Revues

                                         

“POLITIQUE MAGAZINE” couverture25.jpg

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 

LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”   

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau. Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma.. tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

 

Pour toutes informations sur ces
publications, merci de nous
envoyer un mail.

Mercredi 10 septembre 2008

Sous le titre "Soldats de France", le bulletin de l'association Gens de France publie une déclaration du Prince JEAN, duc de VENDÔME, sur la mort des soldats français en Afghanistan et sur la politique étrangère de notre pays.

C'est avec une profonde émotion que je veux rendre hommage aux dix jeunes Français qui, au cœur de l’été, ont fait le sacrifice de leur vie sur le sol afghan. Ce n'est ici ni le temps ni le lieu de juger du bien fondé de leur envoi dans cette région du monde, moins encore des circonstances de l'embuscade dont ils ont été victimes. Ils sont morts pour la France, c'est la seule chose que je veux voir aujourd'hui.
P845111D697198G_apx_470__w_ouestfrance_.jpg
Prince de la Maison de France, je me sens en profonde communion avec tous ceux qui œuvrent, combattent, meurent sous notre drapeau. Je ne peux m'empêcher de penser à mon oncle François tombé au champ d'honneur en Algérie et à tous les princes de ma famille qui, à toutes les générations, ont mis leur jeunesse au service des Armes de la France.

Toutefois, plus que jamais, je ressens comme un devoir de m'interroger sur le sens de la présence française dans le monde, sur lequel la mort de ces soldats français vient jeter une lumière si crue.

Que notre pays ait, dans le monde d'aujourd'hui, des responsabilités propres impossibles à esquiver ne fait à mes yeux aucun doute. Ces responsabilités relèvent pour une part de sa longue présence dans de nombreux points du globe: en Afrique du nord, en Afrique noire, au Québec, au Proche-Orient, en Extrême-Orient, et bien sûr dans les départements et territoires d'outre-mer.

Elles relèvent également de son prestige culturel et de son image civilisatrice sans réel équivalent. Elles relèvent enfin, même si à ce titre elle est en concurrence avec un nombre croissant de pays, de la dynamique industrielle et commerciale de ses entreprises.

Dans ce qu'elle doit spécifiquement défendre et promouvoir, je placerai au premier rang la francophonie. Les membres de Gens de France savent la place que je lui accorde dans ma réflexion et dans mon action. Tous les Etats francophones et, plus largement, l'ensemble des pays qui font à un degré ou un autre usage de la langue française, regardent ce que la France fait à cet égard et aussi ce qu'elle ne fait pas.
62.jpg
Tout aussi important, la France se doit de maintenir haute et forte sa diplomatie traditionnelle, qui vise à maintenir les grands équilibres internationaux pour assurer une paix durable, garantissant aux peuples du monde les conditions d'une vie digne et libre. C'est la politique de Saint Louis et d'Henri IV, celle aussi des traités de Westphalie qui apportèrent la paix au monde germanique tout en assurant la tranquillité de l'Europe jusqu'à ce que la Révolution vienne la bouleverser.

Je voudrais ici rappeler les quatre grands principes sur lesquels s'appuyaient déjà les premiers Capétiens: patience, sobriété, prudence et rigueur. La patience, c'est, dans le meilleur sens, «donner du temps au temps », ou plutôt donner sa chance au temps. La sobriété, c'est laisser l’arbre pousser tout droit pour lui permettre ensuite de mieux s'épanouir. La prudence, c'est, comme pour les offensives militaires, ne s'engager qu’à coup sûr, toutes hypothèses pesées. Enfin, et c'est le point le plus important, la rigueur doit être le souci constant de ceux qui conçoivent la politique à mener comme de ceux qui l'exécutent.

Toute politique doit être pensée, appliquée et, le moment venu, jugée, à l’aune de ces quatre critères. Je laisse chacun apprécier ce qu’il en est, à cet égard, de la politique actuelle. Je bornerai mon commentaire à ceci: ce qu’il est convenu d'appeler la mondialisation, avec son rêve d'un développement économique global et continu, cache de plus en plus difficilement les foyers d'instabilité qu'elle attise. Dans ce monde dur et dangereux, la France doit plus que jamais se donner les moyens de tenir son rang. Au premier chef - nos dix soldats tombés au champ d'honneur sont venus nous le rappeler - les Français doivent consentir à une politique de défense à la hauteur des défis qui nous sont lancés, une politique patiente, sobre, prudente et rigoureuse.


Jean de France Duc de Vendôme

par Lux publié dans : Actualité internationale
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 15 juillet 2008
Le NON des irlandais au référendum sur le traité européen a sonné haut et clair ! Il a claqué comme une gifle donnée aux dirigeants de ce pays et aux européistes de toutes les nations européennes. Et en premier lieu, à Monsieur Sarkozy, qui a été l’initiateur du traité simplifié et qui va devenir, pour six mois, président de l’Union Européenne. En réalité, depuis le début, la construction européenne s’est effectuée en cachette. Selon la méthode Jean Monnet, il fallait se garder de mettre sur la place publique les décisions qui ont abouti, au cours des cinquante dernières années, a retirer petit à petit des portions de plus en plus grandes de la souveraineté des nations composant cet ensemble monstrueux ! Pour Jean Monnet et ses successeurs, pour réussir la construction européenne, il faut avancer masqué…En somme, la construction européenne est un sujet trop sérieux pour qu’on fasse intervenir le peuple. Les technocrates de Bruxelles sont démocrates dans les discours, mais dans la réalité, ils professent le plus profond mépris pour la masse des électeurs ! Alors, ceux-ci se vengent dès qu’on leur en donne la moindre occasion… En deux ans, les électeurs de trois nations ( la France, les Pays-Bas et l’Irlande) ont rejeté par référendum, chaque fois à une confortable majorité, le projet de Constitution européenne ou le Traité qui en tient lieu. Les raisons d’une telle constitution Pourquoi les gouvernements insistent–ils tellement pour l’adoption de ce traité ? Tout simplement parce qu’à force « d’élargir l’Europe », entendez par là, à force d’augmenter le nombre de ses membres, l’Union est devenue ingérable. En effet, la Communauté Européenne, à six ou à quinze pays, fonctionnait sur la base du consensus, c’est à dire que les décisions se prenaient à l’unanimité. Par définition, cela prenait du temps pour l’obtenir et parfois le mécanisme se bloquait, surtout lorsque les technocrates de la commission de Bruxelles inventaient une nouvelle règle que personne n’avait demandée. Mais voilà que l’Union est passée à vingt cinq membres, et bientôt vingt sept et peut-être trente…Du coup, ce système ne peut plus marcher. Par exemple, jusqu’à présent, chaque Etat - Membre disposait d’un siège de la Commission de Bruxelles, c’est à dire qu’il désignait un « ministre » de l’Union. Jusqu’à quinze, cela allait très bien. Mais on ne peut pas avoir un gouvernement avec trente ministres ! Alors, la Constitution, pardon : le Traité, prévoit qu’un Etat pourra ne pas être représenté à la Commission. C’est l’une des nombreuses raisons qui portait à repousser ce texte, puisque la France, comme les autres Etats, notamment les grands pays, n’aurait même pas été présente dans l’exécutif Bruxellois. On arrivait bien à un « pouvoir supra - national », un super – Etat technocratique et apatride… Le « Meilleur des Mondes », en somme ! Tout ceci démontre amplement que le système européen est complètement coupé des réalités auxquelles les pays et leurs citoyens doivent faire face. Cela n’intéresse tout simplement pas les européistes, qui continuent imperturbablement à gérer les différents pays comme s’ils en étaient les maîtres et sans s’occuper le moins du monde de ce qu’en pensent les citoyens. Il suffit de voir leur réaction devant le NON irlandais. « On va bien arriver à leur faire changer d’avis, on va les faire revoter dans quelques mois, ces demeurés », voilà ce qu’ils pensent ! Le vent tourne… . Mais les choses sont en train de changer, les esprits commencent à évoluer dans ce domaine où, jusqu’à présent, l’idéologie européiste régnait en maître. Voici un exemple récent de cette évolution. Monsieur Alexis Brézet, dans un éditorial du Figaro Magazine , écrivait il y a quelques jours : « La vérité est que la gigantesque machinerie que l’on dit en panne et qui pourtant produit à la chaîne des directives, des résolutions, des jurisprudences, des normes et des sanctions, ne sait plus parler au cœur des Européens… Au nom d’un universalisme abstrait, l’Europe refuse de dresser la moindre barrière entre elle et le reste du monde ? Crispée sur un libéralisme doctrinaire qui laisse pantois les américains…, elle s’interdit de voler au secours de ses industries ? Les peuples, du coup, reviennent à la seule protection qui vaille : celle de la Nation. » Voilà qui est bien vu et qui pourrait être écrit dans Restauration Nationale. Précisons que Monsieur Alexis Brezet est le Directeur adjoint de la Rédaction du Figaro Magazine , donc un personnage très important du monde médiatique. C’est dire si, mine de rien, les esprits commencent à secouer la chape de plomb invisible, qui depuis cinquante ans, empêche les gens d’observer les faits et d’en tirer des conclusions. L’Europe est à reconstruire Au point où nous en sommes, il faut remettre les compteurs à zéro et tout reconstruire, mais en regardant la réalité et en tournant le dos aux visions doctrinaires. Il ne faut pas détruire les Nations, mais s’appuyer sur elles dans des entreprises pratiques de coopération. Par exemple, on peut penser que de telles initiatives sont possibles en matière de transports ou de l’énergie. Mais il faut commencer par démolir le cadre institutionnel - car c’est lui qui bloque tout - en remplaçant la Commission par un Secrétariat général chargé, non de prendre lui-même des décisions, mais seulement d’exécuter les décisions prises par le Conseil des chefs d’Etat. Naturellement, dès que ces décisions seront importantes, la règle de l’unanimité sera rétablie. Par ailleurs, la Cour de Justice sera supprimée, car un tribunal étranger ou supra - national ne peut en aucun cas contredire un jugement d’un tribunal français. Enfin, l’Europe doit être à géométrie variable. Si dans certains domaines, des solidarités historiques, des traditions anciennes ou des intérêts économiques existant entre quelques Etats permettent de faire certaines tâches qu’il est impossible d’organiser à six, à quinze ou à vingt-sept, pourquoi ne pas les faire en dehors du cadre européen ? Du fait de toutes ces mesures, les Etats - Membres bénéficieraient d’une bien plus grande souplesse… Ce ne sont que quelques exemples et la remise en ordre de la « Communauté », nom que je préfère de beaucoup à « l’Union », demandera beaucoup de travail et d’imagination… Dix ans déjà Le dernier numéro du journal Restauration Nationale vient de paraître. Il porte le numéro cinquante. Ce journal a vu le jour il y a exactement dix ans, en juin 1998. Que d’événements sont survenus en dix ans ! Pendant cette période déjà longue, nous avons toujours tenu bon, malgré les prévisions pessimistes de certains… Nous avons fidèlement suivi la ligne que le Comité directeur de la Restauration Nationale a fixée, à savoir : fournir une analyse sur les évènements survenant en France et dans le monde fondée sur la méthode de l’Action française, défendre toujours l’intérêt national et rappeler sans cesse que le retour de la monarchie est indispensable à la survie de notre pays. Sur ce, permettez - moi, chers amis internautes, de vous souhaiter de bonnes vacances, pour vous et votre famille. Georges Rousseau LA LETTRE DE LA RESTAURATION NATIONALE Juillet 2008
par Lux publié dans : Actualité internationale
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 14 juin 2008



La Fédération des Etudiants Royalistes d’Aquitaine remercie chaleureusement et félicite le peuple Irlandais, seul peuple à avoir eu le droit à la parole.

Pour avoir dit non au traité de Lisbonne, Bravo à Vous !!

par Lux publié dans : Actualité internationale
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 15 mars 2008

LE KOSOVO ARRACHÉ À LA SERBIE

Pire qu’un crime, une faute

 

 

Par Gilles Varange

Politique magazine   n°61  Mars 2008

 

 

Par abrutissement idéologique autant que par soumission à Washington, les dirigeants européens se sont engagés dans une voie lourde de périls.

 

  Evènement d'une redoutable portée historique : avec la proclamation de l'indépendance du Kosovo le 17 février dernier, pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, un État européen souverain vient d'être amputé d'un de ses territoires - sa province la plus ancienne et la plus sacrée - par une coalition de puissances n'ayant que la loi du plus fort pour justification. Et le sort aura voulu que cette effrayante régression diplomatique, attentat à la fois contre la justice et contre le droit, ait été organisée et planifiée de concert par les États-Unis et les principaux pays « démocratiques » européens qui s'estiment autorisés à délivrer des leçons permanentes de morale internationale au reste du monde.

 

 

Quand l'emporte le critère de

 la « majorité ethnique »

 

   Dans cette affaire, le crime perpétré contre la justice est aussi cynique qu'éclatant : si les Albanais constituent aujourd'hui la majorité écrasante (90 %) de la population du Kosovo, ce n'est pas seulement en raison de leur démographie galopante. C'est surtout pour y avoir pratiqué impunément une implacable épuration ethnique (massacres, incendies, viols collectifs) pendant plus d'un demi-siècle. D'abord à la faveur de l'occupation mussolinienne de l'Albanie et du Kosovo au début des années quarante. Puis, durant le régime communiste, en prenant appui sur l'hostilité sournoise du Croate Tito à l'égard de la République de Serbie qu'il jugeait trop puissante au sein de la fédération yougoslave.

 

Cependant, pour que la suprématie albanaise devint totale, il fallut, à partir de 1999, le proconsulat onusien du bon docteur Kouchner : 200 000 des 320 000 derniers Serbes restés accrochés au Kosovo le quittèrent précipitamment, affolés par les exactions sans nombre menées par les albanophones musulmans dans l'indifférence des forces de l'Otan. D'où ce suprême paradoxe : la sécession du Kosovo aura été encouragée et justifiée au nom de considérations ethniques par des Occidentaux qui proclament l'inéluctabilité universelle du multiracialisme et du multiculturalisme ! Il serait difficile de bafouer de manière plus ostensible les principes auxquels on feint de croire...

 

Pire encore que ce crime contre la justice est le coup mortel porté par les Occidentaux au principe le plus fondamental du droit international : celui du respect de l'intégrité territoriale des nations. Dans l'accomplissement de pareil méfait, lourd de conséquences imprévisibles, Américains et Européens ne peuvent pourtant se prévaloir de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Kosovo.

 

Au mépris du droit international

 

Celle-ci ne leur reconnaissait d'autre mission que « le retour à la paix civile, le rétablissement de l’autonomie telle qu’elle  a existé avant 1989 (date à laquelle le président Slobodan Milosevic en avait décidé la suppression) et la mise en place d'une auto-administration »sur la plus vieille des terres serbes.

 

Les Occidentaux sont d'ailleurs tellement conscients d'avoir largement outrepassé le cadre de leur mandat qu'ils n'ont pu faire autrement que de s'empêtrer dans une argumentation des plus spécieuses.   Avec un rare mépris du ridicule, on les a vus tenter en effet d'expliquer, dans le grand immeuble de verre de New York, que l'accession du Kosovo à l'indépendance était appelée à demeurer un cas unique et qu'elle ne remettrait donc pas en cause les principes de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des nations. La chose a même été présentée comme parole d'Évangile : cette indépendance « ne pourra constituer un précédent pour d'autres mouvements séparatistes dans le monde ». C'est dire qu'on aura rarement vu dans une arène diplomatique tant d'impudeur conjuguée à tant de mauvaise foi.

 

 

 

Un durable et puissant front du refus

 

   Le drame est que cette démonstration emberlificotée n'a pas même réussi a convaincre la totalité des Occidentaux ni des membres de l'Union européenne. Tous ceux qui sont menacés, à domicile, par des sécessions ethniques, linguistiques ou religieuses ont bien compris de quelle boîte de Pandore ils étaient invités à soulever le couvercle. D'emblée, songeant au Québec, les autorités canadiennes ont brandi l'étendard de la révolte et clamé leur refus de reconnaître l'indépendance kosovare. Et derrière le gouvernement socialiste de Madrid, obnubilé par la menace des séparatismes basque et catalan, se sont rangés la Grèce, la Roumanie, Chypre et la Slovaquie, sensibles eux aussi aux risques de contagion en provenance des Balkans.

 

   Le plus grave pour les dirigeants de l'Union européenne ne réside pourtant pas dans cette nouvelle preuve de leur humiliante incapacité à parler d'une seule voix sur la scène internationale. Il tient au fait qu'ils ne s'étaient jamais encore heurtés à un tel front international du refus. Ce front, aussi large et diversifié que celui qui s'opposa naguère aux États-Unis à la veille de l'invasion de l’Irak, rassemble rien moins que la Russie, la Chine, l'Inde et même l'Indonésie, le plus grand des États musulmans. Autant de géants qui ont le sentiment d'avoir beaucoup à redouter du précédent kosovar : Tchétchénie pour Moscou, Tibet et Sinkiang pour le régime de Pékin,  Cachemire pour New Delhi, Aceh (nord de Sumatra) et Célèbes pour Djakarta. Et Plusieurs dizaines d'autres États de moindre importance partagent, des inquiétudes analogues.

 

 

L’Europe renvoyé deux siècles en arrière

 

On comprend que le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéï Lavrov, ait pu soutenir que cette sécession du Kosovo, souhaitée et patronnée par les Occidentaux, aboutira tôt ou tard « à la destruction du principe du droit international en Europe » et « engendrera une réaction en chaîne dans de nombreuses parties du monde ». Cette fois, pour leur malheur, les quatre principales capitales européennes - Londres, Berlin, Paris, Rome - se trouvent toutes docilement alignées sur Washington qui a joué dans cette question le rôle capital de commandant en che£ En témoigne le scandale qui a secoué la petite Slovénie, actuelle présidente en titre de lUnion européenne, où la presse locale a révélé comment des consignes écrites en faveur de l'indépendance du Kosovo avaient été remises par le secrétaire américain aux Affaires européennes, Daniel Field, au ministère des Affaires étrangères slovène en décembre 2007. Il se confirme amisi qu'avec le réalisme implacable coutumier à leur diplomatie, les États-Unis n'ont cessé d'oeuvrer - sans doute dès la présidence Cliton - à la création de plusieurs États musulmans dans les Balkans dont la Turquie intégrée demain à l'Union européenne aura pour vocation de devenir la puissance tutélaire. Politique destinée à convaincre les dirigeants dAnkara, présents et futurs, que le maintien d'une alliance étroite avec les États-Unis et avec Israël demeure une nécessité vitale et la condition impérative du retour en puissance de l'ancien empire ottoman.

 

  Mais comment s'étonner alors si la Russie de Poutine travaille adroitement de son côté à retrouver son rôle traditionnel de protectrice des peuples slaves face à la poussée de l'islam ? C'est sur Moscou que comptent désormais les Serbes du nord du Kosovo et ceux de Bosnie pour obtenir la partition et le rattachement au régime de Belgrade dont ils rêvent. Troisième Rome championne de l'orthodoxie et du slavisme contre Sublime Porte poussée en sous main par le monde anglo-saxon : comme si tout était destiné à recommencer éternellement, voilà que l'indépendance du Kosovo donne l'impression de ramener l'Europe deux siècles en arrière.

 

 

Un mini-État islamisé et mafieux

 

  Si les jeux de la plupart des acteurs dans cette affaire sont transparents et cohérents, seuls demeurent incompréhensibles les motifs des dirigeants européens.  Qu'ont ils à gagner à l'indépendance d'un misérable pays musulman de 2,2 millions d'âmes (taux de chômage : 45 %) dont plusieurs membres du gouvernement, anciens terroristes de l'UCK à l'image du Premier ministre Hacim lhaci, ont aussi la réputation d'être intimement liés aux grandes organisations mafieuses en plein développement sur notre continent ? Plaque tournante du trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, carrefour des réseaux de l'esclavage sexuel en direction des pays les plus niches de l'Union, foyer du trafic d'armes vers les banlieues islamisées de grandes métropoles urbaines, le Kosovo était déjà devenu en quelques années un abcès purulent au flanc de l'Europe. Par sa nouvelle situation, il va voir ses capacités de contamination formidablement accrues. Autant dire qu'il serait surprenant que l'actuel comportement de nos responsables politiques dans cette question du Kosovo ne soit dénoncé un jour comme un modèle de crétinisme politique.  

par Lux publié dans : Actualité internationale
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 21 février 2008

KOSOVO

La boite de pandore

 

Face aux réserves des « frères orthodoxes » et au veto russe que Moscou menace de brandir à l’ONU pour empêcher toute indépendance du Kosovo, le "premier ministre" kosovar et ex-combattant de l’UCK albanaise (mouvement terroriste lié à la Mafia albanaise qui avait réclamé la sécession et déclenché les représailles serbes puis l’intervention américaine en 19898-99), Hachim Taçi, avait voulu rassurer en déclarant à Bruxelles qu'il ne « ferait rien en ce qui concerne l'indépendance du Kosovo sans l'accord de l'UE et des Etats-Unis »... Mais chacun saitque la majorité des Etats de l’UE et les Etats-Unis ont d’ores et déjà assuré qu’ils ne s’opposeraient pas à la sécession du Kosovo. C’est ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon s’est rendu dans les Balkans pour faire pression sur les pays européens hésitant encore à reconnaître l'indépendance de la province serbe. Quant à la secrétaire d'état américain Condolezza Rice, plus directe encore, elle a appelé les Européens à ne pas attendre pour entériner l’indépendance future de la province serbe peuplée majoritairement d’Albanais et qui a été vidée de ses minorités serbes depuis la guerre de 1998-99. Washington s’emploie ainsi à convaincre des pays aussi différents que le Japon, les Etats islamiques du Golfe ou la Turquie, avertissant même que l’indépendance pourrait se faire en l’absence d’unanimité européenne, 15 pays favorables sur 27 étant jugés « suffisants »...

 

 

Or les conséquences géopolitiques de l’indépendance unilatérale du Kosovo sont nombreuses :

 

1/ elle inciterait nombre d’Etats dans le Monde à défier le droit international et le statu quo des frontières reconnues, faisant imploser pléthore d’Etats fragiles et multiculturels, pas uniquement en Afrique ou en Asie ou en Amérique latine, mais jusqu’à nos démocraties pacifiques : Belgique, menacé de partition entre Flamands et Wallons ; Italie du Nord avec le sécessionnisme de la Ligue du Nord, voire avec la Sicile et la Sardaigne; Espagne avec le terrorisme basque et l’autonomisme catalan, sans oublier leurs émules récentes l'Andalousie et la Galicie ; Grande Bretagne, avec l'Ecosse, notamment; France, avec la Corse, mais aussi la Nouvelle Calédonie et les Antilles françaises, etc.. et bien sûr la République de Chypre, menacée par les intentions sécessionnistes désormais officielles de la République turque du Nord illégale, qui occupe pour le compte de la Turquie et en présence de 40.000 soldats turcs, le Nord de l'île de Chypre, etc…

 

2/ Elle pourrait provoquer le retour des guerres ethniques dans les Balkans et rompre le fragile équilibre instauré depuis la guerre du Kosovo: le nord de la province du Kosovo peuplé de Serbes, de plus en plus inquiets pour leur survie, face à la majorité hostile albanophone, pourrait lui aussi faire sécession du Kosovo indépendant, pour se joindre à la Serbie, ce qui pourrait provoquer une nouvelle crise grave entre Albanais et Serbes. Le fait que les Albanais du Kosovo s’unissent progressivement à l’Albanie voisine inciterait également les Serbes de Bosnie à remettre en question les accords de Dayton et à rejoindre la Serbie, puis les Croates de Bosnie-Herzégovine de faire de même et rejoindre la Croatie mère. Les Magyares (Hongrois) de Roumanie et de Serbie pourraient être tentés de reconstituer eux aussi la grande Hongrie et feraient imploser plusieurs Etats, etc…

 Sans oublier les sécessionnistes-indépendantistes albanais de Macédoine et du Monténégro, et même du Sud de la Serbie et de l'Epire du Nord (Grèce), qui, galvanisés par le dangereux précédent kosovar, pourraient franchir le rubicon et faire imploser plusieurs Etats, donnant à tant de rebelles du monde entier l'idée de remettre en questions "l'intangibilité des frontières", l'un des fondements du droit international et des Nations Unies...

 

Bref la boîte de Pandore du sécessionnisme, des rebellions indépendantistes et du micro-nationalisme ethnique et religieux risque de se rouvrir et de faire voler en éclat les mêmes postulats « multiculturalistes » et tolérants qui avaient présidé aux « guerres justes » anti-serbes des années 90 qui firent imploser l’ex-Yougoslavie, désormais remplacée par le virus des partitions ethno-nationalistes. Le syndrome de la "balkanisation" a de l'avenir et l'on comprend pourquoi l'Espagne et tous les Etats de la planète menacés par des rebellions sécessionnistes craignent tant l'indépendance annoncée du Kosovo...

 

                                                                                                                                    Alexandre del Valle

par Lux publié dans : Actualité internationale
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Citation

undefined

 


« Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut » -colonel Schmitt-

Recherche

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus