Clearstream, affaire d'Etat. (Par J.P. Chauvin)

Publié le par Lux

 

 

 

 

L’affaire Clearstream ne donne pas vraiment une bonne image de l’Etat et de la politique, et il est possible que la Ve République sorte encore un peu plus affaiblie de ce scandale, alors que la tête même de l’Etat est compromise. Le vent mauvais qui souffle sur les institutions et sur notre pays annonce des tempêtes encore plus violentes si l’Etat ne retrouve pas très vite son honneur et sa dignité, et, surtout, sa légitimité et l’autorité qu’elle confère. En tout cas, M. Chirac n’aura guère fait, dans cette histoire comme en d’autres, le bonheur de son quinquennat : le bilan de sa présidence risque de garder la trace de ses manoeuvres et de ses échecs, et la France , une fois de plus, est la première victime du discrédit du Chef de l’Etat.

 

 

 

Dresser ce bilan et regretter cette période chiraquienne ne sert à rien s’il s’agit juste de récriminer : il est nécessaire de comprendre le mal qui mine l’Etat et de proposer une alternative à ce Pouvoir qui se perd dans la recherche des prébendes et des « bonnes places ». Du coup, la question institutionnelle se retrouve posée, ne serait-ce que parce que l’Opinion se rend compte que cette « présidentielle permanente », qui rend l’atmosphère si difficilement respirable ces temps-ci, est aussi une conséquence d’un mode de désignation du Chef de l’Etat qui fait la part belle aux ambitions politiciennes et aux « oeuvres » parfois bien sombres des partis et de ses caciques : il n’est d’ailleurs pas dit que, du côté de la Gauche , l’actuelle favorite des sondages n’en soit pas elle-même la prochaine victime.

 

 

 

Ainsi, la solution monarchique n4est pas totalement obsolète en notre pays, ne serait-ce que pour préserver l’Autorité de la magistrature suprême de l’Etat en la dégageant des jeux électoraux qui, s’ils ont une légitimité certaine, ne peuvent s’appliquer partout sans danger. Il me semble bien inutile de s’escrimer à imaginer une VIe, puis une VIIe République, qui ne pourraient être, si l’on croit les pourfendeurs de la Ve , que de nouvelles resucées de la IVe , ou bien de la pratique de la IIIe , dont on connaît les résultats dans l’Histoire de notre pays. L’intérêt de la Nouvelle Monarchie serait d’utiliser le meilleur de la Ve République tout en la menant à l’aboutissement auquel avait songé De Gaulle sans oser, ou sans avoir le temps de le mettre en application.

 J.P CHAUVIN

Publié dans Actualité nationale

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