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Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

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La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Mardi 25 avril 2006




Chers amis,

Nous sommes un certain nombre de royalistes, appartenant à des organisations diverses ou bien totalement indépendants, à nous interroger sur les crises que vit la France depuis quelques temps. Si il y avait lieu de s’inquiéter, ce serait bien tard, car cela fait bien quelques décennies, pour ne pas dire quelques siècles, que les luttes pour le pouvoir s’intensifient entre nos toujours nouvelles « élites » tandis que la majorité des Français a le sentiment récurrent d’être dupé.
Fallait-il vraiment une révolution sanglante pour en arriver à ce constat ?
Laissons cependant cette question aux historiens, pour nous préoccuper ici et maintenant, de ce que nous vivons avec nos contemporains.
Précisément, nous sommes quelques uns à penser que toutes les expériences constitutionnelles ayant été effectuées sans grand succès, du moins dans la durée, il convient aujourd’hui de proposer une réforme institutionnelle.
Sommes-nous en effet prêts à prolonger la cinquième République par acharnement thérapeutique ? Ou bien envisageons-nous une sixième, qui ressemblerait plutôt à la quatrième, connue pour son instabilité, ou à la troisième célèbre par sa corruption ?
Nous pensons que les royalistes peuvent apporter une proposition originale pour sortir de cette spirale de l’échec.
Certes nous savons qu’il existe autant de royalismes que de royalistes. Pour autant, nous faisons le pari que sur un dénominateur commun, le changement de régime institutionnel, sans présumer des options plus approfondies des uns et des autres qui font les délices de nos débats internes, nous pourrons faire ensemble un bout de chemin.
Sommes-nous capable en effet de proposer d’une seule voix, en unissant nos faibles forces le temps d’une campagne, une alternative forte aux Français ?

Voici l’argumentaire que nous pourrions développer ensemble si vous acceptiez de vous joindre à nous :
Hors le principe monarchique qui pérennise l'unité Politique de la communauté, les constitutions vivent des cycles qui les rendent plus ou moins efficientes au regard des attentes des citoyens.
De toute évidence la cinquième république cumule des inadaptations (malgré les tentatives de modernisation) qui finissent par légitimer un débat constitutionnel pour les adeptes de la rénovation de la République et, pourquoi pas, un débat institutionnel pour les partisans de l'instauration d'une monarchie démocratique.
Rappelons que le président de la République actuel n'a recueilli que 5 600 000 voix au premier tour sur 41 200 000 inscrits (13,5 %) et 29 500 000 exprimés (19 %) ; une légitimité forcément en question ! Le quinquennat, qui accélère le retour des campagnes électorales, et le cumul des mandats font des dépositaires de l'arbitrage des candidats quasi permanents.
Un slogan: Pour vraiment changer, changeons d’institutions politiques !
Un objectif: L'organisation d'un référendum institutionnel.
Les élections législatives de 2007, conformément à la loi actuelle, seront la référence pour les cinq prochaines années en matière de financement des partis politiques (aujourd’hui: 1.66 euros par voix obtenues au premier tour par les candidats ayant obtenus plus de 1% et rassemblés au sein de partis ayant présentés plus de 50 candidats dans différentes circonscriptions)
Pouvons-nous réussir cela et ainsi financer un mouvement pour un référendum institutionnel
Quelques réunions se sont déjà tenues et des groupes de travail sont en cours de constitution.
Pour travailler ensemble il faut des règles, une charte est en cours de rédaction, nous vous en livrons en extrait le premier article qui dit bien l’esprit qui nous anime.
La monarchie est un principe d’organisation institutionnel qui répond à des besoins d’une société moderne ; de nombreux pays d’Europe bénéficient d’un tel régime et profitent d’une démocratie vivante, d’une croissance active et d’un rayonnement international.

1.1. L’élection présidentielle est un quiproquo qui semble instituer le mensonge en règle d’or de la vie politique nationale. Les Français très attachés à l’élection présidentielle expriment implicitement leur désir d’un chef d’état indépendant, garant de la sécurité, représentant à l’étranger, arbitre du droit et recours en justice, mais ils ne sont pas dupes sur la réalité d’un Président élu au premier tour sur des promesses et au second tour pour éviter le pire par une minorité. (« Je suis désigné par une minorité sur des engagements forts pour gagner le premier tour, je suis élu par une faible majorité sur des objectifs flous pour rassembler au second tour, je me prétends le Président de tous les français le soir de l’élection et je relance ma campagne électorale le lendemain pour assurer ma réélection… suis-je le garant et le référent nécessaire au principe de l’unité nationale ? »)

Peut être pourrions nous commencer à débrancher les tuyaux de cette république finissante en posant à nos compatriotes la seule question qui vaille : Le roi pourquoi pas ?
Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à nous faire part de vos réactions :

olivier.dejouy@voilà.fr

 

par Lux publié dans : Pensée politique
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Lundi 24 avril 2006

 

Il m’est si difficile de vous les dire ces mots,

Car à chaque passage de ma plume acérée,

Je crois que c’est mon cœur,

Que l’on s’acharne à déchirer.

 

Voici donc cette lettre qu’il me faut vous écrire :

Je dois partir !

 

Ce n’est ni avec joie, ni non plus, avec peine,

Il le faut simplement, et c’est tout le problème.

Car voici qu’elle est là, je la vois reparaître,

Vous lui tendez les bras et je dois disparaître.

Non ce n’est pas injuste, non, ce n’est pas sinistre,

Je n’ais été servie que par de faux ministres.

Il est tard maintenant et je dois m’en aller,

Car ma jeunesse s’est envolée.

 

Je laisse là les rimes, je suis trop fatiguée,

Pardonnez mes erreurs, je suis si mal élevée !

Le style se perd déjà, il y a un pied de trop à mon dernier vers…

Laissez moi donc vous dire…mais vous dire quoi déjà ?...Ah oui !!

 

 

Ma jeunesse s’est envolée !...

 

Moi qui croyais pouvoir être amante de ce peuple si beau,

Moi qui étais si belle quand, à peine sortie de l’œuf et des esprits de ceux qui,

Quoi qu’on en dise, n’étaient finalement, pas du tout des lumières,

Je courrais en chantant sur ce pavé souillé de sang,

Brandissant mon drapeau tel un bourreau brandit la tête de sa victime,

Moi qui, en seulement deux siècles ai perdu ma jeunesse, ma beauté, ma légitimité, et finalement, mon pouvoir,

Je vois maintenant revenir celle qui me précédait depuis 8 siècles et qui, pourtant, aujourd’hui encor, a gardé toute sa jeunesse, sa beauté et sa légitimité quand elle n’avait pourtant plus de pouvoir.

La voici donc, la Monarchie qui, depuis Robespierre, cherche à reprendre sa place.

La voici qui revient, toujours plus belle quand je ne suis plus rien.

Et me voila moi…ou plutôt ce qu’il reste de moi :

Toute ridée, courbée, souillée et ne laissant derrière moi qu’abomination, terres brûlées, peuples exploités, guerres perdues que j’avais moi-même déclarées…

Je me souviens d’elle comme si c’était hier…

D’ailleurs, n’était-ce pas hier qu’elle partait ?

Qu’est-ce que 200 ans dans une société ?

On entendait derrière elle, les sanglots de ses fils…

Moi, personne ne va me pleurer !

On voyait le pays qu’elle laissait derrière elle, riche, prospère, et en paix…Moi, je n’ai fait que l’appauvrir, le mener dans des guerres ignobles et l’exploiter pour servir l’idéologie meurtrière de mes pères… la Démocratie.

 

Mais s’ils avaient été plus malins aussi, ceux qui me défendaient !!

Quand elle avait Maurras, Daudet, Pujo...

Je n’avais qu’un petit Colonel autoproclamé Général…

Et encor, était-il réellement avec moi ?...  

Quand elle avait Delbé, Charette, Lescure…

Moi, je n’étais servie que par Danton, Robespierre ou Marat !

David contre Goliath !!

Pour elle, la grandeur et l’honneur,

Pour moi la haine, le sang et l’injustice.

Quand, enfin, elle était servie par l’amour, la justice, la liberté et la Foi ,

Je n’étais secondée que par l’infanticide, la perversion, les émeutes, les manifestations et les grèves…

La lutte était trop inégale, il me faut donc mourir…Pour la cinquième fois

 

La voici qui revient, je ne peux que périr.

 

Jamais, je n’aurai cru qu’il faille ainsi partir !

Dans l’oubli et l’abandon, dans la pauvreté et le reniement de mes racines !...

Sur UNE défaite, oui…mais pas sur un millier !

Certains d’entre mes fils ne me connaissent pas,

Et ceux qui me connaissent me préfèrent celle là.

Elle est grande, il est vrai, et elle les a servis pendant si longtemps,

Qu’elle saura bien réparer mes bêtises !

Je lui souhaite bien du courage,

Après tout, ce n’est que justice,

La Légitime revient, la Gueuse se retire.

                       

                                                                                  Marianne.

par Lux publié dans : Pensée politique
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Vendredi 21 avril 2006

 

 

 

Il n'y a pas mille façons d'obtenir une nationalité. Soit on en hérite par celle des parents ; soit on prend celle du sol où l'on naît ; soit on la tient d'une autorité qui l'accorde sur des critères qui lui sont propres. La situation qui est la notre est telle qu'aucune de ces méthodes n'est satisfaisantes en soi. Si c'est le droit du sang qui prime : seront de bon français les enfants de nos immigrés récemment venus. Si c'est le droit du sol : en plus de la catégorie précédente, nous aurons les enfants des clandestins qui, en acquérant par leur naissance la nationalité française, rendront impossible l'expulsion de leur famille. Reste la troisième méthode, mais sur quel critère la baser ? On peut l'attribuer à ceux qui sont soldats, à ceux qui ont un certain revenu, à ceux qui répondent à des critères "raciaux" (sur le modèle des concours canins), à ceux qui sont membre du Parti (quel qu'il soit) ou même à tous! 
Je n'ai personnellement pas de réponse arrêtée sur ce sujet. Qu'il y ait des jaunes, des noirs ou n'importe quoi d'autres en France ne me gène pas a priori. Qu'il n'y ait plus de blanc me pose problème... Je n'ai pour autant pas des envies de déportations massives (serait-ce seulement possible ? faute d'être moral...) et je ne rêve pas la nuit de charter ! Je sais que parmi nous, certains pensent peut-être que s'il n'y avait plus d'immigrés en France les choses iraient pour le mieux. Moi, je n'en suis pas certain. D'une part parce qu'il me semble vain de vouloir fermer hermétiquement les frontières (un limes, c'est fait pour être franchi) et d'autre part parce que le mal est en nous.

 

 

Je passe l'été à la campagne ; nous sommes loin de tout : pas de noirs, pas de maghrébins, pas de manifestations pédérastiques, pas de banlieue... Et pourtant ! Et pourtant, de jeunes gamins dont les parents étaient de la plus saine paysannerie qui soit portent des casquettes à l'envers, font des "tags", fume la Marie-Jeanne et ne rêve que de jouer aux "rapper gangster". Ce n'est pas l'immigration, ça.
C'est même pas le complot judéo-maçonnique.

 

 

Alors ?

 

 

Alors, il me semble que se poser la question de la nationalité, du "qui est français" doit s'appuyer sur une claire définition sur ce qu'est "être français" et sur ce que cela implique. Sous l'Ancien Régime, l'identité des régnicoles ne posait pas de problème. Chacun était ce qu'il était. Cela impliquait des devoirs et des droits particuliers et ce n'était que la somme des particularité de chacun, de leurs privilèges, qui formait l'identité française. Il me semble que ce doit être pour nous un modèle même si la situation est bien différente aujourd'hui.
Être français doit impliquer une morale, une langue, une culture et un passé (ce qui peut être, dans une certaine mesure, appris par l'école) commun. Au-delà de cela, chacun peut affirmer sa personnalité, mais il me semble que l'attribution de la nationalité française doit être conditionnée à cela.

 

 

Mais j'arrête de trop écrire et j'invite tous les lecteurs de VR que ce problème intéresse à lire ou à relire : Barrès (Maurice) [Présenté par Milza (Pierre)], Les diverses familles spirituelles de la France, Paris, 1997 [1917] ; vous y trouverez beaucoup sur ce qu'est "être français" et le devenir même si ce fut dans de bien tristes circonstances...

 

 

Paul le Hérisson

 http://home.tiscali.be/vexilla/Nationalite.htm

 

par Lux publié dans : Pensée politique
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Lundi 17 avril 2006

 

   Encore une fois, le numéro de “POLITIQUE MAGAZINE” est d’une grande qualité.

La couverture annonce la crise du CPE comme un “engrenage fatal”.

L’éditorial constate: “il n’y a plus d’autorité” et “aucune décision politique d’importance ne peut plus être prise en France”.
Hilaire de CRÉMIERS va plus loin.

 

Tout ce qui est arrivé était prévisible.

 

par

          Hilaire de Crémiers

 

       ( Politique Magazine n° 40 Avril 2006 )

 

 

 

   C'en est donc fait : le CPE a vécu.  C'était prévisible. À l'heure où  s'écrit cet article, dès avant la journée du 28 mars, « le mardi noir », qui sera suivie inéluctablement d'autres journées non moins sombres, et avant même que le Conseilconstitutionnel ne se soit prononcé le jeudi 30 mars sur sa conformité aux règles fondamentales, le CPE n'a déjà plus d'existence.

 

   Qu'on se souvienne : dès la semaine du 20 au 25 mars et aussitôt après la journée et la nuit d'émeutes du 23, il était évident que ce projet nouveau-né, à peine mis au monde au forceps, ne durerait guère plus de quelques jours. Il avait déjà du mal à vivre hors des normes socialistes habituelles ; même le grand patronat apeuré craignait pour ses jours ; et ce n'était autour de lui que hurlements de mort.

 

La liberté impossible

 

 

   Et voilà que le Premier ministre lui-même, son fier géniteur qui l'avait concocté en secret, accouché, qui l'avait amené à h vie légale en l'imposant par la procédure d'urgence du 49-3, dès le vendredi 24 mars, se chargeait, en personne, sur la pression de la rue, de le vider de sa substance, sans le dire et tout en le disant, et tout en le maintenant envie artificiellement, pour la forme et par souci de son autorité et, peut-être, de son honneur.

 

    Dominique de Villepin, l'homme qui en principe ne transige pas et qui affirmait haut et fort qu'il n'était pas question de dénaturer le projet, faisait savoir, en effet, le samedi 25 mars, après consultation auprès de son président, qu'il avait entendu le cri public et qu'il acceptait de modifier dans la loi les principales dispositions qui en faisaient, pourtant, l'originalité et l'utilité pratique :  les deux ans de liberté contractuelle qui permettaient à l'employeur, sans être accablé par le Code du Travail, d'ajuster son embauche à ses besoins et qui donc l'incitaient à embaucher. Et à embaucher qui ? Précisément : des jeunes.

 

   Eh bien, non ! Il s'est avéré que c'était  impossible. La plus simple des libertés qui est celle de vivre, de travailler et de contracter n'existe plus dans notre pays. Ça se savait : l'Etat, la loi, l'idéologie ambiante qui inspire tous nos codes, la rogne de tous les côtés.  Cette contre-épreuve par l'échec d'une loi de liberté censée libérer de la loi totalitaire, en est une confirmation éclatante. C'est donc acquis et, dans le système, de manière définitive, comme un droit acquis à l'esclavage permanent. De la même façon qu'il est acquis déjà pareillement, que les libertés de naître, de se marier et de mourir naturellement ne sont plus que des libertés précaires, soumises à conditions. Car, il convient de le préciser pour les nigauds qui parlent sans savoir, ce qui est précarisé en France, c'est d'abord et fondamentalement la liberté, les vraies libertés, ce qui entraîne toutes les autres précarités dont celle de l'emploi. La licence de ne rien faire n'est pas une liberté ou, sinon, ne parlons plus de civilisation. Ainsi, le rabâchage officiel et médiatique sur les causes d'une précarisation incontestable et catastrophique va au rebours de l'évidence. Ce qui n'empêche qu'il faut tout aussitôt ajouter qu'il appartient à juste titre à l'État national de veiller au bien commun et à l'équilibre social des libertés particulières, fonction que le Leviathan moderne ne remplit plus, s'étant même désolidarisé de ce qui est sa raison d'être, la cause nationale.

 

    Et voici comment la liberté contractuelle qui n'est dégradante pour personne, au contraire, et surtout pas pour des jeunes en dépit de ce que racontent des démagogues intéressés, à peine légalisée, n'a pu survivre dans l'univers soviétique français, univers totalement surfait, qui se caractérise simultanément par une anarchie galopante et un totalitarisme envahissant, individualisme déréglé et socialisme massifiant faisant, somme toute, chez nous, comme toujours, fort bon ménage. Contraint par l'évidence du rejet qui lui éclatait au nez, le Premier ministre aura fait lui-même les premiers pas d'un compromis devant des adversaires bien décidés, eux, à ne pas démordre de leur position irréductible et avantageuse : c'était à lui à retirer purement et simplement sa loi ; pour esquiver l'humiliation, il proposait d'en remiser les singularités et de la ramener - ou peu s'en faut - au droit commun étarico-démoaatique, c'est-à-dire terriblement contraignant pour les parties en contrat.

 

La contrainte du système

 

 

       La démonstration est dès aujourd'hui faite. Dominique de Villepin, malgré ses grands airs, n'y a rien pu et n'y pourra rien.   Le CPE, au moment où s'écrivent ces lignes, est déjà mort et il est plus que vraisemblable qu'au moment où les lecteurs liront ces  mêmes lignes, ils auront reçu l'avis de son décès sous une forme ou sous une autre : soit par  syndicats interposés, première source de  toute légitimité démocratique en France, comme chacun sait, soit plus simplement encore par la rue dont le rôle constitutionnel de facto et ensuite de jure est non seulement incontestable mais fondamental dans notre République puisqu'elle fait et défait la loi, les ministres, les gouvernements, et cela depuis deux cents ans sans relâche quoi qu'en dise ce pauvre dadais de Jean-Louis Debré, soit encore par la voix doucereuse et chafouine du Conseil constitutionnel qui aura aidé à le tuer ou, plus subtilement, qui lui aura retiré les conditions de sa survie, soit par le président de la République soi- même, expert en coups de menton et en reculades concomitantes tout aussi énergiques, soit par le Premier ministre en personne qui aura avalé son orgueil jusqu'au gosier et qui chargera ses ministres de faire une apai-sante communication sur le sujet.

 

    Quel que soit le scénario, quels reproches pourrait-on adresser à ce joli monde ? Ils vivent dans un système qui les domine et les entraîne dans sa mécanique, dans un sens comme dans un autre, sans même qu'ils en aient vraiment conscience. Voyez les : ils comprennent sans comprendre et veulent sans vouloir. Et, au fond, tout ça est du dernier ridicule. Voilà un homme, Villepin, qui se flattait en cent jours de rétablir la confiance et qui traitait tous les autres de « connards ». Où en est-il réduit aujourd'hui ?   Ouvrira-t-il les yeux sur son échec ? Car il  aura échoué sur un point dérisoire, quelque chose de minime, au point que ses compagnons et ses faux amis ne veulent pas périr dans la même stupide campagne. Cela peut se comprendre.

 

      Telle est la politique dans le système français : ses adversaires lui ont demandé de retirer une bretelle, puis l'autre, puis de laisser couler son pantalon, puis de retirer le reste :  à poil, comme on dit, et, comme ils n'ont aucune vergogne, ils en rient. Les voyez-vous rire, puis prendre des airs pinces, toute cette bande de jocrisses ? Oui, jocrisses, tous,  puisque l'affaire se retournera, bientôt et aussi bien, contre eux !

 

 

Une totale irresponsabilité

 

 

     D'ailleurs, est-ce la faute de Villepin ?   L'homme est bravache et manque totalement de jugement. Soit ! Cela a été écrit bien avant les événements, dans ces colonnes, mais, en l'occurrence, il ne s'agit pas de l'humilier par plaisir ; il s'agit de comprendre que le problème de l'inertie française est dans le système.

 

     Quel avenir s'annonce pour Villepin et son gouvernement dans cette année pré-électorale ? Peut-être sera-t-il contraint de démissionner sous peu ? Ou, s'il reste, quels jours affreux devra-t-il vivre ? Oui, tel est le système. Au moins, après la cruelle expérience, que l'homme le voie, le constate, le palpe. Cela, après tout, le disculpe, les disculpe tous. Raffarin, finalement, n'a pas mieux fait que Juppé. Il a fini, comme c'était prévisible,  dans le personnage du Rabourdin de Balzac,  ainsi que ce fut écrit, en son temps, dans ces colonnes, Rabourdin, l'homme de la réforme administrative qui, étant donné le système,  échoue nécessairement. Villepin, croyant  mieux faire que RafFarin-Rabourdin, se voyait en Rastignac ou en Marsay, ces hommes qui chez Balzac partent à la conquête des ministères. Hélas, il n'aura été qu'un pitoyable Tartarin ; ce n'est même plus du Balzac, c'est du Daudet. Terrible leçon, aurait dit Bossuet.

 

    Tout était prévisible. Tout s'est toujours répété de la même façon depuis 1986, depuis le projet de loi d'Alain Devaquet – projet retiré, ministre démissionné - et, à vrai dire, depuis 1968. Même scénario, mêmes manœuvres, même résultat. Que sont les syndicats étudiants ? Rien ou quasi rien ? Et les syndicats de salariés ? Pas grand chose par rapport aux employés. On peut le regretter : c'est ainsi. Ce qui prouve qu'en France il y a un vrai problème de représentativité et donc de représentation, aussi bien sur le plan économique et social que sur le plan politique. Ce qui est sûr,  en revanche, c'est que ces institutions non représentatives tiennent des places fortes dans la République qui les fait vivre et bien vivre, par l'exercice de quasi monopoles. Elles ont un intérêt évident à la survie du système et elles savent pertinemment que les politiciens seront, d'une manière ou d'une autre, leurs complices dans le partage des combinaisons de ce mêmes système. À moins que l'homme politique soit un vrai homme d'État !  Y en a t-il seulement un ?

 

    Qu'on fasse le compte sur les vingt dernières années, du nombre de fois où toute tentative de réforme a t annihile ? E toujours sur le mme schéma ! Il suffit de fermer des facultés et des lycées et de jeter dans la rue des étudiants et des lycéens préalablement excités et le tour est joué. Et les AG, dira-t-on ? Il suffit d'avoir vécu, un tant soit peu, dans le monde étudiant pour savoir ce que sont en réalité ces farces juridiques menées par des professionnels de l'agitation qui n'ont rien  perdre. Aucune majorité réelle n'est concrètement derrière ces hurlements de bandes.   Des professeurs, des recteurs courageux le savent et le disent. Il suffirait d'être un peu astucieux pour les mettre en échec.  La difficulté est que d'ordinaire ces gens ne sont pas courageux. Pourquoi le seraient-ils, à l'encontre d'un système qui broie toutes les élites ?

 

    Le tort essentiel de Villepin, dans l'affaire, fut, tout en prétendant passer en force, de n'avoir pris aucune précaution d'avance. On aurait presque envie de proposer des stages  tous ces énarques et tous ces aventuriers de la politique qui dirigent la France et qui donnent l'impression de ne savoir concrètement rien. Maintenant que les casseurs s'en mêlent, que les forces de police vont se trouver de plus en plus dispersées, que des espaces entiers de la République leur échappent, que vont-ils faire ? Malgré tout ce qu'ils disent, ils n'ont aucune solution, puisque le système, leur système, ne leur en offre aucune et, bien au contraire, est le fomenteur direct de cette longue chienlit.

 

    Tous y passeront les uns après les autres, quels qu'ils soient. C'est pourquoi les rivaux  de Villepin, déclarés ou cachés, feraient bien de ne pas trop se réjouir. Ce qui lui est arrivé, leur arrivera à leur tour. Inéluctablement. Etant qu'ils n'auront pas compris ou, mieux, voulu comprendre que c'est ce système qui les empêche d'agir, il n'y aura pas  grand chose à espérer. Hélas, leur attention va rarement dans cette direction ; elle est tout entière ailleurs, à la prochaine réélection qui, pour eux, commande tout et les ramène dans le système fatal. En attendant, ce néfaste système tue les unes après les autres toutes leurs réformes. Et, plus sûrement encore, il tue la France.

 


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par Lux publié dans : Pensée politique
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Vendredi 14 avril 2006

La France est entrée dans une crise institutionnelle grave. Une loi votée selon une procédure admise par la Constitution, validée en outre par le Conseil constitutionnel, promulguée par le président de la République, est réputée nulle et non avenue par ceux-là mêmes qui l’ont fait voter et qui l’ont votée.

Le Premier ministre qui avait engagé la responsabilité de son gouvernement, se trouve désavoué et repentant ; autant dire qu’il ne gouverne plus.  Le président de la République ne remplit plus sa fonction constitutionnelle et obéit aux injonctions de la rue. Le Parlement qui est censé voter la loi, défait lui-même sa propre loi : les députés ne sont plus que des pions sans pouvoir. Le Conseil constitutionnel voit son autorité bafouée. Tous les mécanismes institutionnels se trouvent ainsi faussés.

Il est évident qu’il apparaîtra de plus en plus difficile de gouverner la France. Ce sont les principes mêmes de la représentation et du gouvernement qui sont atteints. Cette crise institutionnelle débouche en réalité sur une crise de régime que les élections présidentielles ne feront qu’aggraver. Le temps viendra où se posera inéluctablement la question des institutions : la France a besoin d’un pouvoir indépendant qui puisse gouverner dans la durée, et d’institutions vraiment représentatives de tous les intérêts particuliers qui organisent par la loi les libertés des citoyens, dont la liberté du travail.

De pareilles institutions souples et fortes auraient évité cette crise sur un simple contrat fait  pour des jeunes et auraient permis d’aborder la question du chômage avec efficacité et sérénité.

par Lux publié dans : Pensée politique
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