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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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Mercredi 13 février 2008

Jean SÉVILLIA présente "Le livre noir de la Révolution Française"

Nous remercions l'écrivain et journaliste Jean SÉVILLIA qui nous a accordé un entretien expliquant la portée du "Livre noir de la Révolution Française" qui vient de paraître et qui constitue l'ouvrage de référence pour comprendre cette déchirure de l'histoire de notre pays.
1) Quelle est votre contribution à ce livre ?>21b456a777c91e54d4eaf3e1b844a4e8.jpg
Il y a deux ans, lorsque j’ai rencontré le père Renaud Escande, maître d’œuvre du futur Livre noir de la Révolution française, il m’a demandé quelle contribution je pourrais apporter à l’ouvrage. J’ai tout de suite eu l’idée que j’ai mise en œuvre avec un texte esquissant la réponse à cette question : « Fêtera-t-on le tricentenaire de la Révolution ? ». A l’époque, j’étais plongé dans la préparation de mon livre paru en 2007, Moralement correct, et j’étais hanté par l’ampleur des changements de la société et des mentalités que nous avons connus au cours des dernières décennies. En projetant le même espace-temps non plus vers le passé, mais vers l’avenir, je me suis dit qu’il serait intéressant de s’interroger sur ce qui restera de la Révolution française en 2089. Question qui peut s’entendre à double sens : que restera-t-il de la Révolution, mais que restera-t-il aussi de la France ? La prospective est un exercice à risque : tant de prédictions, heureuses ou malheureuses, ont été déjouées… Mais il n’est pas interdit de s’interroger dès lors que l’on sait que certains faits ont des conséquences inéluctables.

2) Quelle continuité existe-t-il avec vos ouvrages précédents ?
Je suis à la fois journaliste, essayiste et historien. Ma contribution au Livre noir de la Révolution française s’inscrit dans cette perspective : l’historien a travaillé sur 1889, le journaliste a plongé dans ses souvenirs de 1989, et l’essayiste a tenté de réfléchir à 2089.
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3) Quelle est l'idée qui est à la base de ce livre ?
En dépit du fait que tous les historiens sérieux, fussent-ils ardemment républicains, conviennent que la Révolution française pose un problème, l’imagerie officielle, celle des manuels scolaires du primaire et du secondaire, celle de la télévision, montre les événements de 1789 et des années suivantes comme le moment fondateur de notre société, en gommant tout ce qu’on veut cacher : la Terreur, la persécution religieuse, la dictature d’une minorité, le vandalisme artistique, etc. Aujourd’hui, on loue 1789 en reniant 1793. On veut bien de la Déclaration des Droits de l’homme, mais pas de la Loi des suspects. Mais comment démêler 1789 de 1793, quand on sait que le phénomène terroriste commence dès 1789 ?
Pour répondre à votre question, l’idée de base du Livre noir de la Révolution est de montrer cette face de la réalité qui n’est jamais montrée, et rappeler qu’il y a toujours eu une opposition à la Révolution française, mais sans trahir l’Histoire. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou non, la Révolution, c’est un pan de l’Histoire de la France et des Français. On ne l’effacera pas : au moins faut-il la comprendre.

4) Ce livre, auquel plusieurs professeurs ont participé, montre-t-il que le monde universitaire est en train de changer ?
Le monde universitaire a changé depuis longtemps. Rappelez-vous le Bicentenaire : de Pierre Chaunu à Jean Tulard, de Reynald Secher aux historiens étrangers que l’on découvrait alors, tel Alfred Cobban, tous les grands noms de la recherche historique se situaient, à des degrés divers, dans une position critique à l’égard de la Révolution française. Il faut rappeler le rôle essentiel et paradoxal de François Furet : cet homme de gauche, rallié au libéralisme mais jamais à la contre-révolution, a fortement participé au naufrage du mythe révolutionnaire dans les milieux intellectuels. Mais il ne s’est pas fait que des amis ! Depuis 1989, cependant, une génération a passé. D’où l’idée, avec ce Livre noir, de reprendre la question à nouveaux frais, avec des signatures en partie nouvelles.

5) En quoi un ouvrage sur la Révolution peut-il encore intéresser les Français d'aujourd'hui ?
Dans une société qui subit une véritable dépression culturelle, il existe encore un public cultivé, et qui lit. Si le Livre noir touche ce public, ce sera déjà bien. On observe, depuis des années, un véritable engouement autour du Moyen Age. A travers la foule qui déambule dans les châteaux de la Loire ou à Versailles, ou dans la vogue de la musique ancienne, on trouve un intérêt pour la civilisation pré-révolutionnaire. Il faudra bien arriver à ce que ce public regarde en face l’histoire de la Révolution. Quitte à être dérangé dans ses certitudes. Mais si j’en crois l’accueil rencontré par mon livre Historiquement correct, un ouvrage qui frise sans doute le demi-million de lecteurs, il y a du monde, en France, qui est prêt à remettre en cause quelques mythes historiques établis. J’espère que le Livre noir de la Révolution française, dont je ne suis qu’une des multiples voix, y contribuera.

par Lux publié dans : Histoire
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Jeudi 7 février 2008

L’Europe mérite la Vérité
par Jean d’Orléans, Duc de  Vendôme

 

 

 

L’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens ? J’ai beaucoup voyagé, depuis dix ans, en France comme en Europe. Pas comme un homme politique qui brigue un mandat, mais comme un citoyen attentif à la vie de ses compatriotes et soucieux du destin de la France et de ce continent. J’ai pris le temps d’écouter et je sais – parce que nous en avons parlé ensemble – que beaucoup de Français ne comprennent pas où l’on veut les conduire. Cette incompréhension crée de l’inquiétude dans le pays et du désarroi dans la jeunesse. La France ne s’ennuie pas, elle s’inquiète.

 

Les Français ont tenté de le dire, quand on le leur a permis. En 2005, ils ont refusé, par référendum, le traité constitutionnel qui leur était soumis. Cette fois, ils ne pourront pas se prononcer sur un texte qui reprend pourtant l’essentiel des dispositions qu’ils avaient rejetées. Le traité de Lisbonne prévoit la désignation d’un président de l’Union européenne et celle d’un vice-président chargé des Affaires étrangères. Il étend les compétences de l’Union dans de nombreux domaines, au détriment de celles des États. Il assure la prééminence du droit européen sur les droits des pays. Il confirme l’extension de la règle de la majorité qualifiée. On nous présente un projet politique qui se résume à de l’ingénierie administrative. Même si les références à l’hymne et au drapeau européens ont été gommées dans cette nouvelle version, et bien que le mot n’y figure plus, il s’agit pourtant d’une Constitution, qui s’appliquera au peuple français sans qu’on l’ait consulté – comme souvent, s’agissant de l’Europe. Mais comment rendre espoir aux Français si l’on se défie d’eux ? Comment rendre à la France son rang dans le monde si l’on contraint sa souveraineté par un traité tatillon ? Comment rendre confiance aux jeunes Européens si l’on bâtit une Europe sans âme, dans le mépris de son patrimoine spirituel ?

 

J’ai 42 ans. J’en avais 13 quand Jean-Paul II est devenu pape. J’appartiens à la génération de ces jeunes qui ont vécu au rythme de ce pape des temps modernes. Nous l’avons vu précipiter la chute de l’Union soviétique, par la force de ses paroles et de son action. Cet empire, que l’on croyait inébranlable, était construit sur une utopie. La bureaucratie qui le gouvernait méprisait les exigences humaines et spirituelles. Elle promettait aux hommes un bonheur matériel qui ne remplacera jamais leurs aspirations profondes. Elle les contraignait à l’adoration d’idoles, qu’ils ont déboulonnées dès qu’ils l’ont pu. L’Union soviétique était fondée sur un mensonge, au moins par omission des racines culturelles des peuples qu’elle a voulu soumettre à ses lois.

 

Parce que je suis attaché à l’Europe, comme la majorité des jeunes et des gens de ma génération, je souhaite qu’elle soit préservée de cette périlleuse présomption. L’Union ignore trop souvent la culture et les richesses des pays qu’elle veut rassembler. Bien qu’elle ne soit responsable devant personne, la Cour de justice impose aux États sa jurisprudence. Le droit européen consacre le pouvoir d’une technocratie qui veut régler la vie des peuples dans ses moindres détails. Or, le pape actuel, Benoît XVI, l’a rappelé l’an dernier avec force : « On ne peut pas penser construire une vraie maison commune en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent ». Et cette identité est « constituée de valeurs que le christianisme a aidé à forger ».

 

Cette évidence historique n’a pas convaincu les rédacteurs de la charte des droits fondamentaux, annexée au traité. Nulle référence, dans ce texte, aux racines chrétiennes de notre Europe, bien que l’Union se dise « consciente de son patrimoine spirituel et moral » : la formule est assez vague pour autoriser toutes les interprétations. Il suffit, d’ailleurs, de la lire pour le comprendre : l’inspiration de cette charte est foncièrement individualiste. Elle dissout les solidarités et les communautés naturelles, comme le traité soumis au Parlement français dissout les nations européennes. Croit-on vraiment que ce soit ce que souhaitent les jeunes Européens ? Si nous voulons qu’elle résiste aux tempêtes, il nous faudra fonder l’Europe sur quelque chose de plus solide. Non sur l’utopie, mais sur la Vérité

par Lux publié dans : Pensée politique
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Dimanche 3 février 2008
A première vue, il s’agit de deux affaires très différentes : on est en face, d’un côté, d’une crise affectant tout un secteur économique des Etats-Unis, de l’autre, des pratiques irrégulières d’un employé d’une banque française. Est-ce vraiment exact ?

 

Tout d’abord, remarquons que la perte subie par la Société Générale lorsqu’elle a vendu des titres, avec une précipitation bien compréhensible, pour pouvoir dénouer les contrats passés irrégulièrement par son employé, n’aurait pas été si importante – et peut-être même n’aurait elle pas existée – si ces irrégularités avaient été découvertes deux mois auparavant. Car dans l’intervalle, les bourses mondiales ont connu une très forte baisse du fait de la crise de l’immobilier américain. On peut donc dire que, techniquement, la perte subie par la Société Générale à cette occasion est bien liée à la crise américaine.

 
 

L’oubli des règles de prudence

 
 

Plus généralement, on doit remarquer que, dans les deux cas, ces difficultés proviennent du non - respect, par des professionnels de la profession bancaire, des règles prudentielles de base. Dans le cas de l’immobilier américain, des banques ont accordé de nombreux prêts à des clients auxquelles, normalement, elles n’auraient pas dû consentir de crédit vu leurs faibles revenus, avec la circonstance aggravante que ces prêts portaient intérêts à taux variables. Dès que les taux d’intérêts aux Etats-Unis ont remonté, les intérêts de ces prêts ont fait de même et ces clients ont été dans l’incapacité de les payer. En conséquence, un nombre considérable de pavillons et appartements ont été saisis et mis en vente ( près de deux millions de logements en 2007 ) d’où un effondrement des prix de l’immobilier. Dans le cas de la Société Générale, et bien que l’on ne connaisse pas encore les circonstances exactes de cette affaire, on constate un premier manquement à la prudence : celui de transformer un employé du back-office , rompu aux procédures d’enregistrement et de contrôle des opérations et connaissant les codes d’accès informatiques, en trader chargé de négocier des contrats pour la banque. C’est dans l’autre sens qu’une banque prudente doit procéder, un trader fatigué quittant le desk – et ne pouvant plus, dès lors, négocier – étant transféré aux services d’exécution et de contrôle. Par ailleurs, il faut savoir que certaines des opérations traitées dans les salles de marché sont extrêmement sophistiquées, de telle sorte que peu de gens, y compris dans les directions générales des banques, les dominent avec aisance. Il existe des contrôles, certes, mais les hommes étant ce qu’ils sont, il n’est pas étonnant que des bavures surviennent de temps en temps. Et lorsque celles-ci ne portent pas sur un montant important, on n’en entend pas toujours parler …

 
 

La transformation du capitalisme

 
 

Un téléspectateur d’une émission consacrée à ces affaires posait l’autre jour, avec juste raison, la question : pourquoi les banques de dépôt se livrent-elles à des spéculations pour leur propre compte ? La réponse, dont nous avons eu plusieurs fois l ‘occasion de parler, provient de la transformation du capitalisme à laquelle nous avons eu l’occasion d’assister depuis vingt ans. Dans la période précédente, le capitalisme était le fait de groupes d’industriels et de banquiers reliés très souvent entre eux par des liens familiaux et patrimoniaux. De ce fait, les banques avaient une connaissance étroite des besoins et des conditions de fonctionnement des entreprises industrielles et commerciales. Ce temps n’est plus. Aujourd’hui, les grands acteurs des marchés boursiers sont les gérants des fonds de pension, fonds communs de placement en valeurs mobilières et autres SIVAV. Ceux-ci, brillants diplômés de grandes écoles mais souvent dépourvus d’expérience dans le domaine des affaires industrielles et commerciales, ne connaissent qu’une règle : faire gagner dans le minimum de temps le maximum d’argent aux organismes qu’ils gèrent. Ces personnes se trouvent par définition plongées dans un monde déshumanisé et ignorent la réalité des entreprises dont elles achètent ou vendent les actions. Etant donné l’extrême compétition existant entre eux, ces gérants exigent souvent des entreprises cotées en bourse des taux de rentabilité qu’une société de ce secteur industriel ne peut atteindre dans des conditions normales. Les dirigeants de ces entreprises ne peuvent que se plier à ces injonctions, faute de quoi, le gérant en question ferait vendre les actions de cette société, dont le cours s’effondrerait. C’est ainsi que, pour prendre l’exemple du monde bancaire, une banque de dépôt dont la rentabilité annuelle dans des conditions normales est de l’ordre de, disons 7 % net après impôt, est sommée d’atteindre, par exemple, une rentabilité de 15 %. Pour parvenir à ces objectifs, les dirigeants de cette entreprise sont obligés, non seulement de serrer les coûts encore plus fort, d’abandonner toutes les activités pas assez lucratives, de pousser à emprunter ou à acheter des titres certains de leurs clients et… de se livrer à la spéculation pour compte propre. Comme le remarquait Monsieur Sarkozy l’autre jour, ce dernier type d’opérations est risqué : cela peut rapporter beaucoup d’argent, mais de temps en temps, cela entraîne des pertes importantes. On le voit, il y a bien un lien, organisationnel cette fois, entre la crise des prêts immobiliers américains et l’affaire de la Société Générale !

 
 

Les autorités et les « bulles »

 
 

Sur un autre sujet, il faut remarquer que le Federal Reserve Board, autorité en charge de la surveillance du système bancaire américain et surtout de la fixation des taux d’intérêts aux Etats-Unis, porte une certaine part de responsabilité dans la formation des « bulles » financières dont l’éclatement provoque périodiquement des crises sérieuses. En effet, afin d’éviter les crises sur certains marchés et l’assèchement du crédit qui en résulterait, cette autorité, comme d’autres banques centrales, met soudain à la disposition du système bancaire des montants considérables à des taux d’intérêts très faibles. C’est ainsi que plusieurs centaines de milliards de dollars ont été prêtés récemment aux banques pour calmer la bourse après la crise de l’immobilier. Certains bons esprits pensent que cette injection de sommes énormes sur le marché dans l’espoir de désamorcer une crise…est à l’origine de la crise suivante ! Par exemple, les liquidités qui ont été injectées pour désamorcer la crise de la « Bulle Internet » il y a quelques années…ont été utilisées en partie pour alimenter la spéculation sur le marché de l’immobilier américain, servant ainsi de démarreur à l’actuelle crise. Autrement dit, ce système ressemble furieusement au chat qui court après sa queue…Car les établissements à qui la Banque centrale prête des sommes énormes à bas taux vont eux-mêmes utiliser ces capitaux en consentant des crédits à bas taux à quelqu’un d’autre et, si celui-ci est un spéculateur, préparer ainsi une nouvelle bulle dans un autre domaine. D’où la conclusion que ces banques centrales sont elles-mêmes responsables, au moins en partie, des spéculations qui agitent la sphère financière.

 
 

Revenir à la réalité

 
 

La vérité est que, dans le libéralisme sauvage que nous connaissons aujourd’hui, il n’existe plus aucun garde-fou à la spéculation. En particulier, tous les mécanismes de contrôle qui fonctionnaient antérieurement, notamment le contrôle des crédits accordés par les banques en France, ont été démantelés à partir de 1985. Eh oui, les dirigeants socialistes actuels ont oublié que c’est le gouvernement de Monsieur Mitterrand qui a mené la « déréglementation » dans le domaine financier ! Il n’existe plus qu’un système global d’alimentation du marché et de fixation du taux des intérêts interbancaires sans discrimination aucune puisque, comme on vient de le dire, il peut servir aussi bien à alimenter les activités utiles que la spéculation. Tôt ou tard, sans doute à l’occasion d’une crise qui tournera mal, il faudra bien admettre que le « laissez - faire, laissez - passer » n’est pas la bonne formule. Mais, comme d’habitude, il faudra attendre une véritable catastrophe pour qu’on ait le courage de s’écarter de la « nouvelle pensée unique » !

 

Georges Rousseau

 

 

 

Activités du mois de février

 
 
 
 



Le mercredi 6 février 2008 à 18h30, l’association Marius Plateau nous invite à prendre part à la messe qui sera célébrée en l’église de la Madeleine à Paris 8ème (chapelle de le crypte.- entrée latérale ) aux intentions des victimes du 6 février 1934.

 

 

 
 

Exceptionnellement, la conférence de l’Institut de la Restauration Nationale du mois de février aura lieu à VERSAILLES. Elle se tiendra le jeudi 14 février 2008 à 20h en la salle Montgolfier ( en dessous de la mairie ) 4, avenue de Paris, 78000 Versailles. Gare SNCF la plus proche : Versailles Rive gauche. La conférence s’intitulera : « La Résistance en France , 1940-1944 » et sera faite par Monsieur François - Georges Dreyfus, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Rappelons que le professeur Dreyfus est l’auteur d’un livre qui fait autorité dans ce domaine.

 

 

 

Une manifestation CONTRE L’EURO ET POUR LE RETOUR DU FRANC, qui n’est pas organisée par un mouvement royaliste mais qui a toute notre sympathie, aura lieu le dimanche 17 février à 15h. Place Saint-Michel à Paris 5ème ( devant la fontaine).

 

 

 

La Fédération du Languedoc-Roussillon nous invite le vendredi 8 février 2008 à une conférence-dîner avec Maître Jacques Trémolet de Villers et notre délégué général Hilaire de Crémiers dont le thème est : « Mistral et Virgile, retour aux sources ». Se renseigner auprès de Benoît d’Abbadie, tel : 06.73.84.05.62.

 

 

 

Le Café Bleu organise le Jeudi 21 février 2008 une conférence de Monsieur Hillard :

 

« Les minorités et les régionalismes » qui se tiendra au Centre Saint - Paul, 12, rue Saint - Joseph, Paris 2ème.

par Lux publié dans : Actualité nationale
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Mardi 29 janvier 2008
 
 

ImageJe n'ai qu'un mot à vous dire en cette fête d'anniversaire de l'Unité Capétienne. Un mot qui est un nom, un nom qui nous rassemble toujours et en toute occasion, qui définit notre unité, qui en est le principe et quien constitue la fin : je veux dire la France

La France, c'est ma passion. C'est la vôtre, c'est la nôtre. Servir concrètement la France, c'est mon but.
À ma place et dans cette tradition qui nous est chère, incarnée aujourd'hui par mon père, Comte de Paris, Chef de la Maison de France, dont je rappelle qu'il a été décoré pour fait d'armes et que son frère, mon oncle François, est mort au Champ d'Honneur.
Les Capétiens ont acquis leur légitimité par la sueur et par le sang, Par le service des autres et non en vertu de quelque théorie abstraite. Le principe vient confirmer le fait ; et le fait à son tour confirme le principe en un service effectif.
Le service suppose une préparation. Je remercie tous ceux qui m'ont aidé dans mon éducation. Ma mère y a veillé avec attention et constance : je lui en suis reconnaissant et je tiens à lui rendre hommage.
Philosophe par goût personnel, c'est aux incitations de ma grand-mère que je dois d'avoir fait du Droit, aux indications de mon grand-père d' avoir fait de l'économie. Cette formation diverse et somme toute, complète, il se trouve que je l' ai acquise en partie en France et en partie en Amérique.
Je sais aussi ce que je dois à mes maîtres, quelques-uns prestigieux comme Marcel Clément, comme Pierre Boutang. Et, je ne dois pas oublier tous ceux qui, dans la discrétion, ont rempli un rôle d éveilleurs de l' esprit et du coeur et dont beaucoup sont morts aujourd'hui. Selon l'antique et toujours vivante tradition familiale, j'ai tenu à faire un service militaire long, ce qui m' a permis de commander en France un peloton de chars et d'entraîner certaines troupes qui partaient pour la Bosnie.
C'était l'indispensable préalable. Maintenant voilà dix ans que je poursuis des voyages en France et à l'étranger, tou­jours selon la même tradition capétienne. Je me souviens de cette phrase de mon grand-père : « Plus on voulait que j'ap­prenne les choses par coeur, plus l'envie me prenait d'aller sur le terrain découvrir les choses par moi-même ».
Le Liban, le Maroc, la Tunisie, la Louisiane, le Québec, la Pologne, la Roumanie... Partout c'est un accueil chaleureux pour des rencontres utiles : culturelles, scientifiques, sociales et politiques. La francophonie est évidemment un sujet de prédilection.
En France, j'ai pour ainsi dire visité toutes les régions. À chaque fois, tous les sujets essentiels sont abordés : culture, patrimoine, économie, entreprises familiales, éducation, science et environnement, développement local et urbanisation, il n'est rien que je n'étudie de près, grâce à d'excellentes organisations locales. Sans oublier les sujets d'ordre social et, en particulier, le handicap et l'enfance en difficulté.
Colloques, conférences, visites se succèdent. Tout cela est pour moi instructif. Mais il ne s'agit pas seulement de m'ins­truire, je veux « faire », « agir », et j'ai créé à cet effet l'association Gens de France, dont le but est de m'aider dans cette Suvre à la fois une et multiple.
C'est ainsi que s'acquiert peu à peu une vision ; mieux : une expérience. Et c'est aussi de cette façon que peu à peu se façonne la réalité d'un acteur de la vie civile.
Vous savez que, de nos jours, les princes doivent travailler. Louis-Philippe avait déjà compris cette nécessité pour être dans son temps, comme l'ont toujours été les princes d'Orléans.
En même temps que ma vie de prince, j'ai mené une vie professionnelle active comme consultant et comme banquier. Voici qu'aujourd'hui j'envisage de faire converger mes deux vies, professionnelle et princière, en associant ma passion pour le patri­moine et l'histoire à une activité professionnelle de mise en valeur de l'héritage français, par le mécénat, par le conseil et par le moyen de conférences et de colloques.
La quarantaine est passée pour moi. Me voici au milieu du gué. Il reste encore beaucoup à faire. Que ce soit sur le plan personnel, professionnel ou public. Je le sais, je le dis et je le ferai. Comme toujours, à ma manière.
L'important, c'est que je contribue, à ma place, à la présence de la Maison de France dans l'espace public. Elle a encore des services à rendre à la France et aux Français. Nous sommes prêts pour cette mission. Et, pour ma part, je suis heu­reux et fier de ma vocation.

par Lux publié dans : Pensée politique
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Dimanche 20 janvier 2008

 

par Yvan Blot

 

La Nouvelle

REVUE UNIVERSELLE

N° 10 – décembre 2007

 

 

  La Révolution française n'a pas créé la démocratie. L'a précédée la « révolution américaine » qui est moins une révolution qu'une guerre d'indépendance, et a instauré une démocratie sans recourir au bouleversement idéologique. Et que dire de la Suisse !  Qu'est-ce alors que la Révolution française ? D'abord une Révolution idéologique de caractère anti-chrétien. Sa dimension religieuse lui a donné son pouvoir de fascination et son influence. Nous le montrerons en trois points : 1. Une révolution largement anti-chrétienne ;  2. Le génocide vendéen ;  3. Le culte de l'État issu de la Révolution - et conclurons par une observation sur le rapport ontologique révolution /démocratie.

 

 

UNE RÉVOLUTION LARGEMENT ANTI-CHRÉTIENNE

 

 

  Selon François Furet, « la Révolution française est devenue la mère d'un événement réel » qui «  a un nom : octobre 1917 et, plus généralement, Révolution russe ».   Dès 1920, Mathiez souligne la parenté entre les gouvernements montagnard (juin93-juillet94) et bolchevique - deux dictatures nées de la guerre civile et de la guerre étrangère, deux dictatures de classe opérant par la terreur, la réquisition, les taxes et se proposant, en dernier ressort, la transformation de l'humanité.

 

  Dès le début, la Révolution française se veut « rupture totale avec le passé réel été dans les ténèbres de la barbarie ». Sieyès notamment parle d'« Ancien régime » dès l'été 1789. La monarchie « absolue » dispose que le souverain ne rend compte qu'à Dieu. Du coup, note Furet, « il a l'obligation de se conduire en souverain chrétien.   De plus, il  y a comme en Angleterre un corps de principes coutumiers : la foi catholique du souverain, le respect de la liberté et de la propriété des sujets, l'inaliénabilité du domaine royal. Au-dessus des lois mais soumis à des lois, le roi de France n'est pas un tyran. La monarchie française, état de droit, ne doit pas être confondue avec le despotisme, pouvoir sans frein d'un maître ».  La base de l'Ancien Régime est la religion, c'est elle qu'il faut abattre. Il y a dans la philosophie française des Lumières un élan anticlérical et anti-catholique sans équivalent dans la pensée européenne. Hume, athée, vit en paix avec les religions ; Voltaire, déiste, fait la guerre à l'Église catholique. Mais le vrai moteur de la Révolution est ailleurs, dans la revendication égalitaire.

 

  Le penseur majeur en est Sieyès, prêtre aigri. Son pamphlet, de 1788, l'Essai sur les Privilèges donne le la de ce qui, dès 1789, sera le ressort révolutionnaire, la haine de l'aristocratie. Sieyès attaque les privilèges au nom de la raison, de la science, fonde une société d'individus libres, la « nation ». Dans Qu'est ce que le Tiers-État ?  il livre « le grand secret de la Révolution, ce qui va constituer son ressort le plus profond, la haine de la noblesse ». Moins penseur qu'homme de ressentiment, « en vidant la querelle de sa vie avec les gens bien nés, il a touché la passion la plus forte de l'opinion qui se retrouve en lui ». Le fruit était mûr. Selon Furet, « entre mai et août 1789, tout l’Ancien Régime s'est effondré. ( ... ) Les Français o n t fait du rejet de leu r passé national le principe de la Révolution. Une idée philosophique s'est incarnée dans l'histoire d'un peuple ».

 

  La violence éclate dès le 14 juillet. Nul n'ignore la capitulation de la Bastille devant les canons pris aux Invalides, le gouverneur Launay, puis le prévôt des Marchands Flesselles assassinés, les premières têtes coupées fixées à des piques... Cette violence, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, votée le 26 août par l'Assemblée constituante, ne l'enraye pas. Mounier' s'en inquiète et demande une déclaration compensatrice des « devoirs du citoyen » ; il craint l'anarchie. Si la déclaration américaine de 1776 est présente à tous les esprits, beaucoup mesurent l'abîme qui sépare la situation du vieux Royaume de celle des ex-colonies britanniques peuplées de petits propriétaires aux traditions responsables. La Déclaration de 1789, comme la déclaration américaine, énonce des droits naturels. Or, si, dans le précédent américain, ces droits (pour la plupart issus de la tradition de la Common Law anglaise) sont perçus comme précédant la société et en harmonie avec son développement, dans la France de 1789  l'accent est mis sur le « volontarisme politique » : la loi produite par la « raison souveraine » est placée en suprême garantie des lois. La porte est ouverte au constructivisme et à l'étatisme

 

  S'ajoute, dès 1789, la rupture entre le nouveau régime et la religion traditionnelle. En dépit des Lumières et même si que la démocratie naissante substitue « les droits de l'homme » au monde selon l'ordre divin, la rupture n'est pas délibérée. Si la religion est atteinte par la liquidation de l'Ancien régime, la révolution initialement n'a pas l'intention de substituer une nouvelle religion à l'ancienne. Mais « en déracinant l'Église catholique de la société » - le mot est de Furet -, en la privant sans indemnité de ses biens, la révolution a brutalement séparé démocratie française et tradition catholique. La mesure en scandalise plus d'un. Les choses ensuite vont vite. En février 1790, quatre mois après la mise à la disposition de la Nation des biens du clergé (pour rembourser l'abyssale dette nationale), l'évêque de Nancy veut faire reconnaître le catholicisme comme religion nationale : motion écartée, quand l'Assemblée adopte la constitution civile du clergé contestée par la majorité des ecclésiastiques. En avril 1791, Louis XVI est empêché de quitter Paris pour aller recevoir à Saint-Cloud la communion d'un prêtre de son choix. Philosophie de la liberté ? Furet : « Les hommes de la Révolution ont pensé la nation à partir de l'expulsion de l'aristocratie, étrangère à la communauté. (Le conflit armé va superposer ennemi intérieur et ennemi extérieur  (La philosophie des Lumières cosmopolite n'avait conquis qu'un public restreint. ( ... ) Sous sa forme la plus démocratique, elle pénètre les masses populaires par un canal imprévu, le sentiment national». Par la synthèse d'un messianisme d'idées et de la passion nationale, la Révolution intègre les masses à l'État. La guerre voulue et déclarée par l'Assemblée au « roi de Bohême et de Hongrie», le 20 avril 1792, va démocratiser la gloire ! Le 10 août, le roi Louis est arrêté. Le 21 septembre, la Convention, élue au suffrage universel (seuls les militants révolutionnaires osent voter), proclame la République. Le pouvoir y sera toujours aux mains de minorités.

 

 

À LA CONVENTION, UN DÉCRET RAPPORTÉ PAR BARÈRE

ORDONNE LE GÉNOCIDE VENDÉEN...

 

 

  L’affaire de Vendée souligne la passion religieuse de la Révolution. Le ressort insurrectionnel y est religieux : les nobles ne paraissent qu'en acteurs tardifs ; si le roi est invoqué, il est induit de l'appel à Dieu, à la tradition catholique. L'été 1793, la dictature du Comité de Salut Public est instaurée. Terreur et vertu sont à l'ordre du jour. Le gouvernement, par obsession idéologique, règne en faisant planer la peine de mort sur ses serviteurs comme sur tout citoyen. Le 1" août 1793, à la Convention, un décret rapporté par Barère ordonne de détruire la Vendée. Il sera appliqué à partir de janvier 1794. La guerre civile devient terreur organisée depuis Paris dans l'intention de détruire, outre les rebelles, population, fermes, cultures et autres « berceaux de brigands ». La guillotine ne suffit plus; dès décembre 1793, Carrier a recouru aux noyades collectives. Les troupes républicaines, divisées en « colonnes infernales », ont mission de brûler sur leur chemin toute habitation et d'exterminer les populations. L'opération dure jusqu'en mai 1794.  Barère déclare à la Convention : « Le Comité, d'après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle. L'humanité ne se plaindra pas, c'est faire son bien que d'extirper le mal » ; et Tureau, commandant en chef de l'Armée de l'Ouest: « Je vous donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être brûlé et de passer au fil de l'épée tout ce que vous rencontrerez d'habitants ». Un camp d'extermination est créé à Noirmoutier, un atelier de tannage de peau humaine à Pont-de-Cé. Pierre Chaunu a observé « Si nous n'avons jamais eu d'ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée ». U article L 211 -1 de notre Code pénal le stipule : « Constitue un génocide le fait en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction partielle ou totale d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ( ... ), de commettre l'un des actes suivants : atteinte à l'intégrité physique ou psychique, etc. ». Il y a eu un génocide vendéen.

 

  La terreur n'est pas liée à la situation militaire qui s'est redressée, ni aux pressions populaires. Selon Furet, « la Révolution française ne pense les résistances réelles ou imaginaires qui lui sont opposées que sous l'angle d'un gigantesque et permanent complot qu'elle doit briser sans cesse ». C'est pourquoi « la Terreur est ce régime où les hommes au pouvoir désignent les exclus pour épurer le corps de la nation. Les paysans vendéens ont eu leur tour, Danton attend le sien ». Ce constat ne signifie pas qu'il n'y a pas de différence entre 1789 et 1793, mais la culture politique qui conduit à la terreur existe dans la Révolution française dès l'été 1789. En même temps, la déchristianisation se déchaîne, anarchique. Voyez le journal d'Hébert, Le Père Duchesne, et des représentants en mission, comme Fouché à Nevers, mènent une campagne d'extirpation du culte catholique, saisi comme pratique liée à la malédiction de l'Ancien Régime. La Commune de Paris s'en mêle avec ses mascarades antireligieuses, la fermeture des églises. Un anticléricalisme populaire urbain trouve dans la Révolution un culte de substitution et la majorité de la Convention qui adopte le calendrier républicain est antireligieuse.

 

Au printemps 1794, la Terreur s'institutionnalise : le décret du 27 germinal (16 avril) centralise la justice à Paris ; la loi du 22 prairial (10 juin) supprime l'instruction, fonde l'accusation sur la seule dénonciation, enlève à l'accusé l'assistance d'un avocat et autorise les juges à ne pas entendre de témoins. Robespierre soutient le texte. « Cette sévérité n'est redoutable que pour les conspirateurs, les ennemis de la Liberté! » La Liberté reste fondement idéologique, mais la répression s'emballe : 1 500 exécutions du 10 juin à la chute de Robespierre, le 9-Thermidor, fin juillet. Robespierre arrêté, guillotiné, on compte parmi les vainqueurs du jour, Carrier, Collot d'Herbois, Barère. Les règlements de compte se succèdent au sommet de l'État impuissant, le personnel ne change pas. La Liberté ? « Les députés savent désormais qu'un pouvoir plus oppressif que l'ancienne monarchie absolue peut régner en son nom. » (Furet) Sieyès dit qu'il faut se méfier des idées de « Rétotale » (sic) qui remplacent la République ! Bonaparte remettra de l'ordre, en 1799, déclarera devant le Conseil d'État: « Nous avons fini le roman de la révolution; il faut en commencer l'histoire, ne voir que ce qu'il y a de réel et de possible dans l'application des principes et non ce qu'il y a de spéculatif et d'hypothétique ». Propriété, famille, ordre, religion.

 

 

LE CULTE DE L’ÉTAT ISSU DE LA RÉVOLUTION

 

 

  «Derrière la célébration du salut public, il y a non seulement l'investissement patriotique et l'amour de la France menacée et sauvée, mais plus simplement le culte de l'État sous toutes ses formes, qu'il s'agisse de son rôle militaire, économique, politique, pédagogique et même religieux » (Furet). « La loi est l'expression de la volonté générale », dit l'article 6 de la Déclaration des droits de 1789. Si la loi crée les droits, la porte est ouverte à l'étatisme. De là, l'ambiguïté de ce texte plutôt théorique qui, selon les articles mis en avant, est favorable soit au libéralisme soit à l'étatisme. Ainsi, dit Furet, « personne ne peut comprendre le rayonnement qu'a eu l'idée communiste en France à partir de 1920, sans prendre en compte ce qu'il doit au précédent Jacobin ». Le républicain Edgar Quinet, au XIXe siècle, redoutait que l'Europe ne produisît « d'immenses démocraties serviles qui graviteront vers l'arbitraire d'où elles sortent et où elles rentrent ». On retrouve au XIXe siècle cette volonté de reconstruire rationnellement le social ; elle est commune, dans la ligne de Robespierre, à Lénine et à Hitler. La rupture historique, c'est 1789, non 1917. Raison au pouvoir, science au pouvoir, même idée qui mène au nihilisme. Furet encore: « La révolution communiste qui n'a pas d'autre jin qu'elle-même et d'autre juge que ce qu'elle dit d'elle-même ne laisse aucun principe debout. Elle n'est définie que pars on cours ; or celui ci lorsqu'il a bénéficié d'une longue durée comme c'est le cas soviétique, a déchiré tout le tissu social ».

 

 

À partir de ses analyses sur la Révolution française, l'historien examine le fascisme et le communisme, ennemis de la démocratie libérale. « Ce sont des épisodes courts  encadrés par ce qu'ils ont voulu détruire. Produits de la démocratie, ils ont été mis en terre par elle. ( ... ) S'il n'y a pas avant le XXe siècle de gouvernement ou de régime idéologique, on peut dire que Robespierre en a esquissé le dessein au printemps 1794 avec la fête de l’Être suprême et la grande Terreur » Robespierre, Hitler, Lénine et leurs régimes ont d'abord suscité un immense espoir et attiré les intellectuels. Ils ont mis l'homme à la place de Dieu - c'est flatteur ; se sont appuyés sur un sentiment national exacerbé qu'ils coupèrent de la morale traditionnelle, prétendant en incarner une nouvelle. Leur révolution est une promesse de bonheur collectif, fondé sur le culte de la volonté et de la raison, ou de la science. Cette révolution entend créer un « homme nouveau », lui apporter le salut, elle remplace ou prétend remplacer la religion. La démocratie n'est pas la fille de la révolution, mais la révolution est le produit, sinon de la démocratie, de certaines idées démocratiques de type « constructiviste » qui finissent par tout détruire - à commencer par la démocratie. La France de 1789 veut imiter les États-Unis et l'Angleterre qu'elle comprend mal; ses principes philosophiques anti-religieux, conscients ou non, vont la conduire sur une tout autre voie.

 

 

 

ANALYSE MÉTAPHYSIOUE DE LA RÉVOLUTION

 

 

L’analyse historique appelle un examen métaphysique, afin de cerner l'essence de la Révolution, qui lui a donné un sens et explique sa dynamique interne. La Révolution française a pour socle, la raison. Son rationalisme critique s'attaque aux valeurs qui lui semblent non fondées en raison, ouvrant la porte à un nihilisme moral où la violence inhérente à toute révolution va s'engouffrer. Appliqué aux hommes, ce rationalisme réducteur engendre égalitarisme de masse, volonté de nivellement et dérive nécessairement vers le totalitarisme. Appliqué à la religion, il installe des idoles politiques en lieu et place de la Divinité. Ce schéma révolutionnaire se radicalise au XXe siècle et prend les formes du national-socialisme et du communisme. Uidéologie révolutionnaire débouche nécessairement sur l'inhumain, car sa force interne vient de la mobilisation de sentiments dévoyés exacerbés. Son socle, la considération, dans la froideur absolue, de principes abstraits. Robespierre l'incarne parfaitement. Le moteur éthique est la haine - de l'aristocratie et du clergé notamment. La Révolution flatte l'orgueil de l'homme qui se prend pour Dieu et veut tout recréer à sa manière. L’égalitarisme (cause motrice) se traduit par l'envie qui stimule la haine. Ce schéma de l'inhumanité révolutionnaire explique tant les massacres de Vendée que ceux de la Seconde guerre mondiale, ce prix qu'il convenait de payer pour forger un homme nouveau.  Péché prométhéen !

 

Un texte de Heidegger intitulé Koinon et consacré à l'essence du communisme, montre que si la révolution dite démocratique entend formellement répondre à d'authentiques aspirations démocratiques, telles la liberté et l'égalité, démocratie et révolution sont ontologiquement (ou métaphysiquement) incompatibles, car la pratique révolutionnaire condamne sans appel les fins démocratiques que la révolution prétend poursuive. En voici un extrait. « Philosophiquement, cette situation (la guerre) correspond à l'avènement de la puissance pour la puissance comme actrice déterminante du Jeu mondial. La puissance est aujourd'hui l’Être de l'étant. En tant qu'Être de l'étant, la puissance s'est annexé la moralité comme moyen. La sauvegarde des valeurs ou l'intérêt du peuple sont des prétextes au service de la puissance. Si nous n' croyons pas, c'est que la propagande fonctionne mal. La puissance a besoin de l'apparence du droit, mais en même temps elle ne tolère aucun obstacle et les objectifs peuvent donc changer au gré de ses caprices.   La puissance ne tolère l'étant que s'il est utilisable, donc planifiable et constructible. L'homme aussi doit être utilisable et son humanité peut alors s'avérer gênante. La mobilisation implique que tous soient interchangeables. Lorsque la puissance devient l’Être de l'étant, l'homme devient une matière première, une "ressource". »

 

C'est par essence que la Révolution n'a rien à voir avec la démocratie. Elle la détruit; la puissance qu'elle déchaîne ne saurait être contrôlée par le peuple. En même temps, elle ne peut naître que sur un terrain préparé par la démocratie dans la mesure où celle-ci, comme l'a vu Tocqueville, fait la part belle au mythe égalitaire. Il faut que d'autres forces s'opposent à ce mythe, pour que la démocratie ne bascule pas dans la révolution. C'est ce qui s'est produit aux USA et en Suisse, où les forces traditionnelles, notamment religieuses, font barrage à une idéologie rationaliste à tendance totalitaire.  La démocratie n’est pas la fille de la Révolution française, mais la Révolution de 1917 en Russie, le fascisme, le nazisme en sont bien issus.

 

par Lux publié dans : Pensée politique
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