Le mariage princier de Jean d'Orléans à Senlis

Publié le par Lux


Stéphane Bern
Le Figaro, 4 mai 2009
le prince Jean d'Orléans et son épouse Philomena de Tornos y Steinhart. Crédits photo : Abaca
Huit cents invités, artistes, politiques ou têtes couronnées, ont assisté à la cérémonie célébrée dans la ville où
Hugues Capet fut élu roi en 987.
Dès les premières heures de la matinée, samedi, le parvis de la cathédrale de Senlis est envahi par une foule de fidèles et de curieux qui, derrière
des barrières recouvertes du même drap bleu roi que le dais qui cache les travaux sur le portail de l'édifice religieux, veulent assister aux premières
loges à un événement aussi royal que festif : le mariage du dauphin de France, le prince Jean d'Orléans, duc de Vendôme, 43 ans, fils et héritier
de l'actuel comte de Paris, avec Mlle Philomena de Tornos y Steinhart, jeune aristocrate hispano-autrichienne de 31 ans.
«Le mariage d'un prince de France dépasse toujours sa seule personne», avait récemment reconnu le prince Jean. De fait, tout est affaire de
symbole. Et ce n'est pas un hasard si l'héritier de la maison de France a choisi de sceller son union dans la ville où le fondateur de sa dynastie,
Hugues Capet, s'est fait élire roi en 987. Est-ce le début d'une épopée qui commence samedi par la conquête du bonheur conjugal ? Autant pour
rompre avec la morosité de l'actualité que pour communier autour d'un symbole historique fort, les badauds - dont beaucoup de royalistes la fleur de
lys à la boutonnière - ne boudent pas leur plaisir à l'arrivée des quelque huit cents invités des noces princières. Avec des appareils photo ou des
téléphones portables, ils mitraillent les personnalités. Un spectacle en Technicolor sur le tapis bleu roi.
Le prince héritier Philippe de Belgique et son épouse Mathilde. Crédits photo : Abaca
L'infante Pilar d'Espagne, soeur du roi, est en rose vif. Au bras du prince héritier Philippe de Belgique, la princesse Mathilde est en robe imprimée de
motifs orange. «Monseigneur, par ici !», ne cesse-t-on d'entendre tant défile un aréopage de princes de lignées royales. Les autres enfants du couple
royal belge sont présents, le prince Laurent et son épouse, Claire, ainsi que la princesse Astrid et son époux, l'archiduc Lorentz d'Autriche, mais aussi
le prince et la princesse Guillaume de Luxembourg, les chefs des maisons anciennement souveraines, comme le duc et la duchesse de Bragance
venus du Portugal, le duc et la duchesse du Wurtemberg ou le duc et la duchesse de Castro, héritiers du royaume des Deux-Siciles.
Dans le défilé de jaquettes et de chapeaux, on remarque l'habit vert de l'académicien Alain Decaux, l'uniforme d'écrivain de marine de Jean Raspail
et celui du préfet de l'Oise, Philippe Grégoire. Parmi les personnalités, l'acteur Lorànt Deutsch au bras de la comédienne Marie-Julie Baup, Florence
Woerth, épouse du ministre du Budget, l'ancien ministre de la Culture et président de Versailles Jean-Jacques Aillagon, mais surtout, toutes deux
très applaudies, Bernadette Chirac et la garde des Sceaux, Rachida Dati, en sobre smoking noir, qui avait marié civilement Jean et Philomena
le 19 mars dernier.
Bernadette Chirac – et Rachida Dati qui avait marié civilement Jean et Philomena le 19 mars dernier. Crédits photo : Abaca
Dans le choeur, toute la famille Orléans a pris place autour du comte de Paris et de son épouse, les princesses Hélène, Chantal, Claude, Marion et
Béatrice, le duc et la duchesse d'Orléans, le prince Eudes, duc d'Angoulême… sans parler des quelque vingt cousins germains du marié et de leurs
enfants !
La mère du marié, opérée d'urgence à la veille des noces
Les voûtes rafraîchies de la cathédrale Notre-Dame de Senlis, décorées de roses et de lys blancs, vibrent au son de l'orgue et du choeur que dirige
Vincent Berthier de Lioncourt, fondateur du Centre de musique baroque de Versailles. Le marié fait son entrée, conduit à l'autel par sa tante, la
duchesse Marie-Christine de Wurtemberg, veuve du prince Georg de Liechtenstein, en l'absence de sa mère, la duchesse de Montpensier, opérée
d'urgence à la veille des noces.
La mariée suit, au bras de son père, Alfonso de Tornos, dans une somptueuse robe dessinée par Christian Lacroix et composée d'une jupe longue en
faille de soie ivoire et d'un boléro rebrodé de fleurs et fermé par un lacet bleu assorti au diadème de turquoises qui retient un long voile de la famille
de Tornos. Elle porte un bouquet de roses anciennes offert par un artisan fleuriste de Senlis, Stéphane Jean, qui lui a également confectionné le
bouquet qu'elle doit déposer devant l'autel de la Vierge à qui le couple consacrera leur union pendant la messe.
Le comte de Paris, père du marié, et sa seconde épouse Micaela. Crédits photo : Abaca
Fin diplomate, le prince Jean a résolu le casse-tête protocolaire du remariage de son père en adoptant la coutume espagnole qui veut que les
témoins privilégiés du mariage, donc placés en avant, soient le père de la mariée et la mère du marié, en l'occurrence sa tante… Le prince Jean a
voulu que son mariage soit un moment «solennel, simple et vrai».
De fait, la cérémonie est recueillie, célébrée – en partie selon le rite extraordinaire en latin – par l'évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey,
tandis que le consentement des époux est reçu par le directeur de l'OEuvre d'Orient, Mgr Philippe Brizard. D'ailleurs, la quête est effectuée au profit
des chrétiens d'Orient persécutés et pour restaurer les orgues de la cathédrale de Senlis.
Pour couronner cette union princière, le pape Benoît XVI a volontiers accordé sa bénédiction apostolique. Quand Jean et Philomena, duc et duchesse
de Vendôme, sortent sur le parvis, la foule exulte.

Publié dans Actualité nationale

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