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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Mercredi 5 mars 2008

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En avril 2006 monsieur Bouteflika déclarait que « la France était responsable d’un génocide de l’identité, de l’histoire, de la langue et des traditions algériennes », niant le bilan positif de la colonisation et mettant ainsi fin au projet de traité d’amitié franco-algérienne en gestation.
Cette affirmation, jamais reniée, est un mensonge inacceptable et une contre-vérité historique absolue.

Mais avant d’évoquer ce que fut réellement notre œuvre colonisatrice pendant 130 ans, rappelons à monsieur Bouteflika que la population algérienne entre 1830 et 1962 est passée de 2 millions à 9 millions, ce qui ne fut pas le cas des Maoris de Nouvelle Zélande, des Aborigènes d’Australie ou des Indiens d’Amérique du Nord qui virent leur nombre divisé par dix avec l’arrivée des Européens.
Si nul ne conteste les exactions, les violences et les crimes qui ont toujours accompagné les conquêtes et les périodes de pacification au cours de l’histoire des peuples, la France n’a jamais cherché à détruire la culture et les traditions berbères ou arabes, ni à interdire leur religion ou leur langue. Par contre nul n’ignore que les Arabes ont conquis de façon définitive les contrées berbères pour y imposer la religion musulmane et la langue arabe. Où est le véritable génocide culturel ?
Quant aux exactions en tout genre, faut-il souligner que les Algériens n’ont pas été les derniers à faire preuve de barbarie, notamment en suppliciant des centaines de milliers de harkis dans d’abominables souffrances ?
Nous n’avons donc aucune leçon de morale à recevoir de monsieur Bouteflika.

En 1830 cette région sous Régence turque et soumise à la loi coranique, ne possédait ni monnaie propre, ni routes, ni écoles, ni hôpitaux, ni agriculture. Elle n’était qu’un repaire de pirates esclavagistes, les redoutables Barbaresques qui écumaient la Méditerranée depuis des siècles, en quête de captifs pour alimenter leurs harems et leurs marchés aux esclaves. Cette terre hostile s’appelait encore la Barbarie. C’est donc en 1830 que la France décida de mettre fin à la piraterie et s’empara d’Alger. A partir de cette date, et pendant 130 ans, ce pays qui allait devenir l’Algérie, connut le plus grand bond en avant de son histoire. D’un sol désertique les colons ont fait un verger en construisant de nombreux barrages, en forant des puits et en irriguant des centaines de milliers d’hectares. A son indépendance l’Algérie avait son autosuffisance alimentaire et pouvait exporter vins et agrumes.
D’une population totalement analphabète, la France a scolarisé 50% de la jeunesse en construisant une cinquantaine de lycées et collèges et quatre facultés dont une de médecine.
Au plan médical, alors que le taux de mortalité infantile atteignait 50% en 1830, nous avons éradiqué la dysenterie, le paludisme, la variole, la peste, le choléra et le typhus par des campagnes de vaccinations massives et des soins gratuits pour tous. 138 hôpitaux furent construits.
L’infrastructure ne fut pas en reste avec 54000 kms de routes et 80000 kms de pistes sahariennes, 4500 kms de voies ferrées, 23 ports et de nombreux aéroports. La France a installé des câbles sous-marins, des faisceaux hertziens et des structures de communications modernes qui faisaient de l’Algérie le pays le plus avancé d’Afrique. Dans le domaine industriel et minier nous avons exploité le fer, le zinc, le plomb, les phosphates et créé une industrie chimique et métallurgique moderne. Nous avons construit 4 centrales thermiques et mis en valeur le pétrole saharien qui a donné à l’Algérie une richesse inestimable équivalant à 95% de ses recettes.
Sans oublier les milliers de logements, les 274 stades et les complexes sportifs disséminés dans le pays.
Tel est le bilan de la colonisation dont nous n’avons pas à rougir. Saluons au contraire le courage et la volonté de ces explorateurs, ces militaires, ces missionnaires, ces médecins, ces colons et tous ces « pieds noirs » anonymes qui ont bâti ce pays dans le sang et les larmes pour le conduire vers la modernité. Ils ont non seulement fait de l’Algérie un État moderne, mais ils ont également fait la grandeur de la France.

On pourrait faire aujourd’hui le bilan de la décolonisation et de l’indépendance, mais laissons plutôt la parole aux Algériens eux mêmes, que nul ne pourra soupçonner d’Arabophobie. :

• « S’il est en Algérie, un domaine où l’effort de la France ne se discute pas, c’est bien le domaine de l’enseignement. On peut et on doit dire que l’école a été un succès certain. Les vieux maîtres, les premiers instituteurs ont apporté toute leur foi pédagogique sans arrière pensée et leur influence a été extrêmement heureuse ». (Abderrhamane Fares instituteur.)
• « La scolarisation française en Algérie, a fait faire aux Arabes un bond de mille ans ». (Belkacem Ibazizen, Conseiller d’Etat.)
• « Trente ans après l’indépendance nous voilà ruinés avec plus de nostalgiques que le pays comptait d’habitants et plus de rapetoux qu’il n’abritait de colons »….  « Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des pieds-noirs, s’ils étaient restés nous aurions peut-être évité cette tragédie ». (Boualam Sansal écrivain)
• « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi…..Quarante ans est un temps honnête, ce que nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants ». (Boualam Salam)
• « Dire que du temps des Français, ici c’était un jardin ». (Aït Ahmed. ex leader FLN)
• « L’œuvre de la France est admirable ! Si la France était restée 20 ans de plus elle aurait fait de l’Algérie l’équivalent d’un pays européen ». (Un ministre syrien à Ferhat Abbas au cours d’une visite à Alger).
• « Je ne pardonnerai jamais à la France d’avoir quitté l’Algérie » (Une Algérienne à Chirac lors d’un bain de foule).
• « Si les pieds-noirs n’étaient pas partis en masse, l’Algérie ne serait peut-être pas dans l’état désastreux dans lequel elle se trouve…Franchement on pourrait presque leur en vouloir ». (Malika Boussouf journaliste).
• «  A son indépendance, nul pays extérieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d’une infrastructure aussi développée que celle de l’Algérie ». (Bechir Ben Yahmed Directeur de « Jeune Afrique »).
• « La France a commis un crime. Elle a livré le peuple algérien aux tueurs et assassins ». (Ferhat Abbas, leader du FLN).

Comme tout dirigeant incompétent qui tente de s’exonérer de ses propres responsabilités, Bouteflika a trouvé en la France le bouc émissaire idéal : un pays qui se complaît dans l’auto-flagellation et la repentance à tout propos.
C’est une grave erreur et si nos dirigeants n’ont pas le courage de défendre notre œuvre colonisatrice, c’est pour nous un devoir d’honorer la mémoire de nos ancêtres qui ont fait la grandeur de la France au temps où elle rayonnait sur un magnifique empire de 11 millions de kilomètres carrés et où les noms de Dakar, Nouméa, Hanoï, Cayenne ou Djibouti évoquaient des paradis lointains pour des générations de Français nostalgiques d’aventures exotiques.
N’en déplaise aux esprits chagrins et timorés, la colonisation fut pour des millions d’hommes le plus grand fait de l’histoire.

par Lux publié dans : Histoire
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Mercredi 13 février 2008

Jean SÉVILLIA présente "Le livre noir de la Révolution Française"

Nous remercions l'écrivain et journaliste Jean SÉVILLIA qui nous a accordé un entretien expliquant la portée du "Livre noir de la Révolution Française" qui vient de paraître et qui constitue l'ouvrage de référence pour comprendre cette déchirure de l'histoire de notre pays.
1) Quelle est votre contribution à ce livre ?>21b456a777c91e54d4eaf3e1b844a4e8.jpg
Il y a deux ans, lorsque j’ai rencontré le père Renaud Escande, maître d’œuvre du futur Livre noir de la Révolution française, il m’a demandé quelle contribution je pourrais apporter à l’ouvrage. J’ai tout de suite eu l’idée que j’ai mise en œuvre avec un texte esquissant la réponse à cette question : « Fêtera-t-on le tricentenaire de la Révolution ? ». A l’époque, j’étais plongé dans la préparation de mon livre paru en 2007, Moralement correct, et j’étais hanté par l’ampleur des changements de la société et des mentalités que nous avons connus au cours des dernières décennies. En projetant le même espace-temps non plus vers le passé, mais vers l’avenir, je me suis dit qu’il serait intéressant de s’interroger sur ce qui restera de la Révolution française en 2089. Question qui peut s’entendre à double sens : que restera-t-il de la Révolution, mais que restera-t-il aussi de la France ? La prospective est un exercice à risque : tant de prédictions, heureuses ou malheureuses, ont été déjouées… Mais il n’est pas interdit de s’interroger dès lors que l’on sait que certains faits ont des conséquences inéluctables.

2) Quelle continuité existe-t-il avec vos ouvrages précédents ?
Je suis à la fois journaliste, essayiste et historien. Ma contribution au Livre noir de la Révolution française s’inscrit dans cette perspective : l’historien a travaillé sur 1889, le journaliste a plongé dans ses souvenirs de 1989, et l’essayiste a tenté de réfléchir à 2089.
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3) Quelle est l'idée qui est à la base de ce livre ?
En dépit du fait que tous les historiens sérieux, fussent-ils ardemment républicains, conviennent que la Révolution française pose un problème, l’imagerie officielle, celle des manuels scolaires du primaire et du secondaire, celle de la télévision, montre les événements de 1789 et des années suivantes comme le moment fondateur de notre société, en gommant tout ce qu’on veut cacher : la Terreur, la persécution religieuse, la dictature d’une minorité, le vandalisme artistique, etc. Aujourd’hui, on loue 1789 en reniant 1793. On veut bien de la Déclaration des Droits de l’homme, mais pas de la Loi des suspects. Mais comment démêler 1789 de 1793, quand on sait que le phénomène terroriste commence dès 1789 ?
Pour répondre à votre question, l’idée de base du Livre noir de la Révolution est de montrer cette face de la réalité qui n’est jamais montrée, et rappeler qu’il y a toujours eu une opposition à la Révolution française, mais sans trahir l’Histoire. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou non, la Révolution, c’est un pan de l’Histoire de la France et des Français. On ne l’effacera pas : au moins faut-il la comprendre.

4) Ce livre, auquel plusieurs professeurs ont participé, montre-t-il que le monde universitaire est en train de changer ?
Le monde universitaire a changé depuis longtemps. Rappelez-vous le Bicentenaire : de Pierre Chaunu à Jean Tulard, de Reynald Secher aux historiens étrangers que l’on découvrait alors, tel Alfred Cobban, tous les grands noms de la recherche historique se situaient, à des degrés divers, dans une position critique à l’égard de la Révolution française. Il faut rappeler le rôle essentiel et paradoxal de François Furet : cet homme de gauche, rallié au libéralisme mais jamais à la contre-révolution, a fortement participé au naufrage du mythe révolutionnaire dans les milieux intellectuels. Mais il ne s’est pas fait que des amis ! Depuis 1989, cependant, une génération a passé. D’où l’idée, avec ce Livre noir, de reprendre la question à nouveaux frais, avec des signatures en partie nouvelles.

5) En quoi un ouvrage sur la Révolution peut-il encore intéresser les Français d'aujourd'hui ?
Dans une société qui subit une véritable dépression culturelle, il existe encore un public cultivé, et qui lit. Si le Livre noir touche ce public, ce sera déjà bien. On observe, depuis des années, un véritable engouement autour du Moyen Age. A travers la foule qui déambule dans les châteaux de la Loire ou à Versailles, ou dans la vogue de la musique ancienne, on trouve un intérêt pour la civilisation pré-révolutionnaire. Il faudra bien arriver à ce que ce public regarde en face l’histoire de la Révolution. Quitte à être dérangé dans ses certitudes. Mais si j’en crois l’accueil rencontré par mon livre Historiquement correct, un ouvrage qui frise sans doute le demi-million de lecteurs, il y a du monde, en France, qui est prêt à remettre en cause quelques mythes historiques établis. J’espère que le Livre noir de la Révolution française, dont je ne suis qu’une des multiples voix, y contribuera.

par Lux publié dans : Histoire
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Dimanche 20 janvier 2008

 

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Louis XVI et la justice sociale:

Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens, il existe encore : le crédit municipal de Paris.
Il employa le premier l’expression de « justice sociale ».

 

Louis XVI et le droit des femmes:

Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher elles-mêmes leurs pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.

 

Louis XVI et la justice :

Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi », 90 ans avant la première convention de Genève.

Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant leur procès. Il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès. IL fit construire à ses frais des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons et ordonna l’abolition de la question. (Torture judiciaire, alors pratiquée dans tout les pays policés.)

 

Louis XVI et le handicap:

Il décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auxquels il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette. Louis XVI dota également l’école de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

 

Louis XVI et la santé:

Le roi Louis finança tous les aménagements de l’Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait un lit individuel, fonda l’Hôpital des Enfants Malades et celui de Bicêtre.

 

Louis XVI et la technique:

Louis XVI fonda l’Ecole des Mines et créa le musée des Sciences et Techniques, aujourd’hui Centre National des Arts et Métiers. Il finança sur ses propres fonds les expériences d’aérostation des frères Montgolfier; ainsi que les expériences de Jouffroy d’Abbans pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

 

Louis XVI et les arts:

Il créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique, créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le Musée du Louvre.

 

Louis XVI et la sûreté:

Il créa le corps des pompiers et mandat l’installation de pompes à feu pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

par Lux publié dans : Histoire
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Lundi 29 octobre 2007

Guy Moquet :

 

La prudence des historiens

face à un symbole ambigu

 

(Lu dans Le Figaro du 15 octobre 2007)

 

Le martyre du jeune homme fut utilisé pour faire oublier la politique du Parti communiste en 1939 et 1940.

 

Rien de plus émouvant que la lettre de Guy Môquet à sa mère avant d'être fusillé : « Ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous... » Et, pourtant, comment expliquer aujourd'hui les résistances ou les prudences de nombreux historiens à la lire dans tous les établissements ? La raison est complexe. Le Parti communiste français a fait depuis 1945 du martyre du jeune Guy Môquet un symbole de la résistance du Parti, destiné notamment à faire oublier le pacte germano-soviétique de 1939 et sa politique trouble au début de l'Occupation en 1940.

 

C'est dans ce contexte que s'inscrit l'arrestation de l'élève du lycée Carnot. Ce dernier n'est pas un collégien comme les autres. Militant actif, il est le fils du député communiste Prosper Môquet, qui vient d'être arrêté. Le décret-loi du 26 septembre 1939, pris par le gouvernement Daladier, a dissous le PCF, en raison de son soutien au pacte signé entre Ribbentrop et Molotov.

 

À l'arrivée des Allemands à Paris, des négociations secrètes vont d'ailleurs avoir lieu, en juin-juillet, entre les Allemands et les communistes dont certains sont libérés de prison, au grand dam de la police française. Mais, très vite, fin août, les négociations capotent et les Allemands laissent à nouveau carte blanche aux autorités de Vichy pour procéder aux arrestations des communistes, dont les tracts sont alors essentiellement dirigés contre le grand capital. Dans l'un d'eux, on peut lire : « Des magnats de l'industrie (...), qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays. » Les rafles se renforcent en octobre 1940 et c'est dans le cadre de l'une d'elles que le jeune Guy Môquet, alors âgé de 16 ans, est dénoncé et arrêté le 15 octobre. Il est alors interné d'abord en région parisienne puis au camp de Châteaubriant en Loire-Atlantique.

 

Lorsqu'en 1941, Hitler lance l'opération Barbarossa et envahit l'Union soviétique, les communistes français, dirigés par Jacques Duclos, décident alors de faire rapidement oublier leur attitude passée. En octobre 1941, trois attentats, à l'efficacité aujourd'hui contestée (1), sont menés à Nantes, Rouen et Bordeaux. À Nantes, le commandant des troupes d'occupation de Loire-Atlantique, est assassiné par hasard. Hitler est furieux et ordonne une répression sévère : vingt-trois prisonniers sont fusillés à Nantes ; à Châteaubriant, ils sont vingt-sept, communistes. Parmi eux le plus jeune, Guy Môquet.

 

Sa mort est aussitôt chantée par le Parti (Les Martyrs d'Aragon sont publiés dès 1942 aux éditions de Minuit), mais le général de Gaulle salue aussi la mémoire de Guy Môquet cité en 1944 à l'ordre de la Nation. Il est donc dans une certaine tradition « gaulliste » d'évoquer son martyre.

 

Vers une Histoire officielle

 

Parmi les réticences à lire la lettre de ce dernier, il y a chez certains historiens la suspicion longtemps entretenue sur son authenticité. Certains ont émis l'hypothèse qu'elle aurait pu être écrite par Duclos. Les originaux de certaines missives de fusillés, comme celle de Pierre Semard, fusillé en 1942, n'ont jamais été retrouvés. Formant après 1945, un enjeu crucial pour le PCF dans sa tentative de réécrire l'histoire, afin de se faire passer pour le « parti des 75 000 fusillés », certaines ont pu être, de l'avis de spécialistes, « fabriquées » a posteriori (2).

 

Dans le cas de Guy Môquet, l'historien Jean-Pierre Azéma, spécialiste de Vichy et membre de l'association Liberté pour l'Histoire, est catégorique. On vient de découvrir l'original qu'il a pu examiner au Musée de la Résistance de Champigny. « Jusqu'à plus ample informé, il n'y a plus d'ambiguïté sur son authenticité », affirme Azéma.

 

La réticence des historiens se déplace désormais sur un autre terrain : le respect de leur autonomie. La lecture de cette lettre selon eux, doit être volontaire. C'est ce qu'a demandé l'association des professeurs d'histoire-géo, relayée par Liberté pour l'Histoire. Celle-ci se mobilise désormais sur un autre front. Elle vient de découvrir l'existence d'une directive européenne, prise sur le modèle des lois mémorielles en France, et qui doit s'appliquer à l'ensemble des législations européennes. Un pas de plus vers cette Histoire officielle dont les historiens français espéraient se libérer...

                                                                                                                                                                                                          Jacques de Saint Victor

 

 

(1) Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Le Sang des communistes, Fayard, 2004. (2) Stéphane Courtois, « Luttes politiques et élaboration d'une histoire. Le PCF historien du PCF dans la Seconde Guerrre mondiale », revue Communisme, 4, 1983.

par Lux publié dans : Histoire
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Samedi 20 octobre 2007

 

 

 Quelques uns de nos hommes politiques – à vrai dire très rares - ont réussi à se transformer de leur vivant en légendes, puis après leur mort, en véritables mythes : c’est le cas de Napoléon, qui, cent quatre-vingt six ans après sa mort, est toujours porté aux nues par une partie non-négligeable des français.



Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de nier le génie militaire de Napoléon, ni surtout son extraordinaire sens de l’opportunité, son fameux « coup d’oeil » qui lui permettait en un instant d’évaluer une situation et de la transformer en victoire… Non, ce qu’on ne comprend pas, c’est comment cet homme a réussi si longtemps à faire considérer par une partie non-négligeable des français, d’hier et encore d’aujourd’hui, son aventure personnelle, c’est-à-dire une espèce de tragi-comédie sanglante, démesurée et rococo, comme une épopée digne de notre Nation !

 

 

Une très courte durée

Cette remarque est encore plus éclairante quand on pense à la très courte durée de l’aventure napoléonienne : en effet, il s’est écoulé seulement seize ans entre le 18 brumaire (1799) et Waterloo (18 juin 1815). Considérez cette faible durée à l’aune de l’Histoire…   Comparez-là au siècle de Louis XIV et à celui de Louis XV ! Qu’est-ce que Napoléon a bâtit pendant toute cette période ? Deux arcs de triomphe ! Et surtout lorsque, en dignes disciples de Charles Maurras, nous essayons de jauger l’aventure napoléonienne par rapport à l’intérêt national, nous découvrons que l’Empire a laissé derrière lui une France ruinée, exsangue, ayant perdu, pour la gloire, plus de soldats que pendant la guerre de 14 – 18 ! Et cette France, détestée par la plupart des peuples européens au moins autant que l’a été plus tard l’Allemagne nazie, a été tenue en lisière par les alliés pendant plusieurs décennies !

 

                                                                                                           L’Europe allemande

 

Ajoutons que nous avons payé chèrement les modifications de la carte politique de l’Europe, car l’unité allemande découle des coups de crayon de l’Empereur.  La suite de cette unité, c’est trois guerres franco-allemandes (1870,1914, 1939 ) qui ont laissé, non seulement la France et l’Allemagne, mais l’ensemble du continent européen, ruiné et sans force face à des concurrents extérieurs.  Mais surtout, le résultat catastrophique de l’aventure napoléonienne a été d’acclimater durablement les idées révolutionnaires dans notre pays. Si Napoléon n’avait pas existé, la révolution aurait fini dans un immense chaos plein d’horreurs, de corruption et de désordres, de sorte que la restauration des Bourbons aurait pu s’effectuer dans les esprits, sous forme de contre-révolution. On ne peut pas réécrire l’Histoire,  mais au moins, on doit la connaître !

 

                                                                                Georges Rousseau

                                                                                    La Restauration Nationale

par Lux publié dans : Histoire
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« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

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