Revues

                                         

“POLITIQUE MAGAZINE” couverture25.jpg

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 

LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

Pour toutes informations sur ces
publications, merci de nous
envoyer un mail.

Mercredi 18 octobre 2006

 

Un essai sur la place actuelle et possible

de la diplomatie française

 

par Gilles Varange

Chef de la rubrique de politique étrangère

à Politique Magazine

Rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Universelle

 

 

 

Entre empires et nations

UN CHEMIN FRANÇAIS

 

 

A.F Picardie vous propose deux extraits de ce livre lumineux que doivent absolument posséder tous ceux qui s’intéressent à la politique étrangère :  

 

 

(…)  Eh bien, ce monde là ressemble de façon prodigieuse à celui que nous annonçait Charles Maurras dans son Kiel et Tanger, écrit il y a près d'un siècle. Dans le mensuel Politique magazine, Hilaire de Crémiers notait que, tout au long des cinquante dernières années, chaque fois qu'un de nos hommes politiques se distinguait par une certaine hauteur intellectuelle, on pouvait être assuré qu'il s'était frotté à un moment ou l'autre de sa vie à la pensée maurrassienne. Combien cette remarque paraît plus vraie encore lorsqu'il s'agit de politique extérieure !  On pourrait même dire que, depuis le début de la Ve République ) jusqu'à une époque récente, Kiel et Tanger aura été, pour notre diplomatie, le livre magique, le grimoire secret dont il convenait de s'inspirer toujours et de ne parler jamais.   Un ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Jobert, a confié que c'était l'un des rares livres toujours présents sur le bureau de Georges Pompidou. Comment expliquer un tel intérêt ? Pour le comprendre, il paraît indispensable de citer quelques brefs extraits de cet ouvrage, glanés au fil des pages:

 

« La terre tend à devenir anglo-saxonne pour une part ( ... ) Le monde jaune s'éveille. L'islam renaît ( ... ) Le monde de demain aura donc chance de se présenter pour longtemps non comme une aire plane et découverte abandonnée à la dispute de trois ou quatre dominateurs, non davantage comme un damier de moyens et de petits États, mais plutôt comme le composé de ces deux systèmes : plusieurs empires avec nombre de nationalités, petites ou moyennes, dans les entre-deux. Un monde ainsi formé ne sera pas des plus tranquilles. Les faibles y seront trop faibles, les puissants trop puissants et la paix des uns et des autres ne reposera guère que sur la terreur qu'auront su s'inspirer réciproquement les colosses. »

 

 

Et ce monde futur tel qu'il l'imaginait (en 1910 !) conduisait Charles Maurras à préconiser la diplomatie suivante:

 

« Ce tremblement et cette concurrence fourniraient justement le terrain favorable et le juste champ d'élection sur lequel une France pourrait manœuvrer, avec facilité et franchise, du seul fait qu'elle se trouverait, par sa taille et par sa structure, très heureusement établie à égale distance des empires géants et de la poussière des petites nations jalouses de leur indépendance. Les circonstances seront propices à l'interposition d'un État de grandeur moyenne, de constitution robuste et ferme comme la nôtre. »

 

 

Pour Maurras, toute l'énergie d'une France placée devant une telle configuration diplomatique

 

« pourrait être employée à un travail souterrain de correspondance, d'entente et d'organisation, pratiqué parmi les peuples de puissances secondaires, parmi les demi-faibles, affamés d'une sécurité moins précaire, aspirant à une existence mieux garantie ( ... ) Les États secondaires seraient comme chassés par la force des choses dans notre direction : nous les verrions s'enfuir vers nous ( ... ) La politique éternelle des rois de France, volonté d'empêcher la monarchie universelle ou le poids excessif de telle ou telle coalition, recommencerait à rayonner efficacement. Comme jadis, en raison de l'infériorité numérique qui nous échut parfois, sans nous procurer de désavantage réel, nous n'aurons peut-être pas sur la carte le volume des plus grandes puissances. Nous en aurons l'autorité morale fondée sur une force vive supérieure. »

 

Ces extraits jettent une lueur singulière sur la politique extérieure mise en oeuvre par le général De Gaulle après son retour aux affaires en 1958: impossible de douter qu'elle ait été directement inspirée par la puissante vision maurrassienne !  Mais, il faut aussitôt admettre que cette politique n'a pas donné, c'est le moins que l'on puisse dire, les résultats fructueux qu'on eût pu en attendre. D'où cette inévitable question : dans la démarche diplomatique du gaullisme, où furent les failles ? On en peut discerner au moins trois, la première liée à la nature même du personnage, les deux autres tenant aux défauts du système politique français. (…)

 

 

0000000000000

 

 

 

(…)  Tel est le paradoxe : si la France entend pouvoir à nouveau exercer un rôle à la mesure de son histoire sur la scène internationale, l'urgence consiste pour elle à s'attaquer aux réformes radicales, de nature éminemment politique, que nécessite son état intérieur dramatique. Quand, par exemple, on constate l'état de quasi-sécession ethnique dans lequel se trouvent des zones entières de notre pays, quand notre endettement terrifiant risque de mener d'ici à une décennie à une situation de type argentin, quand tous les régimes sociaux risquent d'exploser sous le poids de la dette, quand enfin les pouvoirs publics, l'administration publique, n'apparaissent plus que comme les otages de féodalités syndicales toutes puissantes, le temps n'est plus à singer la grandeur et la puissance sur la scène internationale. Tout passe d'abord par la restauration d'un État digne de ce nom, refondé sur une authentique légitimité.

 

Tel est le vrai, le grand défi pour la France des premières années du troisième millénaire si elle entend jouer demain son rôle naturel d'éveilleur et de fédérateur des nations moyennes et petites, de défenseur de la pérennité et de la liberté des nations historiques face aux empires éphémères. Avec une extraordinaire prescience du monde à venir, c'est le rôle que l'invitait déjà à tenir Charles Maurras, il y a près d'un siècle. Ce monde nouveau que le maître de Martigues ne pouvait qu'entrevoir, le voilà qui se forme sous nos yeux et, du spectacle encore confus et contradictoire qu'il nous offre, une certitude au moins se dégage : aucune configuration internationale, depuis longtemps, n'avait été aussi propice à l'heureux développement d'une politique française réellement indépendante. Ne manque pour ce grand oeuvre qu'une France rassemblée et rendue à sa vocation nationale.

 

Adresser votre commande et règlement par chèque à :

 

Editions La Colombe  -  7, rue Constance   78018 Paris

 

 

editionslacolombe@wanadoo.fr

 

 

15 Euros  franco de port

par Lux publié dans : Pensée politique
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 18 octobre 2006

Chirac exprime ses "regrets", selon le 1er ministre turc

 

ANKARA (AFP) - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué samedi soir avoir reçu un appel téléphonique du président français Jacques Chirac lui exprimant ses "regrets" au sujet du vote en première lecture par les députés français d'une proposition de loi sur le génocide arménien.

"M. Chirac m'a fait part ce (samedi) matin de ses regrets et indiqué qu'il me donnait raison" quant à la forte réaction de la Turquie au sujet du texte adopté jeudi à l'Assemblée nationale française punissant la négation du génocide arménien, a-t-il dit lors d'un dîner de rupture de jeûne pour le Ramadan à Edirne (nord-ouest), cité par l'agence Anatolie.

par Lux publié dans : Actualité nationale
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 17 octobre 2006

 

La question de l’avortement pose celle du statut de la personne humaine. La dignité absolue de celle-ci est une donnée préalable au politique. Il n’est pas de son domaine de l’atténuer, il est par contre de son devoir de la protéger. Il n’est pas non plus de son ressort de déterminer à quel moment un embryon devient une personne ou quel individu mérite ou pas d’être considéré comme humain. L’État doit donc par prudence considérer que tout être conçu d’un homme et d’une femme, dès le moment de sa conception, est une personne humaine. Il est alors de son devoir de protéger, par un statut juridique, la dignité de cette personne, particulièrement pour les plus faibles, qui ne peuvent se défendre par elles-mêmes : embryons, enfants, handicapés, personnes âgées. Ce statut doit protéger la personne contre toute atteinte. D’abord contre tout atteinte vitale : meurtre (hors le cas de légitime défense) mais aussi avortement ou euthanasie. Mais aussi contre sa chosification : trafics humains, commerce d’organes, manipulations génétiques autres que curatives, clonage, etc.

Il est d’autre part du devoir de l’État de se soucier du devenir de la société dont il est le serviteur. Il lui faut donc favoriser la natalité ce que l’avortement ne fait à l’évidence pas.

Ceci étant dit, il ne faut pas méconnaître la détresse de certaines femmes devant des grossesses qu’elles ne peuvent assumer. Il faut donc que l’État se soucie de ce problème. Il doit le faire d’abord en facilitant par une politique familiale généreuse l’accueil des enfants par les parents. Ensuite en favorisant l’adoption. Enfin en venant en aide aux parents, et plus particulièrement aux femmes, dont la situation rend difficile l’éducation d’enfants.

D’une façon plus générale la Fédération des Etudiants Royalistes d'Aquitaine estime que l’État doit aider la famille à assumer ses charges envers les enfants, les personnes âgées, les handicapés, non seulement par des aides matérielles mais aussi en l’institutionnalisant par un statut juridique qui lui permettrait, par exemple, d’être représentée à l’Assemblée nationale. Au besoin, il a le devoir de se substituer aux familles qui ne pourraient assumer ces charges.

par Lux publié dans : Formation politique
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 17 octobre 2006


L'idée de nation n'est pas une « nuée » comme le disent les hurluberlus anarchistes, elle est la représentation en termes abstraits d'une forte réalité. La nation est le plus vaste des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets. Brisez le, et vous dénudez l'individu. Il perdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours.

Libre de sa nation, il ne le sera ni de la pénurie, ni de l'exploitation, ni de la mort violente. Nous concluons, conformément à la vérité naturelle, que tout ce qu'il est, tout ce qu'il a, tout ce qu'il aime est conditionné par l'existence de la nation : pour peu qu'il veuille se garder, il faut donc qu'il défende coûte que coûte sa nation. Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse. Les Allemands déifiant l'Allemagne parlent de son vieux Dieu, comme de Jéhovah, seul, infini et tout puissant. Une déesse France entre naturellement en rapport et composition avec les principes de vie internationale qui peuvent le limiter et l'équilibrer. En un mot, la nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c'est la plus forte, voilà tout.

Subsumant tous les autres grands intérêts communs et les tenant dans sa dépendance, il est parfaitement clair que, en cas de conflit, tous ces intérêts doivent lui céder, par définition : lui cédant, ils cèdent encore à ce qu'ils contiennent eux mêmes de plus général.


La nation passe avant tous les groupes de la nation. La défense du tout s'impose aux parties.


Dans l'ordre des réalités, il y a d'abord les nations. Les nations avant les classes. Les nations avant les affaires.


Le droit des nations participe de leur inégalité. Il contient donc de l'identifique et du différent.

Le sentiment national varie évidemment de peuple à peuple ; il y a des formes de gouvernement qui le protègent et le fortifient, d'autres qui le relâchent et le dissolvent. Sous ces formes différentes, des traditions inégales de force et d'efficacité sont maintenues   ou négligées   ou renoncées.

La diversité de ces éléments est une des causes de la diversité de l'Europe, qui, elle même, réagit aussi sur les nations, par la variété de leurs cadres territoriaux, des besoins et des ambitions, et des satisfactions que ces ambitions ou ces besoins y reçoivent.


Les mots suffisent à le dire, on se met d'un parti, on naît d'une nation. On ne saurait trop répéter qu'il y a entre les deux termes la différence de l'Association à la Société.

Ceux qui s'associent créent l'élément commun établi entre eux. Les membres d'une société commencent par en être. Ils peuvent y adhérer ensuite, se. révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur préexistait. Si leur volonté personnelle crée leur conduite à son égard, son existence à elle ne dépend de la leur que dans une faible mesure, et fort éloignée.


Pour établir le caractère distinctif d'une nation quelconque, on peut se borner à considérer un unique moment de son histoire. Les qualités que l'on affirme d'un peuple doivent être des constantes, de manière à se révéler tout le long de sa vie.


par Lux publié dans : textes de Charles Maurras
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 16 octobre 2006


La patrie : fait de nature


Notre patrie n'est pas née d'un contrat entre ses enfants, elle n'est pas le fruit d'un pacte consenti entre leurs volontés : voilà ce que l'esprit du XIXe siècle finissant admettait déjà. Mais voilà aussi ce qui faisait que les logiques tenants de l'individualisme révolutionnaire refusaient alors de servir, de saluer, même d'admettre l'idée de patrie. Seulement, celle-ci a su s'imposer par la force des menaces européennes : il a donc fallu que, peu à peu, le Gouvernement se patriotisât, et qu'il se militarisât, qu'il rentrât en un mot dans la ligne du plus grand intérêt qui nous soit commun. Mais cette réaction de fait, cette réaction instinctive et physique, d'ailleurs contrariée par les forces et les intérêts républicains, n'est point ce qui justifie l'idée de patrie.


On est tenté de la définir une association d'intérêts mais si le mot d'intérêts porte un sens précieux, celui d'association en détruit l'effet, car « s'associer » est un acte de volonté personnelle, et ce n'est pas notre volonté qui nous a faits Français. Nous n'avons pas voulu notre nationalité, nous ne l'avons ni délibérée ni même acceptée. Quelques transfuges la quittent bien : ceux qui restent ne choisissent pas de rester. C'est un état dont ils s'accommodent et dont dix mille fois contre une, ils ne songent même pas à cesser de s'accommoder. Une association dure par l'acte continu de la volonté personnelle, mais la patrie dure au contraire par une activité générale supérieure en valeur, comme en date, à la volonté des personnes. La patrie est une société naturelle, ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie   la terre de ses pères  que l'on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance, comme on peut naître Montmorency ou Bourbon. C'est avant tout un phénomène d'hérédité.

La sensibilité démocratique et républicaine qui se débat instinctivement contre ces idées, et surtout contre leurs conséquences, fait ce qu'elle peut pour y échapper.


Les Français nous sont amis parce qu'ils sont Français, ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous : ils nous sont donnés par la nature. Ne laissons jamais mettre cette charrue avant ce boeuf. Ne laissons pas dire non plus que, en mettant devant ce qui doit y être, nous sacrifions ce qui suit, car ce qui suit n'est bien qu'en étant à sa place. Rien ne serait plus précieux que d'avoir des Français unis par des liens d'amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs. On fera plus pour l'amitié des Français en disant l'origine et les fortes raisons de leur communauté nationale qu'en leur imputant d'ores et déjà des sympathies théoriques, obligatoires. Les Français d'aujourd'hui s'étonneront si l'on commence par leur affirmer le caractère forcément amical de leurs relations civiques, car la vie sociale n'est aucunement une idylle, et les démentis à ce rêve, ne cessant de pleuvoir en fait, multiplieront les sujets de déception et d'irritation par lesquels l'amitié effective sera retardée.


Au contraire, l'étude de notre antique parenté française et de ses avantages accrus par dix siècles de collaboration graduelle réveillerait les sentiments par lesquels nos pères s'unirent, contre l'ennemi menaçant, autour du sceptre ami, de l'épée tutélaire, du patron et du défenseur couronne. Notre histoire montre qu'il est bien vrai que les États se fondèrent sur I'amitié, mais qu'il. est extrêmement faux qu'une fois fondés, les États ne tiennent que sur cette base. Car l'amitié eut des effets. Elle créa une hérédité. C'est ce principe héréditaire qui joue alors au premier plan. Ainsi nous le suggère le nom même de la patrie ; ainsi le crie plus haut encore le terme de nation, qui dit naissance ou ne dit rien.

Ainsi conçu dans sa moelle historique, dans son essence héréditaire, le patriotisme se rapproche de toutes les idées contre lesquelles la démocratie s'éleva de tout temps ; il fait disparaître les vieilles répugnances qui pourraient subsister contre la notion de souveraineté héritée. Quand on comprend qu'une patrie a pour fonction de résister aux orages du Temps, quand on conçoit la nation, comme Barrès, ainsi qu'« une chose éternelle », quand on sait que la France n'est pas une réunion d'individus qui votent, mais un corps de familles qui vivent, les objections de principe s'évanouissent et le sens historique réclame comme nécessité ou convenance ce qui semblait d'abord faire difficulté.


Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n'est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s'agit d'envisager ou de pratiquer le patriotisme, c'est la question de son être même, c'est le problème de sa vie ou de sa mort.

Pour être juste (ou injuste), il faut tout d'abord qu'elle soit. Il est sophistique d'introduire le cas de la justice, de l'injustice ou de tout autre mode de la patrie au chapitre qui traite seulement de son être. Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu'ils sont vos père et mère indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la Patrie parce qu'elle est elle et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu'elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l'honorerez. Votre Patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté. La justice n'y perdra rien, la première condition d'une patrie juste, comme de toute patrie, étant d'exister, la seconde étant d'ailleurs de posséder cette indépendance de mouvement et cette liberté de l'action volontaire sans laquelle la justice n'est plus qu'un rêve.


L'égoïsme patriotique


Oui, le secours de l'homme est dû à tous les hommes. OEdipe et don Juan sont d'accord. Cependant, il me semble me souvenir qu'il est plutôt recommandé de secourir d'abord notre prochain et, comme le prochain, dans le langage sacré, proximus est un véritable superlatif, il. en ressort que c'est aux êtres humains les moins éloignés de nous que doit s'adresser la première charité.

Est ce égoïsme ? Non : nous y sortons de nous, de notre vrai nous, celui qui s'appelle moi. Il n'y a aucune trace d'égoïsme à prendre tout d'abord pour objet de nos soins les gens auprès de qui le sort nous fait vivre. C'est par un jeu mobile de métaphores que l'on dit : égoïsme national ou « égoïsme sacré ». Ces égoïsmes collectifs n'ont pas de sujet personnel unique, qui en soit comptable. Les critiques de l'égoïsme national ainsi libellées n'ont aucun objet. Celui qui sert sa patrie ne se sert pas, lui. Il se dévoue à autre chose que lui. Et c'est d'ailleurs à ce groupe tout proche, maison, rue, village, que s'applique un amour du prochain réel et fécond.

Il y a sans doute les Chinois et les Tibétains que j'honore et admire, mais ils sont un peu loin pour en tirer aucun profit. Commençons par donner un coup d'épaule à notre voisin Ucalégon, surtout s'il brûle, c'est un principe de morale élémentaire, la politique le ratifie.

par Lux publié dans : textes de Charles Maurras
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Citation

undefined

 


« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

Recherche

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus