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La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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Dimanche 20 janvier 2008

 

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Louis XVI et la justice sociale:

Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens, il existe encore : le crédit municipal de Paris.
Il employa le premier l’expression de « justice sociale ».

 

Louis XVI et le droit des femmes:

Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher elles-mêmes leurs pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.

 

Louis XVI et la justice :

Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi », 90 ans avant la première convention de Genève.

Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant leur procès. Il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès. IL fit construire à ses frais des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons et ordonna l’abolition de la question. (Torture judiciaire, alors pratiquée dans tout les pays policés.)

 

Louis XVI et le handicap:

Il décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auxquels il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette. Louis XVI dota également l’école de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

 

Louis XVI et la santé:

Le roi Louis finança tous les aménagements de l’Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait un lit individuel, fonda l’Hôpital des Enfants Malades et celui de Bicêtre.

 

Louis XVI et la technique:

Louis XVI fonda l’Ecole des Mines et créa le musée des Sciences et Techniques, aujourd’hui Centre National des Arts et Métiers. Il finança sur ses propres fonds les expériences d’aérostation des frères Montgolfier; ainsi que les expériences de Jouffroy d’Abbans pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

 

Louis XVI et les arts:

Il créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique, créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le Musée du Louvre.

 

Louis XVI et la sûreté:

Il créa le corps des pompiers et mandat l’installation de pompes à feu pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

par Lux publié dans : Histoire
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Samedi 12 janvier 2008

Sommaire du n° 59 (JANVIER 2008) de « POLITIQUE MAGAZINE »
L'EDITORIAL : Une révolution inéluctable
C'EST A DIRE : France-Algérie, le spectre du colonialisme par Jean-Baptiste d'Albaret
ANALYSE : Une bonne nouvelle (La dernière encyclique du pape Benoît XVI a plus de portée qu’on ne l’a dit) par Hilaire de Crémiers
41cc075cf7e9751953a3e456f44582a9.jpgDANS LA PRESSE INTERNATIONALE par Paul Auprol
DANS LES LIVRES par Yvan BLOT
SOCIETE
ACTUALITE: Gendarmerie, un malaise diffus par Henri VERGENNES
LA CHRONIQUE JUDICIAIRE de Jacques TRÉMOLET de VILLERS : Le divorce en question
EN BREF - RELIGION par Gabriel Fonsac
MONDE - REPERES par Kawtar Moutaïb
CONJONCTURE : Le fantôme de Poutine restera au Kremlin par Gilles Varange
ECONOMIE
FISCALITE Un exemple de perversion technocratique : la TIPP par Jean-Louis Caccomo
ACTUALlTE: Dette, compétitivité et pouvoir d’achat, le grand écart par Christian Wagner
MARCHES FINANCIERS par Henri Tessier
ENTREPRISE Clarins sous pression par Christian Wagner
CIVILISATION
ENTRETIEN René Girard, en attendant l' Apocalypse
HISTOIRE par Yves-Henri Allard
Le dit de Saint Martin par Xavier Walter
Prières à deux voix (une des poésies mystérieuses de Maurras) par Hilaire de Crémiers
Pie XII, Juste des Nations (retour sur une désinformation historique) par C.W.
LETTRES Henry Bonnier, nos morts, ces grands vivants par H.de.C.
LA CAUSERIE LITTERAIRE de Philippe Senart : La correspondance de Roger Martin du Gard
Jean-François Mattei : l’épuisement d’Europe par Benoit Gousseau
AVEC OU SANS SUCRE Le malaise de Jean Clair par Léon Francœur
EXPOSITIONS
De I'Amérique à la France par Raphaël de Gislain
Quinze siècles d'histoire de la cathédrale de Monza par Donatella Micault
CULTURE
CINEMA Murnau et Sacha Guitry par Benoît GOUSSEAU
THEATRE Le génie impur de Jean Anouilh B.G.
CONTE POUR LE TEMPS DE NOEL Les tentations du mage par Y.H.A.
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Vendredi 11 janvier 2008

 

 

 

Philippe Schmitt, le 04-01-2008

 

“La fête de Noël a été particulièrement éprouvante. Alors que l’assistance reprenait en chœur les chants lors de la messe de la nuit de la Nativité dans la cathédrale de Senlis, nous étions partagés entre une grande espérance – celle de savoir notre Anne-Lorraine dans l’intimité du Seigneur – et une infinie tristesse : c’est dans ces jours marqués par les rendez-vous familiaux qu’on ressent le plus les absences et les places vides. Anne-Lorraine est si présente dans la maison familiale par une multitude de détails.

 

Comme je m’y suis engagé auprès de son cercueil, je me suis activé pendant ce mois de décembre en commençant à rencontrer des associations de victimes, des parlementaires, des politiques. Je remercie dès à présent ceux d’entre vous qui m’apportent leur soutien en interpellant leur député et-ou leur sénateur. Vous pouvez continuer à le faire, merci d’avance.

 

Le dialogue est poli mais difficile. Je leur parle de protection des jeunes filles et femmes, de prévention à l’encontre de récidivistes potentiels mais repérés, on me répond réinsertion, libération conditionnelle, étant entendu que ceux-ci ne conçoivent plus de conserver à perpétuité des détenus condamnés, même très dangereux. D’ailleurs, la discussion en commission du projet de loi dont le Parlement débattra début janvier est édifiante.

 

Par ailleurs, deux questions soulèvent une réaction de gêne alors que je suis certain de la réponse si ces questions étaient posées directement à l’opinion publique :

 

1. Les “experts”?  Ne doivent-ils pas être responsables de leur diagnostic comme les autres médecins et les juges d’application des peines de décisions mettant autrui en danger ?

2. Ne peut-on pas remettre en question le principe des réductions de peine ou des mesures de libération conditionnelle pour les récidivistes ? C’est cela, à mon avis, le principe de précaution : donc, un meurtrier condamné à vingt-cinq ans de détention par une cour d’assises doit effectuer vraiment vingt-cinq ans.

 

Au-delà des mots convenus et de l’émotion, je suis très moyennement optimiste et je vais bientôt agacer. Je ne suis pas sûr qu’il existe une volonté et le courage pour prendre cette question à bras-le-corps. Les délinquants sexuels récidivistes peuvent être tranquilles, ils ont encore de beaux jours en perspective. Ce n’est plus le cas d’Anne-Lorraine.”

 

 

par Lux publié dans : Actualité nationale
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Jeudi 3 janvier 2008
Anne-Lorraine : l'Autre Jeunesse

Dimanche 25 Novembre, une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau par un délinquant sexuel. Celui-ci, récidiviste d'origine turque, avait déjà été condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER.

Laurent Dandrieu, journaliste de Valeurs Actuelles, avait eu l'occasion de rencontrer Anne-Lorraine Schmitt lors d'un stage à la rédaction du journal. Il nous donne son témoignage qui mérite d'être reproduit dans sa totalité :

"Face à ce qu’a subi Anne-Lorraine, face à ce que subit encore sa famille, qui porte sa peine dans le silence, la pudeur et sans aucun doute l’espérance surnaturelle, les vociférations des jeunes de Villiers-le-Bel paraissent bien dérisoires. Loin de cette jeunesse sans foi ni loi qui ne cesse d’en appeler à ses droits mais ne veut entendre parler d’aucun devoir, qui exige le respect mais n’en témoigne pour rien ni pour personne, et pas même pour elle-même, il est une autre jeunesse, qui intéresse beaucoup moins les médias. Pourtant cette jeunesse ne se reconnaît pas, bien souvent, dans la société qu’on lui propose et dans les fausses valeurs qu’on lui offre en modèle, mais elle ne se réfugie pas pour autant dans la protestation agressive et geignarde, dans la provocation nihiliste. Elle préfère aux revendications le service, aux vociférations un discret engagement pour que le monde s’améliore. Elle ne brûle pas de voitures, elle les utilise pour des convois humanitaires. Elle ne pleurniche pas pour obtenir des gymnases qu’elle bombarde de cocktails molotov aussitôt construits, elle préfère organiser des pèlerinages ou des veillées de prière. Elle ne trompe pas son ennui avec des tournantes, mais manifeste pour défendre la vie ou va visiter des personnes âgées. Elle n’invective pas, elle se bat, paisiblement et sans haine, pour des convictions, pour que les valeurs chrétiennes et humanistes sur lesquelles s’est bâtie notre civilisation survivent. Anne-Lorraine était, jusqu’à dimanche, un membre anonyme de cette autre jeunesse. Parce qu’elle est morte pour avoir défendu sa pureté, parce qu’elle a résisté à l’ignominie avec un courage puisé dans sa foi, elle en est devenu l’honneur." 


témoignag de Gérard Gachet :

Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt

Bien sûr, comme tout le monde, j'avais été choqué et ému dimanche, en entendant à la radio qu'une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau. Et relativement soulagé d'apprendre, dès le lendemain, que son assassin, blessé au cours de l'agression, avait été arrêté avant de passer aux aveux. Mais le pire, pour moi, restait à venir.

Le pire, je l'ai appris hier après-midi. Le pire, c'est que je connaissais cette jeune fille, que j'avais eu le temps de juger et d'apprécier pendant les deux mois de stage qu'elle fit l'an dernier à Valeurs Actuelles, dont je dirigeais alors la rédaction. Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt, avait 23 ans, et faisait partie de ces enfants qui semblent n'être nés que pour combler leurs parents de joie et de fierté. Aînée d'une fratrie de cinq garçons et filles, elle avait effectué une année de classe préparatoire à la Maison de la Légion d'Honneur de Saint-Denis avant d'être reçue à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, puis d'intégrer à l'automne 2006 le Celsa, l'excellente école des sciences de l'information et de la communication dépendant de la Sorbonne.

Durant son stage, elle avait frappé toute la rédaction par sa culture générale, sa maturité, son exigence vis-à-vis d'elle-même. Une exigence qui lui venait probablement de sa foi : profondément croyante, Anne-Lorraine s'était fortement engagée dans le mouvement scout. Ce qui ne l'empêchait nullement d'être une jeune fille de son temps, charmante, brillante et appréciée de tous.

Dimanche matin, ses parents l'attendaient sur le quai de la gare d'Orry-la-Ville pour aller en famille à la messe. Un délinquant sexuel récidiviste d'origine turque, déjà condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER, aura donc brisé leurs vies en même temps que celle de leur fille. Mais Anne-Lorraine aura été courageuse jusqu'au bout : en se défendant, en empêchant son agresseur de parvenir à ses fins, elle aura réussi à le blesser en retournant son arme contre lui, ce qui devait permettre son arrestation ultérieure. En félicitant les enquêteurs de cette conclusion rapide, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, a assuré les proches d'Anne-Lorraine de sa profonde compassion.

Quelques heures plus tard, à quelques kilomètres de là, les jeunes Moushin (15 ans) et Larami (16 ans), conduisant à grande vitesse et sans casques une moto de cross non homologuée, se tuaient en percutant de plein fouet un véhicule de police en patrouille. Leur mort, on le sait, sert depuis deux jours de prétexte à l'embrasement de plusieurs communes du Val-d'Oise, avec tirs de chevrotines, de grenaille et de balles contre les forces de l'ordre (plus de quatre-vingts policiers blessés) et incendies de commissariats, d'écoles, de bibliothèques et de commerces.

Pour tenter d'apaiser les esprits, le chef de l'Etat pourrait recevoir ce mercredi les parents des deux jeunes morts de Villiers-le-Bel. Serait-ce trop lui demander que d'avoir aussi un geste fort vis-à-vis de la famille et des proches d'Anne-Lorraine ? Par exemple en étant représenté à un haut niveau - voire en se rendant lui-même, comme il sait le faire - aux obsèques de cette jeune fille exemplaire qui auront lieu samedi, à 14h, en la cathédrale de Senlis. Il serait juste, en effet, que les victimes innocentes aient droit dans ce pays à plus d'égards que des délinquants responsables de leur propre malheur.

par Frédéric Pons, Rédacteur en chef Monde | Société :

Bouleversé par le meurtre sauvage de notre chère Anne-Lorraine, 23 ans, cet ami m’a appelé : « On devrait manifester, brûler des mosquées turques... ». Je le comprends. Le meurtrier du RER D est un criminel sexuel récidiviste d’origine turque. Il était en liberté, malgré une précédente condamnation ! Faut-il brûler, manifester ? Laissons cela aux Turcs, aux Egyptiens, aux Indonésiens, aux Soudanais, aux Algériens qui martyrisent leurs compatriotes chrétiens et brûlent leurs églises. Laissons cela à nos voyous des cités barbares qui profitent en ce moment de l’impunité scandaleuse que leur offrent des années de laxisme et de démagogie. Oui, la mort atroce d’Anne-Lorraine est révoltante. A Valeurs Actuelles, nous sommes dans la peine : elle fut stagiaire chez nous. Dans la colère aussi. Une nouvelle fois la peine de mort a été appliquée par un loup qui n’aurait pas du se trouver en liberté. On sait pourtant que les délinquants sexuels sont très difficiles à réintégrer, voire impossibles. Le doute est toujours présent, les risques immenses. Mais dans le doute, qui faut-il privilégier ? Le criminel ou la future victime ? N’est-ce pas la responsabilité de la société – les politiques à défaut des juges - d éliminer ses éléments les plus dangereux ? La peine de mort est abolie, sauf pour les victimes innocentes. Il faudra faire le compte un jour des dégâts irréparables commis par tous ces malfaisants remis en liberté. Au nom de la courageuse Anne-Lorraine qui a résisté à son agresseur, réussissant à le blesser (ce qui a permis de l’arrêter), avant de mourir sous les coups. Quand ressortira-t-il de prison ce violeur au couteau ? 8, 10, 15 ans ? Notre société doit avoir le courage de l’éliminer définitivement de la circulation, lui et tous les tueurs et violeurs d’enfants. C’est sa responsabilité. Si elle ne le fait pas, des pères, des frères, des oncles le feront. Au nom de la légitime violence. Cela, je le comprendrais. Au nom d’Anne-Lorraine, jeune fille de France martyrisée, dont le sourire enthousiaste de cheftaine et d’étudiante en journalisme ne me quitte plus.

 
 

Au nom d'Anne-Lorraine, ma fille



Philippe Schmitt, père de l'étudiante poignardée le 25 novembre dans un RER au nord de Paris, a donné son témoignage à "La Croix"

«Avant le meurtre d’Anne-Lorraine, je me disais que ce genre de catastrophe, lorsqu’elle arrivait chez les autres familles, ne pouvait conduire qu’à un sentiment de révolte contre la société et contre Dieu. En réalité, j’ai été très peu dans ces dispositions. L’idée de faire moi-même justice m’a traversé l’esprit très brièvement, à l’annonce de la terrible nouvelle par le procureur le dimanche 25 novembre et alors que l’assassin n’était pas encore arrêté. C’est tout.

Il est vrai que nous nous sommes très vite retrouvés en famille, mon épouse, les deux sœurs et les deux frères d’Anne-Lorraine, et moi-même. Nous avons aussi été entourés par des amis dès le dimanche soir. Il y a eu ensuite les innombrables soutiens, qui se sont manifestés un peu partout et qui nous ont fait chaud au cœur. Enfin, lors de la messe des obsèques du samedi 1er décembre célébrée en la cathédrale de Senlis (Oise) par l’évêque de Beauvais, Mgr Jean-Paul James, nous étions à la fois portés et apaisés par les 1 500 personnes venues se recueillir avec nous, comme s’il s’agissait d’un moment de grâce. Portés et apaisés aussi par l’homélie du P. Stéphan Janssens, curé archiprêtre de la cathédrale.

Nous avons été touchés par l’immense réseau de solidarités dont nous avons été l’objet. Il était constitué des nombreux amis d’Anne-Lorraine : scouts, étudiants, anciens lycéens. Des personnes inconnues de nous nous ont aussi proposé leur aide. Des chaînes de prière se sont créées en de multiples endroits du pays. La dépouille de ma fille a été constamment veillée de jour comme de nuit, jusqu’aux funérailles, par toutes sortes de bénévoles se relayant. En dix jours, nous avons reçu à notre domicile 750 lettres et autant de messages de sympathie par courrier électronique. Cela nous a vraiment réconfortés, même si nous avons été heurtés par certains messages sur Internet mêlant au drame des allégations racistes ou une polémique sur l’attitude du gouvernement.

Je n’en veux pas à Dieu

Le résultat de cette mobilisation a fait que nous avons beaucoup pleuré, réfléchi, discuté, médité et prié en famille. Pour ma part, grâce à cela, je vis dans un climat de sérénité. Je n’en veux pas à Dieu. « Que ta volonté soit faite », dit-on en récitant le Notre Père. Il est dur de perdre un enfant et je ne veux pas interpréter cette parole, qui fait pour moi partie du mystère. Il n’empêche : je vois des signes de la volonté de Dieu dans cette extraordinaire solidarité.

J’ose aussi l’affirmer : je n’éprouve pas de haine envers l’auteur du meurtre, même si je n’en suis pas encore au stade du pardon. De même, je ne veux pas tirer de conclusions générales à partir de ce drame sur d’éventuelles dérives de notre société, car la délinquance sexuelle est peut-être un phénomène aujourd’hui moins caché qu’autrefois. En revanche, il est sûr que j’en veux à un système judiciaire qui, à mon sens, favorise la récidive dans ce domaine.

La question du devenir des criminels et délinquants sexuels fait désormais partie de mes préoccupations majeures : en intention, je l’ai promis à Anne-Lorraine. C’est, pour moi, la façon de poursuivre son combat. Elle a refusé de se soumettre en se débattant contre son agresseur, qui était armé d’un couteau, et elle a permis son arrestation en le blessant. Elle en a perdu la vie et sa mort est, en quelque sorte, un sacrifice.

Les délinquants sexuels doivent rester en prison

Je pense que les délinquants sexuels doivent rester en prison. La première affaire, celle d’un viol, dans laquelle le meurtrier présumé d’Anne-Lorraine a été impliqué, a, à mon avis, été traitée à la légère. Le principe de précaution, que l’on invoque si facilement sur le plan sanitaire ou environnemental, devrait s’appliquer aussi en l’espèce. Il s’agit, en effet, de sauver des vies. C’est une approche pragmatique, pas idéologique.

J’ai décidé d’apporter mon soutien aux associations de victimes et d’interpeller avec force les parlementaires. Une loi faisant l’unanimité doit être possible sur un tel sujet. La solution au problème dépasse le clivage gauche-droite et je trouve qu’elle a trop tardé. C’est une question que je prends très au sérieux. Je veux profiter de l’élan de solidarité et de l’intérêt médiatique que l’assassinat d’Anne-Lorraine a suscités pour faire avancer les choses. Sinon, cela recommencera pour d’autres jeunes filles ou jeunes femmes. »

Recueilli par Antoine FOUCHET






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Jeudi 3 janvier 2008

 

Le Président Sarkozy, en visite en Algérie, a jugé bon de dire : « Oui, le passé colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité ». Que doit – on en penser ?

Pour commencer, rejetons en quelques mots la prétention contenue dans la seconde partie de cette phrase. Peut-on sérieusement soutenir que la liberté règne dans une France métropolitaine gouvernée par des despotes technocratiques et dans laquelle des minorités agissantes font la loi, comme on vient de le voir à la SNCF, à la RATP et dans beaucoup de nos Universités ? Peut-on sérieusement soutenir que l’égalité règne en France métropolitaine ? Ne voyons – nous pas dans notre beau pays des pauvres et des riches, des gens bien logés et des S.D.F., des travailleurs et des chômeurs, des puissants et des misérables ? Quant à la fraternité, on peut se demander si elle tellement répandue dans cette République qui a commencé par un bain de sang, et où se déroulent périodiquement des émeutes de plus en plus violentes !

Les raisons de la colonisation de l’Algérie

Tout d’abord, rappelons que l’Algérie n’a, avant la conquête française, jamais constitué un Etat indépendant. Plusieurs siècles avant l’ère Chrétienne, après avoir subi l’influence phénicienne puis carthaginoise, toute la bordure méditerranéenne du Maghreb était soumise à Rome, comme en témoignent de nombreuses ruines dans ces trois pays ( En Algérie : Timgad et Tébessa). Au VIIème siècle, les envahisseurs venus d’Arabie ont conquis toute la région et ont même franchi le détroit de Gibraltar : l’Algérie était alors soumise au Calife, installé d’abord à Damas puis à Bagdad. Au XIIIème siècle, une dynastie venue de Mauritanie s’empara, non seulement du Maroc, mais d’un vaste triangle s’étendant de l’embouchure du Sénégal jusqu’en Tunisie. Au XVIème siècle, ce furent les ottomans ( aujourd’hui : les turcs ) qui s’emparèrent de toute la rive méridionale de la Méditerranée. Cette possession était d’ailleurs plus ou moins nominale, l’autorité du gouverneur ottoman, le Dey d’Alger, ne s’étendant qu’à quelques kilomètres autour des principales villes d’Algérie. C’est d’ailleurs de cette anarchie qu’est venue à la monarchie française l’idée de s’emparer de la côte algérienne et de ses ports. Il faut savoir en effet que depuis le XVème siècle, des navires nord-africains ( les « pirates barbaresques ») s’étaient installés dans plusieurs ports du littoral algérien, d’où ils partaient s’emparer des bateaux de commerce européens naviguant sur la Méditerranée, massacrant ceux qui résistaient et vendant les autres, hommes femmes, enfants, comme esclaves. C’était une véritable industrie qui enrichissait, non seulement les pirates eux-mêmes et leurs armateurs, mais aussi le Dey d’Alger, qui recevait une redevance sur chaque prise. C’est essentiellement pour permettre la libre circulation maritime en Méditerranée occidentale que la monarchie française avait dans ses cartons depuis Louis XIV, des plans de débarquement sur la côte algérienne. C’est d’ailleurs un roi de France, Charles X, qui, profitant d’un incident en 1830, s’empara finalement de l’Algérie.

Les colonies rapportaient – elles à la France ?

De nombreuses études très sérieuses, effectuées depuis quelques années, démontrent que la colonisation ne rapportait rien à la France. Certes, « l’ Empire », comme on disait dans ma jeunesse, favorisait les exportations françaises et a fait la richesse de ports comme Marseille ou Bordeaux. Mais les dépenses engendrées par les colonies pour l’entretien des personnels civils et militaires, et surtout les investissements considérables nécessités par la création, à partir de rien, de dizaines de pays modernes en Afrique du Nord ou sub – saharienne, en Asie ou dans l’océan indien, coûtaient beaucoup plus cher à la Métropole que ce que les colonies rapportaient. Car, on l’oublie un peu vite, les territoires dont nous nous sommes emparés avaient des siècles de retard : c’étaient des déserts, ou au mieux, des territoires riches sur le plan agricole mais dépourvus de toute industrie et de toute mine, et bien sûr dont toute infrastructure moderne et tout service public étaient totalement absents. Ports, routes, chemins de fer, barrages, usines électriques, lignes téléphoniques, écoles, hôpitaux…Tout ce qui a été édifié dans ces pays avant les années 1960 a été construit par la France. En réalité, le vrai but de l’expansion coloniale était essentiellement stratégique et militaire : s’emparer d’un territoire, c’était pour la France le moyen de barrer la route aux puissances européennes, à l’Angleterre notamment. Rappelons – nous Fachoda !

La richesse humaine

La vraie richesse que nous avons reçue de l’aventure coloniale, est une richesse humaine. Je ne parle pas seulement ici de l’apport des vaillantes troupes que notre armée a pu lever dans ces territoires, notamment pendant les deux guerres mondiales. Rappelons – nous des exploits des tirailleurs et des goumiers sur le Garigliano et dans les Vosges en 1943 – 1944 ! Je veux parler d’abord des connaissances étendues que de nombreux français ont acquis de civilisations très éloignées de la nôtre, telle que la civilisation musulmane ou la civilisation chinoise. N’oublions pas que, pour cette raison, des générations « d’orientalistes » français nous ont fait honneur. Pensez à l’extraordinaire institution que constituait l’Ecole des Langues Orientales ! Il est très dommage, quoique bien compréhensible, que, par un réflexe de dépit, les français d’aujourd’hui abandonnent ces connaissances extrêmement riches. Il est clair que nous n’avons nullement à rougir de notre passé. Contrairement à ce qu’une propagande ignoble tente de faire croire, la grande masse des coloniaux n’était pas composée de brutes et d’exploiteurs. Je ne dis pas qu’il n’en existait pas, mais c’était une infime minorité. D’ailleurs, quand on interroge « hors caméra » des vieux algériens ou des vieux africains, il ne leur faut pas longtemps pour dire qu’ils étaient mieux du temps des français…

Que serait la France si elle n’avait pas été une colonie ?

Pour conclure, livrons à la réflexion de Monsieur Sarkozy et de ses ministres la pensée suivante : Que serait la France, si elle n’avait pas été pendant plus de cinq siècles, une colonie romaine ? Pensez à toutes les richesses immatérielles que Rome nous a transmises. Notre religion d’abord, puisque personne ne conteste que l’Empire romain a servi de véhicule au Christianisme dans les premiers siècles. Notre langue ensuite, puisque le français est essentiellement une langue latine. Nos fondements juridiques, puisque le droit romain est à la base du droit français. Notre art militaire : qu’était une centurie, sinon une compagnie ; qu’était une « sturma », sinon un escadron ? Nos connaissances architecturales, puisque les premiers monuments que nous ayons construits étaient les édifices romains : temples, théâtres, ponts, aqueducs, thermes… Et à travers Rome, nous avons connu la philosophie et l’art de la Grèce, du Moyen-Orient et de l’Egypte. De même, on peut être sûr que, lorsque les passions actuelles seront retombées, les nations que nous avons autrefois colonisées nous seront reconnaissantes des connaissances que nous leur avons apportées dans le domaine des techniques, des arts, des lettres et des sciences. Georges Rousseau

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« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

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