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Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Mercredi 26 avril 2006

Nous vous informons que le Cercle d’études qui devait se dérouler ce soir Mercredi 26 Avril à 20H 30, est reporté.

Un mail vous sera envoyé pour vous prévenir de la date à laquelle il se déroulera.

Merci de votre compréhension.

par Lux publié dans : Actualité régionale
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Mardi 25 avril 2006


L'homme est un héritier


Peu de mots sont plus employés, peu de mots sont moins définis que celui là. On entend quelquefois par civilisation un état de moeurs adoucies. On entend d'autres fois la facilité, la fréquence des relations entre les hommes. On imagine encore qu'être civilisé, c'est avoir des chemins de fer et causer par le téléphone. En d'autres cas, au minimum, cela consiste à ne pas manger ses semblables. Il ne faut pas mépriser absolument ces manières un peu diverses d'entendre le même mot, car chacune est précieuse : chacune représente une acceptation en cours, une des faces de l'usage, qui est le maître du sens des mots.

Trouver la vraie définition d'un mot n'est pas contredire l'usage, c'est au contraire l'ordonner; c'est l'expliquer, le mettre d'accord avec lui même. On éprouve une sorte de plaisir sensuel à survenir dans ce milieu troublé et vague pour y introduire la lumière avec l'unité.

Les faiseurs de dictionnaires ont trop à écrire pour s'encombrer sérieusement de ce souci. Le seul petit lexique que j'aie sous les yeux au moment où j'écris, s'en tire à bon compte, et je ne crois pas que ses confrères fassent de beaucoup plus grands frais. Je le copie : « Civiliser, rendre civil, polir les moeurs, donner la civilisation.   Civilisation, action de civiliser, état de ce qui est civilisé.   Civilisateur, qui civilisé.  Civilisable, qui peut être civilisé. » Et voilà tout. Pas un mot de plus. Le seul menu lumignon qui soit fourni par cet ingénieux lexicographe est dans « polir les moeurs », qui n'éclaire que médiocrement le sujet. Nous pourrions dépouiller quantité de doctes volumes sans être plus avancés. Mieux vaut peut être concentrer avec force son attention, songer aux sociétés que nous appelons barbares et sauvages, les comparer entre elles, voir leurs ressemblances, leurs différences et tâcher d'en tirer des indications.


Je vous épargnerai cette besogne d'analyse, qui risquerait de vous paraître fatigante, et ne vous en soumettrai que le résultat.

Celui ci me paraît se défendre assez bien par l'évidence qui lui est propre.

Ne vous semble t il pas que le vrai caractère commun de toute civilisation consiste dans un fait et dans un seul fait, très frappant et très général ? L'individu qui vient au monde dans une «civilisation » trouve incomparablement plus qu'il n'apporte. Une disproportion qu'il faut appeler infinie s'est établie entre la propre valeur de chaque individu et l'accumulation des valeurs au milieu desquelles il surgit.

Plus une civilisation prospère et se complique, plus ces dernières valeurs s'accroissent et, quand même (ce qu'il est difficile de savoir) la valeur de chaque humain nouveau né augmenterait de génération en génération, le progrès des valeurs sociales environnantes serait encore assez rapide pour étendre sans cesse la différence entre leur énorme total et rapport individuel quel qu'il soit.

Il suit de là qu'une civilisation a deux supports. Elle est d'abord un capital, elle est ensuite un capital transmis. Capitalisation et tradition, voilà les deux termes inséparables de l'idée de civilisation. Un capital...   Mais il va sans dire que nous ne parlons pas de finances pures. Ce qui compose ce capital peut être matériel, mais peut être aussi moral.

L'industrie, au grand sens du mot, c'est à dire la transformation de la nature, c'est à dire le travail de l'homme, c'est à dire sa vie, n'a pas pour résultat unique de changer la face du monde ; elle change l'homme lui même, elle le perfectionne, comme l'oeuvre et l'outil perfectionnent l'ouvrier, comme l'ouvrier et l'oeuvre perfectionnent l'outil. Le capital dont nous parlons désigne évidemment le résultat de cette triple métamorphose simultanée.

Le « sauvage » qui ne fait rien ou qui ne fait que le strict nécessaire aux besoins pressants de la vie, laisse à la forêt, à la prairie, à la brousse leur aspect premier. Il n'ajoute rien aux données de la nature. Il ne crée point, en s'ajoutant à elles, un fort capital de richesses matérielles. S'il a des instruments ou des armes, c'est en très petit nombre et d'un art aussi sommaire que primitif... Mais cet art, étant très sommaire, n'exige pas non plus, comme le fait toute industrie un peu développée, des relations multiples et variées entre voisins, congénères, compatriotes. Il contracte, sans doute, comme en toute société humaine, des moeurs, mais rudimentaires : elles sont sans richesse ni complexité. La coopération est faible, la division du travail médiocrement avancée : les arts et les sciences sont ce que sont l'industrie et les moeurs. Tout le capital social en est réduit à son expression la plus simple : ni pour le vêtement, ni pour l'habitation, ni pour la nourriture l'individu n'obtient des sociétés qui le forment autre chose que les fournitures essentielles ou les soins indispensables. Le fer fut longtemps ignoré ; on assure même qu'il y a des sauvages qui dont aucune idée du feu.


Mais les capitaux particuliers à l'état sauvage ont encore cette misère d'être fragiles et bien rarement sujets à durer. C'est la hutte qu'il faut reconstruire sans cesse. C'est la ceinture ou le pagne d'écorce sèche. C'est la provision à rassembler quotidiennement. Aucun moyen d'éterniser les acquisition. Je ne parlerai même pas de l'écriture! Mais les langues parlées ne supportent qu'un très petit nombre d'associations de pensées. Il y a des secrets utiles précieux, découverts par fortune ou selon d'ingénieuses observations personnelles, ils sont sujets à se perdre irréparablement dans la nuit. Point de mémoire collective, point de monument, nulle continuité.

Ou l'on se fixe, et le mouvement naturel des choses de la terre, qui se renouvellent sans cesse, ne s'arrête pas d'effacer méthodiquement toute trace de chaque effort. Ou l'on erre de lieux en lieux, et la course de l'homme vient ajouter sa turbulence aux autres causes de déperdition et d'oubli. Chaque tentative de constituer en commun des capitaux solides est exposée à des risques indéfinis.

La tradition n'est pas absente, parce qu'il n'y a point de société sans tradition, ni d'hommes sans société : mais elle est au plus bas. L'individu ne pourrait subsister sans elle : parce qu'elle est misérable et faible, la faiblesse et la misère des individus sont évidentes ; cependant, en présence d'un si maigre héritage, le nouveau venu peut se considérer, sans qu'il ait trop à rougir du peu qu'il apporte en regard de ce qu'il reçoit. S'il doit beaucoup à la société, il lui serait possible de la rendre sa débitrice.


Mais, tout au contraire, le civilisé, parce qu'il est civilisé, a beaucoup plus d'obligations envers la société que celle ci ne saurait en avoir jamais envers lui. Il a, en d'autres termes, bien plus de devoirs que de droits.

Et quand je parle, en ceci, des civilisés, je ne veux point parler d'un de ces favoris de la nature et de l'histoire qui, nés Français, ou Italiens, ou Espagnols, ou même Anglo Saxons, bénéficient des plus brillants, des plus heureux et des plus merveilleux processus du genre humain.

Je ne désigne même pas le membre d'une de ces petites nationalités secondaires qui participent, par leur position dans l'espace ou dans le temps, à nos vastes développements généraux.


Au delà même de diverses clientèles de notre civilisation occidentale, l'étendue et l'immensité du capital accumulé, l'influence du nôtre crée des réserves trop nombreuses, trop puissantes, trop bien transmises, et trop éclatantes pour qu'il ne soit pas tout à fait ridicule d'y opposer, ou d'y comparer la frêle image d'un nouveau né à peine distinct de sa mère. En des cas pareils, il est certain que l'individu est accablé par la somme des biens qui ne sont pas de lui et dont cependant il profite dans une mesure plus ou moins étendue. Riche ou pauvre, noble ou manant, il baigne dans une atmosphère qui n'est point de nature brute, mais de nature humaine, qu'il n'a point faite, et qui est la grande oeuvre de ses innombrables prédécesseurs directs et latéraux, ou plutôt de leur association féconde et de leur utile et juste communauté.

Non, ne comparons pas des incomparables. Prenons plutôt des civilisations moins avancées, encore inachevées et barbares, où le choeur des idées, des sentiments et des travaux ne fait que bégayer ses antiques paroles : les âges héroïques, les tribus aux premiers temps de leur migration, ou les cités aux premiers jours de leur édifice, ou la mer aux jours de ses premiers matelots, les champs aux premiers jours de leur défrichement. Quel capital démesuré représentent le simple soc incurvé d'une charrue, la toile d'une voile, la taille d'un quartier de roc, le joug d'un chariot, l'obéissance d'un animal de course ou de trait! Quelles observations, quels tâtonnements signifient les moindres données précises sur les saisons, sur la course des astres, le rythme et la chute des vents, les rapports et les équilibres ! Non seulement aucun homme isolé ne peut comparer son savoir au savoir général qu'exprime ceci, mais jamais une génération unique, en additionnant ses efforts, ne réaliserait rien de tel. Du point de vue individuel, si ce point de vue était admissible pour une intelligence et pour une raison humaine, on ne saurait voir une bêche ni une rame sans vénération : les deux pauvres outils passent infiniment ce que peut concevoir une imagination solitaire, à plus forte raison ce que  peut accomplir un art personnel.

Comme les bêches et les rames se sont multipliées et diversifiées, comme les instruments de l'industrie et cette industrie elle même n'ont cessé, par une activité séculaire, de s'accroître et de s'affiner : ainsi les civilisations accroissent, perfectionnent leurs ressources et nos trésors. Le petit sauvage était nourri par sa mère et dressé par son père à certains exercices indispensables. Rien de durable autour de lui, rien d'organisé. Ce qu'il avait de vêtements, on le lui cueillait ou il l'empruntait de ses mains aux arbres et aux herbes.

Ainsi du reste. Mais, autour de l'homme civilisé, tout abonde. Il trouve des bâtiments plus anciens que lui et qui lui survivront. Un ordre est préparé d'avance pour le recevoir, et répondre aux besoins inscrits soit dans sa chair, soit dans son âme. Comme les instruments physiques sont appropriés à la délicatesse des choses, il est des disciplines, des sciences et des méthodes qui lui permettent d'éclairer son image du monde et de se conduire lui même. Je n'examine pas s'il a plus d'heur ou de malheur, car c'est une question tout à fait distincte de celle qui se pose ici ; je suis simplement forcé de constater qu'il a, beaucoup plus qu'un sauvage, la figure et l'attitude d'un débiteur.

Sa dette envers la société est à peu près proportionnée à l'intensité de sa vie : s'il vit peu, il doit relativement peu ; mais s'il profite des nombreuses commodités que ses contemporains, les ancêtres de ces derniers et les siens propres ont accumulées à son service, eh bien, sa dette augmente dans la même large proportion. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il da point à espérer de la solder : quelques services que rende un individu à la communauté, il peut être vénéré par ses successeurs, c'est à dire rangé au nombre des communs bienfaiteurs de la race, mais, au point du temps où nous sommes, il ne s'acquittera jamais envers les devanciers. Inventez le calcul différentiel ou le vaccin de la rage, soyez Claude Bernard, Copernic ou Marco Polo, jamais vous ne paierez ce que vous leur devez au premier laboureur ni à celui qui fréta la première nef. A plus forte raison le premier individu venu et, comme on dit, l'Individu, doit il être nommé le plus insolvable des êtres.


Mais, de tous ces individus, le plus insolvable est sans doute celui qui appartient à la civilisation la plus riche et la plus précieuse. S'il y a donc une civilisation de ce genre, ses membres débiteurs par excellence pourront tous se définir par ce caractère.

Nous devrions, je crois, protester contre une erreur assez commune du langage. On dit très indifféremment la civilisation et les civilisations. Non, cela n'est point la même chose du tout. Il y a en Chine une civilisation : c'est à dire un capital matériel et moral que l'on se transmet. Il y a des industries, des arts, des sciences, des moeurs. Il y a des richesses, des monuments, des doctrines, des opinions, des qualités acquises, favorables à la vie de l'être humain. Même phénomène aux Indes, au Pérou, si on le veut, à certains égards, au fond de l'Afrique, où se fondèrent des royautés puissantes, et dans les îles de l'Océanie. Ce qui est exceptionnel, sur la planète, ce n'est peut être pas un certain degré de civilisation, mais plutôt une certaine sauvagerie. L'homme est conservateur, accumulateur, capitalisateur et traditionniste d'instinct. Quelque développées que soient pourtant ces différentes civilisations, elles ne sont pas, à proprement dire, la Civilisation.

La civilisation ne sera définissable que par l'histoire. Il y eut un moment, dans les fastes du monde, où, plus inventif et plus industrieux qu'il ne l'avait jamais été, l'homme s'aperçut néanmoins que tant d'art s'épuisait en vain. A quoi bon, en effet, majorer le nombre des biens et la quantité des richesses ? Toute quantité est susceptible d'accroissements nouveaux, tout nombre d'une augmentation indéfinie. Le merveilleux, le sublime, le grandiose ou l'énorme, tout ce qui dépend de la quantité ou du nombre des éléments utilisés, ne peut promettre à l'avidité de l'homme que déception. Une tour ou une colonne de cent pieds peut être haussée de cent autres pieds qui, eux mêmes, peuvent être multipliés de même manière. Qu'est ce donc que ces progrès tout matériels ? Ni en sciences, ni en art, ni même pour les simples commodités de la vie, cet amas de choses n'est rien. Puis il s'enfle, plus il excite, en nous désespérant, nos désirs.

Un poète, un pauvre poète tard venu dans un âge de décadence et qui assistait à la baisse de la Civilisation, Baudelaire, da pas mal défini la nature insatiable d'un désir qui essaye de se satisfaire par le nombre de ses plaisirs


La jouissance ajoute au désir de la force.

Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais,

Cependant que durcit et grandit ton écorce,

Tes branches veulent voir le soleil de plus près

Grandiras tu toujours, grand arbre plus vivace

Que le cyprès ?...


Les vers sont assez médiocres. Le sentiment est vrai, l'idée est profonde. Oui, le désir grandira toujours et, avec lui, la peine, le déboire et l'inquiétude. Les civilisations, en imposant leur dette à l'homme, ne lui promettront cependant qu'une course absurde et sans fin jusqu'à ce qu'il éprouve le sentiment de « l'infinie vanité de tout », comme disait l'infortuné Leopardi.

Mais, lorsqu'ils ont senti cette vanité des recherches, les Grecs n'ont pas voulu admettre qu'elle fût infinie. Ils ont cherché un terme à la course perpétuelle. Un instinct merveilleux, beaucoup plus que la réflexion, ou plutôt si l'on veut, un éclair de raison surhumaine ou divine leur a fait sentir que le bien n'était pas dans les choses, mais dans l'ordre des choses, n'était pas dans le nombre, mais dans la composition, et ne tenait nullement à la quantité, mais à la qualité. Ils introduisirent la forte notion des limites, non seulement dans l'art, mais dans la pensée, dans la science des moeurs. En morale, en science, en art, ils sentirent que l'essentiel ne tenait point aux matériaux, et, tout en employant les matières les plus précieuses, ils y appliquaient leur mesure. L'idée du « point de perfection et de maturité » domina ce grand peuple aussi longtemps qu'il resta fidèle à lui même.

Le roi Salomon croyait faire de la science en dressant la nomenclature des plantes depuis la plus ténue jusqu'à la plus haute : un Grec, Aristote, nous enseigna que ce catalogue de connaissances n'est qu'un point de départ, qu'il n'y a point de science véritable sans ordre et que l'ordre de la science n'est ni celui de la grandeur, ni celui de la petitesse. De même les artistes d'Égypte et d'Asie envoyèrent en Grèce des échantillons de leur savoir faire ; en développant sur cette terre et dans cette race favorisées, les modèles orientaux témoignèrent que l'art, ne consiste pas à faire des colosses, ni à déformer la nature en grimaces de monstres, ni à la copier du plus près qu'il soit possible jusqu'au succès de la ressemblance parfaite : l'art grec inventa la beauté. Et pareillement, dans le gouvernement de soi même, les moralistes enseignèrent que le bonheur ne tient pas à l'infinité des éléments que l'on s'approprie, ni non plus à l'avare sécheresse d'une âme qui se retranche et veut s'isoler ; il importe que l'âme soit maîtresse chez elle, mais il importe aussi qu'elle sache trouver son bien et le cueillir en s'y élevant d'un heureux effort. La philosophie grecque aborda ainsi la vertu.

Cette Civilisation tout en qualité s'appela seulement, dans ses beaux jours, la Grèce. Elle fut Rome qui la dispersa dans l'univers, d'abord avec les légions de ses soldats et de ses colons, ensuite avec les missionnaires de la foi chrétienne. Les deux Romes conquirent de cette sorte à peu près le monde connu et, par la Renaissance, elles se retrouvaient et se complétaient elles mêmes, quand la Réforme interrompit leur magnifique développement.

Les historiens et les philosophes sans passion commencent à évaluer exactement quel recul de la Civilisation doit exprimer désormais le nom de la Réforme. Nous devons

en France de profondes actions dé grâce au bon sens de nos rois et de notre peuple qui, d'un commun effort, repoussèrent cette libération mensongère. C'est leur résistance qui a permis le développement de notre nationalité au XVIe, au XVIIe siècle et même au XVIIIe siècle : si complet, si brillant, d'une humanité si parfaite que la France est devenue l'héritière légitime du monde grec et romain. Par elle la mesure, la raison et le goût ont régné sur notre Occident : outre les civilisations barbares, la Civilisation véritable s'est perpétuée jusqu'au seuil de l'âge contemporain.

Malgré la Révolution, qui n'est que l'oeuvre de la Réforme reprise et trop cruellement réussie,   malgré le romantisme qui n'est qu'une suite littéraire, philosophique et morale de la Révolution  , on peut encore soutenir que la civilisation montre en ce pays de France d'assez beaux restes : notre tradition n'est «interrompue, notre capital subsiste. Il dépendrait de nous de le faire fleurir et fructifier de nouveau.

Un nouveau né, selon Le Play, est un petit barbare. Mais, quand il naît en France, ce petit barbare est appelé à recevoir par l'éducation un extrait délicat de tous les travaux de l'Espèce. On peut dire que son initiation naturelle fait de lui, dans la force du terme, un homme de qualité.

Quelques uns de nos voisins et de nos rivaux s'en doutent... Les Allemands sont des barbares, et les meilleurs d'entre eux le savent. Je ne parle ni des Moscovites, ni des Tartares. Le genre humain, c'est notre France, non seulement pour nous, mais pour le genre humain. Les devoirs qu'elle a envers lui peuvent mesurer nos obligations envers elle.


De l'état de sauvagerie à l'état de civilisation barbare, de l'état de barbarie civilisée à l'état de Civilisation plénière, je me suis efforcé d'établir une suite de définitions qui soient claires. Je ne prétends pas  en déduire une morale, ni les règles de la justice. Un gouvernement fort peut en tirer, pourtant, les principes d'une direction intellectuelle et civile.

par Lux publié dans : textes de Charles Maurras
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Mardi 25 avril 2006




Chers amis,

Nous sommes un certain nombre de royalistes, appartenant à des organisations diverses ou bien totalement indépendants, à nous interroger sur les crises que vit la France depuis quelques temps. Si il y avait lieu de s’inquiéter, ce serait bien tard, car cela fait bien quelques décennies, pour ne pas dire quelques siècles, que les luttes pour le pouvoir s’intensifient entre nos toujours nouvelles « élites » tandis que la majorité des Français a le sentiment récurrent d’être dupé.
Fallait-il vraiment une révolution sanglante pour en arriver à ce constat ?
Laissons cependant cette question aux historiens, pour nous préoccuper ici et maintenant, de ce que nous vivons avec nos contemporains.
Précisément, nous sommes quelques uns à penser que toutes les expériences constitutionnelles ayant été effectuées sans grand succès, du moins dans la durée, il convient aujourd’hui de proposer une réforme institutionnelle.
Sommes-nous en effet prêts à prolonger la cinquième République par acharnement thérapeutique ? Ou bien envisageons-nous une sixième, qui ressemblerait plutôt à la quatrième, connue pour son instabilité, ou à la troisième célèbre par sa corruption ?
Nous pensons que les royalistes peuvent apporter une proposition originale pour sortir de cette spirale de l’échec.
Certes nous savons qu’il existe autant de royalismes que de royalistes. Pour autant, nous faisons le pari que sur un dénominateur commun, le changement de régime institutionnel, sans présumer des options plus approfondies des uns et des autres qui font les délices de nos débats internes, nous pourrons faire ensemble un bout de chemin.
Sommes-nous capable en effet de proposer d’une seule voix, en unissant nos faibles forces le temps d’une campagne, une alternative forte aux Français ?

Voici l’argumentaire que nous pourrions développer ensemble si vous acceptiez de vous joindre à nous :
Hors le principe monarchique qui pérennise l'unité Politique de la communauté, les constitutions vivent des cycles qui les rendent plus ou moins efficientes au regard des attentes des citoyens.
De toute évidence la cinquième république cumule des inadaptations (malgré les tentatives de modernisation) qui finissent par légitimer un débat constitutionnel pour les adeptes de la rénovation de la République et, pourquoi pas, un débat institutionnel pour les partisans de l'instauration d'une monarchie démocratique.
Rappelons que le président de la République actuel n'a recueilli que 5 600 000 voix au premier tour sur 41 200 000 inscrits (13,5 %) et 29 500 000 exprimés (19 %) ; une légitimité forcément en question ! Le quinquennat, qui accélère le retour des campagnes électorales, et le cumul des mandats font des dépositaires de l'arbitrage des candidats quasi permanents.
Un slogan: Pour vraiment changer, changeons d’institutions politiques !
Un objectif: L'organisation d'un référendum institutionnel.
Les élections législatives de 2007, conformément à la loi actuelle, seront la référence pour les cinq prochaines années en matière de financement des partis politiques (aujourd’hui: 1.66 euros par voix obtenues au premier tour par les candidats ayant obtenus plus de 1% et rassemblés au sein de partis ayant présentés plus de 50 candidats dans différentes circonscriptions)
Pouvons-nous réussir cela et ainsi financer un mouvement pour un référendum institutionnel
Quelques réunions se sont déjà tenues et des groupes de travail sont en cours de constitution.
Pour travailler ensemble il faut des règles, une charte est en cours de rédaction, nous vous en livrons en extrait le premier article qui dit bien l’esprit qui nous anime.
La monarchie est un principe d’organisation institutionnel qui répond à des besoins d’une société moderne ; de nombreux pays d’Europe bénéficient d’un tel régime et profitent d’une démocratie vivante, d’une croissance active et d’un rayonnement international.

1.1. L’élection présidentielle est un quiproquo qui semble instituer le mensonge en règle d’or de la vie politique nationale. Les Français très attachés à l’élection présidentielle expriment implicitement leur désir d’un chef d’état indépendant, garant de la sécurité, représentant à l’étranger, arbitre du droit et recours en justice, mais ils ne sont pas dupes sur la réalité d’un Président élu au premier tour sur des promesses et au second tour pour éviter le pire par une minorité. (« Je suis désigné par une minorité sur des engagements forts pour gagner le premier tour, je suis élu par une faible majorité sur des objectifs flous pour rassembler au second tour, je me prétends le Président de tous les français le soir de l’élection et je relance ma campagne électorale le lendemain pour assurer ma réélection… suis-je le garant et le référent nécessaire au principe de l’unité nationale ? »)

Peut être pourrions nous commencer à débrancher les tuyaux de cette république finissante en posant à nos compatriotes la seule question qui vaille : Le roi pourquoi pas ?
Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à nous faire part de vos réactions :

olivier.dejouy@voilà.fr

 

par Lux publié dans : Pensée politique
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Lundi 24 avril 2006

 

Il m’est si difficile de vous les dire ces mots,

Car à chaque passage de ma plume acérée,

Je crois que c’est mon cœur,

Que l’on s’acharne à déchirer.

 

Voici donc cette lettre qu’il me faut vous écrire :

Je dois partir !

 

Ce n’est ni avec joie, ni non plus, avec peine,

Il le faut simplement, et c’est tout le problème.

Car voici qu’elle est là, je la vois reparaître,

Vous lui tendez les bras et je dois disparaître.

Non ce n’est pas injuste, non, ce n’est pas sinistre,

Je n’ais été servie que par de faux ministres.

Il est tard maintenant et je dois m’en aller,

Car ma jeunesse s’est envolée.

 

Je laisse là les rimes, je suis trop fatiguée,

Pardonnez mes erreurs, je suis si mal élevée !

Le style se perd déjà, il y a un pied de trop à mon dernier vers…

Laissez moi donc vous dire…mais vous dire quoi déjà ?...Ah oui !!

 

 

Ma jeunesse s’est envolée !...

 

Moi qui croyais pouvoir être amante de ce peuple si beau,

Moi qui étais si belle quand, à peine sortie de l’œuf et des esprits de ceux qui,

Quoi qu’on en dise, n’étaient finalement, pas du tout des lumières,

Je courrais en chantant sur ce pavé souillé de sang,

Brandissant mon drapeau tel un bourreau brandit la tête de sa victime,

Moi qui, en seulement deux siècles ai perdu ma jeunesse, ma beauté, ma légitimité, et finalement, mon pouvoir,

Je vois maintenant revenir celle qui me précédait depuis 8 siècles et qui, pourtant, aujourd’hui encor, a gardé toute sa jeunesse, sa beauté et sa légitimité quand elle n’avait pourtant plus de pouvoir.

La voici donc, la Monarchie qui, depuis Robespierre, cherche à reprendre sa place.

La voici qui revient, toujours plus belle quand je ne suis plus rien.

Et me voila moi…ou plutôt ce qu’il reste de moi :

Toute ridée, courbée, souillée et ne laissant derrière moi qu’abomination, terres brûlées, peuples exploités, guerres perdues que j’avais moi-même déclarées…

Je me souviens d’elle comme si c’était hier…

D’ailleurs, n’était-ce pas hier qu’elle partait ?

Qu’est-ce que 200 ans dans une société ?

On entendait derrière elle, les sanglots de ses fils…

Moi, personne ne va me pleurer !

On voyait le pays qu’elle laissait derrière elle, riche, prospère, et en paix…Moi, je n’ai fait que l’appauvrir, le mener dans des guerres ignobles et l’exploiter pour servir l’idéologie meurtrière de mes pères… la Démocratie.

 

Mais s’ils avaient été plus malins aussi, ceux qui me défendaient !!

Quand elle avait Maurras, Daudet, Pujo...

Je n’avais qu’un petit Colonel autoproclamé Général…

Et encor, était-il réellement avec moi ?...  

Quand elle avait Delbé, Charette, Lescure…

Moi, je n’étais servie que par Danton, Robespierre ou Marat !

David contre Goliath !!

Pour elle, la grandeur et l’honneur,

Pour moi la haine, le sang et l’injustice.

Quand, enfin, elle était servie par l’amour, la justice, la liberté et la Foi ,

Je n’étais secondée que par l’infanticide, la perversion, les émeutes, les manifestations et les grèves…

La lutte était trop inégale, il me faut donc mourir…Pour la cinquième fois

 

La voici qui revient, je ne peux que périr.

 

Jamais, je n’aurai cru qu’il faille ainsi partir !

Dans l’oubli et l’abandon, dans la pauvreté et le reniement de mes racines !...

Sur UNE défaite, oui…mais pas sur un millier !

Certains d’entre mes fils ne me connaissent pas,

Et ceux qui me connaissent me préfèrent celle là.

Elle est grande, il est vrai, et elle les a servis pendant si longtemps,

Qu’elle saura bien réparer mes bêtises !

Je lui souhaite bien du courage,

Après tout, ce n’est que justice,

La Légitime revient, la Gueuse se retire.

                       

                                                                                  Marianne.

par Lux publié dans : Pensée politique
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Lundi 24 avril 2006

La Fédération des Etudiants Royalistes d’Aquitaine  

 

est heureuse de vous convier à son prochain cercle d’études  

 

Qui se déroulera le Mercredi 26 Avril à 20H30 précises.  

 

Lieu : 1 rue des lauriers, Proche de la place du parlement

 

                                                Intervenant : Bernard Pascaud

 

Thème : un Royalisme de Raison

 

Sujet :

 

Les droits de l’homme selon les principes révolutionnaires et selon l’Eglise.

par Lux publié dans : calendrier
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