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Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Mercredi 17 janvier 2007

Un humoriste, à qui l’on posait récemment la question : «  Qu’est-ce que c’est, Noël ? », a répondu : « C’est la fête des commerçants ! ». Cette répartie donne une idée de la baisse incroyable du sentiment religieux dans notre pays. Non pas que nous rejetions huîtres, foie gras et chapons de Bresse, qui, avec le champagne, font partie de la tradition française des fêtes de fin d’année ! Mais limiter la Nativité à la nourriture, si bonne soit-elle, ou aux cadeaux, si beaux soient-ils, c’est faire peu de cas de tout le reste ! A-t-on déjà oublié que l’Homme ne vit pas seulement de pain ? On constate là le résultat de deux siècles du profond matérialisme né de la Philosophie des Lumières, amplifié par l’hédonisme post-moderne. En fait, cette vague de fond ne s’attaque pas seulement au domaine spirituel, mais elle touche plus généralement la vision et l’attitude de l’Homme vis-à-vis du monde. Les fondements sur lesquels était édifiée la culture classique, élaborée après plus de vingt siècles d’efforts, de réflexion et d’expérience, ont été rejetés, non seulement dans le domaine strictement religieux, mais aussi dans le domaine moral comme dans celui de l’art et de la pensée. On a voulu une rupture, pour employer un mot à la mode, eh bien ! on y est parvenu. Les notions de Bien, de Beau et de Vrai, sur lesquelles était établie la pensée classique depuis Athènes et Rome, sont désormais considérées comme sans valeur, pour ne pas dire comme ringardes…Est bien ce que je veux, est beau ce que je pense beau, est vrai ce que je crois vrai. En outre, il s’agit de ce que je veux,  pense ou  crois à un moment donné ! L’instant d’après, ce que je veux, pense ou crois sera peut-être différent, et ce que je voulais, pensais ou croyais auparavant sera devenu mauvais, laid ou faux…Cette instabilité chronique dans les valeurs et les appréciations fait irrésistiblement penser à un homme ivre, à un bateau sans gouvernail, à un pilote sans radar ! Dans n’importe quel  domaine, sans quelques points de repère, il est rigoureusement impossible de trouver son chemin : si chaque homme rejette le trésor d’expérience, de savoir et de sagesse que lui ont légué ses ancêtres, s’il s’en tient à son expérience personnelle et momentanée, il avance en aveugle et se heurte à tous les obstacles qu’il rencontre, qu’ils soient  matériels, intellectuels ou spirituels. En somme, l’Humanité que nous fabriquons est  volontairement estropiée, aveugle et sans mémoire ! Du passé faisons table rase : on sait comment finit la chanson…

 

                                                Le danger est pour les jeunes

 

Bien sûr, ce ne sont pas les plus âgés d’entre nous  qui courent les plus grands dangers, car les gens d’un certain âge ont conservé les bases données par l’éducation antérieure à ces errements. Ce sont les jeunes qui en souffrent le plus et qui en souffriront encore plus au fur et à mesure que ce système intellectuel, ou plutôt cette absence de système, s’imposera. Par exemple, on vient de découvrir qu’en France, environ 40.000 étudiantes ou étudiants se prostituent pour « arrondir leurs fins de mois ». Au nom de quelle règle pourrait-on le leur reprocher, et encore plus le leur interdire, puisque aucun impératif ne saurait s’imposer dans quelque domaine que ce soit ? En application de ce principe, on ne peut que dire à ces malheureux (ses) : « prostitues-toi si tu le veux, si tu crois que c’est plus facile, si tu penses que tu es libre d’utiliser ton corps comme tu l’entends »…On voit jusqu’à quelle extrémité ce genre de discours mène !

 

                                                    Des alibis d’allure morale      

 

Assez  curieusement,  les mêmes  donneurs  de  leçons  qui  prétendent  qu’il  est  «   interdit 

d’interdire » sont les mêmes qui, sans arrêt, mènent des campagnes, à grand renfort d’émissions de radio et de télévision, à l’encontre des fumeurs de cigarettes et de la consommation d’alcool. Qu’on me comprenne bien : je suis convaincu que l’abus du tabac et de l’alcool sont nocifs pour la santé. Mais comment peut-on  justifier leur interdiction dans une société où, paraît-il, il est interdit d’interdire ? Sur la base de quelle valeur, puisque celles-ci n’existent pas ? En outre, vous remarquerez que ces mêmes personnes ne parlent jamais de l’abus de la drogue et en particulier du cannabis, dont l’usage augmente constamment dans notre pays. On sait notamment, que les drogues sont à l’origine d’un nombre grandissant  d’accidents de la route. Pourquoi cette singulière différence de traitement, sinon que la drogue jouit, dans les milieux dirigeants français, d’une singulière faveur ! On a bien l’impression que ces campagnes très médiatisées sont une sorte d’ alibi : elles ont pour seul but de faire croire au pauvre peuple que nos élites sont « morales » ou, si vous préférez, qu’il existe encore une morale, alors que, par définition, cela n’est plus le cas.

 

                                                          L’alibi humanitaire

 

C’est l’autre alibi hypocrite qui permet à certains de se donner une allure « morale », quand les principes dont ils se réclament n’admettent pas  qu’il en existe. Je dis bien hypocrite, car on est stupéfait de constater à quel point le raisonnement de ces gens-là est biaisé. Prenons l’exemple de la peine de mort : la plupart de ces individus sont contre le châtiment suprême, alors qu’il frappe, sauf erreur judiciaire, des criminels, tandis que les mêmes personnes sont en général favorables à l’avortement,  qui frappe toujours des êtres innocents…Par ailleurs, les causes humanitaires sont souvent utilisées pour accroître la culpabilité des pays autrefois dotés d’un empire colonial. Un raisonnement, que l’on exprime quelquefois mais qui est souvent sous-entendu, prétend que les pays colonisateurs se sont enrichis au dépend des pays colonisés, alors que, au moins en ce qui concerne la France, les colonies nous ont coûté beaucoup plus cher que ce qu’elles nous ont rapporté. On assimile d’ailleurs souvent la colonisation à l’esclavage, en omettant d’ailleurs de dire que la traite des noirs n’a pu fonctionner que parce les tribus implantées sur la côte partaient razzier les villages situés à l’intérieur de l’Afrique et vendaient aux trafiquants blancs les malheureux qu’ils ramenaient !

 

                                                  Quelques espoirs sont permis

 

L’avenir serait bien sombre si une certaine évolution ne se faisait jour. Depuis cinq ou six ans, une sensible amélioration a commencé à apparaître. Sur quelques sujets, la langue de bois à tendance à disparaître et certains raisonnements simplistes qu’on a entendu pendant longtemps commencent à ne plus être utilisés. C’est ainsi qu’on ne se sent plus obligé de prétendre que l’immigration est, dans tous les cas et dans n’importe quelles conditions,  « une chance pour la France ». De même, on entend moins souvent l’antienne selon laquelle les délinquants doivent être traités avec mansuétude, car c’est la faute de la société s’ils sont comme cela ! Dans le même ordre d’idées, on parle même de modifier l’ordonnance de 1945 sur les mineurs délinquants. Quelques progrès sont aussi fait dans le domaine de l’éducation. On vient par exemple de voir remettre en cause les méthodes, autant fantaisistes qu’alambiquées, d’apprentissage de la lecture… Mais nous savons bien, nous, royalistes d’Action Française,  que l’on ne pourra réellement améliorer la situation et procéder aux réformes indispensables que si l’on  change de système politique !

                                                                                                                    Georges Rousseau
par Lux publié dans : Actualité nationale
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Lundi 1 janvier 2007

Sur le plan politique, l’année 2007, qui ne comptera pas moins de deux échéances très importantes, l’élection présidentielle et les élections législatives, va être une année chaotique pour la France…


Démocratie oblige. personne n’est capable de prévoir ce que nous réserve l’année nouvelle ! Notre pays peut donc très bien se retrouver dans quelques mois avec à sa tète une Ségolène Royal, qui a très peu d’expérience mais qui, compte - tenu de son entourage et de ses intérêts électoraux, sera plus ou moins obligée d’appliquer le calamiteux programme du parti socialiste ! On peut , également, à condition que les efforts venimeux de certains membres de l’U.M.P., et non des moindres, associés à une Madame Alliot - Marie bien mal inspirée, ne démobilisent pas l’électorat du centre - droit, voir Nicolas Sarkozy élu Président…Mais, dans les deux cas, l’un et l’autre peuvent, quelques mois plus tard, faire face à une Assemblée dont la majorité sera composée de parlementaires adverses. Dans ce cas, et malgré la réforme qui a consisté à ramener à cinq ans la durée du mandat présidentiel, nous connaîtrions de nouveau une cohabitation. On sait quelles difficultés et surtout quel immobilisme une telle situation est capable de générer…Nous ne cesserons jamais de le répéter, la démocratie en France, c’est le saut dans l’inconnu, voire la roulette russe, personne ne pouvant prévoir les fluctuations erratiques de l’opinion !

 

                                        Les élections coûtent cher


En outre, les élections ont un coût, qui est loin d’être négligeable. L’organisation matérielle du scrutin, l’impression des bulletins de vote, l’impression et l’envoi par la poste des « professions de foi » des candidats, les passages à la télévision, le remboursement des frais de campagne, sans parler des subventions versées aux partis, tout cela fait un chiffre pharamineux. Ajoutons à ce montant les «  cadeaux » dont il est d’usage, à ces occasions,  de saupoudrer certaines fractions remuantes de l’électorat – voir par exemple l’accord récent avec les intermittents du spectacle, ou les 70 millions d’euros qu’on vient de décider de verser aux associations de défense des sans - domicile fixes – et la facture gonfle de manière vertigineuse…Si l’on met en comparaison ce gouffre financier et les prétendues dépenses inconsidérées de nos Reines et des maîtresses de nos Rois, dont on nous a tant cassé les oreilles, on est loin du compte  ! Et dans ce cas au moins, il en restait souvent quelque chose, et quelque chose de beau : voyez le Trianon ou le Château d’Anet ! En tous cas,  nous n’avons pas à nous gêner de faire remarquer le coût exorbitant des élections républicaines, qui se renouvellent sans arrêt. En 2007 : les présidentielle et législatives, en 2008 : les municipales, en 2009 : les cantonales et sénatoriales, en 2010 : les européennes…Cela n’arrête pas ! Ne serait-ce qu’à cause de ce gâchis, ne pensez- vous pas qu’il serait plus simple de changer de régime, et de décider une fois pour toute que le pays serait, à l’avenir, dirigé par un Roi ? Vous me direz, cela réglerait le cas des présidentielles, mais il resterait toutes les autres élections…Mais, dans le cadre d’une monarchie rénovée où la fonction de représentation se distinguerait de la fonction de gouvernement , la mentalité des élus serait profondément transformée. Ils cesseraient  désormais de former des clans ne rêvant que de s’emparer du pouvoir, mais exerceraient une mission de service . Par ailleurs, grâce à l’interdiction généralisée du cumul des mandats, les élus disposeraient du temps nécessaire pour traiter les problèmes réels de leurs circonscriptions. De même, les partis ne seraient plus des machines destinées au combat politique, mais d’  efficaces laboratoires d’idées. Une véritable révolution, celle dont la France a besoin !

                                    

                          Une émission sur la Maison de France


Une fois n’est pas coutume, nous avons pu regarder sur FR 3 il y a une quinzaine de jours une émission remarquable, malheureusement programmée en fin de journée. Stephane Bern et son équipe ont réalisé quasiment un sans faute avec l’évocation, mêlée d ‘interviewes, des trois derniers princes de la famille des Bourbons – Orléans : Henri, comte de Paris, décédé il y a quelques années, Henri, comte de Paris et duc de France, actuel chef de la Maison de France  et Jean, duc de Vendôme, notre Dauphin. Un portrait très proche de la vérité, montrant les princes français, chacun avec leur style propre, mais tous attachés à la connaissance du pays réel et des problèmes qui se posent à la France. Peu de choses ont été cachées, ni les problèmes financiers et autres de certains membres de la famille, ni les espoirs que le comte de Paris avait autrefois placés dans le Général de Gaulle, mais elles ont été traitées avec beaucoup de délicatesse. En particulier, le Prince Jean était présenté d’une manière à la fois véridique et très digne.  Cela faisait plaisir à voir !

 

                               Venez nombreux à la Galette des Rois


Comme chaque année, la Fédération d’Ile-de-France de la Restauration Nationale organise le mardi 16 janvier 2007 à 20 heures  sa traditionnelle Galette des Rois. Elle se déroulera à l’ A.S.I.E.M., salle Henry de Seilhac, 6, rue Albert de Lapparent, Paris  (7ème), métro : Ségur, La Motte-Piquet, Cambronne. Amis Internautes de Paris et des environs, ne manquez pas cette soirée exceptionnelle, à la fois littéraire, poétique et politique ! Vous apprécierez le duo de choc composé de Maître Jacques Trémolet de Villers, avocat et écrivain, et d’Hilaire de Crémiers, délégué général de la Restauration Nationale et directeur de Politique Magazine, qui s’en donneront à cœur joie, avec tout leur humour et leur talent, sur le thème de : «  Bonne nouvelle du principat nouveau, d’après Virgile et Mistral ». Bien entendu, la soirée se terminera par un savoureux cocktail. Participation aux frais : 10 euros. Etudiants et chômeurs : 6 euros.

 

    Nos vœux pour le nouvel an  

Pour terminer, Chers Amis Internautes,  permettez – moi  de  vous présenter nos voeux

les plus sincères et les plus chaleureux pour une bonne année 2007. Que la nouvelle année soit propice à vous – même et à tous les vôtres, sur tous les plans et surtout sur celui de la santé !  Souhaitons aussi à la Restauration Nationale, à ses Fédérations et aux autres organismes qui lui sont rattachés, de poursuivre avec succès leur entreprise de royalisation du pays.  Formons enfin, sans nous faire malheureusement beaucoup d’illusions, des vœux pour la France : que notre beau pays traverse sans trop de mal la difficile période actuelle et que ses dirigeants, quels qu’ils soient, consacrent le meilleurs d’eux mêmes à améliorer sa situation. On peut toujours rêver !

                                                                                                        Georges Rousseau

par Lux publié dans : Actualité nationale
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Jeudi 23 novembre 2006

Jean-Marie Le Pen a été le seul homme politique à annoncer l’émergence de Mlle Marie, Ségolène Royal, en vue de l’échéance présidentielle.  Il avait vu juste.   Ensuite, il l’a qualifiée de « vedette américaine » prévoyant le retour de Lyonel Jospin.  Ce dernier a effectivement tenté de s’imposer, mais a vite déclaré forfait.

  Les adhérents du PS ont donc choisi une femme de vieille souche française, issue d’une famille plutôt réactionnaire pour les représenter dans la férocité des combats.  Bien qu’elle n’ait pas l’étoffe de la fonction briguée, elle bénéficie d’un grand capital de sympathie dans l’opinion.  Cela, sans nul doute fait les affaires du locataire de l’Elysée qui va tout entreprendre pour faire perdre Nicolas Sarközy de Nagy Bosca.  

 

Voici ce qu’en pense Jean de la Faverie, dans le dernier Politique Magazine.

 

 

CHIRAC VOTE ROYAL

 

Tout sauf Sarkozy

 

Chirac ne veut donc pas de Sarkozy au second tour. Le premier n'oublie pas les rapports quasi filiaux qu'il entretint avec le second quand le maire de Neuilly était le chevalier servant de sa fille et encore moins quand ce dernier se détacha d'elle. Celui qu'il considéra un temps comme un futur gendre déclina plus encore dans son estime, la trahison venue : celle de 1993-95 quand le ministre du Budget, de la Communication et porte-parole du gouvernement se rallia à Édouard Balladur. Aujourd'hui encore, les plaies de Chirac sont béantes. Au point que le président de la République tente de saborder la candidature du président de l’UMP.   Ne s'est-il pas emparé de « son parti », de « sa machine de guerre » et du trésor financier qui l'accompagne ?

La riposte devant être à la hauteur du forfait, le chef de l'État lance son artillerie lourde. Le mot d'ordre : « TSS », tout sauf Sarkozy. Mieux vaut Ségolène que Nicolas ? Après tout, pourquoi la « Madone du Poitou » ne devrait pas son élection à Chirac qui, chacun le sait, n'a jamais été gaulliste, tout comme Laurent Fabius n'a jamais été socialiste ? Mitterrand lui a bien dû la sienne en 1981...

 

« Programmé pour tuer »

 

Comment expliquer autrement les « intimidations » d'un grognard chiraquien, jeanLouis Debré qui répète à l'envi « qu'une rupture pour une rupture n’est pas un programme »?   Le chef de l'État est aussi heureux de constater que Dominique de Villepin n'a pas abandonné l'idée d'aller à l'assaut final et qu'avec un plan media mieux affiné il remonte dans les sondages. Les manœuvres d'une Michèle Alliot-Marle qui laisse planer le suspense en se déclarant « prête » mais en précisant qu'elle ne prendra sa décision qu'en début d'année 2007, ne sont pas non plus anodines. Commentaire du député Xavier de Roux (UMP, Charentes-Maritimes) : « Chirac est programmé pour tuer. On ne le changera jamais. Sa dernière  cartouche s'appelle MAM.  Mais si ça ne marche pas, il en cherchera une autre ».

 

Mieux et plus perfide peut-être est la position d'Alain Juppé. Voici, un autre recours que Jacques Chirac souhaite ne pas négliger. De retour de son exil forcé au Canada, l'ancien Premier ministre dont la perte des droits civiques ne restera plus qu'un mauvais souvenir, s'est fait réélire à la mairie de Bordeaux, en jurant « ses Grands Dieux », qu'il ne briguerait aucun autre mandat. Mais comment « le meilleur d’entre nous » pourrait-il se contenter d'un « vulgaire » poste d'édile de province, fut-ce la mairie d'une grande ville ?

 

Monsieur 72%

 

Les jeux sont donc ouverts à droite autant qu'ils le sont à gauche. Ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal ne sont encore au second tour des élections présidentielles. Jacques Chirac sait bien que l'UMP doit tenir, le 14 janvier prochain, un congrès au cours duquel les adhérents seront invités à désigner le candidat à l'Élysée soutenu par le mouvement.   Or les 72 % d'avis favorables que recueille Nicolas Sarkozy auprès des membres de son mouvement ne sont pas acquis tant que le scrutin n'est pas clos.  De plus, « en aucun cas, l'UMP n'investit un candidat. L’UMP soutient financièrement un candidat », s'empressent de rappeler quelques membres anti-sarkozystes du gouvernement.  Chirac et son clan attendent avec impatience le prochain faux-pas du ministre de l'Intérieur pour exploiter le filon et favoriser (en secret) telle ou telle candidature sauvage.

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Mardi 21 novembre 2006

DES SNIPERS EN BANLIEUE?
Ce titre est en première page du “POLITIQUE MAGAZINE” de novembre  (n°46) dont l’éditorial s’inquiète de la situation en banlieue.
- Dans son analyse (“Que faire?”), Hilaire de CRÉMIERS pense que, “fondamentalement, les élections de 2007 ne changeront rien” et que “il est vraiment dommage que la France ait loupé 1789. Il reste enfin à le réussir.”
- Jean de la FAVERIE évoque les divisions au sein de la majorité et pense que “Chirac vote Royal”.
- L’entretien du mois est consacré à Bruno RONSSIN, directeur de la Fédération nationale de la propriété pivée rurale.
- L'étude géopolitique de Gilles VARANGE, intitulée "Vous avez bien dit “multipolaire”?”", montre qu’il faut analyser la nouvelle configuration internationale “avec de nouvelles boussoles”
- Dans ses articles économiques, Christian WAGNER demande “Des impôts pour quelle politique?”, démontre que Airbus est “Malade de la politique” et décrit l’ascension de Jacques SAADÉ, l’armateur libanais installé à Marseille.
- Yves-Henry ALLARD écrit ce qu’il pense du livre sur MAURRAS rédigé par Stéphane GIOCANTI.
- Jacques TRÉMOLET de VILLERS, dans son billet mensuel, rêve aux rôles que pourraient tenir les évêques de France
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Mardi 14 novembre 2006

POLITIQUE  FRANÇAISE

 OU

 POLITIQUE PERSONNELLE 

par Hilaire de Crémiers

Délégué général de La Restauration Nationale

 

 

  Jacques Chirac sait profiter de toutes les occasions. La dernière semaine d'octobre, il a effectué un voyage en Chine : la France y a fait des affaires, ventes d'airbus, ventes de locomotives pour les trains de fret, des TGV en espérance et des centrales nucléaires -, mais les Chinois savent y faire : d'une part, les technologies françaises seront installées en Chine, usines d'assemblages et de montages, et, d'autre part, la France, dans les instances internationales, ne fera rien, ne pourra rien faire, même pour se défendre, contre l'immense poussée commerciale de la production chinoise à bas coûts. L'invasion n'en continuera que de plus belle. Mais ces conséquences déjà présentes ne sont pas immédiatement visibles. Donc, aux yeux de tous, c'était une bonne aubaine pour la France qui marquait ainsi des points au moment précis où la crise d'Airbus et d'EADS - crise très grave - ternissait l'image de la plus belle industrie européenne où la France, en dépit de tous les arrangements politiques, a, en principe, la plus grande part. C'était bien joué et le président de la République en a profité encore pour donner à ce voyage l'éclat d'un succès diplomatique en chantant les vertus de la « multipolarité » où la France et la Chine prennent tout leur rôle, et pour insister sur l'aspect culturel de cette rencontre, en manifestant l'intérêt qu'on lui connaît pour la très vieille civilisation chinoise. C'était nouer un lien de plus, intercivilisationnel, dont les Etats-Unis ne peuvent pas se targuer. Fort bien. Et ce voyage a en outre été excellemment médiatisé.

 

Chirac optimiste

 

  A son retour, fin octobre, les nouveaux chiffres du chômage arrivaient à point nommé : le taux officiel est à 8,8 %, passant sous la barre des 9 %. Dans les circonstances actuelles, c'est un triomphe.Tout homme averti sait que les statistiques ne sont des instruments « fiables » qu'à la condition d'en analyser les données et les procédures ; mais peu importe. La petite embellie économique de ces derniers mois permet d'espérer des améliorations sensibles tant sur le plan de l'emploi que sur celui de la consommation des ménages, et donc, en conséquence, sur les recettes fiscales et sociales alors que les comptes de la nation sont grevés, de toutes parts, de dettes dont on se demande comment il sera possible de les résorber : au bas mot, plus de 2000 milliards d'euros.

 

  Jouant de ces apparentes lumières sur un fond plutôt sombre, Jacques Chirac a donné un entretien dans le Figaro, le mardi 31 octobre. Tout est bien calculé. Et le président de la République peut se faire optimiste et rassurant. Il donne l'impression qu'il a repris les choses en main. Il met au compte de son action personnelle et de l'action du gouvernement qui est « son gouvernement », les bonnes nouvelles. Il annonce en 2007 un taux de chômage inférieur à 8 %. Il félicite Villepin, Sarkozy et Borloo nommément. Certes, dit-il, il y a le problème des banlieues mais il n'y a pas à douter que les plans de sécurité de Sarkozy et les plans Borloo de cohésion sociale - 13 milliards d'euros sur cinq ans - vont produire leur fruit : " Les choses avancent ", affirme le chef de l'Etat. Les réformes se feront à leur rythme, y compris celles concernant le statut pénal du chef de l'Etat ! Il faut oser le dire. Mais l'homme n'a jamais manqué d'audace.

 

  Toutes ces paroles de satisfaction pour en arriver au point important de l'entretien : Jacques Chirac se représentera-t-il à la présidence Et voici la réponse superbe d'hypocrisie « Il est de ma responsabilité de président de la République de donner la priorité à l'action. La France ne peut pas se permettre de perdre six mois tous les cinq ans. Je me prononcerai le moment venu, c'est-à-dire au ler trimestre 2007 ». Et de demander aux ministres de faire leur travail jusque là ; et d'affirmer que « l'élection présidentielle, c'est une rencontre entre un homme et un peuple; tel est l'esprit du gaullisme, telle est la logique de l'élection du président au suffrage universel ». Autrement dit, les nominations internes aux partis sont totalement secondaires et voilà Sarkozy balayé. Et ayant suscité lui-même la division, Chirac fait ce que savent si bien faire les politiciens quand ils ont réussi leur coup : appeler à l'unité. "Quant à ce qui est souhaitable, je dirais qu'il faut privilégier l'esprit d'unité et de rassemblement " !

 

Un régime compromis

 

  Que dire de tout cela ? Eh bien, ce que dit Nicolas Baverez dans son dernier essai Que faire ? Agenda 2007 ! (1) : le régime est malade. Le chef de l'Etat en est lui-même le destructeur. Voilà un homme qui, du temps de sa cohabitation avec François Mitterrand, ne manquait jamais de souligner le caractère parlementaire de la Constitution. C'était, à l'entendre, le Premier ministre qui, étant le chef du gouvernement, définissait et menait la politique de la nation, selon les termes de la Constitution, le président de la République n'étant en charge que des grands arbitrages. Devenu président de la République, le même Chirac , a changé de langage et, aujourd'hui, l'Elysée prend en charge l'ensemble des dossiers politiques depuis la politique étrangère jusqu'à la politique sociale, au Point qu'on peut se demander à quoi servent le Premier ministre et les membres du gouvernement, tous étant doublés par des cellules de conseillers relevant de la présidence.

 

  Par ce dernier entretien au Figaro, Chirac veut montrer qu'il est le chef, et le chef de tous et de tout. Il assume ainsi un régime présidentiel dont tout le monde parle. C'est lui qui fixe même le calendrier et si, de son point de vue, " l'intérêt de la France l'exige ", il se représentera. La politique extérieure, la politique intérieure, la politique même des partis se trouvent ainsi asservies à son bon vouloir. Tout ça pour lui et lui seul : personne n'est dupe. Il n'est pas jusqu'aux événements de banlieue qui sont récupérés dans cette optique. Pas seulement, d'ailleurs, par Chirac mais par tous les hommes de parti.

 

  Et, pendant ce temps, la situation réelle de la France se dégrade. Les risques d'explosion intérieure, les dangers extérieurs deviennent considérables. Il faudrait un chef de l'Etat en situation de juger et de donner de grandes orientations salutaires, un gouvernement qui gouverne vraiment et un pouvoir législatif qui ne soit pas une représentation purement partisane. Or, nous n'avons que de perpétuels candidats qui ne visent qu'à accomplir leur carrière. Comme disait le perroquet dans le conte Jaco et Lori de Jacques Bainville : « Cela finira mal ».

 

 

(1) Que faire ? Agenda 2007, Nicolas Baverez, Perrin, 16,50 euros.

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« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

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