Corruption, manipulation, absentéisme, obstruction…Elle est belle leur République ! par P.Courcoural

Publié le par Lux

   

 

Corruption, manipulation, absentéisme, obstruction…Ces mots qui recouvrent des pratiques politiques françaises se trouvent dans la presse et ou dans la bouche des personnalités les plus en vue.

L’ancien président de la République, Jacques CHIRAC est rattrapé par des affaires que son statut de chef de l’Etat avait momentanément gelées. L’ancien premier ministre, Dominique de Villepin est sur le point d’être mis en examen pour « dénonciation calomnieuse » dans l’affaire Clearstream. L’actuel président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer fait l’aveu que « la place offerte à l’opposition la conduit naturellement, qu’elle soit de droite ou de gauche, à substituer au débat constructif une attitude d’obstruction. »

Certes sous toutes les latitudes, à toutes les époques et sous tous les régimes des dysfonctionnements institutionnels et des dérapages moraux ont existé. Mais s’en tenir à une telle résignation serait consentir à une banalisation coupable. Il est plus utile de chercher à analyser le contexte qui peut favoriser de tels agissements : N’est-ce point parce qu’il faut énormément d’argent pour conquérir le pouvoir que de crapuleux détournements de fonds publics s’en trouvent suscités ? N’est-ce pas parce que l’exercice de la magistrature suprême est l’enjeu d’une compétition qu’il déchaîne des ambitions et des jalousies allant jusqu’à commettre des manipulations les plus éhontées contre les rivaux ? N’est-ce pas parce que la représentation des Français est à ce point faussée par les pratiques partisanes qu’elle suscite leur indifférence voire leur hostilité ?

Une réflexion sur la réforme des institutions est actuellement en cours. Elle contournera sans doute le cœur de ces questions. Peut-être en sortira-t-il tout au plus quelques dispositions heureuses…L’avenir et l’usage le diront. Reste que la question de fond tourne autour de la nature même d’un Etat digne de ce nom. Comme l’écrit Yvan Blot « l’Etat doit se consacrer à ses fonctions de souveraineté et de défense, principalement, sans exclure la préoccupation spirituelle déjà évoquée par Socrate : La politique menée par l’Etat, les lois votées au parlement améliorent-elles l’âme de nos compatriotes ou la dégradent-elles ? Se poser cette question, c’est élever l’Etat spirituellement, le rendre plus digne et plus modeste à la fois, dans la continuité d’une tradition chrétienne plus que bi-millénaire. (La Nouvelle Revue universelle N°8).

Publié dans Pensée politique

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