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Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 

LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Lundi 9 janvier 2006

Ce que nous devons savoir démontrer, expliquer, défendre

 

I.    Le sens des mots:

La patrie et la nation sont des réalités concrètes.

Nous n’en faisons ni des absolus, ni des principes désincarnés.

La prise en compte objective de la nation comme fait et bienfait fonde notre nationalisme..

Ø      La nation est une réalité historique: un ensemble de familles habituées à constituer une unité.

Ø      La patrie, c’est le sol sur lequel s’est prise cette habitude de vivre ensemble, et, par extension, le patrimoine commun de la nation, l’héritage que nous recevons de nos aïeux.

Ø      Le patriotisme s’attache à défendre le sol, la terre des pères.

Ø      Le nationalisme « s’applique plutôt qu’à la terre des pères, aux pères eux-mêmes, à leur sang et à leurs oeuvres. »Ch.M. C’est une triple affaire d’amour, de justice et de nécessité.

Ø      L’Etat est une institution juridique, facteur essentiel de constitution d’une nation et de vie en commun des peuples qui lui sont soumis.

 

II.  La nation française: une réalité historique:

Ø      La France n’était pas une fatalité. Son unité politique est d’une précocité exceptionnelle.

Ø      La France n’est pas la fille de la géographie, ni de la race, ni de la linguistique, ni de la religion. Encore moins d’un contrat. Elle est le fruit de l’histoire, de l’histoire politique, de la politique capétienne.  « Les Rois ont fait la France ».

Ø      L’histoire de notre pays, jusqu’à l’accession de Hugues Capet au trône, est celle des origines de la France, mais non encore celle de la France.

Ø      Avec la conquête par César, la Gaule devient partie intégrante de l’Empire romain.

Ø      Les invasions barbares laissent, en droit, subsister l’Empire: chaque roi (franc, burgonde,etc.) exerce sa souveraineté au nom de l’empereur. Deux populations coexistent dans chaque royaume. Peu à peu, la fusion s’opère, mais en même temps le pouvoir s’affaiblit :il n’y a pas pas d’Etat, ni de nation. Le souvenir de l’Empire hante les esprits: c’est l’Empire que Charlemagne entend reconstituer (800). Après le partage de Verdun (843), l’Empire est partagé entre les trois petits-fils de Charlemagne; mais il ne s’agit toujours pas de nations. Chacun des trois rêve de reconstituer à son profit l’unité de l’Empire. Un successeur de Louis reprendra même en Allemagne le titre d’Empereur.De même, c’est au nom de l’Empire romain que les successeurs de Charles règnent sur une partie de ce qui fut la Gaule. Il ne s’agit pas encore de la France.


Ø      En 987, changement de dynastie: le duc de France Hugues Capet est  « élu » roi. Les Capétiens affirment alors le principe essentiel: « le roi de France est empereur en son royaume », c’est-à-dire qu’il ne prétend pas à l’empire sur les autres pays et qu’il ne reconnaît à l’Empereur aucune autorité sur lui:une souveraineté proprement française est née.

Ø      De plus, Hugues Capet, puis ses successeurs, en associant à chaque génération le fils aîné au trône du vivant du père, assurent la règle de l’hérédité de la couronne et la règle de la primogéniture qui exclut tout partage. « Il semble que les Capétiens aient eu devant les yeux les fautes de leurs prédécesseurs pour ne pas les recommencer. »J.Bainville. De la façon la plus naturelle, en faisant confiance à l’institution familiale,les Capétiens réalisèrent une continuité politique. La France tenait dès lors l’instrument politique de son avancement. Sous la direction de la dynastie capétienne qui règna huit siècles (de987 à 1792) puis de 1814 à 1848 fut rassemblé et défendu le « pré carré ».

Ø      C’est avec le temps, au long des générations, que l’unité française s’est progressivement faite, et que les Français ont pris conscience de constituer une nation. La nation française est donc:

-          une réalité historique, résultat d’un Etat persévérant et national.

-          une oeuvre de la durée, permise par un pouvoir stable.

 

III.       La nation: un bienfait à défendre.

Elle procure en effet à l’homme trois composantes essentielles de son identité:

 

-          l’enracinement dans un sol: l’espace territorial est une nécessité humaine. Les frontières procèdent du désir de paix et reflètent la diversité du genre humain.

-          l’appartenance à un groupe, ce peuple dont l’histoire a fait une communauté de destin.  La nation est la suite des générations qui se sont succédées sur un territoire donné (la patrie) et dont la destinée est commune.

-          l’identification à une culture. Par sa culture, la nation donne aux citoyens une personnalité collective. La culture est l’élément structurant de l’identité d’un peuple. C’est ce qui le distingue d’un autre peuple. Le nationalisme s’applique, plutôt qu’à la terre des pères (patriotisme), aux pères eux-mêmes, à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel. Le nationalisme prend ainsi toute sa valeur en un temps de guerre idéologique où il s’agit de sauver l’héritage national contre les assauts du cosmopolitisme.

 

IV.       Les nationalismes incomplets et les faux nationalismes

1.     Des nationalismes incomplets: BARRES et PEGUY

Ø      BARRES donnait au mot nation son véritable sens (réalité historique, héritage à défendre) mais son nationalisme n’est qu’un attachement passionné aux caractères que nous tenons de nos ancêtres. Il insiste sur les forces du sentiment, sur ce que l’on peut mobiliser avec l’affectivité. Mais il néglige la forme de l’Etat et compte sur la force du sentiment national pour restaurer la France. La tradition barrèsienne est celle d’un nationalisme sincère qui ne pose pas le problème des institutions.

Ø      PEGUY ne croit pas, non plus, au rôle des institutions mais son enracinement en fait un chantre de la terre de France.

 

2.     Les faux nationalismes

Ø      Pour les distinguer du vrai nous les appelons « nationalitarismes ». Ils découlent de la doctrine du « droit des peuples à disposer d’eux mêmes » ou « principe des nationalités ». Cette théorie volontariste de la Nation-Contrat s’oppose au vrai nationalisme qui repose sur la réalité de la nation-héritage. Cette doctrine des nationalités aboutit au pur concept et la nation  ainsi conçue, principe désincarné, peut se faire doctrine de combat. Ce nationalitarisme favorise ainsi l’éclosion de l’esprit de croisade idéologique.

Ø      Autre forme de nationalitarisme: le culte de la race dont la nazisme offre le principal exemple. Ce critère de la race débouche sur une théorie de la puissance qui oublie, elle aussi, que la nation est une construction politique et historique pouvant regrouper plusieurs races.

 

V.  Les caractères du nationalisme français et ses exigences.

1.     Caractères

-          Il repose sur la prise de conscience des devoirs et des intérêts qui découlent de notre appartenance à la nation.

-          Il respecte l’ordre naturel: c’est un nationalisme organique (et non totalitaire) qui reconnaît les corps intermédiaires. La nation est d’ailleurs regardée comme un syndicat de corps intermédiaires. La liberté de la nation est garante des libertés des corps sociaux. Pour MAURRAS le nationalisme est une obligation rationnelle et mathématique; il définit une priorité: D’abord défendre la France. « La défense du tout s’impose aux parties. »

-          Il est une attitude politique. Un « patriotisme réfléchi ». Au rôle du sentiment est associé celui de la raison et de l’intelligence. C’est un nationalisme conséquent, c’est-à-dire qui va jusqu’au bout de ses conséquences: la régence du nationalisme; la question du régime.

-          Il n’est pas une fin en soi. Pour Maurras ni la royauté ni la nation ne sont un absolu. L’Etat n’est qu’un fonctionnaire de la société. Son autorité ne trouve son fondement que dans une défense des intérêts français qui n’empêche pas l’épanouissement des corps sociaux et favorise l’expression, dans le monde contemporain, de la civilisation issue des traditions gréco-latine et catholique.

 

2.     Exigences

-          Aimer la France. Aimer l’Etre français non comme un point de doctrine désincarné mais comme une réalité concrète.

Clémenceau à Léon Daudet : « Vous et moi nous avons une passion en commun, c’est la France. » Mistral: « Cité par cité, province par province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur pour glorifier diversement le nom de France. »

-          Poser la question des institutions. Le « Politique d’abord » est le corollaire du nationalisme.

« La monarchie héréditaire a réussi dans l’oeuvre de l’ordre français. Le système électif a échoué dans cette même oeuvre. Pour reprendre cette oeuvre, por la continuer, nous voulons reprendre un système qui a réussi. Est-ce clair? » Ch. Maurras

-           Prétendre être nationaliste et rester républicain est une contradiction. On ne peut désirer l’unité nationale et soutenir un régime qui pousse à toutes les divisions par esprit de parti.On ne peut désirer sauvegarder l’intérêt national et soutenir un régime qui vit d’intérêts partisans.

-          Assurer la régence du nationalisme. En attendant de ramener l’Héritier, le roi, il convient de sauver l’héritage. En l’absence de roi, l’A.F prend en charge la défense des intérêts nationaux. Cela la conduit à refuser la politique du pire et à traiter les affaires politiques qu’en fonction de l’intérêt national..Pas d’opposition systématique par conséquent. Autre conséquence: la pratique du « compromis nationaliste »sur tel ou tel objectif précis, avec des hommes éventuellement de tous bords, sans compromission et en gardant son esprit critique. La nation est un dénominateur commun pour tous les Français. Elle peut donc être un terrain d’entente au-delà des divergences de toutes sortes.

par Lux publié dans : Formation politique
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Lundi 9 janvier 2006

 

En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire le compte rendu d'une conférence d'un interêt tout particulier qui eut lieux à Paris.

http://www.restauration-nationale.asso.fr/articles.php?lng=fr&pg=869

par Lux publié dans : Formation politique
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Lundi 9 janvier 2006

En hommage à un Grand Homme qui nous a récemment quitté, je mets ici une prière qu'il avait écrite à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc.

 

 

In Memoriam.

Sainte Jeanne,

Puisque vous êtes sainte, vous avez déjà fait des miracles, vous savez vous y prendre, alors je vais vous demander d'en faire un pour nous.

Non. Parce que vous êtes une grande sainte, je vais vous demander d'en faire dix. Et de très grands, de très miraculeux.

Premièrement, sainte Jeanne, je vais vous demander de faire que tous les Français redeviennent amoureux de la France. Pas de l'Amérique insidieuse, pas de l'Orient fascinant, pas de l'Islam séducteur. De la France, de la doulce France.



Deuxièmement, sainte Jeanne, je vous demanderai de faire que tous les Français inspirent de nouveau à toutes les Françaises l'envie de porter leurs enfants, de les porter jusqu'à leur naissance, d'en accoucher, de les nourrir, de les élever, d'en faire des Français, beaucoup, beaucoup de Français, ce qui nous épargnera, entre autres, la nécessité d'encourager une immigration que nous savons si mal intégrer.

Troisièmement, je voudrais vous demander d'avoir une pensée pour notre belle langue française. Rendez-nous la première partie de la négation: faites que nous disions « je ne vais pas voter oui » et non « jvais pas voter ouais ». Rendez-nous l’accord du participe qui est en train de disparaître. Rendez le subjonctif à encore que et l'indicatif à après que. Rendez-nous les liaisons : « vous-z-aussi » et non pas « vouossi ». Otez la bouillie de certaines bouches contemporaines, surtout celles de beaucoup de jeunes gens et des acteurs en vogue. Faites que nous recommencions tous à dire bonjour et non pas bonjoureu. Essayez de nous épargner les anglicismes et les américanismes, pas seulement dans le vocabulaire, surtout dans les tournures de phrase contre nature que nous inspirent les langues anglo-saxonnes. Quant à ceux qui disent conforter, ou incontournable, ou qui se laissent interpeller au plan de leur vécu, faites que le diable les patafiole. Si j'osais, Jeanne, si j'osais - mais je sais que j'exagère -je vous demanderais timidement de ressusciter aussi, ne serait-ce que sporadiquement, l'imparfait du subjonctif.

Quatrièmement, je vous demande, sainte Jeanne, de faire que les Français redeviennent frondeurs, gouailleurs, indisciplinés, sceptiques, qu'ils ne se laissent plus bourrer le mou ni laver le cerveau, qu'ils sachent distinguer entre une vessie et une lanterne, qu'ils prennent de nouveau un malin plaisir à traverser en dehors des clous, qu'ils se rappellent le vieux dicton picard méfie-te, qu'ils appliquent la méthode périgourdine "plus je me regarde, plus je m'attriste, plus je me compare, plus je me rassure", qu'ils sachent conclure comme il faut l'adage normand pt-êt' ben qu'oui, pt-êt ben qu'... non ! Qu'ils n'oublient pas que dire oui, c'est baisser la tête et que dire non, c'est relever le front.

Cinquième miracle, faites, je vous en supplie, que les Français ne deviennent pas une plèbe irresponsable, soucieuse de ses droits à et non plus de ses devoirs de, perpétuellement assistée donc asservie, et ne connaissant plus que deux catégories : tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire et tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit. Je voudrais voir les Français non pas libéraux ni libertaires, mais libres. Affranchis. Francs, quoi. Des Français qui seraient redevenus Francs.


Sixième miracle, je vous demande de nous rendre le respect de l'âge. D'abord j'y ai intérêt et puis c'est le respect de l'âge qui caractérise le raffinement du cœur : peu importe si le respecté est une vieille baderne, c'est le respectueux qui gagne à respecter, ou, du moins, à employer les marques extérieures du respect.


Que voulez-vous, j'en ai assez de constater qu'avec ma barbe blanche il n'y a que des Noirs à me céder leur place dans le métro ! Je la refuse, d'ailleurs, mais à la longue cela va finir par me rendre raciste, raciste pro-Noir, bien entendu.

À propos de racisme, septième miracle. Je voudrais voir supprimer de France le racisme puritain, anti-fumeur et anti-buveur, qui s'empare de notre pays. Enfin, c'est affligeant. Vous entrez dans un restaurant et la première question qu'on vous pose, c'est « Fumeur ou Non fumeur ? » Et quand vous dites « Non fumeur », comme moi, vous sentez aussitôt l'approbation du jeune maître d'hôtel. Ensuite, quand vous êtes deux et que vous commandez du vin, il vous demande d'un ton encourageant « Une demi-bouteille ? » et quand vous répondez comme moi « Non, une bouteille entière... pour commencer », le jeune maître d'hôtel cache à peine sa réprobation ou alors il sourit avec indulgence comme devant une plaisanterie de mauvais goût. Bientôt, dans les restaurants, on vous demandera « Buveur ou non buveur » et il y aura un coin réservé pour les parias alcoolos tandis qu'aux tables pour honnêtes gens les sodomites, les pornographes et les drogués triomphants ne boiront que de l'eau. Épargnez-nous cela, sainte Jeanne.

Sainte Jeanne, je voudrais aussi voir l'administration de la justice revenir à des normes humaines. S'il y a conflit entre un employé et un employeur, je ne voudrais pas que l'employé eût gagné d'avance comme le recommande le Syndicat de la magistrature. Si des enfants pervertis par la télévision dénoncent leurs éducateurs pour pratiques sexuelles interdites, je voudrais qu'une enquête sérieuse fût faite. Si un cambrioleur armé s'introduit dans ma maison et que je tire mieux que lui, je ne voudrais pas passer pour un assassin.

Neuvième miracle. Faites, sainte Jeanne, je vous en supplie, que ce ne soit pas seulement le trente-et-un du mois d'août et pas seulement au roi d’Angleterre, que la France puisse se permettre de citer le général Cambronne. Faites que ce soit tous les jours de l'année, et 366 jours les années bissextiles et faites que ce soit à tous les potentats du monde, s'ils nous manquent de respect. J'espère, sainte Jeanne, ne pas vous choquer : vous avez dû en entendre d'autres quand vous commandiez à vos troupiers médiévaux.

Dernier miracle. Sainte Jeanne, donnez-nous une aventure. Une grande et noble aventure. Une aventure à la mesure de la France, comme celle que vous nous aviez donnée à l'époque de la guerre d'Algérie et que nous n'avons pas su apprécier. Faites que nous courions des dangers, que la vie devienne exaltante et dure, que nous oubliions nos comptes en banque, nos livrets de caisse d'épargne, nos chaînes hi fi, nos vacances, notre bougeotte, nos coucheries, nos barbituriques, nos prudhommes, nos normes européennes, notre traintrain planplan, et revenez alors, revenez sainte Jeanne, brandir votre étendard et vous mettre à la tête de ceux qui vous suivront.

 

 Il y en aura, sainte Jeanne, il y en aura. Et peut-être plus que nous ne pensons.

 

par Lux publié dans : Actualité nationale
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Dimanche 8 janvier 2006

La Fédération des Etudiants Royalistes d’Aquitaine est heureuse de vous inviter à son prochain cercle d’études qui se déroulera le Mercredi 18 Janvier à 20H30 précises.

 

 

 

Thème :

 Cycle sur les sujets d’actualité

 

 

 

 

 

 

 

 

-Le Débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne : réalités et idéologies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieux : 1 rue des Lauriers à Bordeaux (près de la place du parlement)

Entrée libre.

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Samedi 7 janvier 2006

I.    LE SENS DES MOTS

1.     LES SENS DEVIÉS = DESPOTISME, POUVOIR ILLIMITÉ

 

Ø      L’expression « monarchie absolue » est souvent utilisée dans un faux sens : celui de despotisme, de tyrannie, de pouvoir illimité, d’absence de constitution.

Ø      Cette dernière affirmation suscitait dès 1796 l’ironie de BONALD :

« La constitution d’un peuple est le mode de son existence ; et demander si un peuple quia vécu quatorze siècles, un peuple qui existe, a une constitution, c’est demander, quand il existe, s’il a ce qu’il faut pour exister. »

Ø      Et l’historien François BLUCHE écrit :

« Monarchie absolue, la monarchie française se trouvait dons être aussi partiellement constitutionnelle, dès lors qu’une constitution coutumière en fixait les limites. » (in « L’Ancien Régime » livre de poche LP10)

 

Ø      Sous l’Ancien Régime (terme apparu en 1790) le mot « absolutisme » n’existait pas. Il date de 1796 et a été conçu à des fins révolutionnaires avec un sens péjoratif.

Ø      Sous l’Ancien Régime le mot absolu, lui, n’était nullement péjoratif. Au contraire ! ;

Voltaire : « Un roi absolu, quand il n’est pas un monstre, ne peut vouloir que la grandeur et la prospérité de son Etat, parce qu’elle est la sienne propre, parce que tout père de famille veut le bien de sa maison. Il peut se tromper sur le choix des moyens, mais il n’est pas dans la nature qu’il veuille le mal de son royaume. »

 

2.         LE VRAI SENS = POUVOIR SOUVERAIN

Ø      a-bsolu = in-dépendant

« absolu » vient du latin absolvere « délier », absolutus « achevé, parfait » ; absolutus traduit le grec apolelumenon « sans lien »

Au sens étymologique absolu signifie donc « aucunement lié », « sans liens ».

 

Ø            - De la monarchie féodale à la monarchie absolue

-          Monarchie absolue désigne la monarchie française aux 16e, 17e et 18e siècles.

-          Auparavant la monarchie n’est pas totalement « absolue ». Elle est féodale.

-          La monarchie féodale est une monarchie mixte. Elle correspond à l’époque où le « domaine royal » ne couvrait pas tout le royaume :

-          Dans le domaine royal le roi possédait la souveraineté et gouvernait des sujets. Ailleurs le roi n’était que suzerain et n’avait affaire qu’à des vassaux.

-          Lorsque la souveraineté du roi sera reconnue partout, il n’y aura plus de roi-suzerain, le pouvoir du roi ne dépendra plus nulle part de grands vassaux, il sera indépendant, c’est à dire absolu.

-          La guerre de Cent ans a joué un rôle important dans cette évolution : CHARLES VII rattache la Normandie au domaine ; LOUIS XI récupère le Maine, l’Anjou, la Provence, la Bourgogne et la Picardie.

-          Les Valois achèvent d’enlever au royaume son caractère féodal. L’implantation d’institutions royales affirment l’autorité du roi (parlements, présidiaux, intendants).

-          L’autorité du roi étant reconnue partout, elle est donc « pleine et entière », « sans partage » c’est-à-dire « absolue ». Il n’y a plus que des sujets (c’est à dire des personnes soumises à la même autorité).

-          N.B  Le contraire d’être sujet ce n’est pas être citoyen. Le contraire de sujet c’est objet.

 

Ø      Roi absolu = roi indépendant = roi souverain

-          Véritablement souverain, le roi ne dépend d’aucune autre autorité, ni de celle du Pape, ni de celle de l’Empereur (d’où l’expression « le roi est Empereur en son royaume »), ni des partis, ni des puissances d’argent, ni de groupes de pression. Il peut donc être impartial, juste, arbitre.

-          En cela il est garant des libertés. :Etre sujet c’est être libre car être soumis à une autorité souveraine c’est être soumis à un pouvoir protecteur des libertés concrètes. Ce qui rappelle la formule de Maurras « L’autorité en haut ; les libertés en bas ».

 

Le vrai sens de pouvoir absolu est donc celui d’autorité souveraine, ce qui ne veut pas dire sans limites.

 

II.  LA MONARCHIE ABSOLUE = UN POUVOIR TEMPERE

1.     LE ROI N’A PAS TOUS LES POUVOIRS : LES DROITS REGALIENS

 

Ø      Le fait que le Roi soit souverain ne veut pas dire qu’il détienne tous les pouvoirs, quels qu’ils soient, mais tous les pouvoirs qu’il faut à l’Etat pour assurer le bien commun : ce sont les droits régaliens c’est-à-dire les droits du Roi.

 

Ø      Les anciens juristes en comptaient 15 ou 20 :

 

·         Faire la loi (pouvoir législatif)

·         Pouvoir exécutif :

-          Diplomatie, défense (déclarer la guerre, conclure la paix, traiter par voie d’ambassade)

-          Droit de battre monnaie

-          Droit de convoquer les Etats-Généraux et les Etats provinciaux

-          Droit de nommer toutes les personnes vouées au service de l’Etat (dignitaires, officiers, commissaires) 

·         Quelques droits marquaient bien l’indépendance du roi par rapport à Rome et à l’Église :

-          Droit de convoquer des conciles nationaux ou provinciaux

-          Droit de régale (de percevoir les revenus des évêchés vacants)

 

·         Droits concernant les personnes et les biens : de grâce, d’accorder des privilèges et des immunités, d’exempter d’impôts, d’anoblir…

 

Ø      L’ensemble des droits reconnus au monarque en tant que souverain ne lui sont attribués qu’en vue qu’il en use « pour le commun profit », c’est-à-dire dans l’intérêt général.

Ø      Tout ce qui relève des intérêts privés est laissé aux particuliers (d’où les libertés particulières, communales, professionnelles, provinciales, etc , véritables contre-pouvoirs à l’autorité royale).

Ø      La conception même de l’exercice du pouvoir royal a, en effet, été modifié par le passage de la suzeraineté à la souveraineté :

Ø      le roi féodal possédait, comme les autres seigneurs des pouvoirs qui constituaient des droits personnels, contrepartie des obligations qu’il avait à l’égard de ses vassaux..

Ø      Le roi souverain (absolu) cesse d’être un propriétaire pour n’être plus qu’un gérant, un usufruitier. Le pouvoir souverain, le roi en a l’exercice mais non la propriété. La distinction entre le roi et l’Etat est très nette : l’Etat se perpétue par dessus les rois qui passent. Transmis par la coutume successorale, la « majesté royale » ne meurt jamais. La souveraineté est ainsi attachée à la lignée royale et à ce qui caractérise le « public », c’est-à-dire la perpétuité.

 

Ø      Mais toutes les attributions de l’Etat sont exercés par le roi.

Ø      L’Etat c’est la chose publique (la res publica des Romains) mais il s’incarne dans un être physique : le roi.

 

Le monde féodal n’était qu’un agglomérat d’intérêts particuliers. Le roi souverain incarne un Etat qui vise l’intérêt général. La monarchie nationalise le pouvoir .

 

2.     UN TRIPLE LIMITATION THEORIQUE

 

Ø      La monarchie absolue est un pouvoir tempéré et limité car il doit se soumettre à un certain nombre de lois. Le roi exerce tous les pouvoirs de l’Etat, mais ce n’est pas lui qui décide lesquels ni se les attribue.

 

Ø      Trois sortes de lois limitaient le pouvoir du roi : la loi de Dieu ; la loi naturelle ; les lois fondamentales.

 

·         La loi de Dieu. Le respect de la loi divine.

Le roi n’est pas un chef d’Etat n’estimant n’avoir personne au-dessus de lu. Au contraire. Au-dessus de lui, il y a quelqu’un, Dieu. C’est une personne et on sait ce qu’elle veut (Décalogue, etc) Le roi n’est que le « lieutenant de Dieu sur terre ». Il doit faire la volonté de Dieu, non la sienne. Il s’y engage lors du sacre.

Par l’hérédité, le roi ne tenait sa couronne d’aucune autorité humaine. Il la tenait de Dieu . Depuis Hugues CAPET, le roi se dit roi « par la grâce de Dieu » (il ne l’était donc ni par celle du Pape, ni par celle de l’Empereur). D’où la fameuse théorie de droit divin si souvent mal comprise.

 

·         La loi naturelle .

On appelait ainsi la morale universelle commune aux païens et aux chrétiens. Ses décrets implicites mais contraignants prescrivaient notamment le respect des personnes et des biens. Il s’agit en somme des vrais droits de l’homme.

 

·         Les lois fondamentales (expression de 1575) ou lois du royaume (expression du 15e siècle).

Elles sont une véritable « constitution coutumière » dans laquelle le roi légitime évolue. Elles sont antérieures au roi, inviolables et souveraines.

Leur raison d’être est de régler la dévolution de la Couronne, d’en assurer la continuité, de protéger les sujets du roi contre la tentation d’arbitraire, de protéger le roi contre lui même.

Elles peuvent être regroupées en deux têtes de chapitre :

-          Loi d’inaliénabilité du royaume :le roi est l’usufruitier non le propriétaire du royaume ; il ne peut donc en disposer ;

-          Lois de succession au trône : Il y a 7 règles capétiennes de succession : l’hérédité (coutume légale depuis Philippe-Auguste 1180-1223) ; la primogéniture ; la masculinité (une femme peut exercer une régence, non la fonction royale) ; la collatéralité masculine (ex : Henri IV après Henri III, parent au 21 degré !) ; l’indisponibilité de la Couronne (c’est-à-dire l’impossibilité de choisir son successeur) ; la continuité de la Couronne ( reconnaissance de la qualité royale entre la mort du roi et le sacre du successeur. D’où la formule « le roi est mort, vive le roi ! » employée depuis les funérailles de Charles VIII, ou l’adage « le roi ne meurt jamais » ; la catholicité. On peut ajouter une 8e règle, la nationalité, que le professeur Henri Morel a appelé une « loi innomée » qui comme la quintessence de toutes les lois précédemment formulées et selon laquelle seul un prince issu d’une lignée restée constamment au service de la France est apte à recueillir les droits à la couronne de France.

 

Ainsi l’adage « une foi, une loi, un roi » ne fait pas référence à un pouvoir sans limites, mais à un cahier des charges résumant la contrepartie de la souveraineté.

« Une foi », c’est à dire soumis à Dieu ; « une loi » c’est-à-dire soumis au droit naturel et aux lois fondamentales ; « une roi », c’est-à-dire le contraire d’un tyran, le prince ne trouvant sa place qu’après l’obéissance aux lois divines, de l’ordre naturel et de l’ordre constitutionnel. Les « lois du roi » , émanées de sa volonté ne devaient contrarier aucune de ces lois.

 

 

3.     UN POUVOIR LIMITE PAR LES INSTITUTIONS

 

Les conditions dans lesquelles la loi se prépare, se rédige, s’enregistre et s’applique sous l’Ancien Régime sont l’exact contraire de la légende du « bon plaisir ».

 

Ø      Le Roi en ses Conseils

Le roi ne décide jamais seul mais toujours après concertation.

La notion du gouvernement dans l’intérêt général a eu des conséquences pratiques importantes. S’il gouverne pour le bien de tous, le roi ne peut agir par caprice ou par fantaisie. Ses actes doivent être mûrement préparés et, avant d’être définitivement promulgués, examinés, contrôlés, vérifiés afin qu’il bien établi qu’ils sont conformes à l’intérêt général. Toute décision tant soit peu importante ne peut être prise qu’après avis de personnes compétentes et expérimentées. C’est ce qu’on appelle gouverner « par grand Conseil ».

François Bluche fait remarquer qu’une heureuse formule empêchait tout despotisme : le partage des rôles entre le conseil du roi (environ 130 personnes) et le petit groupe de ministres et secrétaires d’Etat.

v      Il y avait 4 Conseils :

 

Sections du conseil

Membres

Fonctions

Conseil d'En-Haut

4 à 7 Ministres d'Etat

Conseil de gouvernement :

Grandes affaires de politique intérieure et extérieure.

Conseil des dépêches

Contrôleur général

4 Secrétaires d'Etat

Réponse aux dépêches des provinces

Conseil royal des finances

Contrôleur général

Intendants des finances

Questions financières

Conseil d'État privé ou des parties

Chancelier

Ministres d'État

Secrétaires d'État

30 conseillers d'État

100 maîtres des requêtes

Compétences administrative, financière, législative, judiciaire.

 

 

v      6 « ministres » :

·         Le Chancelier (ou Garde des Sceaux)

·         Le Contrôleur Général des Finances

·         4 secrétaires d’Etat : à la guerre, à la marine, à la Maison du roi, aux affaires étrangères.

·         Plus un tas d’hommes irremplaçables : le surintendant des postes ; le directeur général des bâtiments ; le directeur général des fortifications ; les intendants des finances, du commerce, ; les grands officiers comptables ; une quarantaine de fermiers généraux.

 

Ainsi entouré et conseillé le roi était sans cesse éloigné de la tentation du pouvoir étroitement personnel.

D’ailleurs nombre d’actes dits royaux sont des arrêts du Conseil. Dans les autres cas le contenu de la loi, proposé au roi par le ministre est concerté au cours du « travail du roi » (entretien politique et technique du roi avec les responsables) puis en conseil.

Un acte royal est toujours contresigné par un ministre.

Ajoutons que le monarque (Louis XIV par exemple) écoutait beaucoup lors du Conseil, demandait à chacun son avis et se rangeait presque toujours à l’avis de la majorité.

De plus, une fois prises, les décisions ne devenaient pas tout de suite exécutoires.

 

 

 

 

 

 

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