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Georges Rousseau avec deux exemples récents montre bien, comme nous l' ont appris nos Maîtres, que le système démocratique ne convient pas à la France, car il favorise l'action des groupes de pression qui défendent plus leur intérêt personnel que celui du pays. A propos du contrat "première embauche"Ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux est un exemple parfait de la crise des institutions républicaines. Car enfin, une loi -expression, paraît-il, de la souveraineté populaire -a été votée conformément aux dispositions de la Constitution de la Vèrne République. Elle devrait donc s'appliquer sans discussion...Seulement voilà, comme elle a le malheur de déplaire aux partis de gauche, aux syndicats et à quelques groupuscules d'étudiants gauchistes, elle est attaquée dans la rue depuis près de deux mois ! En clair, par la force au besoin, ces forces révolutionnaires veulent faire supprimer une -disposition légale, régulièrement votée, qui les gêne. D'un côté, on comprend la réprobation ., manifestée par cette violation du « pacte républicain ». Mais de l'autre, on ne doit pas se priver de faire remarquer aux républicains dits « de droite », que la République n'a pas été fondée autrement que dans les rues et par des moyens extra-légaux, pour ne pas dire criminels! Couper des têtes et les promener au bout de piques peut passer difficilement pour l'expression de la liberté et de la fraternité... De même, la grande majorité des étudiants et lycéens, qui voudraient bien poursuivre leurs études et préparer leurs examens, commencent à trouver que la plaisanterie a assez duré. D'autant plus qu'ils ont vu devant leurs yeux les procédés -pour le moins non-démocratiques, voire staliniens - utilisés par les étudiants marxistes qui organisent la contestation dans les établissements. On voit par exemple que, lorsqu'une assemblée générale s'est tenue dans une faculté et a décidé la reprise du travail, le lendemain cette fac est envahie par plusieurs centaines de voyous extérieurs l'établissement qui décident à main levée et sans préavis la poursuite de la grève. Le plus extravagant, c'est que les médias sont complices et ne montrent sur les écrans que cette seconde décision. ..Peut-être qu'à la longue les étudiants non- grévistes vont comprendre qu'à leur tour, ils doivent faire taire les fauteurs de trouble ! Les besoins des petites et moyennes entreprisesIl faut rappeler que, pour une fois, le gouvernement va dans le bon sens. En effet, la loi sur le C.P.E. s'applique aux entreprises de moins de vingt-cinq salariés. Or, ces petites et moyennes entreprises ne procèdent pas à des licenciements de gaîté de creur ...Quand les commandes manquent, elles n'ont pas d'autre solution que de licencier tout ou partie de leur personnel. Comment pourraient-elles faire autrement ? Elles n'ont ni les capitaux ni les soutiens bancaires qui leur permettraient, au moins pendant un certain temps, d'éviter une telle extrémité. Un autre élément de cette loi qui, à mon avis, est bénéfique, est qu'elle s'applique spécifiquement aux jeunes sans qualification, qui ont le plus de mal de trouver un premier emploi. Quand bien même cette première embauche durerait seulement quelques mois, cela ne serait pas perdu puisque le jeune aurait bénéficié de sa première expérience du travail. Enfin, il faut faire remarquer que la « précarité de l'emploi », contre laquelle les contestataires se révoltent, est depuis toujours le lot commun de tous les travailleurs des entreprises privées. Seuls les fonctionnaires et assimilés bénéficient de l'emploi à vie. Or, dans la mesure où les impôts et charges ont atteint un niveau tellement élevé, le nombre de fonctionnaires va forcément décroître. Le salut ne peut donc venir que des entreprises privées. Il s'agit de manœuvres politiquesEn réalité, cette crise est essentiellement née de manreuvres politiciennes. La gauche, qui ne propose aucun programme sérieux et dont les chefs se déchirent entre eux, tente de se refaire une virginité en scandant des slogans. ..Quant aux syndicats, ils ne représentent plus rien, sauf dans quelques bastions dans la fonction publique. Alors, ils cherchent à donner l'illusion, en créant de toutes pièces ces grands- messes révolutionnaires, qu'ils servent encore à quelque chose. En vérité ils n'existent que parce que l'Etat et les entreprises les subventionnent ! Quant à la majorité qui se prétend « de droite », on ne sait plus très bien où elle en est. A l'heure où nous écrivons ces lignes, on ne sait si le CPE va survivre avec quelques aménagements ou si, bien que voté, il va totalement être mis au placard. ..En tous cas, ce spectacle affligeant suscite à l'étranger l'effarement, voire des ricanements. La France est vraiment redevenue, comme sous la quatrième République, « l'homme malade de l'Europe ». Quand on vous disait que, quelque soit son numéro, il n'y a pas de bonne République ! Internet et les droits d'auteurUn autre lamentable « couac » vient de se faire entendre: le projet de loi sur les droits d'auteur face à Internet. Comme chacun sait, depuis plus d'un siècle une loi protège les auteurs, compositeurs et autres artistes contre les copies illicites de leurs reuvres. Un livre, une partition de musique, un tableau, ne peuvent, pendant un certain nombre d'années, être reproduits sans l'autorisation de l'auteur et, le plus souvent, sans le paiement d'une redevance appelée précisément «droit d'auteur ». Ce sont ces redevances de reproduction qui permettent aux auteurs, compositeurs, interprètes et hommes de lettres de vivre, et aux industries qui fournissent les supports ( maisons d'édition et maisons de disques notamment) de gagner de l'argent. Ces dispositions fonctionnaient à la satisfaction générale tant que le support d'une copie était le papier ou un autre support matériel. Mais le système Internet n'a besoin d'aucun support matériel et fonctionne par définition sans aucune entrave. Toute personne physique ou morale peut être admise à faire partie de ce système par une société privée qui joue le rôle de « provider ». A partir du moment où il est admis, un internaute peut circuler librement « sur la toile », c'est-à-dire se connecter avec n'importe quel autre abonné ou se brancher sur n'importe quel site et leur adresser n'importe quel message. Pendant longtemps, cette liberté tota1e-decirculation ne présentait que l'inconvénient de permettre à certains farfelus parfois dangereux ( gauchistes, néo-nazis, islamistes fanatiques. ..) de se faire entendre, et de favoriser la prostitution et la pornographie, voire la pédophilie. Mais depuis quelques années, l'évolution de la technologie permet également de « télécharger », c'est-à-dire de copier et d'insérer dans la mémoire de votre ordinateur, le contenu d'un livre, d'un film ou d'un disque, si leur support est numérique. En quelques années, des millions d'œuvres d'art, de littérature ou de divertissements ont ainsi été « piratées », c'est-à-dire copiées sans payer aucun droit d'auteur. Il n'y aurait que demi-mal si celui qui effectuait ces téléchargements était l'utilisateur final, c'est-à-dire s'il lisait, regardait ou écoutait lui-même l'œuvre copiée. Mais dans de nombreux cas, le téléchargeur transmet à d'autres, parfois contre paiement, les œuvres copiées, qui à leur tour sont reproduites et ainsi de suite. Les dégâts financiers causés aux auteurs et aux maisons fabricants livres et disques ont été énormes. On estime par exemple qu'en deux ans l'industrie française du disque a perdu trois cent millions d'euros. C'est pourquoi un projet de loi a été préparé par Monsieur Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture. Mais cette préparation -trop hâtive -n'a visiblement pas pris en compte l'énorme conflit d'intérêt opposant ceux voulant que l'utilisation gratuite de leurs œuvres cesse, et le lobby -encore plus puissant -des « providers » et des internautes fanatiques, pour lesquels ils n'est pas question pour quiconque, qu'il s'agisse d'un Etat ou d'un organisme privé, de restreindre la totale liberté des internautes. On a donc vu ces deux groupes de pression s'affronter, très discrètement, à l' Assemblée Nationale, lors de l'examen du projet de loi sur les droits d'auteur. C'est ainsi, par exemple, qu'un obscur député a déposé un amendement créant une « licence globale », selon laquelle, moyennant le paiement d'une redevance qui aurait été reversée à la Société des Auteurs et Compositeurs, tout internaute aurait eu le droit de télécharger n'importe quelle reuvre. Mais le montant estimé de celle-ci était beaucoup trop modeste par rapport au montant énorme des détournements... Adoptée dans un cafouillis général, cette suggestion -qui ne résolvait rien -a fInalement été écartée ! Georges Rousseau |