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Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

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Dimanche 6 avril 2008
Les Jeunes royalistes bordelais sont heureux de vous inviter à leur prochain cercle d’études qui aura lieux
le Mardi 8 Avril à 20H15 au 1 rue des Lauriers à Bordeaux (proche de la place du parlement) .
Sujet : Les leçons à tirer de Mai 68
Intervenant Bernard Pascaud.


par Lux publié dans : calendrier
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Mercredi 2 avril 2008

EUTHANASIE

 

Le refus du mystère

par Jacques Trémolet de Villers

 

 

 

LE BATTAGE médiatique, orchestré autour de la souffrance et de la mort de Chantal Sébire, outre son caractère obscène, a posé deux questions fondamentales. La première concerne le rôle de la loi, et celui du médecin. La seconde, plus grave, à mon sens, révèle un très inquiétant état des moeurs.

 

  A quoi tendait la requête présentée au tribunal par l’avocat de Chantal Sébire ? A obtenir de ce tribunal un refus dont il serait tiré parti pour demander, à cor et à cri, un changement de la loi. Le Bâtonnier de Paris s’es fendu d’un article pour rappeler que tel était le rôle des avocats pour faire « tomber les murs qui emprisonnent les âmes ».

 

L’image était déplacée. Les seuls murs qui tiennent notre âme dans la prison temporelle sont ceux de notre corps. L’avocat doit-il se transformer en auxiliaire du bourreau pour que la mort, donnée avec son aide, libère notre esprit de son corps douloureux ? Où allons nous?    Nous allons à l’absurde. C’est logique puisque nous refusons le mystère.

 

La loi, aujourd’hui, interdit au médecin de faire le geste qui tue. Le médecin est un être redoutable. Il dispose de connaissances qui lui donnent, sur le patient qui s’abandonne à lui, un vrai pouvoir de vie et de mort. Celui qui soulage la douleur, soigne le corps et, parfois, parvient à le guérir, peut être, plus facilement encore, celui qui tue. C’est pour protéger le patient d’un excès de pouvoir de son médecin et protéger le médecin contre lui-même que les écoles de médecine,   ou les Etats, ont, depuis toujours, réglementé cet art supérieur et terrible. Le serment d’Hippocrate n’a pas d’autre sens. Il est la marque certaine d’un haut degré de rationalité, c’est-à-dire de civilisation.

 

  Par principe, cette déontologie du respect de la vie par celui qui, pouvant la sauver, peut aussi, par les mêmes moyens, la détruire, ne souffre pas d’exception. Même dans les législations comportant l’usage de la peine de mort, l’administration de cette peine n’a jamais été confiée à des médecins. Je sais bien que c’est le docteur Guillotin qui inventa la guillotine – afin de faire moins souffrir les condamnés –mais ce n’est pas lui,  ni ses confrères, qui ont manié le couperet.

 

  Il y a une hostilité radicale et de principe, absolument intolérante de la moindre exception, entre le médecin et la mort. Par nature, par vocation et par essence, le médecin est l’ennemi de la mort.   La requête de Chantal Sébire tendait à mettre entre son médecin et elle, le juge qui dirait au médecin « tue !». Ce texte, s’il était voté, ne consisterait pas à dire au médecin « tu peux tuer, dans telles circonstances …. »  mais, « si cela t’est demandé, dans les formes que nous avons prévues par le texte, tu dois tuer ». Ici, il n’y a pas de milieu. La faculté devient une obligation, la permission devient un droit, et ce droit, pour être opposable, exige une sanction. Un droit qui n’a pas de sanction n’est pas un droit. C’est un voeu, un souhait, une parole verbale – flatus vocis. La sanction du droit du malade à mourir selon ses volontés avec l’assistance active de son médecin est l’obligation pour ce médecin d’obéir à son malade, c’est-à-dire, en l’espèce, de lui donner la mort.

 

Pour exercer, contre la vocation, l’honneur et la liberté du médecin, une telle contrainte, il faut évidemment un texte qui ait l’apparence et les moyens de coercition de la loi. 

 

Mais un tel texte, même voté à l’unanimité, ne sera jamais une loi. La loi, comme le droit, comme la médecine, comme tous les arts humains, est pour la vie. Le modèle insurpassable de la loi, le Décalogue, est un recueil de prescriptions positives et d’interdictions qui sont, toutes, pour la vie. La société est faite pour la vie. « Une loi injuste n’est pas une loi », dit saint Thomas d’Aquin, à la suite d’Aristote. Il est recommandé au citoyen, au sujet, et à ce meilleur des sujets et des citoyens qu’est le chrétien, de souffrir même les ordres absurdes, et les lois imparfaites. Mais il est prescrit au chrétien d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, et, aux autres, de se souvenir qu’Antigone a proclamé pour les siècles des siècles, face au tyran « paré des oripeaux du droit », l’autorité supérieure « des ordres éternels qui ne sont pas écrits ». Ce texte prétendu loi aurait contre lui la nature et la surnature, la raison et la foi, le droit et la grâce, Aristote et saint Thomas, Antigone et Hippocrate, l’Eglise et tous les hommes qui ont gardé le sens de l’honneur.

 

 

J’ai lâché ce dernier mot, l’honneur, qui me semble la réalité la plus méprisée dans cette affaire. L’honneur, ou le respect qu’appellent, chez tous les êtres civilisés, la souffrance et la mort.

 

Je ne parle pas ici, seulement, des chrétiens. Je parle de ce sentiment, à la fois haut et naturel, qu’Anna de Noailles, la païenne qui avait tant aimé la nature et l’amour, la joie, la gloire et le plaisir, appelait « l’honneur de souffrir ».

 

Le plus horrible dans l’histoire de la malheureuse Chantal Sébire est de constater qu’il ne s’est trouvé personne, ni dans son entourage immédiat, ni dans un cercle plus large, pour venir lui dire : « Vous souffrez atrocement. Je vais porter avec vous cette souffrance, non par pitié, miséricorde ou condescendance, mais parce que votre épreuve est un honneur dont je vous demande la grâce d’être le témoin. » On achève un animal qui souffre.   C’est une charité.Mais on honore un être humain dans la douleur, parce qu’on sait qu’il est entré dans ce qui est le vrai combat de l’homme. Son dernier combat, celui qui précède la mort et la victoire, et que nous appelons précisément l’agonie, c’est-à-dire Le Combat.  « Tout homme est une histoire sacrée », et c’est au moment où le mal l’écrase si douloureusement qu’il en vient à douter de tout et particulièrement de cette vérité, qui est son honneur, que la présence d’un semblable, d’un ami, d’un frère peut soulager cette douleur dans la douleur et, sans diminuer le tourment physique, apporter, au coeur même de ce tourment, la paix de l’âme.

 

Le prêtre a ces paroles, mais aussi le fils, la fille, le cousin, le voisin, l’avocat, le médecin.  Je n’ai rien vu de cette présence humaine auprès de cette femme abandonnée.  Seuls les exploiteurs professionnels de la misère ont bavé sur les ondes et répandu leur encre sur le papier-journal. Pour l’honneur des avocats et des journalistes, je lui adresse ici post-mortem, cette plainte en forme de regret, accompagnée de cette certitude : un être qui a souffert de telles persécutions, bien pires encore dans la douleur morale qu’elles infligent que dans ses tourments physiques, a droit à toute notre compassion.  Je lui adresse aussi cette réparation : contre ceux qui, sans aucun égard pour sa souffrance et son honneur, sans respect pour elle et pour sa mort, en ont fait l’instrument de leur guerre pour leur idéologie de chacals, de tout notre honneur d’homme et de chrétien, sans que jamais rien ne puisse nous arrêter, ni nous ni, après nous, ceux qui auront reçu la même nature et la même grâce, nous témoignerons, nous lutterons, nous combattrons… et Dieu donnera sa Victoire.

 

Quotidien Présent

du 31 mars 2008

par Lux publié dans : Actualité nationale
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Mercredi 2 avril 2008

Le 21 mars 1908

paraissait le premier numéro de

 l'Action Française quotidienne...

 

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Un siècle a passé depuis la parution de ce premier numéro de l’Action Française quotidienne et soixante quatre ans depuis sa disparition en août 1944.

 

Charles Maurras

 

            

 

Ce gros tiers de siècle, ne l’oublions pas, est traversé par deux guerres mondiales et, sans doute, l’on ne pourrait rien comprendre aux combats de l’Action Française quotidienne, à leur intensité, si on ne les resituait pas d’abord dans ce contexte que domine de toute sa force la confrontation franco-allemande.

 

 Pour une large part, si MAURRAS, BAINVILLE, DAUDET et leurs amis, en ce printemps 1908, veulent la Monarchie, c’est pour éviter à la France la guerre qu’avec une particulière lucidité ils voyaient se profiler. Ou, à tout le moins, pour l’y préparer plus sérieusement que ne le faisait la IIIème république et limiter, autant qu’il se pourrait, les immenses destructions matérielles et humaines que l’on aurait à connaître à peine six ans plus tard.

 

Cette hantise de la guerre et de la guerre perdue, comme on le verrait trente ans après dans l’effondrement de juin 40, est l’une des clés de l’histoire de l’A.F. quotidienne. Pendant 36 longues années, MAURRAS et BAINVILLE n’ont cessé d’en prévenir les Français, de faire la démonstration mille fois répétée des faiblesses de notre système politique, de tenter d’en conjurer les conséquences… « Pourquoi faut-il de tels retours ? » écrira MAURRAS lors de la débâcle de 1940 …

 

 

Léon Daudet

 

 

Dans l’insouciance tragique de beaucoup, l’A.F., certes avec le style de son temps, et ce qui nous semble aujourd’hui ses excès, était bien cette « pensée qui sauve » dont Pierre BOUTANG parlera plus tard.

 

Qui tient un tel rôle aujourd’hui, face aux défis en partie bien différents – mais en partie seulement - que la France moderne a ou aura à affronter ? Il est bel et bon, il est sans doute même nécessaire, d’étudier avec un regard critique l’histoire de l’A.F quotidienne, mais lorsqu’on considère les niveaux où se complaisent bien souvent nos médias et dont ils vivent au mépris de toute considération supérieure, ne serait-il pas légitime de nourrir une certaine nostalgie de ce que furent les grands combats de l’Action Française ?

 

 

C’était d’ailleurs l’autre volet essentiel - celui-là plus actuel que jamais - de ce « printemps du maurrassisme » qu’a étudié PAUGHAM, une autre tragique inquiétude : le déclin prévisible de toute une civilisation de l’ordre et de l’esprit, qui avait été la nôtre, la montée en puissance d’un nouvel « âge de fer », d’un nouvel âge barbare, où l’esprit, l’intelligence ne pèseraient plus grand-chose face aux forces matérielles, notamment celles du nombre et de l’argent. De ce déclin de toute civilisation, de cet asservissement de l’esprit, dont nous sommes témoins tous les jours, MAURRAS avait analysé les origines et tracé les sombres perspectives, dans ce maître livre que fut et que reste L’AVENIR DE L’INTELLIGENCE. Et c’est pour conjurer cet âge de fer, éviter ce règne barbare, empêcher ce temps d’inculture et de vulgarité où nous vivons aujourd’hui, que l’A.F. quotidienne rêva, quotidiennement, pendant 36 ans, de refaire un peuple, de rebâtir un Pouvoir politique, dignes de ce nom, de recréer les conditions d’une Civilisation ….

         

A tout prendre, et toutes corrections au titre du changement d’époque effectuées, il ne serait sans-doute pas si mal qu’aujourd’hui la France dispose, pour la servir, de jeunes hommes de la trempe de ceux qui, le 21 mars 1908, firent paraître le premier numéro de l’A.F. quotidienne ...

 

 

Texte paru sur le blog La faute à Rousseau.

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2008/03/17/21-mars-1908.html#more

par Lux publié dans : Histoire
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Lundi 31 mars 2008
Faisons le point
On trouvera ci-après le texte de l’intervention de Maître Georges Rousseau au banquet ayant suivi le Colloque organisé à Paris par le Restauration Nationale le samedi 29 mars .
Je vais peut être vous étonner, mais je trouve que la période que nous traversons en ce moment est une des période les plus fécondes qu’ait connu depuis trente ans La Restauration Nationale, le mouvement royaliste héritier de l’Action française.
Notre presse
Non seulement la Restauration Nationale a poursuivi avec succès ses activités traditionnelles, mais elle y a ajouté des formes nouvelles, telles que les « cafés politiques » de nos amis provençaux ou les sorties champêtres de certaines de nos fédérations. Notre presse, de son côté, s’est développée de manière importante. Vous le savez, elle compte maintenant trois titres : le magazine mensuel « Politique Magazine », qui s’adresse un large public cultivé, le journal bi-mensuel « Restauration Nationale », organe proprement - dit de notre Mouvement, et la revue trimestrielle « La Nouvelle Revue Universelle », qui vise principalement les milieux universitaires et intellectuels.

Nouveaux vecteurs
A cette forme traditionnelle de presse écrite c’est ajouté depuis quelques années un vecteur plus moderne : je parle du Site Internet de la Restauration Nationale, toujours très actif, et de tous les autres sites, « blogs » et lettres électroniques créés par nos fédérations, qui donnent une image très vivante des préoccupations des royalistes. Enfin, pour la première fois depuis la Libération, nous possédons notre maison d’édition, « Les éditions de la Colombe », qui commence avec prudence à éditer des ouvrages intéressants.

Tromperies et désillusions
Mais une deuxième source d’optimisme vient de la situation politique de notre pays. Combien de fois au cours de la Cinquième République certains de nos sympathisants ont - ils été tentés de rallier les rangs démocrates, trompés par les espoirs fallacieux déclenchés par tel ou tel homme politique doté d’une « aura » un peu plus attirante que celles de ses congénères ? Cela a encore été le cas il y a huit mois lorsque Monsieur Sarkozy, alors candidat, disait qu’il fallait être fier de la nation française et ne pas se vautrer dans la « repentance ». Moyennant quoi, il a été élu par 55 % des voix, raflant au passage une bonne partie de l’électorat du Front National. Mais il n’a fallu que six mois pour que les yeux de beaucoup d’électeurs se dessillent : non seulement, comme c’est l’habitude en démocratie, beaucoup de promesses électorales ne seront pas tenues, mais elles ne pourraient, en toute hypothèse, pas l’ être étant donné la situation économique et financière catastrophique de notre pays. Par ailleurs, la vitesse, voire la trépidation de notre nouveau Président, et pour tout dire son style « Bonaparte au pont d’Arcole », ne fait plus recette…Enfin, la fameuse ouverture à gauche, en direction des Attali et autres Kouchner, trouble les esprits dans l’électorat de Monsieur Sarkozy au moins autant que chez les socialistes. Dans la démocratie à la française, il n’y a pas, il ne peut pas y avoir, de consensus ou d’union sacrée, il n’y a que le combat entre les clans et la discorde entre les citoyens.

La vraie question
Tout cela fait réfléchir nos concitoyens…A force de parler de « monarchie », même élective, on se pose la question : pourquoi pas revenir à la « vraie » monarchie, au régime qui fait gagner la France ? L’original vaut toujours mieux qu’une pâle copie ! Alors, pourquoi ne pas revenir à la monarchie traditionnelle, héréditaire, anti-parlementaire et décentralisée, selon la définition de nos maîtres, mais bien sûr, modernisée et adaptée à notre temps !
Le reste dépend de nous, de notre travail, de notre intelligence et de notre discipline ! Alors, retroussons nos manches, l’enjeu en vaut la peine, ce n’est ni plus ni moins que le salut de la Nation !
Georges Rousseau
par Lux publié dans : Pensée politique
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Samedi 15 mars 2008

 

 

Michel Fromentoux

L’Action Française

n° 2743 du 5 mars 2008

 

Les élections municipales sont assurément celles qui devraient offrir au citoyen l'occasion d'être fier et heureux d'exercer son droit de vote. On ne peut pas dire que ce soit le cas actuellement...

 

Nous rappelons en page 16 comment au Moyen-Âge sont nées les communes sous la protection et avec l'encouragement constant du roi capétien. Jusqu'à la Révolution c'était le privilège des villes que de s'administrer. Chacune avait son échevinage élu par les notables et formé du Conseil de ville (ou de la Communauté de ville), avec le maire. La population était très souvent appelée à voter : on évoque souvent, dans les villages, ces assemblées du dimanche après la messe où les pères de famille, parfois aussi les mères, étaient appelés à se prononcer sur tel ou tel point d'intérêt général. On s'y montrait même fort jaloux de tels privilèges (au vrai sens du mot : lois privées) à tel point que Frédéric Mistral a pu écrire que nos ancêtres, « lorsqu'ils sentaient le droit dedans, savaient laisser le roi dehors »..

 

Tout poussait les habitants de la ville à s'intéresser concrètement aux affaires de leur ressort. On apprenait dans la commune à s'élever à la notion de bien commun., au sens du dévouement, de la solidarité, du don de soi, et, de là, l'on s'ouvrait à la notion de bien commun de la patrie.

 

Un telle vie municipale était riche de culture autant que d'activité économique. N'oublions jamais que c'est en considérant les grandes liber tés dont jouissaient jadis les pêcheurs de sa ville natale de Martigues, que Maurras découvrit qu'un tel foisonnement de libertés à la base ne pouvait se concevoir que sous l'égide d'un pouvoir fort et indépendant au sommet, celui du Roi.

 

 

La condition de maire

 

Depuis que la République sévit, elle s'est toujours montrée sourcilleuse à l'égard de ces petites communautés du pays réel et n'a eu de cesse de faire des disputes pour la conquête du pouvoir la trame de la vie publique. Ainsi les villes sont-elles devenues des tremplins pour tel ou tel ambitieux avide de s'imposer dans la région puis la nation, et les grandes et concrètes libertés de jadis ont été confisquées par les charlatans des partis.

 

Ajoutons à cela que le pouvoir central, même quand il semble desserrer la bride, s'arrange toujours par les biais des subventions pour faire pression sur les élus locaux. En outre, les lourdeurs administratives s'aggravent d'année en année ; la loi de décentralisation de 1982 n'a pas amélioré la condition des maires : ceux-ci voient augmenter considérablement les risques que leur responsabilité pénale soit engagée en matière d'hygiène, de sécurité, de pouvoirs de police, ou en cas d'accident. Même en matière de liberté d'administration, on a vu en novembre dernier l'association des Maires de France se plaindre de manquer d'une véritable autonomie fiscale. Sans compter que l'intercommunalité déplace le vrai: centre du pouvoir et que les maires de petites communes craignent d'être dépossédés de leur mandat, et leurs électeurs dépossédés de leurs libertés propres. Ainsi de foyers d'amitiés, les communes sont-elles souvent devenues des foyers de sordides rancunes. Si l'on en croit Historia de ce mois de mars, selon une récente enquête la moitié des maires en fonction depuis 2001 ne souhaitaient pas se représenter en 2008...

 

Que les élections municipales de ce dimanche n'aient rien d'emballant ne doit pas pour autant nous pousser à les bouder. Tenons-nous en à ce qu'écrivait Maurras dans L'Action Francaise du 20 mai 1929 : « Parisiens et provinciaux doivent voter, et bien voter. Quant à savoir où est le bien, chacun dans son canton est mieux à même de le dire que n'importe quel comité parisien.   Faire de la politique quand il le faut ; s'en garder, en garder les autres partout où cela est possible, élire le plus grand nombre possible d'honnêtes gens pour la garde et le maintien de la police locale et des deniers publics; se rallier à tout ce qui combat effectivement l'influence de sans-patrie et les gaspillages de l'étatisme municipal, ce sont les principes fondamentaux. »

par Lux publié dans : Pensée politique
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