projet de programme du PS

Publié le par Lux

 

   Le Parti socialiste vient de publier son projet de programme pour l’élection présidentielle de 2007…On croit rêver ! On y chercherait en vain une idée nouvelle, ou quelque chose répondant aux besoins, pourtant criants, de notre économie et de notre société ! Rien que des promesses de dépenses et toujours les mêmes slogans! 

   Malgré tout le travail que leur donne leur règlements de comptes internes et leur souci   de barrer la route à Ségolène Royal, les éléphants du PS ont trouvé le temps de rédiger leur projet de programme pour 2007, intitulé «  Réussir ensemble ».



 


                                                                           L’état actuel de la France

 

   Avant d’examiner les propositions du Parti Socialiste, jetons un coup d’œil rapide à la situation atuelle de la France. Le moins qu’on puisse dire est que cette situation est  très mauvaise. Notre pays est « plombé » par une masse de cinq millions de personnes ne travaillant pas, dont 2.300.000 chômeurs et 1.500.000  RMIstes, soit plus de 18 % de la population active, que les actifs, de moins en moins nombreux, doivent entretenir. Il est « plombé » en second lieu par une autre masse de dépenses : celles des administrations de l’Etat, des collectivités locales et  des entreprises nationalisées. Pour arriver à financer, tant bien que mal, ces formidables dépenses, la population active doit supporter des impôts et charges considérables, les plus lourdes des pays  développés. Or, la croissance économique se traîne, depuis trente ans, au rythme de moins de deux pour cent par an. On est loin des sept  ou huit pour cent de croissance par an des « trente glorieuses » ! A ce rythme, il est clair que le chômage ne peut diminuer…Au cours des trente dernières années, notre industrie a été mise à mal, d’abord par l’Europe, puis par la mondialisation. Les grandes entreprises ont pu s’en tirer en délocalisant à tour de bras. Mais les PME et PMI, qui forment la force de notre pays, et spécialement de nos provinces, ne peuvent utiliser ce moyen et supportent tout le poids des impôts et charges. En outre, comme il serait impopulaire et politiquement suicidaire de faire payer totalement ces dépenses par les générations présentes, elles  sont, pour une bonne part, reportées sur les générations futures. Avec 1.100 milliards d’euros de dettes publiques, auxquelles il convient d’ajouter 900 milliards d’euros de retraites des administrations et des entreprises publiques non-provisionnées, c’est un montant considérable que les princes qui nous gouvernent, qu’ils soient de droite ou de gauche, font, sans le dire, peser sur les épaules de chacun des membres des générations suivantes. Voilà, en quelques mots, un bilan de la situation économique de notre pays. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas  enthousiasmant !

 

                                Les propositions du PS

 

   Face à cette situation catastrophique, quelles sont les propositions du Parti Socialiste ? Première mesure proposée : porter le salaire minimum ( « SMIC » ) à 1.500 euros par mois. Cette injection de pouvoir d’achat serait bien sûr agréablement ressentie par les bénéficiaires de cette largesse, qui d’ailleurs, étant donné que la plupart des Conventions Collectives fixent les niveaux des salaires en fonction du SMIC, se répercuterait mécaniquement sur l’ensemble des salariés non-cadres. Mais, comme toute augmentation de salaire non-compensée par une augmentation de la productivité, elle se traduirait par la hausse des prix. Certes, cette manne favoriserait la consommation, mais comme on le constate déjà, une bonne partie ( plus de la moitié ) des achats se porteraient sur biens venant de l’étranger, d’où une dégradation de la balance commerciale de la France. En outre, une augmentation généralisée des salaires ne pourra que rendre encore plus difficile la situation de nos entreprises, et  favorisera les délocalisations et les décisions de remplacer, dans les ateliers français, les hommes par des machines ! Enfin, prévoir la diminution de la part du nucléaire dans la production d’énergies est tout bonnement surréaliste à une époque où le pétrole va devenir de plus en plus cher !

 

   Seconde série de mesures : création d’un « service public à la petite enfance », augmentation des crédits à la formation, création d’un service civique obligatoire ( ?), augmentation des crédits de la recherche, généralisation des trente-cinq heures, construction de 120.000 logements sociaux par an, suppression des lois Fillon sur les retraites : aucune de ces dépenses n’est chiffrée et personne ne sait comment elles seront financées ! Sur ce plan, on nous prévient que, non seulement les timides diminutions d’impôts réalisées par Monsieur Raffarin ne seront pas poursuivies, mais qu’ un tour de vis fiscal est prévu : pour les particuliers, en rendant  la CSG progressive et en la fusionnant avec l’impôt sur le revenu, pour les entreprises en doublant le taux de l’impôt sur les sociétés pour la partie des bénéfices non-distribués aux actionnaires, mesure qui va tarir l’auto-financement de nos sociétés ! Le projet prévoit également la taxation majorée des profits des compagnies pétrolières et autres industries polluantes, qui seront ainsi incitées à fermer leurs usines en France… Enfin, le projet prévoit d’inclure une part de la valeur ajoutée dans l’assiette de la TVA, en oubliant au passage que cet impôt n’est plus du ressort national, mais dépend de l’Europe, comme on vient de le voir pour le taux de 5,5 % pour les restaurants ! Comme vous e voyez, sur le plan économique, le projet de programme du P.S. ne prévoit aucune mesure positive. Il ne s’agit que de dépenses, de slogans et de promesses du style : « demain, on rase gratis » ! Ce plan ignore même de la simple réalité : ces chers camarades croient que la France est une île isolée au milieu de l’océan. Ils ne se rappellent plus qu’ils ont décidé d’ouvrir les frontières et de favoriser la libre circulation « des personnes, des capitaux et des biens »…  Allons, camarades, il faut être logiques : dans l’environnement actuel il faut à tout prix, contrairement à votre projet, faire baisser les charges de l’Etat et des entreprises !

 

   Le plan socialiste comprend une troisième série de mesures, cette fois-ci purement politiques : mariage et adoption permis aux homosexuels, droit de vote aux élections locales pour les étrangers, suppression des lois Sarkozy sur l’immigration…Ne nous étendons pas, nous finirions par devenir grossiers !

 

   Enfin, et c’est plus satisfaisant, sur le plan de la construction européenne le projet socialiste prévoit l’enterrement définitif du  traité soumis au référendum le 29 mai 2005 et l’ouverture de négociations sur un nouveau traité plus social, éventuellement «  à géométrie variable ».  Il prévoit aussi la fin de l’élargissement indéfini de l’Europe mais, et ceci est moins satisfaisant, il la limite à l’examen des « candidatures actuelles » et reste coi sur celle de la Turquie !

 

                                                 Georges Rousseau

Publié dans Actualité nationale

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