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Samedi 6 mai 2006

Avec les beaux jours, le prurit des élections recommence à agiter le petit monde politico-médiatique ! Mais il agite aussi des personnes qui, à première vue, ne devraient pas être concernées par ce phénomène, et notamment quelques royalistes…

 

Selon notre habitude, nous ne portons pas de jugement sur ces personnes, dont nous ne mettons en doute ni la bonne foi, ni les convictions. Nous voulons simplement examiner les faits, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles un royaliste peut briguer les suffrages des électeurs dans un scrutin, et quels avantages  la cause nationale et royale peut retirer de la présence de ce candidat. Commençons par la plus importante des élections, celle qui, dans la lettre et l’esprit de la Vème République, dépasse toutes les autres : l’élection présidentielle. On le sait, un barrage a été érigé contre les candidatures de groupuscules ou de farfelus. Toute candidature aux fonctions présidentielles doit être patronnée par cinq cent maires, conseillers généraux, députés ou sénateurs, personnages qui sont tous sensibles aux éventuelles pressions des grands partis et autres lobbies. Quand on sait que le candidat du Front National, formation très structurée et implantée depuis des années dans toute la France ,  a le plus grand mal à réunir les signatures requises, on réalise qu’il est presque impossible pour un candidat royaliste de réussir à trouver le grand nombre de parrains nécessaires. Même si un tel candidat réussissait à trouver les signatures requises, la seule chose dont il bénéficierait serait de faire envoyer  une courte profession de foi à tous les électeurs. Il aurait droit également à un très court passage à la télévision…Peut-on imaginer que cette maigre propagande, qui par définition serait isolée, puisse réellement permettre un score honorable et encore moins de royaliser le pays  en profondeur ? Le précédent de Monsieur Bertrand Renouvin, qui s’est présenté à une époque où le barrage des parrainages n’avait pas encore été durci et qui obtenu 0,27 % des voix, montre bien les étroites limites du résultat de telles candidatures. Des résultats aussi faibles sont même contre-productifs vis-à-vis du grand public, car il font ressortir le caractère ultra-minoritaire du vote royaliste. Reste les avantages financiers qui sont obtenus, sous forme de subventions officielles, par les formations présentant des candidats ainsi parrainés. Mais pour les obtenir, il faut, si ma mémoire est bonne, avoir réuni au moins 1% des voix, ce qui loin d’être sûr dans le cas de royalistes. Si ce score est atteint, le candidat touchera quelques centimes d’euros par voix obtenue, ce qui n’est pas un pactole…Passons à une candidature aux élections moins importantes. Bien qu’alors, il n’existe pas de barrage sous forme de parrainage par un nombre minimum d’élus, le résultat est a peu près identique. C’est ainsi qu’un de nos amis s’est récemment présenté aux élections cantonales dans la banlieue parisienne : il a eu la satisfaction d’envoyer une courte profession de foi aux électeurs de ce canton et de réunir quelques dizaines d’entre eux sous le préau d’une école. Mais son résultat a été aussi maigre que celui des autres candidats qui s’affichent comme royalistes : il n’a obtenu qu’environ 0,50% des voix exprimés dans cette circonscription…

 

Pour réussir sur le plan électoral, il faut donc passer des alliances. Il n’est pas impossible en effet, surtout dans les petites communes, qu’une liste de « divers droite » accepte d’inclure dans ses rangs un candidat ouvertement royaliste, surtout si celui-ci est une personnalité locale. Mais dans tous les cas, ce candidat sera noyé au milieu d’une liste composée essentiellement de républicains. C’est le cas par exemple de Monsieur Philippe de Villiers, qui a fréquenté dans sa jeunesse la Restauration Nationale et a même participé à un Camp Maxime Réal del Sarte. Encore une fois, nous ne portons pas de jugement, et reconnaissons d’ailleurs volontiers les mérites de l’action de cette personne, notamment dans sa région. Constatons simplement que, dans son action politique, Philippe de Villiers ne se présente pas comme royaliste mais comme n’importe quel candidat dans une élection démocratique. 

 

Pour conclure, la démocratie est fondée sur la loi du nombre. Les élections consistent à compter les voix. Même si son programme ou ses promesses électorales sont contraires à l’intérêt national, mensongères ou irréalisables, plus un candidat obtient de voix, plus ce candidat a des chances de l’emporter. Par nature, les royalistes sont donc mal armés pour ce combat équivoque, dans lequel une personne qui ne ment pas n’a aucune chance. En outre, l’environnement médiatique, qui joue un si grand rôle dans les élections, ne nous est pas favorable, c’est le moins qu’on puisse dire. Il serait surprenant que beaucoup de journalistes de la presse écrite, des  radios ou des télévisions décident de soutenir impartialement un candidat royaliste…

 

Le vrai visage de la démocratie

 

A l’opposé des rêves un peu éthérés d’éventuels candidats royalistes, l’actualité nous montre ces temps-ci le vrai visage de la démocratie. L’affaire «  Clearstream » , du nom de la banque luxembourgeoise, surtout chargée du processus de règlement-livraison de valeurs mobilières en liaison avec la plupart des banques et sociétés de bourse, dérape sur le plan politique après être restée longtemps masquée dans les bas-fonds pas très reluisants des milieux du renseignement, voire d’officines de  basse police. De quoi s’agit-il ? A la fin de 2003, un nommé Imad Lahoud, informaticien devenu directeur scientifique d’EADS et homme–lige de Jean-Louis Gergorin, vive–président exécutif de cette importante société d’aéronautique et défense, transmet, via  son patron, au Général Rondot, des Services de renseignements français, un listing informatique de certains comptes prétendument ouverts chez Clearstream. Ce listing contiendrait les noms et les numéros de comptes d’une centaine de personnes, principalement des hommes d’affaires et des vedettes du show-business, auquel s’ajouteraient ceux de hauts fonctionnaires et de quelques hommes politiques de tous bords, parmi lesquels Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin, Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy. Ce listing ( intitulé depuis : « le bal des crapules » ) est-il authentique ? a-t-il été trafiqué et par qui ? Quelle personne a-t-elle joué le rôle peu reluisant de corbeau ? Qui sont les pigeons ? certaines des  personnes citées ci-dessus portent plainte pour dénonciation calomnieuse. Comme toujours dans ce genre d’embrouilles, il est probable que la vérité ne sera jamais connue. Quoiqu’il en soit, cette affaire risque de coûter bien cher à Monsieur Dominique de Villepin et même à Monsieur Jacques Chirac. En clair, elle risque d’éliminer le premier de la course à l’Elysée, et dissuader définitivement le second de briguer un troisième mandat. Le grand gagnant, dans ce cas, serait Monsieur Nicolas Sarkozy. Mais les véritables gagnants ne seraient-ils pas, en définitive, les candidats de la gauche ?  Elle est comme ça, la vraie démocratie !   

                                                                         Georges Rousseau
par Lux publié dans : Actualité nationale
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