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La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

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Dimanche 3 février 2008
A première vue, il s’agit de deux affaires très différentes : on est en face, d’un côté, d’une crise affectant tout un secteur économique des Etats-Unis, de l’autre, des pratiques irrégulières d’un employé d’une banque française. Est-ce vraiment exact ?

 

Tout d’abord, remarquons que la perte subie par la Société Générale lorsqu’elle a vendu des titres, avec une précipitation bien compréhensible, pour pouvoir dénouer les contrats passés irrégulièrement par son employé, n’aurait pas été si importante – et peut-être même n’aurait elle pas existée – si ces irrégularités avaient été découvertes deux mois auparavant. Car dans l’intervalle, les bourses mondiales ont connu une très forte baisse du fait de la crise de l’immobilier américain. On peut donc dire que, techniquement, la perte subie par la Société Générale à cette occasion est bien liée à la crise américaine.

 
 

L’oubli des règles de prudence

 
 

Plus généralement, on doit remarquer que, dans les deux cas, ces difficultés proviennent du non - respect, par des professionnels de la profession bancaire, des règles prudentielles de base. Dans le cas de l’immobilier américain, des banques ont accordé de nombreux prêts à des clients auxquelles, normalement, elles n’auraient pas dû consentir de crédit vu leurs faibles revenus, avec la circonstance aggravante que ces prêts portaient intérêts à taux variables. Dès que les taux d’intérêts aux Etats-Unis ont remonté, les intérêts de ces prêts ont fait de même et ces clients ont été dans l’incapacité de les payer. En conséquence, un nombre considérable de pavillons et appartements ont été saisis et mis en vente ( près de deux millions de logements en 2007 ) d’où un effondrement des prix de l’immobilier. Dans le cas de la Société Générale, et bien que l’on ne connaisse pas encore les circonstances exactes de cette affaire, on constate un premier manquement à la prudence : celui de transformer un employé du back-office , rompu aux procédures d’enregistrement et de contrôle des opérations et connaissant les codes d’accès informatiques, en trader chargé de négocier des contrats pour la banque. C’est dans l’autre sens qu’une banque prudente doit procéder, un trader fatigué quittant le desk – et ne pouvant plus, dès lors, négocier – étant transféré aux services d’exécution et de contrôle. Par ailleurs, il faut savoir que certaines des opérations traitées dans les salles de marché sont extrêmement sophistiquées, de telle sorte que peu de gens, y compris dans les directions générales des banques, les dominent avec aisance. Il existe des contrôles, certes, mais les hommes étant ce qu’ils sont, il n’est pas étonnant que des bavures surviennent de temps en temps. Et lorsque celles-ci ne portent pas sur un montant important, on n’en entend pas toujours parler …

 
 

La transformation du capitalisme

 
 

Un téléspectateur d’une émission consacrée à ces affaires posait l’autre jour, avec juste raison, la question : pourquoi les banques de dépôt se livrent-elles à des spéculations pour leur propre compte ? La réponse, dont nous avons eu plusieurs fois l ‘occasion de parler, provient de la transformation du capitalisme à laquelle nous avons eu l’occasion d’assister depuis vingt ans. Dans la période précédente, le capitalisme était le fait de groupes d’industriels et de banquiers reliés très souvent entre eux par des liens familiaux et patrimoniaux. De ce fait, les banques avaient une connaissance étroite des besoins et des conditions de fonctionnement des entreprises industrielles et commerciales. Ce temps n’est plus. Aujourd’hui, les grands acteurs des marchés boursiers sont les gérants des fonds de pension, fonds communs de placement en valeurs mobilières et autres SIVAV. Ceux-ci, brillants diplômés de grandes écoles mais souvent dépourvus d’expérience dans le domaine des affaires industrielles et commerciales, ne connaissent qu’une règle : faire gagner dans le minimum de temps le maximum d’argent aux organismes qu’ils gèrent. Ces personnes se trouvent par définition plongées dans un monde déshumanisé et ignorent la réalité des entreprises dont elles achètent ou vendent les actions. Etant donné l’extrême compétition existant entre eux, ces gérants exigent souvent des entreprises cotées en bourse des taux de rentabilité qu’une société de ce secteur industriel ne peut atteindre dans des conditions normales. Les dirigeants de ces entreprises ne peuvent que se plier à ces injonctions, faute de quoi, le gérant en question ferait vendre les actions de cette société, dont le cours s’effondrerait. C’est ainsi que, pour prendre l’exemple du monde bancaire, une banque de dépôt dont la rentabilité annuelle dans des conditions normales est de l’ordre de, disons 7 % net après impôt, est sommée d’atteindre, par exemple, une rentabilité de 15 %. Pour parvenir à ces objectifs, les dirigeants de cette entreprise sont obligés, non seulement de serrer les coûts encore plus fort, d’abandonner toutes les activités pas assez lucratives, de pousser à emprunter ou à acheter des titres certains de leurs clients et… de se livrer à la spéculation pour compte propre. Comme le remarquait Monsieur Sarkozy l’autre jour, ce dernier type d’opérations est risqué : cela peut rapporter beaucoup d’argent, mais de temps en temps, cela entraîne des pertes importantes. On le voit, il y a bien un lien, organisationnel cette fois, entre la crise des prêts immobiliers américains et l’affaire de la Société Générale !

 
 

Les autorités et les « bulles »

 
 

Sur un autre sujet, il faut remarquer que le Federal Reserve Board, autorité en charge de la surveillance du système bancaire américain et surtout de la fixation des taux d’intérêts aux Etats-Unis, porte une certaine part de responsabilité dans la formation des « bulles » financières dont l’éclatement provoque périodiquement des crises sérieuses. En effet, afin d’éviter les crises sur certains marchés et l’assèchement du crédit qui en résulterait, cette autorité, comme d’autres banques centrales, met soudain à la disposition du système bancaire des montants considérables à des taux d’intérêts très faibles. C’est ainsi que plusieurs centaines de milliards de dollars ont été prêtés récemment aux banques pour calmer la bourse après la crise de l’immobilier. Certains bons esprits pensent que cette injection de sommes énormes sur le marché dans l’espoir de désamorcer une crise…est à l’origine de la crise suivante ! Par exemple, les liquidités qui ont été injectées pour désamorcer la crise de la « Bulle Internet » il y a quelques années…ont été utilisées en partie pour alimenter la spéculation sur le marché de l’immobilier américain, servant ainsi de démarreur à l’actuelle crise. Autrement dit, ce système ressemble furieusement au chat qui court après sa queue…Car les établissements à qui la Banque centrale prête des sommes énormes à bas taux vont eux-mêmes utiliser ces capitaux en consentant des crédits à bas taux à quelqu’un d’autre et, si celui-ci est un spéculateur, préparer ainsi une nouvelle bulle dans un autre domaine. D’où la conclusion que ces banques centrales sont elles-mêmes responsables, au moins en partie, des spéculations qui agitent la sphère financière.

 
 

Revenir à la réalité

 
 

La vérité est que, dans le libéralisme sauvage que nous connaissons aujourd’hui, il n’existe plus aucun garde-fou à la spéculation. En particulier, tous les mécanismes de contrôle qui fonctionnaient antérieurement, notamment le contrôle des crédits accordés par les banques en France, ont été démantelés à partir de 1985. Eh oui, les dirigeants socialistes actuels ont oublié que c’est le gouvernement de Monsieur Mitterrand qui a mené la « déréglementation » dans le domaine financier ! Il n’existe plus qu’un système global d’alimentation du marché et de fixation du taux des intérêts interbancaires sans discrimination aucune puisque, comme on vient de le dire, il peut servir aussi bien à alimenter les activités utiles que la spéculation. Tôt ou tard, sans doute à l’occasion d’une crise qui tournera mal, il faudra bien admettre que le « laissez - faire, laissez - passer » n’est pas la bonne formule. Mais, comme d’habitude, il faudra attendre une véritable catastrophe pour qu’on ait le courage de s’écarter de la « nouvelle pensée unique » !

 

Georges Rousseau

 

 

 

Activités du mois de février

 
 
 
 



Le mercredi 6 février 2008 à 18h30, l’association Marius Plateau nous invite à prendre part à la messe qui sera célébrée en l’église de la Madeleine à Paris 8ème (chapelle de le crypte.- entrée latérale ) aux intentions des victimes du 6 février 1934.

 

 

 
 

Exceptionnellement, la conférence de l’Institut de la Restauration Nationale du mois de février aura lieu à VERSAILLES. Elle se tiendra le jeudi 14 février 2008 à 20h en la salle Montgolfier ( en dessous de la mairie ) 4, avenue de Paris, 78000 Versailles. Gare SNCF la plus proche : Versailles Rive gauche. La conférence s’intitulera : « La Résistance en France , 1940-1944 » et sera faite par Monsieur François - Georges Dreyfus, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Rappelons que le professeur Dreyfus est l’auteur d’un livre qui fait autorité dans ce domaine.

 

 

 

Une manifestation CONTRE L’EURO ET POUR LE RETOUR DU FRANC, qui n’est pas organisée par un mouvement royaliste mais qui a toute notre sympathie, aura lieu le dimanche 17 février à 15h. Place Saint-Michel à Paris 5ème ( devant la fontaine).

 

 

 

La Fédération du Languedoc-Roussillon nous invite le vendredi 8 février 2008 à une conférence-dîner avec Maître Jacques Trémolet de Villers et notre délégué général Hilaire de Crémiers dont le thème est : « Mistral et Virgile, retour aux sources ». Se renseigner auprès de Benoît d’Abbadie, tel : 06.73.84.05.62.

 

 

 

Le Café Bleu organise le Jeudi 21 février 2008 une conférence de Monsieur Hillard :

 

« Les minorités et les régionalismes » qui se tiendra au Centre Saint - Paul, 12, rue Saint - Joseph, Paris 2ème.

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Samedi 12 janvier 2008

Sommaire du n° 59 (JANVIER 2008) de « POLITIQUE MAGAZINE »
L'EDITORIAL : Une révolution inéluctable
C'EST A DIRE : France-Algérie, le spectre du colonialisme par Jean-Baptiste d'Albaret
ANALYSE : Une bonne nouvelle (La dernière encyclique du pape Benoît XVI a plus de portée qu’on ne l’a dit) par Hilaire de Crémiers
41cc075cf7e9751953a3e456f44582a9.jpgDANS LA PRESSE INTERNATIONALE par Paul Auprol
DANS LES LIVRES par Yvan BLOT
SOCIETE
ACTUALITE: Gendarmerie, un malaise diffus par Henri VERGENNES
LA CHRONIQUE JUDICIAIRE de Jacques TRÉMOLET de VILLERS : Le divorce en question
EN BREF - RELIGION par Gabriel Fonsac
MONDE - REPERES par Kawtar Moutaïb
CONJONCTURE : Le fantôme de Poutine restera au Kremlin par Gilles Varange
ECONOMIE
FISCALITE Un exemple de perversion technocratique : la TIPP par Jean-Louis Caccomo
ACTUALlTE: Dette, compétitivité et pouvoir d’achat, le grand écart par Christian Wagner
MARCHES FINANCIERS par Henri Tessier
ENTREPRISE Clarins sous pression par Christian Wagner
CIVILISATION
ENTRETIEN René Girard, en attendant l' Apocalypse
HISTOIRE par Yves-Henri Allard
Le dit de Saint Martin par Xavier Walter
Prières à deux voix (une des poésies mystérieuses de Maurras) par Hilaire de Crémiers
Pie XII, Juste des Nations (retour sur une désinformation historique) par C.W.
LETTRES Henry Bonnier, nos morts, ces grands vivants par H.de.C.
LA CAUSERIE LITTERAIRE de Philippe Senart : La correspondance de Roger Martin du Gard
Jean-François Mattei : l’épuisement d’Europe par Benoit Gousseau
AVEC OU SANS SUCRE Le malaise de Jean Clair par Léon Francœur
EXPOSITIONS
De I'Amérique à la France par Raphaël de Gislain
Quinze siècles d'histoire de la cathédrale de Monza par Donatella Micault
CULTURE
CINEMA Murnau et Sacha Guitry par Benoît GOUSSEAU
THEATRE Le génie impur de Jean Anouilh B.G.
CONTE POUR LE TEMPS DE NOEL Les tentations du mage par Y.H.A.
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Vendredi 11 janvier 2008

 

 

 

Philippe Schmitt, le 04-01-2008

 

“La fête de Noël a été particulièrement éprouvante. Alors que l’assistance reprenait en chœur les chants lors de la messe de la nuit de la Nativité dans la cathédrale de Senlis, nous étions partagés entre une grande espérance – celle de savoir notre Anne-Lorraine dans l’intimité du Seigneur – et une infinie tristesse : c’est dans ces jours marqués par les rendez-vous familiaux qu’on ressent le plus les absences et les places vides. Anne-Lorraine est si présente dans la maison familiale par une multitude de détails.

 

Comme je m’y suis engagé auprès de son cercueil, je me suis activé pendant ce mois de décembre en commençant à rencontrer des associations de victimes, des parlementaires, des politiques. Je remercie dès à présent ceux d’entre vous qui m’apportent leur soutien en interpellant leur député et-ou leur sénateur. Vous pouvez continuer à le faire, merci d’avance.

 

Le dialogue est poli mais difficile. Je leur parle de protection des jeunes filles et femmes, de prévention à l’encontre de récidivistes potentiels mais repérés, on me répond réinsertion, libération conditionnelle, étant entendu que ceux-ci ne conçoivent plus de conserver à perpétuité des détenus condamnés, même très dangereux. D’ailleurs, la discussion en commission du projet de loi dont le Parlement débattra début janvier est édifiante.

 

Par ailleurs, deux questions soulèvent une réaction de gêne alors que je suis certain de la réponse si ces questions étaient posées directement à l’opinion publique :

 

1. Les “experts”?  Ne doivent-ils pas être responsables de leur diagnostic comme les autres médecins et les juges d’application des peines de décisions mettant autrui en danger ?

2. Ne peut-on pas remettre en question le principe des réductions de peine ou des mesures de libération conditionnelle pour les récidivistes ? C’est cela, à mon avis, le principe de précaution : donc, un meurtrier condamné à vingt-cinq ans de détention par une cour d’assises doit effectuer vraiment vingt-cinq ans.

 

Au-delà des mots convenus et de l’émotion, je suis très moyennement optimiste et je vais bientôt agacer. Je ne suis pas sûr qu’il existe une volonté et le courage pour prendre cette question à bras-le-corps. Les délinquants sexuels récidivistes peuvent être tranquilles, ils ont encore de beaux jours en perspective. Ce n’est plus le cas d’Anne-Lorraine.”

 

 

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Jeudi 3 janvier 2008
Anne-Lorraine : l'Autre Jeunesse

Dimanche 25 Novembre, une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau par un délinquant sexuel. Celui-ci, récidiviste d'origine turque, avait déjà été condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER.

Laurent Dandrieu, journaliste de Valeurs Actuelles, avait eu l'occasion de rencontrer Anne-Lorraine Schmitt lors d'un stage à la rédaction du journal. Il nous donne son témoignage qui mérite d'être reproduit dans sa totalité :

"Face à ce qu’a subi Anne-Lorraine, face à ce que subit encore sa famille, qui porte sa peine dans le silence, la pudeur et sans aucun doute l’espérance surnaturelle, les vociférations des jeunes de Villiers-le-Bel paraissent bien dérisoires. Loin de cette jeunesse sans foi ni loi qui ne cesse d’en appeler à ses droits mais ne veut entendre parler d’aucun devoir, qui exige le respect mais n’en témoigne pour rien ni pour personne, et pas même pour elle-même, il est une autre jeunesse, qui intéresse beaucoup moins les médias. Pourtant cette jeunesse ne se reconnaît pas, bien souvent, dans la société qu’on lui propose et dans les fausses valeurs qu’on lui offre en modèle, mais elle ne se réfugie pas pour autant dans la protestation agressive et geignarde, dans la provocation nihiliste. Elle préfère aux revendications le service, aux vociférations un discret engagement pour que le monde s’améliore. Elle ne brûle pas de voitures, elle les utilise pour des convois humanitaires. Elle ne pleurniche pas pour obtenir des gymnases qu’elle bombarde de cocktails molotov aussitôt construits, elle préfère organiser des pèlerinages ou des veillées de prière. Elle ne trompe pas son ennui avec des tournantes, mais manifeste pour défendre la vie ou va visiter des personnes âgées. Elle n’invective pas, elle se bat, paisiblement et sans haine, pour des convictions, pour que les valeurs chrétiennes et humanistes sur lesquelles s’est bâtie notre civilisation survivent. Anne-Lorraine était, jusqu’à dimanche, un membre anonyme de cette autre jeunesse. Parce qu’elle est morte pour avoir défendu sa pureté, parce qu’elle a résisté à l’ignominie avec un courage puisé dans sa foi, elle en est devenu l’honneur." 


témoignag de Gérard Gachet :

Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt

Bien sûr, comme tout le monde, j'avais été choqué et ému dimanche, en entendant à la radio qu'une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau. Et relativement soulagé d'apprendre, dès le lendemain, que son assassin, blessé au cours de l'agression, avait été arrêté avant de passer aux aveux. Mais le pire, pour moi, restait à venir.

Le pire, je l'ai appris hier après-midi. Le pire, c'est que je connaissais cette jeune fille, que j'avais eu le temps de juger et d'apprécier pendant les deux mois de stage qu'elle fit l'an dernier à Valeurs Actuelles, dont je dirigeais alors la rédaction. Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt, avait 23 ans, et faisait partie de ces enfants qui semblent n'être nés que pour combler leurs parents de joie et de fierté. Aînée d'une fratrie de cinq garçons et filles, elle avait effectué une année de classe préparatoire à la Maison de la Légion d'Honneur de Saint-Denis avant d'être reçue à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, puis d'intégrer à l'automne 2006 le Celsa, l'excellente école des sciences de l'information et de la communication dépendant de la Sorbonne.

Durant son stage, elle avait frappé toute la rédaction par sa culture générale, sa maturité, son exigence vis-à-vis d'elle-même. Une exigence qui lui venait probablement de sa foi : profondément croyante, Anne-Lorraine s'était fortement engagée dans le mouvement scout. Ce qui ne l'empêchait nullement d'être une jeune fille de son temps, charmante, brillante et appréciée de tous.

Dimanche matin, ses parents l'attendaient sur le quai de la gare d'Orry-la-Ville pour aller en famille à la messe. Un délinquant sexuel récidiviste d'origine turque, déjà condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER, aura donc brisé leurs vies en même temps que celle de leur fille. Mais Anne-Lorraine aura été courageuse jusqu'au bout : en se défendant, en empêchant son agresseur de parvenir à ses fins, elle aura réussi à le blesser en retournant son arme contre lui, ce qui devait permettre son arrestation ultérieure. En félicitant les enquêteurs de cette conclusion rapide, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, a assuré les proches d'Anne-Lorraine de sa profonde compassion.

Quelques heures plus tard, à quelques kilomètres de là, les jeunes Moushin (15 ans) et Larami (16 ans), conduisant à grande vitesse et sans casques une moto de cross non homologuée, se tuaient en percutant de plein fouet un véhicule de police en patrouille. Leur mort, on le sait, sert depuis deux jours de prétexte à l'embrasement de plusieurs communes du Val-d'Oise, avec tirs de chevrotines, de grenaille et de balles contre les forces de l'ordre (plus de quatre-vingts policiers blessés) et incendies de commissariats, d'écoles, de bibliothèques et de commerces.

Pour tenter d'apaiser les esprits, le chef de l'Etat pourrait recevoir ce mercredi les parents des deux jeunes morts de Villiers-le-Bel. Serait-ce trop lui demander que d'avoir aussi un geste fort vis-à-vis de la famille et des proches d'Anne-Lorraine ? Par exemple en étant représenté à un haut niveau - voire en se rendant lui-même, comme il sait le faire - aux obsèques de cette jeune fille exemplaire qui auront lieu samedi, à 14h, en la cathédrale de Senlis. Il serait juste, en effet, que les victimes innocentes aient droit dans ce pays à plus d'égards que des délinquants responsables de leur propre malheur.

par Frédéric Pons, Rédacteur en chef Monde | Société :

Bouleversé par le meurtre sauvage de notre chère Anne-Lorraine, 23 ans, cet ami m’a appelé : « On devrait manifester, brûler des mosquées turques... ». Je le comprends. Le meurtrier du RER D est un criminel sexuel récidiviste d’origine turque. Il était en liberté, malgré une précédente condamnation ! Faut-il brûler, manifester ? Laissons cela aux Turcs, aux Egyptiens, aux Indonésiens, aux Soudanais, aux Algériens qui martyrisent leurs compatriotes chrétiens et brûlent leurs églises. Laissons cela à nos voyous des cités barbares qui profitent en ce moment de l’impunité scandaleuse que leur offrent des années de laxisme et de démagogie. Oui, la mort atroce d’Anne-Lorraine est révoltante. A Valeurs Actuelles, nous sommes dans la peine : elle fut stagiaire chez nous. Dans la colère aussi. Une nouvelle fois la peine de mort a été appliquée par un loup qui n’aurait pas du se trouver en liberté. On sait pourtant que les délinquants sexuels sont très difficiles à réintégrer, voire impossibles. Le doute est toujours présent, les risques immenses. Mais dans le doute, qui faut-il privilégier ? Le criminel ou la future victime ? N’est-ce pas la responsabilité de la société – les politiques à défaut des juges - d éliminer ses éléments les plus dangereux ? La peine de mort est abolie, sauf pour les victimes innocentes. Il faudra faire le compte un jour des dégâts irréparables commis par tous ces malfaisants remis en liberté. Au nom de la courageuse Anne-Lorraine qui a résisté à son agresseur, réussissant à le blesser (ce qui a permis de l’arrêter), avant de mourir sous les coups. Quand ressortira-t-il de prison ce violeur au couteau ? 8, 10, 15 ans ? Notre société doit avoir le courage de l’éliminer définitivement de la circulation, lui et tous les tueurs et violeurs d’enfants. C’est sa responsabilité. Si elle ne le fait pas, des pères, des frères, des oncles le feront. Au nom de la légitime violence. Cela, je le comprendrais. Au nom d’Anne-Lorraine, jeune fille de France martyrisée, dont le sourire enthousiaste de cheftaine et d’étudiante en journalisme ne me quitte plus.

 
 

Au nom d'Anne-Lorraine, ma fille



Philippe Schmitt, père de l'étudiante poignardée le 25 novembre dans un RER au nord de Paris, a donné son témoignage à "La Croix"

«Avant le meurtre d’Anne-Lorraine, je me disais que ce genre de catastrophe, lorsqu’elle arrivait chez les autres familles, ne pouvait conduire qu’à un sentiment de révolte contre la société et contre Dieu. En réalité, j’ai été très peu dans ces dispositions. L’idée de faire moi-même justice m’a traversé l’esprit très brièvement, à l’annonce de la terrible nouvelle par le procureur le dimanche 25 novembre et alors que l’assassin n’était pas encore arrêté. C’est tout.

Il est vrai que nous nous sommes très vite retrouvés en famille, mon épouse, les deux sœurs et les deux frères d’Anne-Lorraine, et moi-même. Nous avons aussi été entourés par des amis dès le dimanche soir. Il y a eu ensuite les innombrables soutiens, qui se sont manifestés un peu partout et qui nous ont fait chaud au cœur. Enfin, lors de la messe des obsèques du samedi 1er décembre célébrée en la cathédrale de Senlis (Oise) par l’évêque de Beauvais, Mgr Jean-Paul James, nous étions à la fois portés et apaisés par les 1 500 personnes venues se recueillir avec nous, comme s’il s’agissait d’un moment de grâce. Portés et apaisés aussi par l’homélie du P. Stéphan Janssens, curé archiprêtre de la cathédrale.

Nous avons été touchés par l’immense réseau de solidarités dont nous avons été l’objet. Il était constitué des nombreux amis d’Anne-Lorraine : scouts, étudiants, anciens lycéens. Des personnes inconnues de nous nous ont aussi proposé leur aide. Des chaînes de prière se sont créées en de multiples endroits du pays. La dépouille de ma fille a été constamment veillée de jour comme de nuit, jusqu’aux funérailles, par toutes sortes de bénévoles se relayant. En dix jours, nous avons reçu à notre domicile 750 lettres et autant de messages de sympathie par courrier électronique. Cela nous a vraiment réconfortés, même si nous avons été heurtés par certains messages sur Internet mêlant au drame des allégations racistes ou une polémique sur l’attitude du gouvernement.

Je n’en veux pas à Dieu

Le résultat de cette mobilisation a fait que nous avons beaucoup pleuré, réfléchi, discuté, médité et prié en famille. Pour ma part, grâce à cela, je vis dans un climat de sérénité. Je n’en veux pas à Dieu. « Que ta volonté soit faite », dit-on en récitant le Notre Père. Il est dur de perdre un enfant et je ne veux pas interpréter cette parole, qui fait pour moi partie du mystère. Il n’empêche : je vois des signes de la volonté de Dieu dans cette extraordinaire solidarité.

J’ose aussi l’affirmer : je n’éprouve pas de haine envers l’auteur du meurtre, même si je n’en suis pas encore au stade du pardon. De même, je ne veux pas tirer de conclusions générales à partir de ce drame sur d’éventuelles dérives de notre société, car la délinquance sexuelle est peut-être un phénomène aujourd’hui moins caché qu’autrefois. En revanche, il est sûr que j’en veux à un système judiciaire qui, à mon sens, favorise la récidive dans ce domaine.

La question du devenir des criminels et délinquants sexuels fait désormais partie de mes préoccupations majeures : en intention, je l’ai promis à Anne-Lorraine. C’est, pour moi, la façon de poursuivre son combat. Elle a refusé de se soumettre en se débattant contre son agresseur, qui était armé d’un couteau, et elle a permis son arrestation en le blessant. Elle en a perdu la vie et sa mort est, en quelque sorte, un sacrifice.

Les délinquants sexuels doivent rester en prison

Je pense que les délinquants sexuels doivent rester en prison. La première affaire, celle d’un viol, dans laquelle le meurtrier présumé d’Anne-Lorraine a été impliqué, a, à mon avis, été traitée à la légère. Le principe de précaution, que l’on invoque si facilement sur le plan sanitaire ou environnemental, devrait s’appliquer aussi en l’espèce. Il s’agit, en effet, de sauver des vies. C’est une approche pragmatique, pas idéologique.

J’ai décidé d’apporter mon soutien aux associations de victimes et d’interpeller avec force les parlementaires. Une loi faisant l’unanimité doit être possible sur un tel sujet. La solution au problème dépasse le clivage gauche-droite et je trouve qu’elle a trop tardé. C’est une question que je prends très au sérieux. Je veux profiter de l’élan de solidarité et de l’intérêt médiatique que l’assassinat d’Anne-Lorraine a suscités pour faire avancer les choses. Sinon, cela recommencera pour d’autres jeunes filles ou jeunes femmes. »

Recueilli par Antoine FOUCHET






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Jeudi 6 décembre 2007

 

 

Avec les transports en commun, nous avions la grève des nantis. La grève des fonctionnaires est celle des ignorants.

 

Ces fonctionnaires se plaignent de la chute de leur pouvoir d'achat ; beaucoup de personnes, en France, quel que soit leur niveau, se plaignent de la dégradation de leur  pouvoir d'achat. Il est possible que, malgré leurs incroyables privilèges,  les fonctionnaires aient tout lieu de se plaindre aussi.

 

Ils ne savent pas que la cause véritable de cette chute et d'une façon générale de la paupérisation de la France vient justement du fonctionnariat dans son ensemble.

 

D'abord, leur nombre est tout à fait intolérable et surcharge d’un poids fiscal  insupportable toute la société française. Bien que le calcul soit  très difficile à faire, voire impossible, il est probable qu'il y a deux fois plus de fonctionnaires en France qu'il n'en faudrait.

 

Les chefs syndicalistes qui manipulent la grève,  ne manquent pas de mettre régulièrement en avant  la santé et l'éducation, qui fournissent les gros bataillons et intéressent au premier chef la population. Pour ce qui concerne la santé, il y a un grand nombre de fonctionnaires embusqués dans des fonctions syndicales ; il s'ajoute la déperdition considérable du temps dans tous les hôpitaux publics pour ces raisons syndicales : un chef de service d'un grand hôpital consacre un tiers de son temps à des problèmes syndicaux. Eu égard à l’éducation, tout le monde constate  que moins il y a d'élèves plus il faut de fonctionnaires de l'éducation nationale ; un grand nombre de professeurs sont inoccupés et d'autres  sont embusqués dans les fonctions syndicales.

 

Si l'activité du fonctionnariat aboutissait à de la création de richesse,  l'on pourrait encore supporter le poids des fonctionnaires en nombre excessif ; la réalité est différente et une grande partie des fonctionnaires sont dans l'incapacité absolue de créer de la richesse. Quelle richesse peut créer le collaborateur d'un observatoire inutile ou encore celui  qui s'occupe de la parité hommes-femmes ? Ceux-là  même qui semblent créer de la richesse comme les membres de l'éducation nationale détruisent au contraire  la richesse : un système qui fabrique  20 % d'illettrés et une quantité d'étudiants inaptes à être engagés dans un travail productif est un destructeur de richesse.

 

Ne créant pas de richesse,  les fonctionnaires empêchent les autres de la créer  ; fabriquant ou appliquant une nuée de réglementations diverses, ils freinent d’une façon autoritaire la création de richesse par les privés : l’horrible code de l’urbanisme ressemble à une gigantesque bombe à fragmentation arrosant d’obstacles les téméraires qui veulent bâtir. Or, l’immense armée des fonctionnaires alimente ses propres privilèges uniquement à la richesse créée par les privés : il y a là une vraie contradiction.

 

Ces ignorants ne savent donc pas ou font  mine de ne pas savoir qu'ils sont à l'origine de leur propre malheur c'est-à-dire de la paupérisation de la France dont ils ne sont qu'un des aspects et qu'en plus, par la grève, ils continuent à propager l'effet de ruine dont toute la France, y compris eux-mêmes, est victime.

 

D'où vient leur ignorance   ? En grande partie de l'éducation nationale qui sous la dictature de quelques  syndicalistes entretient l'ignorance dans le domaine économique pour passer, ensuite, la main aux médias lesquels se chargent de poursuivre l’obscurcissement des esprits.

 

Pour terminer, mentionnons clairement que les fonctionnaires de la base n'ont, certes aucune responsabilité dans une situation aussi lamentable ; il ne font, comme les autres, que subir les diktats venus d'ailleurs, tout en essayant de faire honnêtement leur travail.

 

Les vrais responsables, étroitement solidaires,  sont  les politiques, les très hauts fonctionnaires, les leaders syndicaux, les présidents d’association, formant une vraie secte que je dénomme, pour résumer, la secte des « Hifis », secte redoutable de prédateurs qui exploitent la France depuis  longtemps sous des dehors faussement démocratiques et à leur propre profit.

 

                                                                                                                                                                      Michel de PONCINS

                                                                                Tocqueville Magazine

par Lux publié dans : Actualité nationale
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« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

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