et, à nouveau, de l’Intérieur. Et il voudrait nous faire croire qu’il n’était pas d’accord avec la politique suivie pendant tout ce temps ? On peut en dire autant de Madame Ségolène Royal. A peine sortie de l’E.N.A., elle est nommée chargée de mission auprès de Monsieur Mitterrand, Président de la République. Cinq ans plus tard, elle est élue député des Deux-Sèvres. Quatre ans de plus, et elle est ministre de l’Environnement, puis ministre de l’Enseignement scolaire, puis à deux reprises ministre déléguée à la Famille. L ’a-t-on entendu pendant tout ce temps critiquer l’idéologie socialiste ou la politique suivie par ses camarades ? Vraiment ces gens-là pensent, comme le disait un illustre vieillard, que les Français «  ont la mémoire courte » ! En réalité, le but de la manœuvre est clair : il s’agit, tout en restant dans leurs camps respectifs, de s’adjuger le maximum de voix de l’électorat de Jean-Marie Le Pen et, d’une manière générale, de l’électorat « flottant » qui peut voter, au gré de ses humeurs, dans n’importe quel sens ! On comprend, dès lors,  le caractère populiste,        

 

 

voire provocateur, des propositions, allusions, fines remarques, phrases assassines, assénées ou chuchotées par ces deux candidats. L’un et l’autre n’hésitent pas à lancer des pavés dans la mare, en choisissant de préférence les sujets qui intéressent le bon peuple : la délinquance, l’immigration, l’éducation des jeunes, les défaillances de la justice …etc. Ce n’est pas la première fois que Monsieur Sarkozy joue à ce petit jeu et en général cela lui réussit, comme le montre la hausse de sa courbe de popularité dans les sondages. Mais, ne nous trompons pas, il ne s’agit que d’apparence, ou au mieux d’orientations générales traduisant les inclinaisons personnelles d’un candidat, non d’un embryon de programme. Le but est simplement de capter les voix des électeurs. Pour ce faire, on leur lance des mots qui, pour la plupart, s’envoleront aussi vite qu’ils ont été prononcés. Rien de plus. Car pour l’instant les groupes de pression idéologiques sont silencieux et immobiles. Mais dès que la parenthèse électorale sera  refermée et que l’on devra traduire dans les faits ces belles paroles, on s’apercevra, une fois de plus, qu’il ne reste presque rien de ces promesses…

 

 

 

 

 

                                           Démagogie et immobilisme

 

 

 

 

 

Et pourtant, il est urgent, plus qu’urgent, de faire bouger les choses, non pas en apparence et dans les discours, mais dans les faits ! Car, les observateurs sérieux n’en doutent pas : nous entrons dans une zone de grandes turbulences. Prenons par exemple le cas de l’allongement de la vie humaine. On sait qu’à l’heure actuelle la durée de vie augmente en moyenne d’ un an tous les quatre ans. Ce phénomène entraîne deux terribles conséquences. Tout d’abord, alors qu ‘aujourd’hui il existe un actif pour deux retraités, cette proportion, déjà difficilement supportable, va décroître rapidement. Comment les actifs - c’est-à-dire nos enfants et petits enfants – pourront-ils payer les cotisations nécessaires  au paiement des retraites de leurs aînés et en plus les cotisations leur permettant de constituer leurs propres retraites ? Or, si la situation a été beaucoup assainie dans le privé, on n’a pas touché aux systèmes de retraites de certaines professions privilégiées, qu’on a simplement mis à la charge des caisses de retraites du privé… Cela va chauffer bientôt ! Deuxième conséquence : On a colmaté tant bien que mal la partie des dépenses de la Sécurité Sociale concernant la branche maladie, mais ce replâtrage ne tiendra pas longtemps : car, plus la population vieillit, plus les dépenses de santé augmentent, c’est inéluctable…Et pourtant, personne n’en parle et surtout personne ne fait rien. Autre exemple : les dépenses de l’Etat. Depuis trente cinq ans, la France vit au-dessus de ses moyens. Chaque année, le montant des impôts et autres recettes propres de l’Etat ne couvre que 80 % des dépenses publiques. L’Etat français est donc obligé d’emprunter le reste. Le montant des intérêts devant être payés en rémunération de la dette énorme qui en découle absorbe déjà la totalité de l’impôt sur le revenu ! Or, pour diverses raisons, les taux d’intérêts vont avoir tendance à augmenter : comment va-t-on payer ? Pourtant, malgré cette situation alarmante, le gouvernement continue – année électorale oblige – son saupoudrage de petits cadeaux. Quand à l’opposition socialiste, n’en parlons pas : elle n’a que des dépenses dans son programme ! Autre important problème lié à la dette. A qui empruntons-nous ? Par définition, aux pays qui ont des excédents de capitaux, c’est-à-dire aux pays producteurs de pétrole et de gaz ( Russie, pays arabes) et aux pays émergents ( Chine, Inde ). Peut-on sérieusement parler d’indépendance de la France , alors que le fonctionnement même de l’Etat français dépend du bon vouloir de ces pays ?                                                                                                 

 

 

                                                                                                                                              Georges Rousseau

par Lux publié dans : Pensée politique
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