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Le prince Jean multiplie depuis quelques années les voyages et les interventions où se manifeste son souci pour les questions environnementales. Aujourd’hui, 26 juillet, il
est en Bretagne pour une conférence sur l’expédition qu’il fit en Arctique souhaitant ainsi contribuer « à la sensibilisation de l’opinion sur les effets du changement climatique
dont les pôles sont des témoins malheureusement privilégiés ». « Il est indispensable que je m’intéresse à toutes les grandes questions qui touchent de près notre société » considère le Prince. L’impératif écologique en fait partie. On sait qu’il y a plusieurs façons de considérer l’écologie : Il y a celle qui s’apparente à une entreprise de culpabilisation de l’homme et manie l’alarmisme à des fins électorales. Et il y a celle qui se fonde sur le travail scientifique et n’oublie pas que l’homme est sujet de la nature. C’est évidemment à cette écologie de progrès que vont les soucis du prince Jean. A vrai dire la bonne écologie renvoie à des valeurs qui sont traditionnelles : les notions d’héritage, d’ordre naturel, de nature humaine. Elle tourne le dos aux idéologies (mythe du bon sauvage, individualisme…) et pousse à ce qu’on peut appeler avec le professeur Hautebert un retour au réel, c’est-à-dire la prise en compte d’une nature réelle, avec ses lois dont il est vain de vouloir s’affranchir. L’existence de l’homme excluant l’équilibre absolument naturel, il convient de veiller à respecter au mieux les lois de la nature tout en permettant à l’homme de satisfaire ses besoins. La visite que la Prince a faite au site de Cadarache en juillet 2006 n’est donc pas en contradiction avec ses soucis écologiques. Au contraire, elle est un encouragement à une énergie indéfiniment renouvelable et sans aucun effet de serre. Le vrai défi écologique étant dans ce domaine de concilier le besoin en énergie avec la sauvegarde des écosystèmes. La protection de l’environnement nécessite une volonté dont la tâche serait d’intégrer ce souci dans une politique à long terme de préservation du patrimoine naturel, et d’amélioration du cadre de vie humain, dans le respect de la nature et de la dignité de l’homme. Ceci ramène au Bien commun qui est sans doute le souci central du Prince Jean, avec son corollaire qui est le service. Une véritable politique écologique a besoin d’être servi par un Etat suffisamment stable pour permettre une œuvre de longue haleine, assez indépendant pour neutraliser les abus de certaines féodalités industrielles, productivistes ou technocrates, et assez sûr de lui-même pour faire relayer ses efforts par des pouvoirs publics décentralisés. La tâche suppose donc un pouvoir fort plus soucieux de persévérance dans l’action que de rentabilités médiatiques. Il est dans la nature d’un Prince national de pouvoir incarner un tel Etat. |
Les vacances sont le moment idéal – surtout quand le temps est pluvieux et venteux comme cet été - pour lire
les gros bouquins – les pavés, comme on dit – qu’on n’a pas le courage de parcourir pendant l’année.
C’est ainsi que j’ai lu le dernier ouvrage de Jacques Attali : « Une brève histoire de
l’avenir » ( Fayard, 2007 ). Rappelons que Monsieur Jacques Attali, naguère maître à penser de toute une génération post-soixante-huitarde, ancien
Conseiller spécial de François Mitterrand, vient d’être nommé par Nicolas Sarkozy, dans son effort pour débaucher des personnalités de gauche, Président de la «
Commission sur la croissance ». Disons tout de suite que si ce livre est très intéressant par son excellente documentation en matière économique et financière, j’ai été extrêmement déçu par
sa faiblesse dans le domaine historique. Sur le premier point, certains esprits chagrins chuchotent que Monsieur Attali dispose d’une excellente équipe de jeunes doctorants et agrégatifs en
économie qui rassemblent les éléments d’information et statistiques utilisés de ses ouvrages. Sur le second point, ce livre est décevant , car l’auteur prend de grandes libertés avec l’Histoire
pour la faire cadrer avec ses présupposés idéologiques et aboutir à sa conclusion que la « clé de la marche de l’Histoire » c’est la primauté de la liberté individuelle. Alors que
l’humanité a passé ses premiers millénaires courbée sous les règles de la horde ou du clan, puis a supporté pendant plusieurs millénaires l’esclavage puis la dictature du « pater
familias », et que finalement ce n’est que depuis quelques siècles qu’elle connaît la liberté individuelle et seulement depuis un peu plus d’un siècle que s’est établie la
« liberté » en matière politique, il est surprenant de faire d’une notion aussi récente « le moteur » de la longue histoire de
l’humanité !
Monsieur Attali est resté
marxiste
Je parlais plus tôt de « présupposés idéologiques » : En effet, aussi curieux que cela paraisse, Monsieur Attali est
encore imbibé de marxisme : je pourrai citer de nombreux passages où il se place exactement dans le droit fil de cette théorie. Il écrit, par exemple, qu‘ au fur et à
mesure du déroulement de l’Histoire « les paysans, les artisans, les travailleurs indépendants sont transformés en salariés précaires ; les richesses sont regroupées
en un nombre toujours plus réduit de mains ; de plus grandes libertés apparaissent pour les consommateurs et les citoyens et de plus grandes aliénations pour les travailleurs ». Ou
encore : « une nouvelle classe créative, la bourgeoisie, met en œuvre un savoir technique nouveau, économisant du travail, pour s’en approprier le profit ».
Il est difficile de concevoir qu’ une doctrine qui a prouvé de manière évidente qu’elle était aussi fausse que malfaisante peut encore servir de soubassement à la pensée d’un homme
intelligent aujourd’hui ! Quant au Christianisme, il est véritablement « expédié » dans quelques phrases de son livre. Par exemple, parlant des croisés, il
écrit : « Pour armer les bateaux des chevaliers, financés avec l’argent volé aux communautés juives massacrées au passage, la Sérénissime ( i.e. Venise ) construit des chantiers
navals ». Ou encore, parlant de l’Espagne du 16ème siècle, il écrit : « Les rois catholiques et leur cour ne pensent qu’a consommer paresseusement ce qu’ils volent
en Amérique où ils exterminent les indigènes »…On est loin de la vérité historique !
Les trois « ordres » et les neuf
« cœurs »
Mais revenons à la thèse de Jacques Attali. Selon lui, trois formes de pouvoirs ( les « Ordres ») se sont succédés depuis que
la race humaine s’est sédentarisée : l’ordre religieux (« Ordre Rituel »), l’ordre militaire ( « Ordre Impérial ») et enfin l’Ordre Marchand, dans
lequel le groupe dominant contrôle l’économie. Et l’auteur précise : « l’Ordre Marchand s’organise à tout instant en une forme unique, autour d’un seul centre, d’un
« cœur » unique, où se rassemble une classe « créative » ( armateurs, industriels, marchands, techniciens, financiers ), caractérisée par son goût du neuf et sa passion de la
découverte ... Tous les « cœurs » ont nécessairement un vaste arrière-pays pour y développer une agriculture, et un grand port pour en exporter les productions.
Autour de ce « cœur » gravite un « milieu » formé d’anciens et futurs rivaux. Le reste du monde, c’est la « périphérie », vendant au « cœur » ses matières
premières et sa main d’œuvre ». Selon Monsieur Attali, neuf « cœurs » se sont succédés depuis le douzième siècle : Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston,
New York et, aujourd’hui, Los Angeles. Que penser de cette théorie ? Première remarque : elle est extrêmement simpliste. Par exemple, les trois « ordres » dont parle Monsieur
Attali, ne se sont pas toujours succédés, mais le plus souvent, ont coexisté. C’est le cas en particulier pour la France, où pendant treize siècles ont a vu le pouvoir royal,
le pouvoir religieux et, sinon un pouvoir, du moins une classe de marchands, coexister plus ou moins harmonieusement, chacun agissant dans son propre domaine. Par ailleurs, en ce qui concerne les
« cœurs », il me semble que Monsieur Attali, pour justifier sa théorie, additionne des choux et des carottes, en rassemblant sous une même fonction des cités, parfois
très peu peuplées à l’époque et servant alors de capitale à un territoire minuscule ( Bruges, Venise, Anvers, Gênes ) et de très grandes villes comme Londres ou New York, capitale, ou au moins
centre économique et financier, d’un très grand Etat.
Un avenir plutôt sombre
Passons maintenant à la vision de Monsieur Attali sur l’avenir. Il n’est pas optimiste. Pour lui « les forces du marché prennent en
mains la planète…Si cette évolution va à son terme, l’Argent en finira avec tout ce qui peut lui nuire, y compris les Etats, qu’il détruira peu à peu, même les Etats-Unis d’Amérique ».
Devenu la loi unique du monde, le marché formera ce que Jacques Attali nomme : « l’hyper empire ». Selon lui, ce régime sera « créateur de
fortunes et de misères extrêmes ; la nature y sera mise en coupe réglée ; tout sera privé, y compris l’armée, la police et la justice ». Selon l’auteur, tout commencera par
un bouleversement démographique. En 2060, sauf catastrophe majeure, 9,5 milliards d’humains peupleront la terre, soit 3 milliards de plus qu ‘aujourd’hui…Les deux tiers de la planète vivront
dans des villes dont la population aura doublé, tout comme devrait doubler la quantité d’énergie et de produits agricoles consommés…Des masses immenses de « nomades de
misère »bousculeront les frontières pour chercher de quoi subsister . Le monde gouverné par « l’hyper empire » ressemblera par certains côtés à ce dont Herbert G.Wells et
Georges Orwell rêvaient, avec l’emploi, aussi bien dans la vie quotidienne que dans l’armée et la police - formées de mercenaires – de nouvelles techniques utilisant les ressorts de
l’électronique, de la génétique et des nanotechnologies. Tout cela n’ira pas sans de terribles secousses et d’innombrables conflits.
Un peu d’optimisme
Mais l’auteur garde finalement un peu d’optimisme. Il n’est pas impossible, écrit-il, « que de nouvelles forces, « altruistes
et universalistes » prennent alors le pouvoir et créent une « hyper démocratie mondiale » organisant la vie collective et fixant des limites à l’Ordre
marchand. Pour Monsieur Attali, semble-t-il, l’Europe, qu’il souhaite supranationale, doit être la préfiguration de cette hyper démocratie. On voit à quel point les idéologues peuvent se tromper,
puisque depuis sa création, l’Europe tend au contraire à ne pas s’opposer au marché et à favoriser la concurrence et la mondialisation…. Ceci dit, rassurons-vous, l’avenir est,
par définition, plein d’incertitudes. Tant d’évènements, tant d’individus, peuvent influer sur l’Histoire, voir en inverser le cours. L’avenir est rarement tel que les idéologues l’imaginent, car
ils se contentent le plus souvent de prolonger les courbes existantes et de jongler avec les statistiques pour aboutir à une vision qui n’est pas trop contradictoire avec ce qu’ils pensent,
craignent ou espèrent. En ce qui nous concerne, il vaut mieux dire tout simplement, comme nos pères : « Aides-toi, le Ciel t’aidera ». L’avenir est ce que nous en ferons,
c’est à nous d’influer de notre mieux sur les évènements et de combattre pour un monde conforme à l’ordre naturel et une France respectant « les promesses de son baptême », pour
reprendre l’expression de Jean-Paul II.
Georges Rousseau
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La France est une entité historique dont la construction est l’œuvre d’un Etat.
C’est ce que démontre Bernard Pascaud dans un article du dernier numéro de la revue mensuelle
PERMANENCES (N°441).
Le débat sur l’identité française et l’inquiétude suscitée par l’essor du communautarisme en France posent la
question de l’Un et du Multiple appliquée au domaine social. Comment concilier le principe de l’unité (sans lequel il n’y a pas d’Etat) et le respect de la diversité des groupes humains
composant une nation ? Une telle interrogation génère des débats dont les issues sont improbables si l’on reste dans le domaine des abstractions. Il est donc toujours utile de
recourir à l’histoire. Elle demeure une ressource précieuse, même dans le cas d’une réflexion relative à des situations quasi inédites, car elle ramène aux réalités vécues là où l’on
s’égare si souvent dans les utopies rêvées. Une juste rétrospective peut conduire à une saine prospective.
L’Etat ou le sens de l’Un
La France est une entité historique dont la construction est l’œuvre d’un Etat. Aucune fatalité ne poussait
des peuples et des territoires aussi divers à constituer une nation. La France ne répond à aucune prédestination géographique, raciale, linguistique, religieuse ou autre… Elle est une
« œuvre de l’intelligence et de la volonté », nous dit Bainville qui désigne aussi l’artisan de la construction précoce de notre patrie : « l’honorable maison
capétienne ».(1) Avant elle, ce territoire qui allait devenir la patrie française, et ces populations qui allaient partager la même communauté de destin qu’est une nation, n’avaient
pas encore trouver leur principe d’unité. Celui-ci fut apporté par la politique. La monarchie fut, le mot le sous-entend, ce principe d’unité de la France. Avec l’Etat capétien, la
désastreuse loi successorale des partages fut bientôt remplacée par la succession de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Ce fut l’outil politique de l’unité nationale. Pour en être
privés, les deux autres espaces nés du partage carolingien du Traité de Verdun de 843 restèrent morcelés. L’Italie et l’Allemagne, dont l’unité ne date que de la fin du XIXe siècle,
illustrent à l’évidence le bienfait de la dynastie capétienne dans la construction patiente de la France. La transmission héréditaire du pouvoir lui conférant la durée, la nouvelle
dynastie put être cet ouvrier déterminé dans la volonté et persévérant dans la tâche. L’Etat fut le principe unificateur de la nation française. Camille Jullian a bien résumé
l’apport : « Nous n’avons ni frontières naturelles, ni unité dans nos groupes dialectaux. Nous n’avons pas davantage un type ethnique, décisif et tranché ; nous sommes
un royaume, nous résultons de l’accroissement séculaire d’une couronne, c’est-à-dire de huit siècles de providence et de traditions enchaînées, de lucide conseil et d’action
énergique. » Au départ, Seigneur parmi d’autres, le Capétien affermit au cours du temps l’institution royale, passant peu à peu du cadre local de sa domination directe au
niveau national. Les modalités par lesquelles on passa d’un même pas, politiquement de la suzeraineté à la souveraineté, et territorialement du « domaine royal » au royaume
unifié furent variées : diplomatie, mariages, pacification, attrait d’un état assurant la paix et garantissant les libertés concrètes. On pourrait discuter, ou se disputer,
inlassablement à leur sujet. Sans tomber dans l’histoire idéalisée, il est permis de dire que passer dans l’allégeance au roi capétien fut vécu comme un bonheur libérateur et une
espérance de paix et de justice. Aussi, nulle part et jamais, on ne vit sous l’Ancien régime un territoire rattaché au royaume travailler ensuite à s’en séparer. L’unité nationale
incarnée par l’Etat royal fur perçue comme la garantie de l’épanouissement des particularismes locaux.
La permanence de l’Etat rendit possible l’œuvre de longue haleine. Son indépendance le fit regarder comme
seul fédérateur possible. Son unité fut la condition de l’unité nationale. Ces qualités réunies furent aussi les bienfaits politiques indispensables aux redressements français d’après les
ravages de la guerre de Cent ans, des guerres de religion ou de la tourmente révolutionnaire et impériale.
Ainsi la France naquît de la rencontre d’une dynastie et d’un peuple. En parallèle de la constitution de
l’Etat rassembleur de territoires, allait se développer une conscience nationale autour de la personne du Roi. Peu à peu, les populations du royaume de France eurent conscience de former
un peuple. Dès la fin du Moyen-âge, affirme le professeur Krymen, « …en dépit des variétés de coutumes, de moeurs et de langues, les habitants du royaume de France ont bien dans
leur ensemble la conviction de former une nation, communauté ethnique intégrée dans la communauté politique qu’est l’Etat (…). Faut-il rappeler le rassemblement des princes français
autour de Louis VI, en 1125, lorsque pointe la menace d’une campagne de l’empereur en France ? La lutte pour la conquête des fiefs Plantagenêts sur le territoire français ?
Bouvines ? Le ralliement sans résistance du Midi aux Capétiens après la conquête ? » (2)
Intimement liés dans l’esprit des populations devenues le peuple français, les concepts d’Etat et de nation
l’étaient aussi pour les juristes royaux. Le chef-d’œuvre politique que sont « les lois fondamentales du royaume » l’atteste. Leur objet fut la préservation d’un Etat apte à
servir le bien commun et mis à l’abri d’une mainmise étrangère.
La nation ou le sens du Multiple La question de l’unité ne doit pas escamoter celle de la diversité. Unificatrice, la monarchie ne fut pas pour autant niveleuse. C’est que l’Etat royal était chrétien ! Il pratiqua avant la lettre le principe de subsidiarité. Sa politique fut d’unité et de service de la nation, non de dépècement de celle-ci ou d’empiètements de pouvoirs hors de son domaine (limité aux droits régaliens). Le jour du sacre, le roi, « lieutenant de Dieu sur terre » s’y engageait. Au-dessus de lui, il reconnaissait qu’il y avait Quelqu’un ! Cela rappelait à une certaine humilité ! Cela préservait aussi de la tentation mégalomaniaque et idéologique de développer une conception personnelle de l’homme ou de la société. Aussi parmi toutes les limites qui empêchaient le pouvoir royal de dériver vers le despotisme étaient les libertés concrètes des communautés vivantes. Le pouvoir monarchique, trop indépendant pour craindre d’elles une concurrence, les laissa s’épanouir. Le foisonnement de corps intermédiaires formait la véritable constitution civile du royaume. L’interdépendance de tant et tant d’êtres et de groupes humains créait du « lien social », comme on dit aujourd’hui. L’affirmation plus appuyée des pouvoirs régaliens ne fit jamais disparaître la substance de cette sociabilité. La devise « le roi en ses conseils, le peuple en ses états » résume la répartition des pouvoirs dans l’ancienne France. L’autorité assurée au sommet de l’Etat garantissait les libertés concrètes des personnes individuelles et collectives.
Au lieu de voir ce que le principe de subsidiarité avait su inspirer d’harmonieuses relations, et les adapter
aux situations nouvelles, on a voulu refonder tous les rapports humains sur de nouveaux concepts : l’égalité, le contrat social, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, le
volontarisme… On a semé l’individualisme, on a récolté l’atomisation sociale. On a vilipendé les naturelles communautés de destin, on n’a fait que susciter l’affirmation de
« ghettos » fondés sur la ressemblance. On a cultivé la détestation de la France, fait ignorer notre héritage, centralisé pour uniformiser, confisqué les pouvoirs communautaires
où s’exerçait l’esprit civique, généralisé la culture du conflit sur celle de la complémentarité, on a aujourd’hui les réponses ainsi suscitées : le refus d’assimilation, les
communautarismes, les séparatismes, l’absence de ciment social, la francophobie.
Quand tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens, dit un proverbe. L’exercice ne peut être l’objet d’économie pour qui veut réfléchir à la pratique intelligente de
l’autorité et de la liberté.
1 – Jacques BAINVILLE Histoire de France
2 – Jacques KRYNEN L’empire du roi |