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Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

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La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Samedi 24 décembre 2005
   

 

 Il existe deux manières de devenir royaliste. Soit on part du haut, c’est-à-dire de la nation, soit on part du bas, c’est-à-dire des libertés. Autrefois, lorsque  l’amour de la patrie ne se discutait pas, c’était le premier chemin qui était en général suivi. Au contraire, de nos jours où l’idée de décentralisation et de « société civile » sont plus sensibles, la seconde voie est fréquemment employée. A noter que Charles Maurras, notre maître  à penser, a emprunté d’abord la route des libertés – en l’occurrence l’apologie et la défense de sa chère Provence -  avant de suivre la voie royale de la sauvegarde de la nation. Quoiqu’il en soit, dans les deux cas, on aboutit à la même conclusion : que ce soit pour la sauvegarde de la nation ou pour défendre les libertés, un roi est indispensable. Un roi, non pas un individu désigné grâce à des magouilles ou élu au petit bonheur la chance, mais un prince légitime dont la désignation se fait de plein droit, par application de la règle de dévolution, sans l’intervention des hommes.

Mais revenons-en à la nation. Il faut remarquer que l’idée de nation n’est pas, en soi, royaliste. Au contraire, c’est un concept révolutionnaire. La meilleure preuve est que l’on a crié pour la première fois : «  Vive la Nation ! » lors de la bataille de Valmy en 1792. Son origine se trouve chez Jean-Jacques Rousseau : c’est le champ de la mythique «  volonté générale » chère à ce personnage, d’où découle ce que les constitutions républicaines appellent : la «  souveraineté nationale ». C’est parce que la construction européenne violait ce concept qu’un républicain sincère comme Jean-Pierre Chevènement a manifesté son opposition à l’Europe. Mais, soit dit en passant, c’est aussi cette conception poussée à l’extrême qui a conduit les Nazis a déifier la nation allemande. Ce n’est pas  notre vision des choses.

On ne le répètera jamais assez : la démarche de l’Action Française est empirique. Elle s’écarte résolument de toute idéologie. Pour nous, la nation française n’est pas une idée ou un concept ; c’est une chose réelle, tangible, charnelle, ancrée dans la géographie et dans l’histoire. A travers elle, c’est la masse extraordinaire des richesses matérielles, intellectuelles et spirituelles accumulées depuis des siècles par nos aïeux, qui nous est transmise. C’est un véritable trésor ! La première de ces richesses est notre langue, notre belle langue française, si riche , si sophistiquée et pourtant précise comme un scalpel !  Songez aussi à ses paysages, si divers, qui caractérisent si bien ses provinces. Songez à ses monuments, à ses magnifiques cathédrales comme à la plus humble église de campagne, à ses splendides palais comme au plus reculé de ses manoirs !  Pensez aussi à son histoire, à cette longue suite de rois et de héros,  qui se sont acharnés à construire et à défendre notre pays…Oui, loin de battre leur coulpe, les nationalistes français doivent aimer et admirer notre patrie et nos ancêtres !

La pensée de Charles Maurras et de ses amis est fondée sur une constatation fondamentale: l’homme n’existe pas – il n’aurait pas pu exister - individuellement. Physiquement, il n’a pu survivre que parce qu’il était né au sein d’une famille et qu’il bénéficiait, sans l’avoir voulu et même sans le savoir, de la protection de sa famille…Cette réalité  est bien éloignée de la fiction démocratique selon laquelle la société est fondée sur l’association d’ individus égaux passant un contrat ! De là découle la conclusion de l’Action Française pour laquelle la société humaine se compose de familles, non d’individus. L’intérêt véritable d’un individu dépend de la prospérité des groupements dont il fait nécessairement partie, dont le premier et le plus important est la famille. Ces diverses communautés s’emboîtent les uns dans les autres comme les poupées russes : collectivités locales ou régionales, communautés professionnelles ou associatives… Au-dessus de ces  groupements, existe celui qui contient tous les autres, la nation. Au plan temporel, c’est la plus vaste communauté naturelle possible. Nos anciens ont démontré qu’un Français  a plus d’intérêts communs avec les Français les plus éloignés de lui par leurs idées ou leur niveau de vie qu’il n’en a  avec les étrangers qui partagent le plus ses idées ou sa façon de vivre. Croire le contraire, c’est être victime de l’illusion marxiste. D’où l’on conclut que le salut de la nation est le bien humain le plus précieux pour chacun des membres de cette nation, « comme le salut d’un navire est ce qui importe par-dessus tout à l’équipage et aux passagers, du capitaine au dernier mousse, des passagers des premières aux voyageurs entassés dans la dernière classe ». Il s’ensuit, comme l’a écrit Maurras,  « qu’un nationaliste conscient de son rôle admet pour règle de méthode qu’un bon citoyen subordonne ses sentiments, ses intérêts et ses systèmes au bien de la Patrie. »

Puisque nous en sommes là, expliquons quelle différence existe entre « patriotisme » et « nationalisme ». Le patriotisme est le sentiment  de piété envers le sol national, la terre des ancêtres. Cette vertu s’applique en particulier  à la défense du territoire national lorsque celui-ci est attaqué par un ennemi extérieur. Mais hélas, nous le savons, les ennemis de l’extérieur ne sont pas les seuls qui menacent notre pays et ses trésors. Il existe aussi des ennemis de l’intérieur. Citons par exemple Jean Jaurès qui, dans les années qui précédaient la première guerre mondiale, a fait tous ses efforts pour désarmer la France, alors même que l’Allemagne se faisait de plus en plus menaçante. Rappelons-nous que le 1er Août 1914, un jour avant le début de la plus épouvantable boucherie que notre pays ait connue, Jean Jaurès écrivait encore dans le journal « L’Humanité » : «  Jamais les travailleurs allemands ne tireront sur leurs camarades français ». Il est intéressant de noter que le mensonge évident contenu dans cette tirade antimilitariste a tellement frappé le public que lorsque l’assassin de Jean Jaurès, arrêté immédiatement après son crime, fut jugé en 1919, il fut acquitté presque sans débat ! Ainsi, le nationalisme est un patriotisme défendant le pays contre tous ennemis quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, un patriotisme raisonné et « tous azimuts », pourrait-on dire. Il faut donc au chef de la nation la notion profonde des intérêts de ses nationaux, non de quelques-uns seulement, mais de tous ; des nationaux vivants, des nationaux à vivre, comme des nationaux morts. « Il lui faut même, disait Maurras, le pouvoir de défendre la France éternelle contre le caprice ou l’avidité de quelques-uns, ou de beaucoup, ou même de l’ensemble des Français d’une époque ».Une telle connaissance n’est pas la portée de n’importe quel politicien obsédé par sa réélection…L’expérience l’a prouvé : seul un Roi, par nature indépendant et ayant le temps devant lui, peut le faire. C’est pourquoi, comme nos Maîtres avant nous, nous avons conclu à la nécessité de la monarchie. Nous sommes de ce fait, comme on disait autrefois, des adeptes du « nationalisme intégral ».

Voici ce qu’on pouvait dire en si peu de temps sur le royalisme et le nationalisme.  Notre travail est de transmettre ces idées. Aussi, en vous adressant tous mes vœux pour un joyeux Noël et une heureuse année 2006, permettez-moi de nous souhaiter à tous le  prompt retour du Roi !

                                                                                                         Georges Rousseau

 
par Lux publié dans : Pensée politique
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Mercredi 21 décembre 2005

Chers amis français.

Les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2007, et c’est peut-être la dernière fois qu’on votera en France !

Si la Monarchie, elle, est favorable au vote (lisez « du suffrage universel » de Charles Maurras sur ce même blog), soyez en sûr que le vote vous sera interdit, à vous français, « infidèles », « roumis », « sales occidentaux »… lorsque les Ottomans auront pris le pouvoir.

Ne soyons pas paranoïaques me direz-vous !...Mais sachez que si vous ne votez pas, eux, les « jeunes » voyous qui ont hier brûlé vos voitures et qui demain égorgeront vos femmes et vos filles si elles ne sont pas voilées, eux donc, les ottomans, les Islamistes, les terroristes en herbe, les dealers, violeurs, casseurs, voleurs…eux voteront sous l’égide de Joey Starr, Jean-Pierre Bacri et Djamel Debbouze, parrains du collectif « Devoirs de mémoire »!!

Eux voteront et, si on les ajoute aux traîtres, collabos et autres suppôts du pouvoir, ils régneront au nom de la "majorité". Dans ce cas, ils garderont le pouvoir même s'ils leur arrivaient de perdre cette majorité.

Alors il va nous falloir voter et même bien voter. Bien sûr, me direz-vous, mais comment choisir entre la peste et le choléra ?

Et bien, prenons exemple sur le deuxième tour de la dernière élection présidentielle où les français ont voté contre un homme et non pas pour le candidat sortant, nous devrons voter contre ceux qui auront les suffrages de ces français de "fraîche date".

Alors, Il faut voter! C’est une nécessité absolue si nous voulons sauver notre civilisation occidentale et chrétienne. Pour ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes, courez-y ! N’oubliez pas de voter en votre âme et conscience, et surtout bon courage pour affronter les années qui viennent.

par Lux publié dans : Pensée politique
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Mardi 13 décembre 2005


Imaginez un peuple responsable
qui vivrait dans un monde hérissé de libertés concrètes.
Dans un monde où le pouvoir décentralisé lui redonnerait toutes ses responsabilités perdues,
la possibilité de voter à tous les niveaux : local, régional, national, professionnel….
De gérer lui-même ses problèmes, dans les domaines ou chacun apporte ses compétences pour pouvoir proposer des solutions.

Imaginez un peuple libre
dont les problèmes quotidiens ne serviraient plus d’enjeux politiques destinés à faire vivre une multitude de partis, par le biais d’une démagogie insultante, et dont les chefs de file ne sont nullement représentatifs et incarnent encore moins des solutions.

Imaginez un peuple aimant son pays
qui se soucierait de ses droits certes, mais également de ses devoirs envers la société et envers sa nation.
Un peuple dont l’intelligence ne serait plus le fer de lance d’une multitude d’idéologies en tout genre, dans un pays où la télévision ne serait plus un instrument de manipulation, et où les religions trouveraient leurs places dans un respect réciproque.

Imaginez un pays libéré enfin
où l’omniprésence de l’Etat sous forme d’une administration envahissante et complexe, ou sous forme de lois nous interdisant de plus en plus d'agir au quotidien, deviendrait inutile !

Ce peuple qui vivrait ainsi, pourrait être tout simplement nous tous !
Le peuple français !

Atteindre un tel résultat, seules les institutions monarchiques le permettent.
Si vous voulez en savoir plus sur les conséquences de ces institutions dans notre quotidien et à l’échelle de la politique en général, venez découvrir ce combat politique à la fois peu commun mais passionnant qu’est
le royalisme !

K-doudal

par Lux publié dans : Pensée politique
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Jeudi 8 décembre 2005
   

 

« Quel genre de monarchie souhaitez–vous ? », c’est la question qu’on finit toujours par poser à un royaliste. Cette question peut paraître oiseuse tellement notre objectif paraît éloigné. Pourtant, il est extrêmement important que nous soyons tous en mesure d’y répondre, car, en l’absence de précision, on pourrait penser que nous n’avons pas réellement réfléchi à ce problème fondamental.

 

Avant d’exposer quelle sorte de monarchie nous souhaitons, il faut commencer par indiquer en quoi  la République est nocive pour notre pays.

 

                                        Nous sommes royalistes pour le bien de la France

 

Car, il ne faut jamais l’oublier, nous sommes des monarchistes de raison. Nous ne sommes pas royalistes par nostalgie ni par sentimentalité. Nous sommes royalistes parce que nous sommes des bons français, attachés à la sauvegarde de notre pays et que, pour exister et survivre, la France a besoin d’un roi. Car, tous les historiens le reconnaissent aujourd’hui, la France est le résultat de l’action de nos rois. Ernest Renan le disait déjà au siècle dernier : « La politique capétienne arrondit le lambeau ( le domaine royal à l’origine ) et en huit cent ans fit la France comme nous l’entendons, la France qui a créé tout ce dont nous vivons, ce qui nous lie, ce qui est notre raison d’être. La France est de la sorte le résultat de la politique capétienne continuée avec une admirable suite. » Au contraire, la République Française se termine toujours en catastrophe. Les deux premières Républiques se sont terminées par le césarisme et celui-ci, par deux fois, s’est achevé par une sévère défaite militaire : Waterloo pour le premier Empire, Sedan pour le second. La troisième République n’a même pas eu besoin de l’étape intermédiaire du césarisme pour aboutir à la catastrophe : elle s’est écroulée en juin 1940 après la plus effroyable défaite militaire que la France ait connue. Quant à la quatrième République, elle est morte à Dien-Bien-Phu et à Alger, dans les tristes conditions que l’on sait.

 

                                                  La division : une spécialité bien française

 

Il me faut aussi parler d’une caractéristique de notre peuple, à savoir son goût invétéré pour la division. C’est une constante dans notre histoire : les français se divisent entre eux. Il en a toujours été ainsi. Songez qu’au moment de la conquête de Jules César, au dernier siècle avant notre ère, les gaulois, partagés en une cinquantaine de tribus, se disputaient entre eux et même parfois se faisaient la guerre. Si César a pu conquérir la Gaule avec seulement 16 légions – on dirait aujourd’hui 16 régiments – alors que la Gaule était déjà peuplée de 5 millions d’habitants, c’est que certaines tribus gauloises se sont alliées aux romains et parfois ont combattu à leur côté contre les autres tribus gauloises. De même, pendant la guerre de Cent Ans, la France était divisée entre deux factions, les Armagnacs et les Bourguignons, ces derniers étant alliés des Anglais... Semblablement, pendant les guerres de religion, les extrémistes qui suivaient les ducs de Guise s’étaient alliés aux Espagnols contre Henri III, puis Henri IV.

 

En ce qui concerne les IIIème et IVème Républiques, il faut remarquer que ces deux régimes étaient ce qu’on appelle des : « régimes d’assemblée », c’est-à-dire des systèmes politiques dans lesquels l’organe le plus important, celui qui détient le véritable pouvoir, est l’assemblée nationale ou la chambre des députés, quelque soit le nom qu’on lui donne. Dans ce régime, le Président de la République n’a aucun pouvoir et les ministres dépendent du bon vouloir de l’assemblée. Or, la division des français dont nous parlions tout à l’heure se reflétait dans la composition de l’assemblée, qui était en permanence en équilibre instable. C’est ainsi que pendant les douze ans qu’a duré la IV ème République (1946 – 1958) vingt cinq gouvernements se sont succédé, la durée moyenne de vie d'un gouvernement étant de six mois ! Autant dire que notre pays, quelques puissent être les qualités des ministres, n’était pas gouverné. Il voguait de-ci, de- là, comme un bateau ivre... On comprend pourquoi Charles Maurras appelait cette forme de République: « la femme sans tête » !

 

Il n’y a pas de bonne République

 

En 1958, le général de Gaulle a cru que la Vème République, qu’il venait d’instaurer, allait guérir la République de ces maux. Lourde erreur ! Certes, le Président de la République n’est plus une potiche et la durée de vie moyenne du gouvernement tourne autour de deux ans et demi. Mais les vices inhérents à la démocratie demeurent. Car Charles de Gaulle, qui vitupérait  le «  régime des partis » quand il était écarté du pouvoir, n’a eu rien de plus pressé, quand il est revenu aux affaires, que de créer son propre parti, qui depuis lors guerroie contre les autres dans la guerre civile sans coup de feu que subit notre pays. Les élections, qu’elles soient présidentielles, législatives, départementales, régionales, sénatoriales, européennes, sont de bonnes occasions pour en découdre. Pendant ce temps, la France attend les décisions dont elle a besoin. Passé six mois après les élections, c’est l’immobilisme, d’ailleurs institutionnalisé pendant les périodes dites de « cohabitation », c’est-à-dire lorsque le Président est d’un parti, et la majorité de l’assemblée de l’autre. Non, décidément, la démocratie de convient pas à la France.

 

Précisons que nous sommes pas contre la démocratie par hostilité aux scrutins populaires et encore moins par je ne sais trop quelle nostalgie fascisante : nous sommes contre la démocratie quand elle ne marche pas. A ce sujet, laissez-moi vous conter une anecdote : dans les années soixante, quand j’étais le secrétaire de la Section de l’Essonne, mon président de Section était mon maître et mentor, Félix Duraud, un homme exceptionnel qui avait été secrétaire de Charles Maurras et directeur de l’Imprimerie d’Action Française, et qui donc avait côtoyé notre maître tous les jours pendant plus de dix ans. Je rédigeais un bulletin de Section puisque j’étais secrétaire, mais bien sûr, j’en soumettais toujours le projet à Félix Duraud, pour connaître ses observations. Un jour, dans je ne sait trop quel article, j’ai écrit la phrase : « la démocratie est valable au niveau de la commune ». Et Duraud, lorsque je lui ai soumis le projet, a rayé le mot : « valable » et l’a remplacé par :    « légitime ». La démocratie est légitime au niveau de la commune, telle était devenue ma phrase. Pourquoi la démocratie est–elle légitime au niveau de la commune? Parce qu’une commune est à taille humaine et que tous les électeurs comprennent peu ou prou le sens des décisions à prendre ou des programmes proposés. Dans une commune rurale, si un candidat maire dit qu’il faut réparer le chemin vert, même l’idiot du village connaît le chemin vert et sait bien qu’il est rempli de trous et de bosses et, donc, qu’il doit être réparé. Dans une commune plus importante, si le candidat maire propose de construire une piscine, tous les électeurs ont une idée de l’intérêt d’en faire construire une, et il y en a toujours un, un peu plus malin que les autres, qui va poser la question : «  et combien ça va nous coûter ? » Même les grandes agglomérations sont divisées en arrondissements, dont les problèmes sont à taille humaine et donc les électeurs peuvent comprendre les problèmes et donner un avis valable. Aux échelons supérieurs, au contraire, la démocratie disparaît car les devoirs d’un élu en tant que représentant de la population de sa circonscription entrent en conflit avec les obligations  qu’il a en tant que membre d’un parti. Ces obligations sont d’abord de nature idéologique, mais surtout son obéissance conditionne la poursuite de  sa carrière politique, c’est-à-dire son gagne-pain. Parfois, la démocratie se transforme purement et simplement  en oligarchie. Le modèle, on pourrait dire la caricature, de l’escroquerie démocratique apparaît dans les référendums, car les électeurs ne possèdent aucunement les connaissances et les compétences leur permettant de prendre une décision éclairée dans ces domaines. Il en a été ainsi notamment lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1993. Rappelez-vous : on a envoyé à tous les électeurs un livre de 200 pages, écrit serré, contenant le texte du traité et de toutes ses annexes. Pas plus de mille personnes en France n’étaient capables de comprendre ce texte, car il fallait pour cela, non seulement être un juriste, mais encore un juriste connaissant le droit européen et le texte de tous les traités antérieurs. Si c’est cela, la démocratie, c’est se moquer du monde !

 

                Une monarchie moderne

Venons–en maintenant à la monarchie que nous souhaitons. D’abord une certitude : La monarchie ne sera pas, elle ne peut pas être, la copie conforme du régime qui existait avant 1789. Ce serait une absurdité  totale, une sottise absolue.  Pourquoi ? Parce que la société française d’aujourd’hui ne correspond en rien à la société d’ancien régime. Rappelons que celle-ci était fondée sur des « ordres », catégories de la population dotées de certains pouvoirs en contrepartie de certaines obligations. Ces trois ordres étaient : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Qu’en est-il aujourd’hui ? La noblesse n’existe plus en tant que catégorie sociale particulière. Dans la plupart des cas, et en particulier sur le plan professionnel, rien ne la distingue plus de la bourgeoisie. Seuls, une certaine manière d’être et de traiter les autres, la courtoisie, l’élégance dans la tenue et dans les manières et un certain respect des traditions, les en différencie. Quand au clergé, et sans aucunement manquer de respect envers l’Eglise, il est bien clair que la situation actuelle du clergé catholique ne correspond en rien au clergé d’ancien régime. D’ailleurs, je suis sûr que la quasi-totalité des prêtres et des évêques français, mais aussi le pape, refuseraient de laisser le clergé, en tant que tel, prendre part au pouvoir politique de notre pays. En clair, loin d’être une reproduction à l’identique du passé, la monarchie sera forcément un système neuf, moderne, mais fondé sur les principes qui ont fait la force de la monarchie capétienne.

 

                                            

            Instauration et non restauration

 

Il faut bien comprendre que le concept de monarchie se trouve, sur le plan de la psychologie collective, à des années-lumière, non seulement de la classe dirigeante, mais aussi de la masse des français. Sur ce plan, la situation est autrement différente de celle qui aurait existée si en 1875 la monarchie avait été rétablie en la personne du comte de Chambord. Il y avait seulement cinq ans à l’époque qu’une dynastie (celle de Napoléon III ) avait cessée de régner. On aurait pu alors parler de « restauration ». Aujourd’hui, la tâche est toute différente : 134 ans se sont écoulés depuis la chute de Napoléon III, et 152 ans depuis celle du roi Louis-Philippe. Sans parler de la propagande républicaine qui s’est déchaînée depuis un siècle, notamment grâce à l’école publique. Notre travail est autrement difficile ! C’est pour bien marquer cette différence que nous préférons parler « d’instauration » plutôt que de « restauration ». D’autant plus que, d’une manière ou d’une autre, le rétablissement de la monarchie ne pourra faire autrement que de bénéficier d’un consensus populaire. Il n’est pas concevable, quelque soit le procédé utilisé pour  parvenir au rétablissement de la royauté, que sous une forme ou sous une autre, à un moment ou à un autre, un tel consensus ne se manifeste pas.

 

                            Une monarchie « à la française »

 

Il va de soi qu’il serait impossible de nos jours d’avoir un régime politique qui, comme dans l’ancienne France, ne reposerait pas sur une constitution écrite. On peut donc dire qu’en ce sens, la monarchie nouvelle sera « constitutionnelle ». Mais par ce terme nous n’entendons nullement la monarchie «  à l’anglaise » dans lequel le souverain n’a aucun pouvoir. Avec Charles Maurras,  nous rejetons catégoriquement un tel système. Maurras écrit dans « Mes idées politiques » : « Nous ne songeons pas à restaurer en France une monarchie parlementaire. Elle est peut-être à sa place en Belgique où elle peut remplir une fonction nationale supérieure et même en Angleterre dont elle tient l’Empire. Pour nous, les immenses bienfaits de la Restauration ne nous ont jamais aveuglés sur la part excessive que le régime parlementaire y donnait aux excès du système électif ».

 

Car la monarchie « à l’anglaise » n’a pour ainsi dire aucun avantage pour le pays, par rapport aux IIIème et IVème Républiques, et encore moins par rapport à la Vème. Son seul côté positif est l’incarnation de la nation en une personne en chair et en os, ce qui favorise l’unité nationale en cas de crise. Il est certain que, sans la royauté, la Belgique n’aurait pu résister à la tension entre la communauté flamande et la communauté wallonne. Mais, à part cela, le fait que la Belgique soit un royaume n’a nullement empêché ce pays de se noyer dans l’Europe, de perdre le Congo belge, d’autoriser l’avortement ou d’adopter le mariage homosexuel.

 

                             La monarchie antiparlementaire

 

Alors, qu’elle est la monarchie que nous voulons ? C’est celle que Charles Maurras, avec son immense talent de condenser en une formule une pensée  lourde  de sens, a appelée  dans  «  l’Enquête sur la monarchie  » : la   « monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée ». Nous allons parler de ces deux derniers termes. « Antiparlementaire » ne signifie pas qu’il n’y aurait plus d’assemblées délibératives ni d’élections. Bien au contraire, la monarchie moderne connaîtra des élections et des assemblées à tous les niveaux : local, régional et national. Maurras le dit en toutes lettres dans «  Nos raisons pour la monarchie » : « Il existe un premier degré de la fonction civique : c’est celui qui consiste…à soutenir de son assentiment le gouvernement qui protège les vies et les biens, à s’exprimer sur les impôts et sur les revenus, à déléguer une représentation au Pouvoir pour lui faire savoir ce qui est désiré, blâmé, déploré. C’est le domaine du suffrage universel, qu’il faut bien se garder de supprimer ou de restreindre ».

 

En vérité, « antiparlementaire » désigne un régime qui établit une distinction entre la tâche de gouverner  (dont sont chargés le roi et ses ministres) et celle de représenter les populations (dont sont chargés les députés). Confondre les deux fonctions comme dans une démocratie parlementaire crée tout simplement un régime oligarchique, avec tous les défauts inhérents à ce système. C’est ce que dit Charles Maurras dans « Mes idées politiques » : « Il faut revenir à un régime qui rétablisse la  distinction  entre le Gouvernement,  chargé  de

Gouverner, et la Représentation, chargée de représenter ».  Nous aurons donc d’un côté l’Exécutif, c’est-à-dire le roi et ses ministres – ces derniers n’étant pas des députés mais des hauts fonctionnaires – et de l’autre l’assemblée destinée à faire connaître au gouvernement ce qui est désiré ou rejeté par la population.  En    principe,

L’assemblée n’aurait pas de pouvoir législatif, sauf sur des questions exceptionnelles et notamment en matière fiscale. Il en était déjà ainsi dans  l’ancien  régime,  puisqu’ aucun impôt  ne pouvait être levé sans l’approbation des Etats-Généraux.  A côté de l’assemblée nationale, il existerait une seconde assemblée qui représenterait, non seulement les collectivités territoriales comme notre actuel Sénat, mais également les représentants des associations familiales, les ordres professionnels, les chambres des métiers, du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, en un mot, les forces vives du pays réel.

 

                                                                 Une véritable révolution
Un des immenses avantages de ce système est qu’il diminue dans des proportions importantes, un des  vices majeurs de la démocratie, l’avidité pour le pouvoir et l’ambition personnelle des hommes politiques.  Il ne sera plus utile qu’un de ceux –ci passe des années et des années à s’échiner comme un écureuil dans sa cage en montant un à un les échelons du pouvoir, l’oeil fixé sur le niveau suprême (le chef de l’Etat), ou du moins sur les échelons intermédiaires (les ministres), puisque la route de ces fonctions leur en sera définitivement barrée. Certes, il pourra être député ou sénateur, mais ce sera une fonction de service, non une fonction de pouvoir. Cette transformation radicale sera une véritable révolution ! Il est important de signaler qu’un système assez proche, mais dans un cadre démocratique, existe depuis longtemps dans un pays étranger. C’est le régime en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique qui connaissent la stricte séparation de l’Exécutif et du Législatif, et aussi une profonde  décentralisation, dont nous allons parler maintenant.

 

                                                               Une monarchie décentralisée

 

Naturellement, on vous dira que la république aussi a décentralisé. Mais vous savez comme moi que la décentralisation républicaine n’est pas une véritable décentralisation. En effet, la République française étant élective aux niveaux les plus élevés de l’Exécutif, le parti au pouvoir fait tout ce qu’il peut pour ligoter les collectivités aux rangs inférieurs. Il accorde donc ses faveurs aux électeurs et aux collectivités qui le soutiennent. Par exemple, ma commune de résidence a un maire de centre droit, mais le conseil général de notre département est socialiste. Comme par hasard, les subventions accordées par le conseil général à notre commune sont d’environ un tiers du montant des subventions accordées à une commune socialiste. Au contraire, la couleur politique des communes et des régions sera indifférente au roi, celui-ci n’étant pas élu.

 

Mais surtout, la notion maurrassienne de décentralisation s’étend au-delà des compétences des collectivités territoriales. L’idée de Maurras est de libérer de l’emprise de l’Etat, et donc des partis, toutes les communautés françaises, qu’elles soient naturelles ou créées par les hommes. Il peut s’agir d’associations ou d’organismes privés, d’ordres professionnels, de syndicats, d’organes représentants les métiers, les industries, l’agriculture et de groupes divers, bref, ce qu’on appelle aujourd’hui la société civile.  Aujourd’hui, l’influence de la politique politicienne s’exerce partout. Savez-vous que plusieurs mutuelles dépendent de certains partis ? Savez-vous qu’il en est de même pour certains organismes d’H.L.M. ? Savez- vous qu’une situation similaire se rencontre dans certaines Caisses d’épargne ? Savez-vous que la nomination du président de la Croix-Rouge Française (association privée) dépend du bon vouloir du Président de la République ? Là encore, tel parti s’attache telle ou telle organisation en la favorisant de diverses façons ou encore en lui octroyant des subventions. Au contraire, le roi, indépendant des partis et des lobbies, laissera ces organisations s’administrer comme elles l’entendent. En clair, la monarchie rendra leurs libertés à toutes ces collectivités. Comme on disait autrefois : Le roi sera le  protecteur des républiques françaises !

 

                                           Le roi, protecteur des républiques françaises

Vous le voyez, la monarchie que nous souhaitons est bien loin de ressembler à l’image mensongère colportée par nos ennemis et les manuels d’histoire de l’école publique ! On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est rétablir la noblesse et ses privilèges ». C’est faux, il n’a jamais été question de cela. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les élections ». C’est faux, il y aura des élections à tous les niveaux : local, régional et national. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les libertés ». C’est faux, c’est au contraire rendre leurs libertés aux français et à leurs collectivités. C’est pourquoi il faut être profondément optimiste. Car la République mène le pays à la ruine ! Tôt ou tard, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois dans notre histoire, une crise majeure se produira et la monarchie apparaîtra comme le seul recours. Alors, avec l’aide de Dieu, nos efforts seront couronnés de succès et la monarchie que nous appelons de nos vœux sera rétablie pour le plus grand bien de la France et des français.

 

      Georges Rousseau

                                                                                                                                                                                                
par Lux publié dans : Pensée politique
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Jeudi 8 décembre 2005
   

 

Dans l'Action Française 2000 du 29 juillet 2004, Jean Phillippe Chauvin écrivait :

La Ve République est-elle entrée en agonie ?

Bien sûr, les institutions semblent encore fonctionner, le Président présider et le gouvernement gouverner... Mais cela tient plus à l’habitude qu’à un véritable dynamisme politique.
Du coup, comme le souligne, parfois crûment, Nicolas Baverez, la France est malade : « Une gesticulation législative subordonnée aux impératifs de communication, mêlant les textes de circonstance – telle que la désastreuse loi dite du voile – aux textes d’exception, qui tendent à systématiser [...] le soupçon et la délation au mépris des libertés.
« Un État en faillite, dont les finances publiques sont les plus dégradées au sein de l’Europe des Quinze. Un engrenage de guerre civile froide avec la montée des tensions entre les statuts, les corporations, les générations, et plus encore les communautés. [...]
« La France présente aujourd’hui ce paradoxe scandaleux d’un pays qui décline, s’appauvrit et se déchire, en dépit de ses immenses atouts, du seul fait de règles absurdes et d’un manque criant de leadership politique. La France ne meurt pas d’un excès, mais d’un déficit de politique, ou plus exactement de la cannibalisation du politique par une conception cynique du pouvoir qui en monopolise les avantages, tout en en refusant les responsabilités, qui en dissout la dimension de projet et d’action pour n’en retenir que l’accaparement et la distribution des emplois et des fonds publics. Elle est le pays où le Premier ministre se définit comme un fusible et un simple exécutant du Président, tandis que le Président ne se consacre qu’à sa propre réélection, se spécialisant dans les causes humanitaires pour mieux se dérober devant les choix politiques qu’imposent les intérêts supérieurs de la nation ».
La question du régime
Autre problème, évoqué par Jean-Louis Guigou, ancien délégué à la D.A.T.A.R. : « La France est [...] bien “malade” d’un manque de prospective. La société devient nerveuse et se bloque car, à l’évidence, un peuple n’avance pas s’il ne sait pas où il va. [...]
« Ce qui caractérise la France, actuellement, c’est cette absence de vision du futur. Ce manque de projet et d’ambition collective [...] Le long terme disparaît, tout se ramène à l’impérialisme de l’instantané. »
Cela se marque aussi, comme le souligne l’un des animateurs des Guignols de l’Info, par le fait que le pays est en « période électorale permanente », phénomène aggravé par le quinquennat : il en résulte ainsi l’affaiblissement du politique et de l’État par le mécanisme du “balancier démocratique” qui engage toutes les structures gouvernementales de l’État. La preuve en est fournie par les alternances politiques à répétition (particulièrement depuis 1981), mais aussi par les cohabitations classiques (président et gouvernement de couleurs politiques différentes) et les “nouvelles cohabitations” en cours de définition liées à la décentralisation (régions quasi-intégralement dirigées par la gauche face à une majorité parlementaire et gouvernementale de droite).
Réintroduire le long terme
Devant une telle confusion, il est permis de ne pas tomber dans le fatalisme, mais, au contraire, de poser la question du régime politique susceptible de répondre au mieux aux défis contemporains, dans le sens de l’intérêt commun bien compris des Français d’aujourd’hui et de demain.
Jean-Louis Guigou évoque la nécessité de « réintroduire la pensée à long terme dans l’action politique »: cela est fort bien, mais incomplet, car c’est aussi dans les institutions qu’il faut remettre le “long terme”, en ne confondant pas celui-ci avec une forme moderne de “fixisme” ou de “fossilisation politique”. Le long terme nécessite la continuité certes, mais une continuité qui se doit d’être dynamique pour épanouir ses qualités et accompagner le temps sans l’arrêter, ni se laisser dépasser par lui.
Or, quel État peut, par essence, disposer du “long terme” ? Sûrement pas la république du quinquennat ! Une sixième république parlementaire, “redite” de feue la quatrième ? Ce n’est ni souhaitable, ni viable !
Alors ? Alors, la monarchie !
Mais pas n’importe laquelle : il ne s’agit pas d’une monarchie féodale copiée d’un passé révolu, ni d’une pétro-monarchie plus théocratique que politique. Nous nous intéressons à la monarchie “à la française”, pour ce pays-là et non pour un autre (même s’il y a des points communs avec d’autres régimes royaux, tels que le mode de transmission du pouvoir ou le rôle symbolique du souverain) ; la monarchie française, “capétienne”, peut être attentive aux autres monarchies dans le monde, mais elle trouve d’abord ses raisons d’être et ses motivations politiques dans l’histoire, le terreau et la nation française.
La monarchie française est “héréditaire et successible” : cela signifie qu’elle n’est pas esclave des élections et de ceux qui les font ; non pas vraiment les électeurs, mais les partis et les “puissances d’argent”. La monarchie, par son principe même, c’est la transmission de l’État, de son sommet institutionnel et symbolique (au sens fort du terme), par le biais le plus simple, le plus naturel, car filial, du père au fils, par la disparition de l’un et l’“apparition” immédiate de l’autre. « Le Roi est mort, vive le Roi ! » et son complément théorique « le Roi de France ne meurt jamais » sont les deux formules qui caractérisent le mieux cette “passation de sceptre” qui, si elle voit la mort physique d’un monarque, voit aussi dans le même temps la pérennité de sa fonction et de l’État immédiatement assurée par son successeur.
Ainsi, le Roi ne doit son pouvoir qu’à la naissance et au deuil : il n’a pas choisi de naître héritier de Roi, “Roi en devenir”, comme il n’a rien choisi de ce (et de ceux) qui le précède. Sa naissance en position d’héritier lui fixe des devoirs et lui assure une formation politique pour un avenir royal qu’il aura, peut-être, à assumer.
Indépendance du pouvoir
Comme le souligne le journaliste belge Paul Vaute, le principe même de l’hérédité monarchique assure une indépendance de fait, quant à l’origine de son pouvoir, voire de sa légitimité, au monarque : « Une personne – mais aussi un couple, des enfants, une dynastie – dont le pouvoir n’est pas le fruit d’une lutte politique, qui n’a pas été fabriquée par l’état-major d’un parti, qui n’a pas percé à grands coups de marketing, qui ne peut être identifiée à un groupe social, un milieu culturel ou une région [...] : tel est le Roi. Il n’est pas nécessairement parfait – nul ne l’est – mais il n’est pas un parvenu. Il offre un visage humain bien nécessaire, indispensable même, à ces monstres froids que sont devenus les États dans le monde contemporain »
Fédérer et unir
L’indépendance du Roi, conséquence du principe héréditaire, est beaucoup plus importante que sa compétence personnelle : c’est cette indépendance qui lui permet d’exercer son pouvoir suprême dans de bonnes conditions, en particulier dans le cadre de la monarchie active que nous prônons, dans le choix du personnel gouvernemental, dans la mise en place des grandes politiques, dans l’exercice de la diplomatie et dans l’arbitrage politique. Cette indépendance de position assure aussi l’unité même, à travers sa personne et sa famille, du pays : Louis XVI, Roi de France, s’adressait aux “peuples de France” et il apparaissait, à la suite de ses prédécesseurs, comme « le seul point commun à tous les habitants du royaume » au-delà des fortes différences provinciales, linguistiques et culturelles, voire institutionnelles.
Paul Vaute le rappelle en quelques phrases fort judicieuses, écrites pour traiter de la monarchie belge, mais qui peuvent en l’occurrence s’appliquer fort bien à la monarchie française : « Hors des clivages de toute nature, le Roi n’est pas pour autant cet être transparent, cette statue de marbre, cette fonction pure, ce personnage incolore, inodore, insipide, censé s’abstenir de tout avis au grand jour, tel qu’il semble émaner de nos traités de droit public. (..). En tout occupant du trône, nolens, volens, on trouve un exorciste du démon des divisions internes, quelles qu’en soient les causes ou les prétextes [...]. Le Roi est toujours celui qui rappelle que “fédérer, c’est unir dans la différence acceptée et non pas dissocier dans l’affrontement”
Restaurer le politique
La monarchie française n’a pas vocation à être seulement constitutionnelle ou parlementaire : elle se doit d’être politiquement active, de rendre au politique ses capacités d’action et d’intervention face aux grandes forces financières et économiques, et d’incarner (et de motiver) la diplomatie française dans le monde. Elle n’est pas une fin en soi, mais le moyen d’agir pour la France, dans les meilleures conditions possibles. Dans un monde incertain, la monarchie française, “réinstaurée”, pourrait être le signal annonciateur d’une reconquête par le politique des territoires que l’économique occupe indûment. Ce serait, en somme, la victoire des hommes sur le pouvoir anonyme de l’Argent dieu...

par Lux publié dans : Pensée politique
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« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

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